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« Tous morts » : 50 ans après, comment s’est déroulé le massacre des Jeux olympiques de Munich.

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Trois militants capturés par la police allemande à la base aérienne de Frstenfeldbruck en 1972.

Paris :

Des hommes armés palestiniens prennent d’assaut le village olympique des Jeux d’été de Munich et prennent en otage un groupe d’athlètes israéliens, déclenchant une impasse qui se termine par un massacre.

L’AFP a été le premier média à rendre compte du dénouement tragique de cette attaque qui a choqué le monde entier il y a 50 ans. Voici comment elle s’est déroulée.

Jeux de paix et de joie

C’est le 11e jour des Jeux olympiques de Munich, surnommés les « Jeux de la paix et de la joie » par des organisateurs désireux d’effacer le souvenir des Jeux de 1936 à Berlin, présidés par le dirigeant nazi Adolf Hitler.
A l’aube, huit hommes en survêtement et portant des sacs de sport escaladent la clôture de l’enceinte du village olympique et se dirigent vers le 31 Connollystrasse où loge la délégation israélienne.

Ceux qui les croisent pensent qu’il s’agit d’athlètes revenant d’une soirée en ville.

Masqués par des foulards noirs et arborant des armes de poing, ils font irruption dans les appartements des Israéliens.

Deux hommes qui tentent de les arrêter sont tués : Moshe Weinberg, entraîneur de lutte, et Yossef Romano, haltérophile. Certains s’échappent, mais neuf autres Israéliens sont pris en otage, les mains liées dans le dos.

Deux femmes de ménage travaillant à proximité donnent l’alerte après avoir entendu des coups de feu.

« Il était entre 4 et 5 heures du matin… quand j’ai ouvert ma porte, j’ai vu dans la cage d’escalier un homme en civil portant une casquette et brandissant une mitraillette », raconte à l’AFP un témoin habitant le même immeuble que les Israéliens.

Septembre noir

« Peu après 07h00 GMT (8h00 heure locale), près de 3000 policiers sont déployés dans et autour du village olympique. Des tireurs d’élite arrivent et encerclent le bâtiment », écrivent des journalistes de l’AFP sur place.

Dans le courant de la matinée, l’opération est revendiquée par le groupe militant radical Septembre noir, déjà connu pour l’assassinat du Premier ministre jordanien Wasfi Tal et le détournement d’un avion de ligne belge quelques mois avant les Jeux olympiques.

Lors des négociations avec les autorités ouest-allemandes, ils menacent d’exécuter les otages si leurs exigences ne sont pas satisfaites.

Pendant ce temps, plusieurs milliers de personnes se rassemblent autour du village olympique pour attendre des nouvelles des otages.

Les compétitions se poursuivent normalement depuis le début de la matinée. À 15 h 50, heure locale, les autorités interrompent les Jeux pendant 34 heures, une première dans l’histoire olympique.

Une fusillade à l’aéroport

Après 11 heures de pourparlers, les négociateurs allemands parviennent dans la soirée à convaincre les tireurs de partir pour Le Caire avec les otages à bord d’un avion mis à leur disposition.

Vers 22 heures, les huit militants et leurs neuf otages sont transportés par hélicoptère du village olympique à la base aérienne militaire de Fuerstenfeldbruck, où la police allemande avait décidé de monter une opération de sauvetage.

Cinq tireurs d’élite de la police ouvrent le feu sur le groupe peu après l’atterrissage.

Une fusillade éclate, dans laquelle un combattant palestinien lance une grenade à main sur un hélicoptère qui explose.

Vers minuit, le porte-parole du gouvernement ouest-allemand, Conrad Ahlers, déclare que l’opération de sauvetage a été un succès et que les otages ont été libérés.

Les journalistes de l’AFP présents sur place rapportent cependant qu' »une bataille fait rage. Des tirs de mitrailleuses sont entendus sporadiquement, des tirs isolés aussi, sans doute des tireurs d’élite ».

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Bain de sang

La police convoque une conférence de presse à Munich, mais l’un des journalistes de l’AFP à l’aéroport, Charles Bietry, est sceptique et soupçonne une manœuvre de diversion. Il décide de rester sur place avec deux collègues de la presse française.

Il rapporte ensuite avoir vu un homme en costume-cravate sortir de l’aéroport, le visage baigné de larmes.

« Tout a mal tourné, tous les otages sont morts », dit en allemand l’homme, qui s’avère être le maire de Munich, Georg Kronawitter.

Bietry persuade un couple de l’emmener en voiture jusqu’à une cabine téléphonique d’où il appelle ses rédacteurs.

« Le pire, c’était d’entendre à la radio les chants de joie venant d’Israël » où l’on croyait que les otages avaient été sauvés, dit-il.

A 2h16, heure de Munich, l’AFP annonce à ses clients du monde entier que « tous les otages ont été tués ».

Les autorités allemandes ne confirmeront le scoop, l’un des plus importants de l’histoire de l’AFP, que 56 minutes plus tard.

Au total, 11 Israéliens ont été tués, dont les deux membres de l’équipe tués au départ, ainsi qu’un policier allemand.

Cinq preneurs d’otages sont également tués et trois sont arrêtés.

Alors que la controverse fait rage au sujet de l’opération policière bâclée, le Comité international olympique annonce le matin du 6 septembre que les Jeux se poursuivront.

« Je suis sûr que le public conviendra que nous ne pouvons pas permettre à une poignée de terroristes de détruire ce noyau de coopération internationale et de bonne volonté que nous avons dans le mouvement olympique », déclare son président Avery Brundage.

« Les Jeux doivent continuer. »

(A l’exception du titre, cette histoire n’a pas été éditée par le personnel de blogdudemocrate.org et est publiée à partir d’un flux syndiqué).

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