Retraite : la revalorisation des petites pensions agricoles ne suffira pas à assurer l'avenir du métier, craint un agriculteur
Actualités

Retraite : la revalorisation des petites pensions agricoles ne suffira pas à assurer l’avenir du métier, craint un agriculteur

La revalorisation des petites pensions agricoles entre en vigueur le 1er novembre 2021. Quelque 227 000 agriculteurs sont concernés.

C’est dans la ferme de Monique et Jean-Paul Dauge, à Luzillat dans le Puy-de-Dôme, que le Premier ministre Jean Castex avait annoncé le 23 avril 2021 la revalorisation des retraites agricoles. Jean-Paul, 79 ans, se souvient bien de l’échange. « Je lui avais dit que l’agriculture risquait de faire comme notre industrie, de s’en aller », explique-t-il. À compter de lundi 1er novembre, les petites retraites d’agriculteurs passent de 75% à 85% du Smic net pour atteindre l’objectif, fixé par Emmanuel Macron, d’une retraite minimum à 1 000 euros par mois. Cela concerne environ 227 000 agriculteurs.

Les difficultés sont multiples. Il y a le problème d’attractivité du métier, ou encore celui du foncier agricole. Pour l’agriculteur, le gouvernement ne comprend pas le financement des retraites agricoles. « Aujourd’hui un jeune actif doit payer 3,5 retraites. À partir de là, comment voulez-vous que financièrement, cela cadre ? », demande Jean-Paul Dauge.

Et ça ne va pas s’arranger. La moitié des agriculteurs doit partir à la retraite dans moins de dix ans. À quel prix, se demande Jean-Paul Dauge. « Moi j’étais un des privilégiés, j’avais presque les 1 000 euros de retraite donc je vais avoir en plus peut-être 30 ou 40 euros », calcule l’agriculteur. « 760 euros de moyenne pour nos retraites agricoles, on a des retraites de misère », conclut-il.