Quand l’UMP tente de ramener au chef le scalp de Sarnez
6 Commentaires Publié by Juste milieu juin 13th, 2009 in Identité démocrate, européennes 2009Alors que se profile un nouveau remaniement ministériel et que l’ouverture est toujours à l’ordre du jour , le Parti du Président essaye au plus haut niveau de poursuivre la chasse au gibier centriste . Les petites volailles de 2007 ne sont plus de mises, se contentant d’un modeste secrétariat d’état, leur valeur marchande est aujourd’hui faible. Bayrou est à terre, par sa faute sans doute. Mais toute chasse à cour fatigue les grands cerfs . Qui plus est son parti est toujours là et ses eurodéputés malgré quelques légitimes critiques ont confirmé leur solidarité envers leur président et leur volonté d’aller de l’avant. On ne sait si le sénateur Mercier fera partie de la prochaine battue mais son absence de notoriété est un point faible.
C’est pourquoi le plus proche collaborateur politique de Nicolas Sarkozy a tenté cette semaine de jeter son filet au plus près du très gros gibier . Brice Hortefeux en personne s’est répandu en compliments sur Marielle de Sarnez, ce qui a du faire s’étouffer les Hervé Morin et autres Dominique Paillé (ce qui nous amuse). Revenons un instant sur cette suprenante posture du “mamelouk” de Sarko. D’abord cela va en surprendre certains mais Hortefeux est sincère : il a cotoyé Marielle de Sarnez au début des années 90 au sein de l’opposition puis au Parlement européen à partir de 1999, il la connait bien, l’estime et ne se permet donc pas une flatterie. Ensuite il doit penser que Marielle de Sarnez peut avoir envie d’aller au Gouvernement pour agir, au sein d’un ministère à sa mesure . Le ralliement de Sarnez serait donc aussi une exfiltration spectaculaire du village gaulois centriste qui résiste depuis 2002 date de la création de l’UMP.
Son erreur d’interprétation est cependant de sous estimer la force de conviction de Sarnez et ceux qui ont créé le Modem en 2007 . “Je ne suis pas ralliable” a t’elle déclaré simplement et fermement à l’issue de cette semaine pénible. Nous non plus, nous ne sommes pas ralliables.
Mouvement Démocrate et François Bayrou : apprendre de ses erreurs ou disparaître
10 Commentaires Publié by JP juin 8th, 2009 in Identité démocrate, MoDem, européennes 2009Voici à chaud quelques éléments de réflexion sur les résultats de ces élections européennes. Ces réflexions seront suivies, dès qu’elles existeront, d’une analyse des statistiques sur les votes. Il faudra notamment connaître l’évolution sociologique des électeurs de Bayrou 2008 et MoDem des européennes, la sociologie des électeurs de DCB, et celle de l’abstention (60 % des Français, chiffre proche de Européens). Nous pourrons tous ainsi confronter nos analyses, ce qui nous permettra de mieux comprendre et donner des pistes d’évolutions. J’entends depuis le soir des élections des militants MoDem dépités, normal après un échec, et vindicatif sur la stratégie du MoDem, « l’omniprésence » de François Bayrou et sa surexposition médiatique. Les jeunes se montraient notamment très durs et je crois qu’il est nécessaire de prendre de la distance afin de mieux comprendre la situation pour en tirer les enseignements.
Le Contexte
Il y a d’après moi deux facteurs importants, latents, dans le contexte général de ces élections :
- Européens en général, et Français en particuliers, subissent une crise économique et sociale sans précédent depuis celle de l’entre deux guerres mondiales… Explosion du chômage, retour important de la délinquance, remise en cause de la dérégulation de nos économies et de nos Etats, désindustrialisation et pertes de savoirs, pertes de repères des anciens critères politiques
- Ecologique : les pollutions croissent fortement, réchauffement planétaire, disparitions d’animaux donc affaiblissement de la biodiversité, baisse des ressources énergétiques fossiles et augmentation corrélée de leurs coûts, augmentation des maladies liées aux pollutions (cancers, allergies, etc.), impacts non maîtrisés de la nourriture industrielle, pollution et réduction des ressources du fait d’une économie agricole productiviste
La stratégie de F. Bayrou et du Modem
Je lie les 2 parce qu’ils sont radicalement liés. C’est aussi l’un des problèmes des Démocrates. En effet, l’expression du MoDem est vampirisée par celle de FB. C.à.d. qu’il y a un manque de diversité de la parole MoDem et une surexposition de FB. La stratégie est aisée à comprendre : être la 3è formation, devenir l’alternative démocrate à la réponse socialiste de la gauche.
Il y avait deux axes dans la stratégie des Démocrates :
- combattre la droite néolibérale de l’UMP et de N. Sarkozy avec FB
- mener les valeurs démocrates par les candidats des listes MoDem
A entendre chacun, la forte responsabilité du mauvais score du MoDem appartient à FB. Sans doute, à court terme, comme pour vider les ressentiments, il pourrait y avoir comme une curée anti FB. C’est habituel dans ce genre de situation, cela peut faire du bien pour apprendre et élargir l’expression du MoDem, cela peut être dangereux voire suicidaire de rester sur l’échec et faire payer excessivement et inutilement à celui qui a permis la création d’un parti démocrate.
Je vais sans doute vous surprendre, mais la stratégie était pour moi la bonne.
Mais elle a été mal employée, je m’explique :
1. La crise que tout le monde vie est due aux errements de politiques de droite ayant versée dans le courant néolibérale : dérégulation, désétatisation, politique fiscale protégeant les hauts revenus, etc.
Il fallait donc lier critique de cette politique néolibérale, incarnée, qu’on le veuille ou non, par N. Sarkozy (baisse de la fiscalité pour les transferts de patrimoine, baisse des impôts pour les plus gros revenus, disparition de règles pour la distribution, dépénalisation de la délinquance financière, désindustrialisation de l’économie pour une économie financière, etc.) et enjeux européens.
Or, la critique de FB ne s’est pas portée sur ces aspects mais sur l’affaissement de la démocratie par N. Sarkozy, il ne s’est occupé que de l’aspect néoconservateur et non du néolibéralisme. Son axe était “l’humanisme”…
Ce qui explique ce raté c’est que le vécu des Français de la crise c’est la conscience des conséquences sociales et non démocratiques. L’affaiblissement de la démocratie n’est pas un enjeu, pour l’instant, pour eux.
N. Sarkozy l’avait, lui, compris. Ce qui explique que sa stratégie a été de baser la campagne de l’UMP sur sa conduite de la présidence européenne : sa conduite de l’Europe pendant la crise !
Il faut comprendre que l’humanisme, c’est une philosophie… et ça ne nourrit pas les Français !
Les socialistes sont en très fortes régression, continuant d’ailleurs sur la pente de l’affaissement, du fait de leur inutilité liée à l’imposture du ministère de la parole. Cela non plus ne nourrit pas les Français mais décrédibilise les socialistes. Ce n’est pas le chemin que doivent suivre FB et le MoDem.
Voilà pourquoi, comme l’expliquait S. Pierre-Brossolette dans Le Point, « il a tué la campagne des européennes » afin que les enjeux européens ne soient pas abordés, la responsabilité de la politique néolibérale mise en cause, et les divisions de l’UMP sur ces questions et ambitions des uns et des autres exposées.
C’est à cette stratégie qu’il fallait répondre, FB en avait pris la direction, mais il est resté parallèle au chemin emprunté par N. Sarkozy et l’UMP…
2. Nous n’avons pas entendu le MoDem (j’entends par là FB et souvent les candidats) mettre en avant les valeurs politiques des Démocrates : sociale économie, Europe, écologie. Nous eussions ainsi répondu aux préoccupations des Français, mieux été identifiés et alors représentés une alternative crédible et intéressante.
La sociale économie parle de régulation, de l’Etat, de la réindustrialisation, de l’accroissement des savoirs, du désendettement. Je regrette que l’on n’ait plus entendu J. Peyrelevade alors que la politique économique est un des enjeux majeurs écartés par l’UMP, et ignoré par le PS.
L’Europe est une valeur fondatrice aussi des Démocrate : mise en place d’une politique économique européenne, cohésion fiscale, cadre social, audace environnementale. « Nous l’Europe » était un excellent titre de campagne, je regrette que le fond et le discours l’aient si peu incarné. Je le regrette d’autant plus que la qualité des candidats MoDem était supérieure aux autres : un beau gâchis… Permettant aux encasernés du Nouveau Centre de pavoiser alors que tous les journalistes, à présent, classent leur existence et résultat dans « la droite ». C’est cela, le « nouveau centre » ???
L’écologie est la troisième valeur fondatrice des Démocrates. Le Mouvement Démocrate portait d’ailleurs des écologistes reconnus et respectés. Or, le MoDem ne les a pas mis en avant sur ce plan : grave erreur tactique. D’autant plus que c’est faire oublier ce qui constitue l’identité du MoDem ! DCB aurait connu un champ particulièrement restreint si les candidats MoDem s’étaient emparés de ce sujet. Ne pas le faire est une faute…
Je suis persuadé que, lorsque nous aurons les statistiques de l’électorat DCB, nous y verrons une très forte similarité avec celle du MoDem.
A force de se cantonner à une précampagne des présidentielles, nous nous limitons à une personnalisation asphyxiante du MoDem avec FB, et empêchons de montrer le courant politique que nous sommes, les Démocrates, et qu’alors seulement FB incarne et doit jouer son rôle…
3. La stratégie de communication a été mauvaise, l’échec lui est grandement lié. La TV représente essentiellement le message perçu par les électeurs. Les tractage, boîtages, réunions publiques, ont un impact toujours décroissant. C’est ainsi, et j’en suis désolé en pensant au dévouement des militants. Mais que ceux-ci sachent aussi que sans eux, c’est la dissémination de la parole Démocrate, telles les abeilles répandant le pollen, source de vie, qui disparaîtrait…
La surexposition médiatique de FB a permis à un DCB de parler « d’omni président » et « d’omni opposant ». Je le regrette pour FB qui a vu ainsi son message caricaturée et simplifiée, devenue ainsi simpliste. Mais cette surexposition a asphyxié l’expression du MoDem, rendu le message européen inintelligible pour les Français.
L’addition de l’émission politique sur France 2 jeudi soir ratée + la soirée écologique du vendredi (Arthus Bertrand affirmant son choix électoral Verts) ont fait perdre 4 points au MoDem.
Pourquoi ? Parce que son électorat est nouveau et n’a pas été arrimé par la mise en avant des valeurs fondatrices du MoDem (sociale économie, Europe, écologie). Cet électorat fluctue donc avec d’autres expressions « modernes » de la gauche, telle celle qu’a pu représenter DCB.
Cette addition TV + l’absence de message Démocrate pour le combat humaniste de FB ont fait trébucher le MoDem.
Conséquences
Nous allons connaître en interne au MoDem une critique vive contre FB. Il serait préférable que cela soit de court terme car ce serait oublier qu’il incarne le MoDem en tant qu’homme politique national reconnu et peut lui permettre d’être au 2d tour des présidentielles, sachant qu’il reste le seul capable de battre un N. Sarkozy.
Un reflux de militants, de sympathisants, est à prévoir Le danger est la perte d’audience dans les médias, déjà faible, et surtout la perte de crédibilité du MoDem et de FB, façon socialiste.
De plus, Barroso est tranquille, les conservateurs sont partout (ou presque), victorieux en Europe. L’on verra la droite suivre son courant néolibérale ou changer de direction : suivre son penchant ou trouver une nouvelle donne, à voir…
Surtout, DCB a fait exploser les voix des Verts. Or, cette augmentation est stérile : DCB repart à Bruxelles et ne s’intéresse pas à la vie de ce parti qu’il n’apprécie pas. On oublie que les Verts français restent opaques entre gauchisme et évolution démocrate : c’est à cause de cela que des C. Lepage, J-L Benhamias et Y. Wehrling les ont quittés pour le MoDem.
Après le hold-up électoral de DCB, les Verts se retrouvent avec leur audience habituelle : tenter d’atteindre les 5 %… Les électeurs de DCB se retrouvent ainsi avec un score qui ne servira à rien… Car en réalité, ce score est celui de DCB et non celui des Verts !
Enfin, le score extraordinaire de l’abstention (60 %) nécessite de comprendre sa sociologie : qui ne veut pas voter ? Car si l’analyse de la sociologie électorale des abstentionnistes, électeurs MoDem et de DCB n’apportent pas de réponses politiques en tant que telles, elle permet par contre de comprendre les questions de ces électorats.
Les réponses possibles
1. La gauche ancienne, archaïque, s’effondre : PS et PC sont, d’après moi, durablement décrédibilisés. Son langage de « reconstruction », « rénovation », est celui des communistes pour trouver les mots habillant leur convoi funéraire.
Les modernes (écologistes et démocrates) ont progressé mais ils sont ballotés entre plusieurs expressions politiques : DCB, MoDem. Celle qui sera la plus claire et la plus charpentée a le plus d’avenir.
2. Le MoDem deviendra crédible en se basant et en parlant de ses valeurs le constituant, afin de mieux l’identifier : sociale économie, Europe, écologie. Le fonds est là, les personnes sont là : il est temps de les mettre en avant… La personnalisation doit laisser la place à l’expression du courant Démocrate pour valider une alternative Démocrate aux socialistes à gauche.
Il s’agit donc moins à présent d’une personne mais d’une expression politique. C’est cela qui doit appeler à une réflexion forte FB et le MoDem ! Si l’expression de la pluralité de personnalités ne transparaît pas, alors l’expression seule d’un FB sera insatisfaisante pour les Français, comme N. Sarkozy sait faire parler d’autres personnalités (Borloo, Bertrand, Fillon, Morin, etc…) pour ajouter à son poids.
Or, ces personnalités existent au MoDem : Corinne Lepage, Jean-François Kahn, J-L Benhamias, Rodolphe Thomas, Yann Wehrling, Marielle de Sarnez, etc…
3. La communication du MoDem doit se crédibiliser. Il faut accepter le poids de la télévision, la force des médias liés à N. Sarkozy. Il est d’après moi vital que le MoDem se dote d’un canal d’expression pour créer un autre son auprès des Français. Il faut donc « professionnaliser » le MoDem pour son expression, ses analyses sociologiques et sa pluralité.
4. Enfin, la création d’une organisation faisant le lien avec les branches professionnelles est indispensable. Elle permettrait une écoute permanente du MoDem sur les enjeux économiques et sociaux et la diffusion de la pensée démocrate.
Il y a donc beaucoup de travail à faire pour le MoDem et François Bayrou. Si l’on peut imaginer qu’il y a un socle minimal de 8 % pour ce mouvement, il serait impensable de s’en satisfaire pour tutoyer les sommets présidentiels. Affermir le Mouvement Démocrate est incontournable.
Observons les mesures à venir…
La manipulation des sondages 2 : la preuve !
16 Commentaires Publié by JP juin 4th, 2009 in Europe, Identité démocrate, Revue de presse, européennes 2009Voici une preuve éclatante, provocante et inquiètante de la manipulation non seulement des sondages mais aussi des médias publics par le monde sarkozien :
- l’émission de France 2 ce jeudi est dans la presse avant même sa fin télévisuelle
- Arlette Chabot, proche de l’UMP et notamment du président du groupe à l’Assemblée nationale, clôt les débats en informant les télespectateurs de sondages favorables aux intérêts de l’UMP et de N. Sarkozy, aux Verts (le 3è homme préféré de N. Sarkozy car sans danger), et défavorable… au MoDem, telle une victoire… pour influencer les télespectateurs juste avant le scrutin
- ces sondages ont été commandé par les médias du service public (France Télévision et France Inter), dont les dirigeants sont nommés par… N. Sarkozy !
- ces sondages sont comme par hasard révélés… sur la chaîne TV publique ! mais sans vouloir dire qui en sont les commanditaires…
Bref, des sondages ont été commandités par les médias du service public, contrôlés par N. Sarkozy, sous les conseils de Patrick Buisson ( journaliste venant de l’extrême droite), afin d’être publiés juste avant le scrutin, sur les supports médiatiques… du service public !
La boucle est bouclée ! Belle manipulation !
Espérons que les Français réagiront fortement à cette manipulation, à cette tentative grossière d’orienter leurs choix politiques.
Notre Démocratie est bien malade…
Et j’espère que les journalistes de France Télévision et France Inter vont se rebeller contre leur instrumentalisation, il en va de leur crédibilité !
Ouverture : Corinne Lepage a tout compris
0 Commentaires Publié by Juste milieu mai 26th, 2009 in Identité démocrateJe ne résiste pas au plaisir de reproduire dans son intégralité l’excellente tribune que vient de publier Corinne Lepage sur le site du Nouvel Obs à propos de la possible nouvelle vague d’ouverture que nous promet Nicolas Sarkozy après les élections européennes avec notamment la possible entrée de Claude Allègre au Gouvernement . Corinne Lepage a tout compris et surtout parfaitement analysé, avec ses mots acérés, la signification principale de cette “valse des étiquettes ” : une crise profonde de conviction politique . Le mécano ou plutôt le mercato présidentiel joue sur cette crise et l’amplifie . La politique UMP menée étant inchangée (cf les propositions antisociales d’un Frédéric Lefebvre qui sont autant de ballons d’essai vers une “rupture” du contrat social ) , que l’on fasse rentrer Allègre, Descoings ou Tartempion au Gouvernement n’aura aucun effet sur les dérives constatées depuis 2007 .
J. M
Allègre et l’oxymore gouvernementale
L’arrivée annoncée de Claude Allègre au gouvernement traduit en l’amplifiant et en le transformant la politique dite d’ouverture menée par le Président Sarkozy.
En imaginant seulement faire appel à Claude Allègre qui illustre en France le négationnisme écologique et le scientisme élevé au rang d’une religion, le faisant ainsi cohabiter avec Jean Louis Borloo, le Président pratique à l’échelle gouvernementale la politique de l’oxymore ; il s’agit en fait de réunir des contraires au sein de la même formule pour lui faire perdre toute signification.
En général, c’est une locution, qui permet aussi de prétendre à une forme de synthèse alors qu’il s’agit d’un non sens. Ici il s’agit ici d’un acte et non d’une parole.
En effet, cette arrivée traduit en fait la mort du Grenelle déjà mal en point dans les faits, même si Grenelle 1 était voté en juin. Tous les choix, à commencer par le tout nucléaire, dont Allègre est un des grands thuriféraires, en témoignent.
Afficher Grenelle et Allègre, c’est vouloir faire coexister Tchernobyl et l’agriculture biologique, santé et produit cancérigène, Galilée et Lyssenko, c’est aussi illustrer le peu de cas qui est fait de la personnalité et de la politique des ministres qui, de toutes façons, ne sont là que pour le casting et l’application d’ une seule politique et une seule stratégie, celle de Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse de la politique officielle ou du projet réel et souverain. Il traduit également une forme de mépris pour ces personnalités, ramenées au rang de “prise de guerre” et pour l’UMP, de fait considérée comme incapable d’être un creuset suffisant pour le gouvernement.
Dans ces conditions, le choix fait par quelques personnalités de gauche ou même du Modem, (à moindre mesure si elles ont un passé de droite marqué), de rejoindre le gouvernement est d’autant plus grave. Il illustre à la fois la crise de la conviction en politique qui explique évidemment aussi la désaffection des citoyens et la crise profonde du modèle actuel des partis politiques.
Comment en effet les Français pourraient-ils croire les discours politiques, les projets, les promesses lorsque des responsables de haut niveau changent de camp et de lignes politiques dans un seul objectif : satisfaire leur égo.
Ce comportement fait évidemment douter de l’engagement et a fortiori de la conviction des hommes et femmes politiques en général et pas seulement des quelques uns qui cèdent à la tentation et éprouvent le besoin pour se justifier et essayer de se déculpabiliser de dénigrer leurs anciens amis.
Dès lors, c’est le rôle même des partis politiques traditionnels dans la France de 2009 qui est en cause. Ayant perdu en réalité toute capacité à imaginer des projets de société et à rendre possible ce que la pensée unique prétend ne pas l’être, les partis politiques se sont transformés en machine de prise de pouvoir à tous les niveaux. Dès lors qu’il ne s’agit que de cela, à la limite peu importe pour quoi faire et avec qui le faire.
La reconquête et la refondation de la République ne pourront se faire que pour autant que le projet politique redeviendra la priorité. Mais tel n’est évidemment pas l’objectif de l’hôte de l’Elysée, qui est de réduire la capacité de proposition d’une alternative gouvernementale. La déconsidération des formations auxquelles appartiennent les ralliés potentiels fait partie de ce projet.
Dès lors, le seul choix est évidemment celui du refus de collaboration au sein du gouvernement de tous les responsables d’opposition- hors bien sur un gouvernement d’union nationale qui définirait sa propre politique, et de la remise en cause de la responsabilité morale de ceux qui ne s’y plieraient pas.
Ainsi, l’image de mercenaire, évoquée par Claude Goasguen deviendrait la seule possible pour ceux qui auraient fait le choix inverse, inversant le sens même de la communication élyséenne. Le non sens de ces nominations apparaîtraient pour ce qu’elles sont, une expression additionnelle et d’un hyperprésidentialisme, traduisant un affaiblissement supplémentaire de la fonction ministérielle dans sa qualité comme dans sa capacité.
Corinne Lepage, Vice Présidente du Modem, Présidente de CAP21
« S’il vous plaît, pourrais-je avoir un peu d’Europe avec mon antisarkozysme ? »
3 Commentaires Publié by Mesina mai 3rd, 2009 in Identité démocrate, MoDem, présidentielles 2012Je suis un habitué de longue date d’un petit restaurant béarnais du 7ème appelé «Lou Bayrou ». Il y a longtemps, nous y dînions très régulièrement avec une bande d’amis. A cette époque beaucoup nous disaient que ce restaurant était ringard, et de fait les bobos ne s’y bousculaient pas. Pourtant, la carte était variée, les plats copieux et le service impeccable.
Aujourd’hui, on a peine à y trouver de la place. Il faut réserver. Mais, rançon habituelle de la popularité pour ces petits établissements, on dirait que le patron a du mal à suivre. Certains des employés, parmi les plus brillants, s’estimant sans doute mal payés de cette réussite, s’en sont allés travailler dans des palaces.
Et surtout, les menus sont désormais un peu monotones et consensuels. Ah, certes, l’antisarkozysme servi en plat unique, y est consistant et relevé comme nulle part ailleurs. On sent qu’il a été mitonné sérieusement ; mais on a pas forcément envie d’en manger tous les jours. Cela finit par ressembler à un fast food à force…
On aimerait tant, comme naguère, que le Chef nous propose en entrée une bonne tranche d’Europe –c’est quand même la saison ! C’est vrai que c’est un plat qui ne laisse pas indifférent, qui pourrait repousser certains clients : mais il devrait se souvenir que c’est ce plat qui a fait sa réputation dans les guides. Et des propositions économiques , des propositions sociales, du développement durable : voilà ce qu’on aimerait trouver aussi à la carte. J’ai peur que sinon, les clients se lassent, d’autant plus que la nouvelle clientèle n’a pas forcément la fidélité de celle d’autrefois.
Présidentielles : Pourquoi Bayrou peut vraiment gagner
5 Commentaires Publié by Juste milieu avril 28th, 2009 in Identité démocrate, présidentilles 2012Le sondage Ifop-Sud Ouest du 25 avril sur les intentions de vote du 1er tour des élections présidentielles (simulé sur la base des mêmes candidatures qu’en 2007) est riche de plusieurs enseignements :
- Nicolas Sarkozy reste un candidat redoutable mais son socle électoral s’effrite : 31 % lors de l’élection de 2007, 35 % lors du même sondage IFOP en novembre 07. Soit une baisse de 7 % … Qui plus est son potentiel « droite » est affaibli avec le déclin accentué du Front National qui n’est plus qu’à 7,5% . Le siphonnage du vote FN par NS qui avait très bien fonctionné en 07 est sans doute arrivé à son maximum, non compensé par le léger retour de Philippe de Villiers à 4% aujourd’hui.
- La dégringolade de Ségolène Royal qui passe de 25,5 % aux présidentielles à 20,5 % aujourd’hui alors qu’elle était encore à 22 % en novembre 07 . Candidate fantasque, populaire mais qui fait peur à la gauche réaliste , elle perd des parts de marché au profit de l’extrême gauche qui progresse (Besancenot à 8%) plus quelques points grapillés par les Verts, le PC ou LO… Globalement le front de gauche progresse
- La progression de François Bayrou qui avec 19% améliore son score de la dernière présidentielle (18,5%) et progresse de 2 points par rapport au même sondage en novembre 07. A 1,5 % de Ségolène Royal, avec un nombre de parlementaires réduit et de grands élus étiquetés Modem , Bayrou montre qu’il n’est pas le chef politique seul et abandonné comme ses détracteurs ne cessent de l’affirmer .
Par delà ces chiffres qui ne sont que ce qu’ ils sont surtout à 3 ans de l’échéance, il y a d’autres leçons à tirer à mi parcours entre les 2 présidentielles :
- Bayrou est populaire chez les Français car il incarne une résistance à l’hyperprésidence sarkozyste sur des valeurs : démocratie, laïcité, contre-pouvoirs, protection du faible…
- Il est un opposant crédible et intransigeant malgré les tentatives d’affaiblissement ou de discrédit dont il a été victime à droite (désertion de ses principaux notables , débauchages successifs téléguidés par l’Elysée de Morin, Cavada ; Mercier…) ou à gauche (position de Delanoe pendant les municipales parisiennes et des caciques du PS pendant le congrès de Reims)
- Les sympathisants des deux grands courant d’opposition actuels Modem et PS souscrivent désormais très majoritairement (65%) à l’idée d’une alliance de gouvernement ; tel n’était évidemment pas le cas en 2007 ni même il y a quelques mois . Les Français eux sont encore à 52 % opposés à une telle stratégie (41% y sont favorables et 7 % sans opinion) mais les sympathisants de gauche souscrivent désormais à 56 % à cette idée…Si Bayrou se hisse au deuxième tour il serait donc en mesure de rassembler à gauche sans forte déperdition au centre et centre droit .
Après le « pourquoi » , reste le plus dur, le « comment » François Bayrou peut il vraiment gagner la présidentielle . Nous essaierons de répondre à cette question dans une prochaine contribution…
Les assonances de MINC
3 Commentaires Publié by Guillaume avril 5th, 2009 in Identité démocrate, Revue de presse, MoDemDans le dernier numéro de MARIANNE, Alain MINC écrit un article expliquant en quoi BAYROU ferait du LE PEN light.
Première observation, l’auteur ne justifie pas en quoi BAYROU aurait endossé le costume du leader du FN.
Il faut dire qu’hormis l’énormité d’une telle comparaison, l’exercice est d’autant plus difficile que cette semaine, Hervé MORIN a parlé du président du MoDem en le qualifiant de François BESANCENOT et Jean-François COPE explique, quant à lui, qu’en fait BAYROU défendrait les mêmes valeurs que l’UMP.
Difficile de s’y retrouver.
Deuxième constat, Alain MINC, dans la première partie de son article, tente surtout de stigmatiser les soi disantes contradictions du béarnais au regard de l’héritage politique de la démocratie chrétienne et du MRP qui est le sien.
Etonnante approche de la part d’Alain MINC qui, durant plusieurs décennies s’est définie comme étant de gauche, proche du Parti Socialiste et qui aujourd’hui se montre des plus obséquieux avec une droite qui se vautre dans la ploutocratie et le néo libéralisme.
Enfin, Alain MINC ne reculant devant aucune outrance revient sur les propos de François BAYROU qui avait déclaré, durant la campagne présidentielle, que SARKOZY ne représentait pas les valeurs de la France.
MINC fait alors un amalgame malsain en affirmant que le troisième homme de la présidentielle stigmatisait alors les origines étrangères du candidat de l’UMP.
Au delà de l’argument bien sulfureux de la part d’Alain MINC, on peut se demander s’il croit une seconde ce qu’il écrit.
Durant cette même campagne, Alain MINC avait expliqué qu’il soutenait SARKOZY car il était le seul candidat à proposer la ratification des traités européens par voies parlementaire.
Il n’est donc pas étonnant que pour cet homme l’écoute du peuple soit tout de suite du populisme.
Faut-il que la majorité présidentielle soit en plein désarroi dans sa lutte contre BAYROU pour servir de telles immondices.
Etre contre les recensements ethniques, n’est pas être conservateur
4 Commentaires Publié by Juste milieu mars 10th, 2009 in Paradigmes, Identité démocrate, Témoignages, MoDem
Le Commissaire à la diversité et l’égalité des chances, Yazid Sabeg a depuis des années, une obsession : pour lutter contre les discriminations, il faut mesurer la progression de celles-ci en traçant la diversité dans les différentes sphères de la société (système éducatif, entreprises etc..) . Favorable aux statistiques ethniques et communautaires , M. Sabeg préfère aux recensements basés sur le nom ou l’origine, ceux basés sur le « ressenti » ou « le sentiment d’appartenir à une communauté » . Le dossier n’est évidemment pas simple mais s’orienter dans cette voie signifierait « remplacer la recherche de l’égalité entre les individus par la recherche d’un équilibre entre les communautés », comme l’a souligné SOS Racisme .
C’est renoncer à l’idéal républicain français, qui a peut être montré ses limites, pour aller vers « l’affirmative action » à l’américaine qui n’est pas non plus une panacée .
Mais ce que l’on peut reprocher à Yazid Sabeg c’est de vouloir discréditer a priori ceux qui ne partagent pas son enthousiasme en les taxant de « conservateurs » qui se « voilent la face ».
C’est caricaturer le débat et refuser de prendre en compte le risque de racialisation de fait de l’approche sociétale basée sur des recensements ethniques sans parler de la segmentation de la société induite. Nous faisons nôtres, les propos de Malek Boutih dans Libération de ce jour :
« Ce type de mesure est un coup de canif , c’est même une remise en cause du principe de la République une et indivisible. Obligatoirement cela aura des répercussions, on créera des quotas sur base ethnique, des politiques sur des éléments ethniques » .
Mais le débat est ouvert . Et même si le Commissaire , s’inscrit à dessein dans la « rupture sarkozyste » , il serait bien avisé de faire preuve de plus de prudence en préemptant une solution avant même que le débat ne soit tranché par les représentants du peuple (voire le peuple lui-même) . Ce qui est bien le moins que l’on puisse exiger sur un tel sujet .
De crises en Crise, de dérives en déroute
4 Commentaires Publié by JP mars 4th, 2009 in Idées fortes, Positionnements, mouvement democrate, MoDem, européennes 2009La crise est dans toutes les têtes. Les médias, chaque jour, nous abreuvent en nouvelles catastrophiques : emplois détruits, entreprises suppliant les banques, banques suppliant l’Etat. Mais qui parle de l’origine de la crise ? Parce qu’il faudra bien en sortir de cette crise, or si nous n’analysons pas ce qui l’a provoquée, comment en sortir réellement et durablement ?
L’analyse habituelle
1 ) La « mèche » qui a fait exploser cette crise est d’abord financière. Les institutions financières américaines ont créé des produits financiers toxiques (par exemples les « fonds d’investissements à formule », les « crédits hypothécaires »), et distribué du crédit « empoisonné » à des clients aux ressources limitées. Les banques européennes, et notamment françaises, sont allées se promener sur le marché américain pour faire leurs emplettes, sans aucune analyse des risques, en totale imprudence. Aussi, toutes ces institutions financières se retrouvent avec des fonds dont elles ne peuvent à présent distinguer produits toxiques et non toxiques. Dans leurs échanges, chacun s’est diffusé des « virus » qui à présent bloquent la mobilité des capitaux.
Après une longue période d’irresponsabilité des décideurs financiers, ceux-ci, incapables de savoirs l’état réels de leurs ressources, se méfient de tous partenaires financiers et ainsi ont stoppé la création de crédits.
2 ) Le blocage des crédits a mis en périls nombre d’entreprises. De l’économie irréelle nous passons à la crise de l’économie réelle. Sans soutien des banques, de nombreuses entreprises périclitent. De même, les particuliers obtiennent très difficilement des crédits, la consommation, notamment le secteur immobilier, sont aussi bloqués.
3 ) Le chômage explose, conséquence directe de la crise industrielle. Provoquant ainsi baisse de la consommation, coûts sociaux, endettement, etc.
Les causes structurelles
Or, lire la crise par ce seul prisme c’est accepter le message univoque des gouvernants et des « responsables » économiques. On oublie ainsi bien facilement les responsabilités originelles et structurelles de la situation actuelle : la politique de certains gouvernements, l’irresponsabilité des décideurs financiers, l’incompétence d’acteurs industriels. En fait, la crise est équivoque et est le produit de nombreuses dérives.
1 ) La faillite d’un modèle politique
Depuis le début des années 1980, on nous a saoulé de la réussite du modèle « néolibéral » des « néoconservateurs » américains (en France nous avions additionné économie administrée et irruption de la droite néolibérale, soient l’addition de leurs déficits, Etat devenu gros mais impotent). On nous parlait même d’une « révolution conservatrice ». De quoi s’agissait-il ? Trois mots clés pour ce courant : dérégulation, désétatisation et globalisation.
Dérégulation en supprimant le plus possible de règles pour les marchés financiers, laissant le particulier en relation directe avec ces marchés, sans contrôles des flux et des produits financiers.
Désétatisation : car l’ennemi, c’est l’Etat ! (donc l’ensemble des citoyens); et l’ami c’est l’individu, l’acteur économique, et progressivement l’actionnaire. L’Etat ne doit pas intervenir dans la politique économique, ne pas initier ou réguler, et dépenser le moins possible sur le plan social. La baisse des impôts des « riches » est un leitmotiv permanent, en prétendant que ces « riches » investiraient plus. L’argent pour l’argent, se cannibalisant puisqu’il faut sans cesse « intéresser » cet argent. La finance l’emporte sur l’industrie, les enjeux financiers de l‘entreprise l’emportent sur la création et les savoirs industriels.
Pendant ce temps se crée un fossé avec les catégories populaires et moyennes par la réduction de l’intervention de l’Etat, tout en endettant massivement cet Etat : car la note est payée essentiellement par les classes moyennes grâce aux baisses d’impôts des plus nanties et l’exemption des moins aisés !
Ce choix politique était celui de N. Sarkozy et de l’UMP : « bouclier fiscal », dépénalisation de la délinquance financière, amoindrissement de l’Etat, atlantisme.
Globalisation : l’identité culturelle, des cultures nationales, doit disparaître pour voir émerger des produits « standards ». Les frontières des Etats doivent s’effacer, seul le marché compte. L’Europe, ces dernières années, fut ainsi l’exemple même de la disparition de l’initiative politique pour créer un marché « pur » avec des produits uniformisés et des délocalisations massives. L’acteur idoine n’est plus le citoyen mais l’actionnaire : faire de chacun un actionnaire, sorte de communisme capitaliste au dépend du citoyen, du travailleur, du créateur.
L’intérêt seul de l’actionnaire compte, parfois à son détriment d’être social. Les délocalisations s’imposent, la rentabilité financière importe plus que la création des produits et l’innovation. Perte des savoirs industriels, dépendance de l’Occident envers les manufactures asiatiques (sans réel marché intérieur mais avec une masse servile), Maghreb réduit à l’activité d’atelier (tel le Mexique par rapport aux Etats-Unis), Afrique noire réduite à ses matières premières et ses clichés éthniques.
2 ) Les décideurs financiers se sont totalement éloignés des réalités économiques, inventant toujours plus de produits inutiles pour soutirer l’argent du “client”, accroître la richesse des « déjà riches », s’engouffrant dans le « déjà rentable » sans plus jouer le rôle de capitaliste, c’est à dire de financeurs de projets industriels. L’illusion de l’économie tertiaire a rendu illusoire le progrès économique et social.
Après avoir allumé la mèche du fait de leur inconséquence, ces mêmes financiers vont pleurer auprès des Etats pour être « reconsolider », eux qui ont fragilisé nos économies, eux qui dénonçaient ces mêmes Etats pour leurs règles contraignantes… Incompétents et cyniques, ils ne méritent aucunement notre confiance et doivent être surveillés sans ménagement.
3 ) Les industriels portent de lourdes responsabilités dans cette crise. Tout d’abord ils ont préféré délocaliser leurs industries par le calcul à court terme de leurs rentes. Ils ont financé eux-mêmes les industries concurrentes, transférant leurs savoirs industriels, perdant ces savoirs. Ils ont provoqué un chômage structurel de masse parmi les ouvriers qualifiés, les techniciens et ingénieurs. Nous voyons encore nombre de ceux-ci profiter de la crise pour licencier, « rationnaliser », à peu de frais.
Enfin, ces soit-disant “grands capitaines d’industries”, qui ont vu leurs revenus exploser en 20 ans, ont été souvent incompétents et médiocres stratèges : qui produits à présent ordinateurs, téléphones mobiles, télévisions, mobiliers, vêtements, jouets, électroménager, etc. ?
Le summum est atteint au sein de la branche automobile. L’augmentation permanente du pétrole, les enjeux environnementaux de plus en plus prégnants pour les populations, auraient dû les inciter depuis, au moins, 15 ans à s’investir dans de nouveaux types de consommation, donc de moteurs. Or, les industriels de l’automobile, notamment américains, ont produit des véhicule toujours plus gros et consommateurs.
Carlos Ghosn, que la presse économique aime vénérer, n’est-il pas ce patron qui dénonçait il y a peu encore (comme les dirigeants de PSA) l’ineptie des moteurs électriques ou à double carburation ? N’est-ce pas sous sa direction que Renault a sorti son premier
« tout-terrain » quand d’autres abandonnaient ce segment ?
Aujourd’hui, combien d’Européens se retrouvent au chômage à cause de l’incompétence des dirigeants économiques ?
Bref, c’est la déroute du système.
Des pistes pour s’en sortir
1 ) Adopter une politique économique industrielle. Ce sont la création, l’innovation, la production de produits qui créent les richesses et sont pourvoyeurs d’emplois, donc de pouvoirs d’achats stables et conséquents. S’engager dans cette voie, c’est aussi rééquilibrer les balances commerciales.
2 ) Redonner à l’Etat son rôle d’initiateur et de contrôle
Initier les politiques industrielles par le soutien fort à la recherche, par l’investissement, par la coopération avec la dynamique du privé. Encore une fois, il faut sortir du carcan
« économie administrée » de la gauche et « manne divine du privé » pour la droite. Le retour du « plan », des grands projets associant Etat et entreprises, est la voie de l’efficacité et du progrès économique et social.
L’Etat doit aussi avoir les moyens de contrôler fortement les institutions financières afin qu’elles reviennent aux réalités. Par exemple investir dans « l’inspection du travail » permettrait de reprendre en main les dérives de nombre d’employeurs. L’Etat doit retrouver sa fonction de régulateur, de « tuteur » de la société.
3 ) Imposer l’Europe
Les Etats-nation européens sont dans l’incapacité de vivre isolément. Ce serait provoquer la ruine de leurs petits Etats que de quitter le navire européen : car le monde continuera de fonctionner, et nombre d’Etats dans ce monde se donnent les moyens de s’imposer. N’est-il pas temps que les politiques européens cessent de mentir sur l’Europe, de la rendre responsable de leurs propres limites et dérives ? L’Europe n’est pas une illusion, elle est une réalité culturelle et historique, une possibilité de puissance économique et sociale :
- en imposant une politique économique européenne, se basant sur les capacités industrielles et le partenariat Etat/entreprises privées, nous mettrions en place un modèle économique moderne, stable et efficace. Il s’agit donc de mutualiser l’existant de la recherche et industrie européennes (exemple de la Vendée ou du Pays basque espagnol), et promouvoir de nouvelles structures pour de nouvelles productions sur des axes stratégiques de l’Union Européenne
- en mettant en place une harmonisation des politiques fiscales : interdiction des paradis fiscaux, augmentation des tranches élevées, participation de tous les foyers fiscaux à l’impôt sur le revenu (privilégier l’identité du citoyen à celle du consommateur)
- en défiscalisant les investissements s’inscrivant dans les projets industriels européens
- en mettant en place des projets industriels européens :
- nouvelles énergies (transports, climatisations)
- nouveaux produits ou matériaux écologiques (construction immobilière, agro-industrie)
- politique spatiale (pour de nouveaux systèmes d’information, et recherche de nouvelles énergies)
C’est ainsi que les Européens éprouveront à nouveau confiance en l’Europe car elle leur sera devenue utile et réelle.
5 ) Agir sur le court terme
- en contrôlant les institutions financières, l’objectif doit être de fluidifier les échanges, permettre aux entreprises de retrouver des fonds et aux particuliers de consommer
- en permettant aux collectivités territoriales de retrouver des fonds pour initier de nouveaux chantiers
- en contrôlant les licenciements afin d’empêcher les abus
- en instituant un revenu minimum pour tous comme au Danemark, pour empêcher le « déclassement » des classes moyennes et populaires (pouvant provoquer de graces conséquences politiques).
Encore une fois, ce sont les Démocrates qui peuvent permettre à nos économies de sortir de la crise. Le réalisme et la responsabilité doivent s’imposer sur une gauche devenue inutile et stérile. Le retour de l’Etat doit aussi mettre fin aux errances d’une droite
« néolibérale ».
Raymond Barre se définissait comme un « centriste gaullien », cette définition me paraît plus que jamais « opportune ». Je vois en Jean Peyrelevade la continuation de ce réalisme économique. Et en dehors de François Bayrou, qui aurait le courage de conduire cette politique ?
La France, championne de l’incivisme, pourquoi ?
6 Commentaires Publié by Mesina février 15th, 2009 in Idées fortes, Positionnements, MoDem, parisJe m’étonne que l’article de Juste Milieu sur la dégradation des Velib’s n’ait pas suscité plus de réactions. Les lecteurs de ce blog se résignent-t-ils à un tel niveau d’incivisme ?
Pour ma part, cet article m’a renvoyé à un essai terriblement instructif paru en 2007 : La société de défiance, écrit par 2 chercheurs du Centre pour la recherche économique et ses applications (Yann Algan et Pierre Cahuc). Dans cet ouvrage, les auteurs démontrent par de multiples observations que la France est un des pays les plus inciviques qui soit, et aussi un des pays où le niveau de confiance mutuel entre les citoyens est le plus faible. Par exemple, sur un échantillon de villes mondiales, Paris est une des villes où un portefeuille égaré est le moins souvent restitué à son propriétaire. La France est le pays où les gens trouvent le moins souvent scandaleux que certains puissent toucher des aides publiques de manière indue. Il y a de nombreux autres exemples dans l’ouvrage.
L’interprétation des causes de ces constats proposée par les auteurs est la suivante : le niveau de confiance mutuel entre les citoyens, et le niveau de confiance des citoyens envers les institutions est en France plus faible qu’ailleurs (ce qui provoque l’incivisme) parce que la France est caractérisée à la fois par un corporatisme puissant et une intervention de l’Etat omniprésente.
Je dois dire que j’adhère pleinement à cette vision du problème. C’est bien d’ailleurs la combinaison des deux (corporatisme et étatisme) qui aggrave le phénomène. La puissance publique intervient beaucoup plus dans les pays scandinaves, mais généralement sous la forme de règles ou allocations touchant chacun de façon égalitaire (en gros 25% de TVA sur tout, mais tous ont droit à un socle de prestations santé/ retraites / éducation, quelque soit leur statut, travailleur ou inactif, public ou privé…). De cette façon une certaine solidarité se créé : ces pays connaissent peu l’incivisme. De l’autre côté, dans les pays plus libéraux l’Etat intervient moins, mais les situations personnelles sont (apparemment) moins figées et les citoyens expriment plus de confiance qu’en France dans ce type de pays.
Regardez ce qui se passe en France : on a tellement régulé le droit du travail que les employeurs, qui n’ont aucune confiance a priori dans les personnes qu’ils recrutent, veulent prendre toutes les garanties avant d’embaucher, ce qui se traduit par stage, stage, CDD… De la même façon, les propriétaires expriment un niveau de confiance si faible au moment de louer leurs logements qu’ils font subir aux postulants une vraie torture dont seuls les mieux lotis peuvent s’en sortir. Pourquoi : parce que l’Etat a trop protégé le locataire au détriment du propriétaire. Il est vrai qu’en outre, le début de mandat de Sarkozy avec la période bling-bling aura de son côté encore alimenté la défiance des citoyens envers le pouvoir et donc l’incivisme. Au moins la période de crise pourrait-t-elle constituer un moment où nos dirigeants pourraient essayer de restaurer un peu de solidarité entre tous, en choisissant non pas des mesures catégorielles, mais à portée plus universelle.




