LE NOUVEAU CENTRE:UNE FORMATION QUI FAIT PSCHITTTTT
21 Commentaires Publié by Guillaume juillet 19th, 2008 in Identité démocrateIl y a un peu plus d’un an, le Nouveau Centre est né sur les ruines de l’UDF. Ce nouveau parti se voulait indépendant et dans la majorité présidentielle. Mais son existence, et donc son utilité, était difficile à démontrer en raison de la présence d’une majorité absolue UMP à l’Assemblée Nationale. Lors de la discussion sur la loi TEPA (dite paquet fiscal), Charles de COURSON a déposé des amendements intéressants. Ils ont immédiatement été balayé par l’UMP, Jean-François COPE ayant brutalement rejeté toute discussion par une intervention qui pouvait s’apparenter à « vous avez juridiquement torts parce que vous êtes politiquement minoritaires ».
Le Nouveau Centre, en recherche de financement a tenté de faire modifier la loi électorale sur le financement politique. Il a finalement été lâché en rase campagne par son allié. Périodiquement, François SAUVADET, président de groupe, se plaint de l’attitude dédaigneuse de ses partenaires, propos auxquels Jean-François COPE a récemment répondu, de manière quelque peu méprisante par « Monsieur SAUVADET, je le trouve gentil ». Et voilà qu’arrive le débat dans lequel le Nouveau Centre pouvait espérer compter : le débat sur la réforme de la constitution.
Le Nouveau Centre pouvait compter car c’est le seul débat dans lequel l’Assemblée Nationale et le Sénat sont sur un pied d’égalité et la difficulté de réunir la majorité des trois cinquième rendait la trentaine de parlementaires NC difficilement contournable. Mais voilà, la servilité ayant inhibée ces derniers, ils sont apparus inexistants. Le président du parti s’est simplement fendu d’un communiqué lénifiant et stérile expliquant que la réforme des institutions, c’était ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, et que le Président de la République a dit, le Président de la République a fait, le Président de la République a décidé et que le Nouveau Centre allait s’exécuter.
Les idéaux ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas, ceux du Nouveau Centre sont déjà obsolètes.
Adresse à nos amis Radicaux, Libéraux et Démocrates (2), s’épanouir à l’ombre de l’UMP ?…
22 Commentaires Publié by JP juillet 9th, 2008 in Identité démocrate, blog politique, mouvement democrateCe billet suit un premier ayant eu le même titre, mais sans « s’épanouir à l’ombre de l’UMP ?… ».
Parce que je continue à penser qu’il n’y a pas de valeurs, de thèmes qui nous séparent ou nous distinguent. Je ne vois pas ce qui pourrait nous séparer dans un programme politique. Et je pense aussi la même chose concernant bien des membres du PS, Verts et PRG. Je les vois venir au MoDem, ceux qui n’en peuvent plus de ces partis de gauche refusant d’évoluer.
Et je trouve délirant, irresponsable, infantile même, de nous éparpiller, « ventiler », en différentes formations. Cette réflexion, je la retrouve dans nombre de membres du MoDem, Parti Radical Valoisien, NC ou paumés au sein de l’UMP. Je me refuse à tendre le poing contre des personnes avec qui je partage valeurs et vision politique de la France et de l’Europe.
Je demanderais juste, pendant quelques instants, à nos lecteurs, de baisser la garde du militant, du partisan, pour réfléchir à cela en toute honnêteté intellectuelle, voire même morale.
Mais que l’on ne s’y trompe pas. Si je ressens comme absurde notre « ventilation », il est trois bémols sur lesquels j’insiste :
- je ne veux pas la reconstitution de l’UDF. J’en ai fait partie. Je me suis suffisamment cogner contre les murs de nos limites. L’UDF n’était devenue qu’un assemblage d’écuries dont les membres refusaient de voir que rien ne les séparaient, excepter des appétits électoraux. Ces appétits électoraux m’écœuraient d’autant plus que nous laissions le RPR nous réduire depuis 1981, sachant que ce parti était (en partie… mais décisive la partie !) responsable de la défaite de VGE, alors que celui-ci fut un grand président, avec un excellent premier ministre (qui eurent à affronter 2 chocs pétroliers, l’occupation de l’Afghanistan par les Soviétiques, la « révolution » islamiste en Iran, l’instabilité européenne et surtout concernant l’aspect monétaire, etc.). RPR qui nous obligeait à des candidatures uniques dans lesquelles nous perdions notre identité auprès des Français, pendant que ce soi-disant partenaire cachait ses tares avec nous comme alibi. Affairiste, non libéral, archaïque, non européen, le RPR s’est sauvé de ses affaires malsaines en créant l’UMP, décidant d’ un coup la soumission de l’alibi, non plus partenaires, mais servile membre. L’UDF a été un échec, parce que ce parti a été incapable de faire évoluer la droite française vers un parti de centre-droit, façon CDU, en craignant le rapport de force avec le RPR qui, lui, a plongé la droite française dans un parti conservateur, mêlant droite américaine (atlantisme, dettes, communautarisme, retour du religieux, méfiance, voire même hostilité envers l’Etat et ses représentants) et anglaise (euroscepticisme, dérégulation économique, conservatisme social, déstructuration de l’Etat), plus la touche sarkozienne d’un allant berlusconien dans l’égo exubérant, de la paillette et du contrôle des médias.
- je n’ai pas d’estime pour ceux qui sont allés à la soupe de l’UMP pour des maroquins et autres rentes. Si les Français sont souvent écœurés de la politique, c’est parce que nombre de ses acteurs y sont des rentiers et n’ont aucun sens de l’intérêt général, de la République. Ces médiocres polluent la politique. Je ne croie pas plus dans la perfection du politique que de l’Homme, mais je suis de ceux qui pensent que chacun peut se parfaire, s’élever. S’engager en politique, c’est aussi se vouloir exemplaire, c’est être courageux, accepter la défaite comme être humble de la victoire
- si je pouvais suivre une UDF faisant évoluer la droite vers le centre droit et par là même assujettir le RPR, je ne peux suivre une droite “libérale”-conservatrice. Et c’est sur ce point que je vais tenter d’être plus exhaustif.
S’épanouir à l’ombre de l’UMP ?…
Je vous propose que nous fassions un rapide bilan de la gestion sarkozienne de notre pays :
- Economie : pas de politique économique énoncée, visible, pas de politique de l’offre, d’insdutrialisation.
- Social : travailler plus pour gagner plus ? les heures sup ne font pas manger. La fin des 35h ? Je la souhaite. Mais n’oublions pas que cette maligne réforme de Madame Aubry nous coûte des milliards d’euros : le fonds de financement qui devait être créé ne l’a jamais été, et l’Etat a donné des milliards aux entreprises pour qu’elles appliquent cette réforme. De même, dans le privé, combien étions-nous, et sommes nous, à dépasser allègrement les 35H pour se rapprocher des 50 voire 60 heures ? Les 35h ont de plus « flingué » les revenus des catégories populaires, les obligeant toujours plus à une productivité devenant folle. Supprimer les 35h : oui. Mais revenons aux accords en entreprises, et pourquoi ne pas les remplacer par une semaine de congés payés supplémentaires ? enfin, la suffisance sarkozienne a encore fait déraper : l’attitude belliqueuse à l’égard des syndicats est parfaitement inutile et ne s’inscrit pas dans une politique adulte de concertation. Voilà encore une régression du fait d’une immaturité du dirigeant. Et n’oublions pas les non remboursements par la sécurité sociale pour des malades en graves situations.
- Fiscalité et désendettement : les réformes fiscales avec ce pouvoir sont particulières… elles ne s’adressent en faite qu’à une partie aisée de la population. Réformes qui sont à l’encontre du désendettement de l’Etat, et accentuent l’effet d’une cassure de la « classe moyenne », qui n’est encore une fois pas concernée mais plus intéressée par les conséquences de désendettement pour leurs salaires. Je n’oublie pas que N. Sarkozy fut le ministre du budget qui eut la création d’endettement la plus forte de notre histoire… Or, l’endettement est surtout nocif pour les salaires…
- Pouvoir d’achat : l’explosion des prix de l’immobilier + l’alimentation + le pétrole sont catastrophiques pour le pouvoir d’achat des Français. Je ne vois rien dans la politique actuelle traduisant une volonté sarkozienne d’aller le chercher « avec les dents ».
- Politique étrangère : l’alignement atlantiste n’est pas conforme avec une volonté européenne, le soi-disant « réalisme » ne fait pas honneur, et ne rapporte rien…
- Défense : pour maintenir l’état de nos armées, contribuant à l’influence de la France dans le monde, le budget doit en moyenne représenter 3 % du budget total. Le choix OTAN de N. Sarkozy, le Livre Blanc de la Défense, nous font passer en-deçà de 2 %… Je regrette que Jacques Marseille (*) n’ait pas été suffisamment lu dans ce domaine.
- Justice : hormis la beauté de la ministre et son aspect vestimentaire clinquant, la réforme de la carte judiciaire a surtout montré le peu d’impartialité de l’Etat sarkozien. Mais surtout, le plus emblématique de l’UMP, est cette volonté de « dépénaliser la délinquance financière »… cela confirme cet adage : « en France, la gauche est otage de son idéologie quand la droite l’est de ses intérêts ».
- Education et Recherche : pratique strictement comptable de la baisse des effectifs. Enseignement et Recherche sont les deux mamelles d’un pays forts. Sur ce point, nous sommes bien faibles.
- Environnement : tout dans l’apparat, affligeant…
- Démocratie : la réforme constitutionnelle ne verra pas l’introduction de la proportionnelle, permettant une vraie représentation nationale et indépendance des démocrates, de vous tous. Je me souviens d’H. Morin disant que ce serait un cas de « casus belli » pour le NC si cette évolution devait être refusée… Mais le plus inquiétant pour la démocratie est la mainmise sur les médias : nomination en direct du patron de France Télévision, éjection de journalistes non serviles (Paris Match, TF1), etc.
- Sécurité : le bilan est déplorable. On n’entendra plus parler de baisse de la délinquance… Après avoir mis fin à la police de proximité, on ne sait aller dans les banlieues qu’en mission commando ! c’est l’économie parallèle qui est contente… Quant à la fusion de la gendarmerie au sein du ministère de l’Intérieur, il s’agit pour moi d’une grave erreur car en sens contraire du besoin d’une arme de pacification dans les zones grises
- Europe : chacun ressent que nous glissons, imperceptiblement, sur la pente d’une Europe façon britannique : un marché commun, poussant à une dérégulation toujours plus forte, et sans cadre social ni direction politique. L’Union Européenne est de plus en plus perçue comme une structure d’administrateurs dérégulant nos économies, ne protégeant pas notre modèle social, n’ayant pas de vision, d’ambition commune. En ce sens, c’est bien l’opposition entre un « capitalisme total » et le « modèle rhénan » à laquelle nous assistons.
Exceptés quelques points positifs : service minimum, fin des 35h, mais souvent mal conçus (les maires se retrouvent avec le bébé du service minimum dans les écoles, les 35h ne sont pas compensées) et surtout à sens unique, ce premier bilan, rapide et partiel, me fait vous dire, amis Radicaux, Libéraux et Démocrates-Chrétiens, que je vous sais ne pas être « heureux » à l’ombre de la domination de l’UMP.
En tant que Libéral, comment se satisfaire d’une politique plus favorable aux grandes entreprises qu’aux petites et moyennes ? Ces grandes entreprises ne contribuent qu’à 7 % du PIB français ! Comment peut-on accepter l’exubérance d’un exécutif menaçant la séparation des pouvoirs ? Comment supporter la poursuite de l’endettement, le fait qu’il n’y ait pas de politique industrielle ? La dépénalisation de la délinquance financière ?
En tant que Radical, comment admettre le contrôle des médias, l’intrusion du religieux, les atteintes aux acteurs de l’Etat, à l’Etat lui-même, à la création d’un ministère de « l’identité nationale » ?
En tant que Démocrate-chrétien, ou simplement Démocrate, comment suivre une politique fiscale tournée vers les catégories aisées, si peu favorable aux catégories populaires et moyennes ? Comment admettre une politique si peu européenne, si proche de la Grande-Bretagne et si éloignée de l’Allemagne ? L’évolution vers un capitalisme « total », à l’anglo-saxonne, et l’abandon du modèle « rhénan », d’économie sociale de marché ? Le refus de l’introduction de la proportionnelle est encore une preuve de la domination sourde de l’UMP.
Je ne vois rien, dans le soi-disant cumul des réformes, qui puisse expliquer une quelconque soumission envers N. Sarkozy et l’UMP. Je sais que pour nombre de nos amis Radicaux, Libéraux, Démocrates, beaucoup de reproches sont émis à l’encontre de F. Bayrou. Je reconnais aussi qu’il y ait pu avoir erreur ou précipitation lors du 2d tour des présidentielles et des législatives.
Mais il faut reconnaître que le MoDem a suscité un réel engouement, estime des Français. Lors des élections, et mêmes locales, ce parti naissant a fait en moyenne près de 15 % des voix (moyenne des candidatures MoDem). Un parti Démocrate se crée réellement, avec une assise sociologique, se basant sur ses valeurs sociales-libérales, environnementales et européennes. Le Mouvement Démocrate montre que l’indépendance des Démocrates est possible, nécessaire et attendue par les Français. C’est le courage politique de l’indépendance, attirant nombre d’anciens électeurs de gauche lassés par l’irresponsabilité, la démagogie et surtout les bagarres des thénardiers du PS, et nombre d’électeurs de « centre-droit » étrangers à l’UMP, un parti conservateur peu soucieux d’impartialité et si peu de tradition européenne. Ces Français ne croient plus, ou n’ont plus confiance dans la gauche et la droite d’aujourd’hui. Leurs valeurs démocrates, sociales, environnementales ne se retrouvent pas dans l’UMP. La réalité sociale et économique, le sens de l’Etat, des responsabilités, ne se retrouvent pas non plus avec les PS-PC-Verts.
Pourquoi ne pas être courageux ensemble ?
(*) Jacques Marseille, « Le Grand Gaspillage », chez Plon.
Jean Arthuis veut renotabiliser le Centre
31 Commentaires Publié by Juste milieu juin 29th, 2008 in Identité démocrate, mouvement democrateEn proposant de créer un nième “rassemblement des centristes”, Jean Arthuis s’inscrit dans la longue tradition des groupuscules d’inspiration élyséenne qui depuis des années fleurissent puis meurent dans la clandestinité . Après Robien, Cavada, Morin, Bockel le peu charismatique sénateur de la Mayenne qui ne sait pas ce qu’ est un militant politique tente son petit coup politique . Il veut aussi rassembler les orphelins de l’UDF et son appel a été en premier lieu reçu par la très réformiste Christine Boutin : quel signe d’attractivité !
Avec un tel tandem Bayrou peut dormir tranquille ! La renotabilisation du centre -droit est en marche : zéro militant et une multitude de chapelles qui vont s’auto détruire . Pendant ce temps là le Mouvement démocrate et son président creusent leur sillon auprès des Français. Alors que la dérive autoritaire de Nicolas Sarkozy est plus menaçante de jour en jour (l’épisode de France Télévisions est le révélateur du coup d’état permanent contre la démocratie ) … Alors que la rivalité interne au Parti Socialiste va se transformer en lutte assassine… L’alternative démocrate va s’imposer .
Premiers remords d’Hervé de Charette, à qui le tour ?
1 Commentaire Publié by Juste milieu mai 17th, 2008 in Positionnements, Identité démocrate, mouvement democrateHervé de Charette est un giscardien historique, il a rallié l’UMP lors de sa création en 2002, lachant, sans hésitation, François Bayrou en début de campagne présidentielle . Ancien Ministre des Affaires étrangères sous Chirac , il a aujourd’hui quasiment disparu du paysage politique français actif. Cette semaine cependant, il a fait une déclaration violente contre l’UMP estimant que c’était un “parti autoritaire “au seul service de Sarkozy avec un direction “brejnevienne” exercée par Patrick Devedjian. Celui-ci lui a répondu tout aussi brutalement, et non sans humour, qu’il connaissait le prix des états d’âme de Charette :600.000 € (Nota : le montant du renouvellement de la subvention à son groupuscule , refusée par Devedjian).
Cet épisode assez cocasse, bien sûr montre la vassalisation implacable des ralliés de l’ex UDF à l’UMP et l’impossibilité d’exister -si ce n’est avec indépendance - du moins avec une certaine autonomie. Il est aussi implicitement un forme de remords sur une stratégie vouée à l’impasse.. On se souviendra aussi que Nicolas Perruchot a récemment déclaré après sa sévère défaite municipale à Blois que ses électeurs ne lui avaient pas pardonné son changement de parti et de camp en 2007 après la présidentielle. Au Nouveau Centre on veut encore y croire, on gonfle le torse en annonçant que l’on va présenter des listes aux européennes ou aux régionales, on annonce 7000 militants (ce qui veut dire sans doute moins de la moitié) pour 2000 élus ce qui montre bien l’échec du recrutement opéré en un an, et on s’accroche aux bonnes idées du projet présidentiel de Bayrou pour résister à la pensée unique sarkozyste….Seul Borloo à la tête de son petit mais toujours là - malgré sa dérive droitière - Parti radical tient à peu près le coup grâce à sa personnalité atypique. A qui le tour ?
Pendant ce temps là , la traversée du désert de FB se poursuit en agrégeant une nouvelle génération de militants politiques, en construisant un vrai parti neuf, en capitalisant auprès des Français, et en fourbissant les armes d’une flamboyance prête à resurgir.
Le Parti Socialiste évolue : OUI, MAIS…
13 Commentaires Publié by JP avril 21st, 2008 in Idées fortes, Identité démocrateLa rédaction de la “déclaration de principes” élaborée pour la Parti Socialiste, sous la présidence d’Alain Bergougnoux, montre une réelle évolution du PS français. On n’y parle plus de “révolution” ni de “luttes des classes”. Evolution sous la pression des peuples et de l’histoire ou choix du PS ? sans doute les deux. Mais il faut s’en féliciter.
La nature du PS est dite maintenant “socialisme démocratique” et surtout “réformiste”, pour une “émancipation complète de la personne humaine”. Le terme “personne” plaira particulièrement aux tenants du “sillon”.
Surtout, les vraies évolutions sont de quatre formes :
- l’acceptation de l’économie sociale de marché : “les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché“, et l’on insiste même sur la dynamique du secteur privé… “
- la réforme d’un l’Etat régulateur qui a pour responsabilités aussi la sécurité des biens et des personnes : La régulation (…) est un des rôles majeurs de l’Etat pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale“. Le texte établit, comme le rappelle le journal “Le Monde”, l’obligation “de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle“.
- l’Europe assumée : “le Parti socialiste est un parti européen” qui “revendique le choix historique de l’Union européenne”
- ouverture dans les alliances : “le Parti socialiste entend rassembler toutes les cultures de gauche“. On ne parle plus des “forces de gauche”.
Bref, le PS évolue bien.
Mais…
- le PS se veut toujours “porteur d’un projet de transformation sociale radicale”. On se tape encore des mots d’idéologue mal dégrossie.
- l’Europe assumée a été le point le plus apprement discuté, ce qui indique qu’il y a encore une forte hostilité au sein du PS, notamment incarné par Mélanchon, à l’évolution vers l’Europe.
- on ne coupe pas le lien maléfique de l’alliance avec le parti communiste.
Evolution du PS : oui, mais l’on s’est arrêté au milieu du gué. Pour emprunter le chemin vers la réussite, pour que les Français puissent faire confiance à nouveau à une alliance où serait le PS, bref, pour suivre la modernité blairiste, il y a encore du travail à faire.
Le PS doit voir en face les dernières réalités qui le gênent :
- passer de la dénomination de “socialiste” (qui aujourd’hui dirait aux Français qu’il veut appliquer le socialisme ? alors pourquoi porter un nom d’une politique rejetée par les Français ?) à “social-démocrate”, voire “social-libéral”
- briser les entraves liant le PS aux communistes
- à l’instar du Parti Démocrate italien, ne plus se lier à des formations radicales et irresponsables mais prendre pour parti “frères” les Démocrates américains et le New Labour de Tony Blair.
Ne plus incarner un parti archaïque, obtus et irresponsable, c’est un juste choix fait par le PS.
Reste à présent à emprunter la voie d’un parti réformiste, responsable, capable de représenter autant les salariés du public que ceux du privé, autant les employés que les cadres.
Alors seulement, le PS pourrait s’imaginer un destin à nouveau national.
Mais pour cela, il ne faudra plus fermer la porte aux Démocrates, au MoDem, ne plus faire passer les intérêts de boutiquiers façon Delanoë ou Duron.
Le PS a besoin maintenant de traverser totalement le Rubicon, comme le fit le MoDem, et se trouver un nouveau Rocard ou Delors.
Et alors, tout deviendra possible…
Bayrou, le MoDem, les municipales : la faute à Rousseau ou à Voltaire ?
15 Commentaires Publié by JP mars 23rd, 2008 in Positionnements, Identité démocrate, mouvement democrate, MoDem, Municipales 2008François Bayrou a été battu aux élections municipales, et le résultat des candidats MoDem aura été médiocre. On peut réagir de trois façons :
- la stratégie de Bayrou n’est pas bonne, il faut revenir à l’alliance UMP
- ce n’est pas cette stratégie qui est une erreur, ce sont les électeurs qui se sont trompés, manipulés par l’alliance des boutiquiers de l’UMP et du PS, aidés par leurs presses
- la stratégie en fait n’a pas été claire, les tactiques, ou moyens utilisés pour sa réalisation, erronées
C’est la faute à Bayrou
Si nous pensons cela, il n’y a que deux choix possibles : soit on se remet dans l’alliance avec l’UMP, soit on se donne au PS et ses alliés communistes.
Il ne peut y avoir d’indépendance de la pensée, de la démarche, quand on s’engage a priori dans une alliance pour s’abriter, afin de toucher notre aumône, c.a.d quelques sièges (pour soi, de préférence).
Or, cette vision rencontre deux écueils :
- les électeurs n’auront pas besoin de voter pour nos candidats puisqu’ils auront déjà la proposition du dominant, le PS ou l’UMP
- une sociologie électorale s’est créée, impossible de l’ignorer. Que deviendront notamment ces 25-45 ans, ces « classes moyennes », qui n’auront pour choix que le PS ou l’UMP avec leurs affidés ?
Je crois que l’on aura compris que cette vision n’est pas la mienne.
C’est la faute des autres
Il n’y a qu’à Pau où l’alliance UMP-PS s’est réellement faite. Ailleurs, ce ne fut pas le cas. Je dirais plutôt qu’il y a eu alliance objective entre les PS et UMP partout en France, et subjective à Pau. Il est vrai que l’objectif d’éliminer un courant démocrate indépendant en général, et Bayrou en particulier, de la scène politique est un fait, personne ne peut le nier, mêmes les partisans de cette voie le revendique. Pourquoi ? Parce que nous menaçons les boutiquiers du PS et de l’UMP, le régime des 2 partis. Surtout, cette voie correspond à la vision de la politique des Français.
Ceux-ci ne croient plus en une « gauche historiquement nécessaire » ou une « droite miraculeuse ». Ils savent parfaitement que c’est une illusion réductrice, ils sont lassés par les intérêts des boutiques PS et UMP, intérêts qui passent avant ceux des Français, de la France.
Pour autant, nous, Démocrates, savons tout cela, mais les résultats aux élections ne suivent pas cette quête.
La situation politique est ainsi, les électeurs ont fait un choix, leur choix, lors de ces élections. Le PS et l’UMP défendent leurs intérêts… et après ? Qu’avons-nous fait pour qu’un autre son soit entendu ? Si nous ne voulons pas dépendre d’une alliance obligatoire, être les sujets du PS ou de l’UMP, pourquoi devrions-nous attendre notre salut de la tolérance ou charité de nos propres concurrents ? Si nous choisissons de jouer le rôle de la « victime » permanente, nous désintéresserons aussi les Français.
C’est de notre faute
Je pencherais plutôt pour ce versant. Deux citations pour la réflexion :
« Accuser les autres de son malheur, c’est le fait d’un ignorant. S’accuser soi-même, c’est le fait de l’homme qui commence à s’instruire. N’accuser ni un autre, ni soi-même, c’est le fait de l’homme instruit ». Epictète.
« Au dehors comme au-dedans, nos plus grands obstacles viennent moins de la difficulté que de ceux qui devaient [les] conduire avec nous ». A. de Tocqueville.
4 villes reflètent nos erreurs :
- Lyon : nous n’avons pas présenté de liste, nous n’avons pas offert à la population une expression électorale attendue
- Paris : nous présentons une liste mais nous comportons en supplétifs. Nous payons de notre naïveté les intérêts de boutiquier de Delanoë
- Caen : division de notre représentation, laissant les mauvais choix aux Caennais, permettant à Duron, fabiusien, de continuer la vieille union de la gauche, faussant ainsi la réalité électorale
- Aubagne : l’alliance avec les communistes trouble notre identité démocrate, et valide la stratégie du PS et de l’UMP consistant à nous définir comme « inconsistants »
Les cas de Caen et Lyon sont d’ailleurs symptomatiques de villes de tradition centriste, volées par le RPR-UMP, basculant par là même systématiquement à gauche… Autre constat : le PS n’est pas capable de s’ouvrir car il est enfermé dans ses querelles internes pour le poste de « 1er secrétaire » ( !). Fort heureusement car sinon ce parti serait obligé de se demander ce qui fait que les Français ne lui font pas confiance pour diriger la France… Quant à l’UMP, il se rapproche doucement mais sûrement de ce qu’était devenu le RPR, un parti de droite conservatrice, eurosceptique, socialement bancale. La crainte, donc l’interdiction, de voir les Radicaux, avec Borloo, devenir indépendants, prouve la volonté dominatrice de l’UMP qui instrumentalise ses modérés. Je plains mes amis Radicaux…
Réfléchissons sur nos erreurs pour y remédier :
- stratégie obscure : nous n’avons pas su indiquer et expliquer aux Français le sens de notre démarche. Ils sont prêts à entendre le fait que nous choisissions ici de soutenir un PS, ailleurs un UMP. Mais encore faut-il qu’il y ait des critères clairs et connus : soutien à des édiles ou candidats non alliés au PC ou ultra-droite, soutien à des pro-européens, émissions de critères sur un type de gestion des villes (démocratie de proximité, politique environnementale, fort soutien à l’éducation, développement économique lié à un partenariat public-privé, etc.). Nous aurions dû aussi expliquer que nous présentons des listes MoDem dans toutes les grandes villes, répondant ainsi à un désir de l’électorat d’une offre nouvelle et différente, de possibles alliances dans les villes de taille moyenne, et dans les petites localités, se baser sur les enjeux locaux simples. Personne ne peut nier qu’aucune lisibilité n’a été donnée à notre action. C’est cela qui a créer un décalage d’avec les Français.
- tactiques souvent impropres avec la réalité : quand on présente une liste, c’est parce que nos candidats, nos programmes, notre démarche, sont meilleurs que ceux de nos concurrents. Or, la plupart du temps, nous avons fait des campagnes « nounours », gentilles, où l’on ne cherche pas à convaincre que notre démarche et projets sont les meilleurs. Nous avons fait des campagnes de futurs alliés, de 2d couteaux. La réaction des Français est alors logique : autant voter pour ceux qui domineront une alliance que pour ceux qui attendent de savoir avec qui se fera la danse !
- indiscipline de parti : beaucoup de nos amis ont joué leur carte plutôt que celle du MoDem. A Lyon, Caen, et ailleurs, nous devions présenter nos propres listes. La division, l’éparpillement, ont été sanctionnés, et c’est tant mieux !
Les Démocrates doivent se reprendre car ils ont des obligations envers la population. Trop de Français se refusent à la dualité, au binaire abrutissant la République de l’UMP / PS. N’attendons pas des erreurs ou de la magnanimité de nos concurrents ce que nous devons assumer par nous-mêmes, quand l’on se veut indépendant, c’est-à-dire notre représentativité par le combat politique.
Il est temps que le MoDem investisse l’avenir, présente aux Français sa démarche, et son projet pour la France. C’est le travail de F. Bayrou. Quand j’observe tous ceux qui veulent le faire trébucher, l’empêcher de s’adresser aux Français, je me souviens de ces mots de Talleyrand : « Je reconnais la valeur d’un homme au nombre de ses ennemis »…
Ce parti doit être « pris en main », former sur le long terme ses représentants, aguerrir son organisation, influer la société, investir les strates de notre République. Il est nécessaire que le MoDem se choisisse au plus vite une personnalité forte pour « gérer » la maison, former ses candidats, affermir ses soutiens.
C’est un sillon profond qu’il faut creuser… Et il ne tient qu’à chacun d’entre nous de le faire.
Les élections sénatoriales, régionales et européennes seront d’autres batailles. Si chacun se sent investi de ses obligations envers nos concitoyens, alors ce parti Démocrate tant attendu prendra corps réellement. Mais encore faut-il laisser l’habit de l’opportuniste pour celui du bâtisseur…
On rigole moins au Nouveau Centre
7 Commentaires Publié by Mesina février 19th, 2008 in En campagne, Identité démocrate, blog politique, mouvement democrate, Municipales 2008Je voulais signaler à nos amis lecteurs la présence dans la liste des signataires de l’appel à la vigilance républicaine de l’hebdomadaire Marianne de Maurice Leroy et de Jean-Christophe Lagarde. Un an après être allés à la soupe, ils ont l’air de bien peu goûter celle qui leur a été servie. Mais dans ce cas j’attendrais d’eux qu’ils se fassent discrets. En se manifestant ainsi, ils se ridiculisent.
Allez les gars encore un effort et vous avouerez que vous vous êtes complètement fourvoyés. Peut être même reviendrez vous au bercail ? Ne vous attendez tout de même pas au tapis rouge en rentrant….
Dans le même registre, en campagne avec les gars orange du Modem Paris ce samedi nous avons d’ailleurs croisé le sénateur Pozzo Di Borgo dans le métro. Après lui avoir précisé que le wagon orange ne représentait que les militants du “nord du onzième”, j’ai aperçu dans son regard une certaine amertume. Il faut dire qu’il aurait pu y ranger tous les militants du Nouveau Centre Paris, plus les amis, chauffeurs et domestiques du pseudo-ministre de la Défense, qui aurait pu lui aussi signer l’appel en anticipant son éjection post-municipales.
Nouveau Centre : des pépètes à Papeete*
4 Commentaires Publié by Juste milieu novembre 18th, 2007 in blog politique, medias, évènementsIncroyable mais vrai ! Cette dépêche de presse.
PAPEETE - La démarche serait “légale”, selon Philip Schyle, le président du Fetia Api, petit parti polynésien coincé entre les formations de Gaston Flosse et d’Oscar Temaru, qui a signé cette semaine une convention avec le Nouveau centre
En fait, les textes du financement public des partis politiques permettent aux formations d’outre-mer de recevoir une aide dès qu’elles ont présenté un candidat aux législatives. En métropole, des candidats dans 50 circonscriptions sont requis au minimum pour qu’un parti bénéficie ensuite des 45.000 euros annuels durant la mandature pour chaque député élu.
Le Fetia Api n’a récolté qu’un peu plus de 1.000 voix au total dans les deux circonscriptions polynésiennes (1,11% des suffrages exprimés) en juin dernier. Mais selon Philip Schyle, il suffit que les 21 députés du Nouveau Centre “signalent leur rattachement au Fetia Api auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques” pour que plus de 900.000 euros tombent annuellement dans les caisses de son parti à Tahiti.
Une somme qui sera aussitôt reversée au Nouveau Centre en vertu de la convention signée mercredi à Papeete par Philip Schyle, moins les 30.000 euros annuels conservés par le Fetia Api, selon les termes de l’accord.
“Nous donnons un coup de main au Nouveau Centre”, admet l’élu polynésien qui, jusqu’en mai dernier, bénéficiait d’un accord avec l’UDF et soutenait François Bayrou, fondateur du MoDem. Et de poursuivre, “nous n’avons rien demandé, c’est le Nouveau Centre qui a établi la convention”. Un partenariat qui prévoit tout de même un volet politique. AP
* Comme nous sommes sur un blog honnête, j’avoue modestement avoir emprunté ce titre excellent au journal Libération qui a levé ce lièvre polynésien…
Nouveau Centre, Nouveau Sans-Gêne mais Vieilles Pratiques
6 Commentaires Publié by JP octobre 24th, 2007 in Positionnements, Pour et contre, évènementsLe Nouveau Centre s’est planté aux élections législatives. Pour ce syndicat de sortants, eunuques de l’ump, alibi centriste sarkozien, l’objectif était de s’inventer une légitimité politique. Pour cela, il fallait respecter la loi en présentant au moins 50 candidats dans 50 circonscriptions aux législatives, et produire un seuil minimal de 1 % au niveau national, pour profiter des subsides de l’Etat.
1 %, c’est malgré tout très peu.
Et pourtant il aura fallu, à ces “courageux centristes”, racler les fonds de tiroirs car personne ne se bousculait pour porter leur infâme trahison : chauffeurs, domestiques, épouses (belle marque de respect), etc…
Mais bon, tous les moyens sont bons quand il s’agit des maroquins de la République : les places sont chère, aux Français de payer !
Malgré l’emploi de tous les moyens … “légaux”, rien n’y fait, le nc ne parvient pas à s’inventer une histoire politique, de parti. L’argent ne vient pas…
Oups, désolé : et si l’on utilisait les vieilles recettes politicardes ?
Sans gêne, les eunuques ont imploré le président Sarkoy afin d’emettre une loi spéciale “illégitimes”. Pas fou, l’Omniprésent a donné son accord.
Résultat, cette loi est préparée pour abaisser le quota à 15 députés, sans autres formes de procès, et surtout sans aucun besoin de cette légitimité, expression de la démocratie !
Belle porte ouverte pour de prochains groupuscules bidons, et pourquoi pas d’ailleurs des sectes, que l’on voit tenter de s’immiscer à chaque élection…
Mais surtout, si cette loi est votée, encore une belle occasion de dégoûter les Français des politiques, ajoutant à l’irrespect d’une assemblée pas représentative.
Pourquoi ces députés en manque de légitimité démocratique ne proposent-ils pas le scrutin à la proportionnelle ? Parce que cela ne changerait rien à leur inexistence ?
Et si cette loi est votée, celle-ci imposera un fait anticonstitutionnel : la non rétroactivité des lois !
Pourquoi une loi est elle anticonstitutionnelle du fait de sa rétroactivité quand il s’agit des emprunts des Français pour l’achat de leur maison, mais constitutionnelle quand il s’agit, pour un quarteron de centristes à la retraite, de vivre aux frais des Français ?
Un mille feuille persistant pour lutter contre le chômage
1 Commentaire Publié by OVO septembre 28th, 2007 in Positionnements, Identité démocrate, Pour et contre, mouvement democrateAlors que le chômage poursuit son carnage au sein de toutes les populations, et notamment les plus fragiles, le gouvernement poursuit les pratiques des gouvernements précédents, dans la création d’allègements de charges.
Ces allègements ne sont jamais définitifs. ils s’empilent car personne n’a le courage de supprimer ce qui ne sert à rien. En même temps qu’on réduit un petit peu les charges pour tous les salariés (presque), on continue à vouloir faire de la discrimination positive. Aussi, la différence se réduit et impacte directement l’effet des mesures en faveur des banlieues par exemple. Ainsi, après une envolée (+ 22 %) en 2007, les allégements pour favoriser l’emploi dans certaines zones géographiques sont censés diminuer (- 5 %).
Pourquoi les gouvernements de gauche ou de droite demeurent-ils minimalistes dans l’ambition, mais maximalistes dans les dépenses liées à l’emploi ? Le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, publié lundi, indique que les dispositifs d’exonérations de charges en faveur de l’emploi devraient atteindre le total impressionnant de 31,75 milliards d’euros en 2008 (+ 13 %), après 28 milliards cette année et 24 milliards en 2006. Pour confirmer l’”inéfficience” de ces mesurettes, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de 11.800 (+ 0,6 %) au mois d’août, selon les données publiées hier par le ministère de l’Emploi.
Osons des mesures radicales, ne parlons plus d’allongement, parlons de changement de taux, ne parlons plus d’exonération, parlons de suppression, ne parlons plus de renforcer les moyens pour lutter contre le chômage, parlons de suppression de moyens de l’Etat pour supprimer des charges sur l’emploi.
Que les gouvernement de gauche et de droite arrêtent de prendre des mesures “centre moue”, et qu’ils commencent à prendre de vraies mesures… Démocrates !



