LE NOUVEAU CENTRE:UNE FORMATION QUI FAIT PSCHITTTTT
21 Commentaires Publié by Guillaume juillet 19th, 2008 in Identité démocrateIl y a un peu plus d’un an, le Nouveau Centre est né sur les ruines de l’UDF. Ce nouveau parti se voulait indépendant et dans la majorité présidentielle. Mais son existence, et donc son utilité, était difficile à démontrer en raison de la présence d’une majorité absolue UMP à l’Assemblée Nationale. Lors de la discussion sur la loi TEPA (dite paquet fiscal), Charles de COURSON a déposé des amendements intéressants. Ils ont immédiatement été balayé par l’UMP, Jean-François COPE ayant brutalement rejeté toute discussion par une intervention qui pouvait s’apparenter à « vous avez juridiquement torts parce que vous êtes politiquement minoritaires ».
Le Nouveau Centre, en recherche de financement a tenté de faire modifier la loi électorale sur le financement politique. Il a finalement été lâché en rase campagne par son allié. Périodiquement, François SAUVADET, président de groupe, se plaint de l’attitude dédaigneuse de ses partenaires, propos auxquels Jean-François COPE a récemment répondu, de manière quelque peu méprisante par « Monsieur SAUVADET, je le trouve gentil ». Et voilà qu’arrive le débat dans lequel le Nouveau Centre pouvait espérer compter : le débat sur la réforme de la constitution.
Le Nouveau Centre pouvait compter car c’est le seul débat dans lequel l’Assemblée Nationale et le Sénat sont sur un pied d’égalité et la difficulté de réunir la majorité des trois cinquième rendait la trentaine de parlementaires NC difficilement contournable. Mais voilà, la servilité ayant inhibée ces derniers, ils sont apparus inexistants. Le président du parti s’est simplement fendu d’un communiqué lénifiant et stérile expliquant que la réforme des institutions, c’était ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, et que le Président de la République a dit, le Président de la République a fait, le Président de la République a décidé et que le Nouveau Centre allait s’exécuter.
Les idéaux ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas, ceux du Nouveau Centre sont déjà obsolètes.
“Ni gourde, ni gourdin” le retour
10 Commentaires Publié by Juste milieu juillet 9th, 2008 in Identité démocrate, Profane et drôle, blog politique, mouvement democratePour ceux qui s’intéressent à l’histoire militante de l’UDF et du Modem* , le slogan « Ni gourde, ni gourdin , Bayrou sinon rien » est né début avril 2007, dans un restaurant de l’est parisien. Ce soir là, de joyeux militants UDF et néo-UDF se retrouvaient à l’issue d’un « café citoyen » qui avait fait salle pleine autour du thème de la sociale-économie animé par le brillant Frédéric Lefebvre-Naré de l’équipe présidentielle de Bayrou.
Peu importe la paternité de ce brillant slogan de fin de banquet lancé à la cantonade. . Même si les témoins de cette soirée mémorable ont leur idée sur celle-ci … Ce qui compte c’est le cri du cœur lâché collectivement par des hommes (et quelques femmes …) de conviction qui appréhendaient ou qui ne voulaient pas choisir entre les 2 favoris de l’élection présidentielle. Pour eux c’était clair, Bayrou sinon rien ! Bayrou allait gagner et devait gagner car en dehors de son projet d’espoir nulle perspective viable pour notre pays.
Le soir du premier tour, ces militants se retrouvèrent devant le siège de l’UDF, rue de l’Université avec des milliers d’autres , en orange pour la plupart…Malgré leur déception face à la troisième place de FB et son score moins élevé que ce dont ils auraient rêvé, ils reprirent leur bonne humeur et s’armant de courage scandèrent à l’envie dans la rue leur slogan…
La presse qui avait besoin de sons, d’images et d’ambiance immortalisa ce moment et « Le Monde » le reprit même en une de son site Internet et sur son portfolio…
Pour le deuxième tour certains respectèrent à la lettre la devise et glissèrent à nouveau un bulletin Bayrou…
La petite bande s’est depuis, pour partie dispersée du fait des évolutions dans la vie de chacun ou par ce que certains ont perdu l’enthousiasme qui les animait alors.. L’amitié est restée évidemment, et un dîner de reconstitution de ligue dissoute a même eu lieu début juin..
Pourtant qui peut dire aujourd’hui que ce slogan n’ était pas visionnaire de ce qui allait se passer ? Côté candidat UMP élu : la dureté de la politique sociale et économique, le contrôle des medias et en particulier de l’audiovisuel public, une politique de défense des droits de l’homme en France sur la scène internationale bien différente des propos de campagne, la désinvolture vis-à-vis des déficits publics . Et côté candidate PS, défaite , l’impossibilité de se hisser à la hauteur de chef de l’opposition d’un grand pays démocratique.
Ni gourde, ni gourdin is back !
* La référence à NGNG a été faite récemment sur ce blog à l’occasion d’un échange de commentaires entre jp et Sébastien…
Jean Arthuis veut renotabiliser le Centre
31 Commentaires Publié by Juste milieu juin 29th, 2008 in Identité démocrate, mouvement democrateEn proposant de créer un nième “rassemblement des centristes”, Jean Arthuis s’inscrit dans la longue tradition des groupuscules d’inspiration élyséenne qui depuis des années fleurissent puis meurent dans la clandestinité . Après Robien, Cavada, Morin, Bockel le peu charismatique sénateur de la Mayenne qui ne sait pas ce qu’ est un militant politique tente son petit coup politique . Il veut aussi rassembler les orphelins de l’UDF et son appel a été en premier lieu reçu par la très réformiste Christine Boutin : quel signe d’attractivité !
Avec un tel tandem Bayrou peut dormir tranquille ! La renotabilisation du centre -droit est en marche : zéro militant et une multitude de chapelles qui vont s’auto détruire . Pendant ce temps là le Mouvement démocrate et son président creusent leur sillon auprès des Français. Alors que la dérive autoritaire de Nicolas Sarkozy est plus menaçante de jour en jour (l’épisode de France Télévisions est le révélateur du coup d’état permanent contre la démocratie ) … Alors que la rivalité interne au Parti Socialiste va se transformer en lutte assassine… L’alternative démocrate va s’imposer .
En France, la presse est indépendante de N. Sarkozy et de l’UMP…
9 Commentaires Publié by JP juin 25th, 2008 in blog politique, medias, Revue de presseL’hebdomadaire Le Point a fait son enquête sur l’influence de N. Sarkozy sur la presse française. Après le départ forcé de PPDA de TF1, le débat s’est fait.
Amusant…
N. Sarkozy exercerait une influence sur la presse ? et Le Point se pose la question ?
Est-ce que l’un d’entre nous se pose cette question ?
Faisons le tour :
- Le Figaro, Valeurs Actuelles appartiennent au groupe Dassault. Celui qui gère la presse pour le groupe est ancien conseiller de Paris RPR, et qui fut candidat RPR aux législatives dans le 12è arrondissement de cette ville. Les Dassault sont liés au RPR, puis UMP, avec leurs élus sénateur, maire, etc.
- TF1 appartient au groupe Bouygues. Ami très proche de N. Sarkozy.
- Europe 1, Journal du Dimanche, Paris Match, appartiennent au groupe Lagardère (et tout ce qui est « Hachette »), ami personnel de Sarko.
- Le Point, c’est Pineau-Valenciennes, ami très proche de J. Chirac. Il acheta ce journal en 1995 pour aider à l’élection de son ami Jacques.
Cette situation provoque t elle des conséquences sur l’indépendance de la presse française ?…
- Alain Génestar s’es fait virer de Paris Match par l’ami Lagardère pour photos gênantes sur l’intimité de la séparation sarkozienne.
- à TF1, PPDA se fait lourder après son interview acide d’un “président enfant”, mais TF1 est aussi une entreprise qui embauche… les collaborateurs de campagne de Sarko…
- Le Figaro fait parler haut les officiers supérieurs et généraux sur le Livre Blanc de la Défense : atteinte aux capacités militaires de la France ! preuve d’indépendance du Fig ? Si l’on peut être en accord avec eux sur le sujet, eux le disent dans Le Fig : parce que cela pose surtout un problème à son proprio Dassault, industriel… de l’armement…
- Le Point parle de l’influence de Sarko sur les médias ? c’est que le copain Chirac a des soucis avec la justice : faudrait que le Nicolas se montre plus « coulant », faut donc lui mettre la pression…
Le Point se sépare de Denis Jeambar en 1995 car barriste : faut du chiraquien ! Alors on recrute Catherine Pégard : écriture au panégyrisme indépassable, avec un « Bloc Note » relevant d’une digne inutilité propre au courtisan. Mais la dame est aussi Sarko compatible ? alors on l’embauche comme conseiller spéciale à l’Elysée (ça, c’est de l’indépendance journalistique, de la belle déontologie). Le Point, avec son départ, a donc enfin engagé un(e) journaliste ? Que nenni : on intègre du Fig Pierre-Brossolette pour continuer dans l’écriture fidèle, façon canine ! Et n’oublions pas la belle honnêteté intellectuelle d’un Nicolas Baverez : prenez le programme économique de Bayrou pour les présidentielles (politique industrielle, Small business Act, introduction de « l’Intelligence Economique », dénonciation de l’endettement), mettez ce programme en exergue, façon absolument nécessaire, et concluez en disant que c’est le programme de Sarko, qui seul le réalisera !
- Europe 1 ? pendant toute la campagne des présidentielles, la radio a milité pour insister sur un Le Pen 3è homme… la Marine envoyée d’urgence au micro pour remettre à sa place le Bayrou bidon invention des médias (!), avec le journaliste qui confirme en direct cette logique future 3è place… ou la Clémentine Autain qui peut tranquillement dire à la radio que Bayrou, c’est un homme de droite habituelle : catho, blanc, et hétérosexuel !!!
On a connu des journalistes plus réactifs, plus facilement choqués (surtout concernant leur fiscalité particulière)…
Donc, apparemment, pas de problème d’indépendance des médias en France.
Si on étatisait ces médias ? Pourquoi pas l’ORTF à la sauce gaulliste ? La chasse aux sorcières façon mitterrandiste et socialiste (Sérillon doit bien se marrer) ?
L’important, c’est que ces mêmes médias continuent à nous « informer », se drapant de la virginité, de la pureté journalistique… Pendant ce temps là, on pourra continuer à s’inventer de grands complots, à s’en taper le cotillard.
Pas de doute, il n’y a pas de problème de démocratie en France, c’est pour cela que l’on peut critiquer les voisins, comme ces ritals avec leur Berlusconi… C’est pas en France que ça arriverait, tout cela… nos journalistes sont d’ailleurs là pour le dire…
Sinon ? il y a la blogosphère…
Et le « Blog du démocrate »…
Serviteurs…
Bidouillage et tripatouillage sont-elles les deux mamelles de la droite?
5 Commentaires Publié by Guillaume juin 22nd, 2008 in Identité démocrate, MoDemPour ceux qui s’en souviennent, les élections régionales de 1998, qui se sont tenues quelques mois après la dissolution souhaité par Jacques CHIRAC en 1997, se sont déroulées selon le mode de scrutin de la proportionnelle à un tour.
A l’issue de ces élections, la droite, dans quatre régions, a accepté les suffrages des élus du Front National pour faire élire leurs candidats à la présidence de la région.
La droite s’est retrouvée au bord de la crise de nerfs et, alors que certains adressaient un message de félicitation aux présidents nouvellement élus, seul François BAYROU appelait à un grand rassemblement pour faire barrage à ce type d’attitude.
Toujours est-il que pour éviter le renouvellement de cette situation, la droite, une fois revenue au pouvoir, a, en 2003, modifié le mode de scrutin pour l’aligner sur celui en vigueur dans le cadre des élections municipales, soit un mode de scrutin proportionnelle à deux tours avec attribution de la moitié des sièges à la liste arrivée en tête, ce afin d’obtenir une majorité claire tout en permettant la représentation des minorités.
Mais voilà, ce mode de scrutin s’est soldé par la perte sèche de vingt régions sur vingt deux pour la droite en 2004.
Surtout, cette dernière a tiré les conclusions des dernières élections législatives et surtout municipales.
En effet, la droite est arrivée en tête dans beaucoup de circonscriptions ou de municipalités, à l’issue du premier tour.
Mais voilà, l’assèchement du Front National et le basculement de l’électorat centriste vers le Mouvement Démocrate, plus indépendant, voir plus à gauche, a privé la droite de réserves de voix et a aboutie à des pertes importantes dans ces deux scrutins.
D’où une nouvelle modification envisagée par le gouvernement, revenir à une élection à un tour selon le précédent mode de scrutin en vigueur en 1998.
Le but évident est surtout d’éviter un second tour, bien souvent fatal pour la droite.
Le caractère opportuniste de cette nouvelle réforme (il est vrai que le gouvernement actuel en a plein la bouche) et le risque de rendre les régions difficilement gouvernables importe peu.
Ce qui est important, c’est que la droite puisse éviter une nouvelle sanction analogue à celle de 2004, le tout au prix d’un bidouillage et d’un tripatouillage digne d’une république bananière.
Romano Prodi, le Raymond Barre italien (…et Casini, le Bayrou italien…)
6 Commentaires Publié by Mesina mai 25th, 2008 in Europe, Idées fortes, Identité démocrate, mouvement democrate, AilleursAvec un peu de recul désormais, il n’y a pas en soi grand-chose à dire sur la victoire de Berlusconi en Italie tant il s’agit là d’une victoire par défaut. Tout juste peut-t-on signaler que pour une fois, dans un contexte de ras-le-bol identique à celui que nous avons connu en 2002, la personnalité controversée du Cavaliere aura accéléré la bipolarisation, de telle sorte que pour une fois la coalition au pouvoir semble solide. En tous cas il n’y a pas de valeur ajoutée à joindre sa voix à celle des loups qui hurlent sans relâche contre Berlusconi, car en réalité, dans sa propre coalition, il n’est pas le plus inquiétant. L’alliance nationale, qui a rejoint son parti (et a gagné Rome), et plus encore la Ligue du Nord sont autrement plus dangereux, et il y a des questions à se poser sur qui prendra la relève de Berlusconi ensuite… Ce sera probablement pire…Espérons au moins que cette coalition s’attaquera enfin à la nécessaire réforme des institutions. Notons d’ailleurs que le système italien montre à peu près les limites à ne pas franchir en matière d’introduction de la proportionnelle (outre l’écueil bien connu de l’instabilité qui en résulte, ce que les italiens envient à notre système c’est le coté uninominal de notre scrutin, car ils n’en peuvent plus de voir les partis recycler des gens qui trainent des casseroles).
Non en réalité je retiendrais plutôt de cet épisode deux autres faits, bien différents l’un de l’autre…
Tout d’abord le retrait de la vie politique de Romano Prodi, à qui le collectif du Blog du democrate ne peut que tirer son chapeau. Ne serait qu’en raison de ses nombreuses similitudes avec notre Raymond Barre : européen convaincu, universitaire et économiste, refusant d’adhérer pleinement à un parti, catholique pratiquant, jusqu’à une certaine apathie (qui le mettait en difficulté face à la verve de Berlusca). Le journal La Croix lui a d’ailleurs consacré deux plaines pages il y a une semaine, soulignant aussi le rôle important qu’il a joué pour permettre aux chrétiens de travailler avec la gauche laïque, dans un pays longuement marqué par cette séparation. Je ne crois pas qu’il avait cette fois-ci un bon bilan (son action se résumait à une application des canons libéraux de la Commission européenne qu’il a lui-même présidé), ses difficultés de communication devenaient de plus en plus handicapantes, mais son action d’ensemble laissera une vraie trace dans l’histoire européenne. Souhaitons donc qu’il ait été la dernière victime de ce système électoral.
Tant que je suis dans les comparaisons, je voulais en esquisser une autre. Pier Ferdinando Casini, ex président de la chambre des députés sous Berlusconi II et président de l’UDC, petit parti de centre droit héritier de la démocratie chrétienne, a choisi la stratégie suivante : sortir de son alliance historique avec Forza Italia, défendre une ligne ni droite - ni gauche, et aller seul aux élections (cela vous rappelle quelqu’un ?). Il a fait environ 6 ou 7 % des suffrages et s’est retrouvé avec 3 sénateurs (vous voyez mieux ?). Pour être exact, dans le système italien plus favorable aux petites formations il a gardé tout de même une trentaine de députés. Evidemment, de nombreux dirigeants de l’UDC sont partis pour sauver leurs postes locaux, évidemment aussi il règne une grande confusion en interne dans ce parti. Et dans cette nouvelle physionomie, les éditorialistes ne voient qu’une issue pour lui : une alliance avec le nouveau parti Démocrate (de Weltroni). On se sent moins seuls tout à coup….
Le mouvement démocrate vu d’Osaka, Japon
4 Commentaires Publié by Soseki mai 21st, 2008 in Identité démocrate, mouvement democrateQuelle est l’image générale du mouvement démocrate parmi les français résidant du Japon ? Quelles sont les réactions des japonais curieux de vos actions et démarches ?
Alexandre Joly : L’image du Modem parmi la communauté française au Japon est similaire à celle des Français de l’hexagone. Cela va de la sympathie et la communion de valeurs ou d’idée, à la critique habituelle des partisans du bipartisme selon lesquels nous n’avons pas d’idée ou de programme et que nous sommes indécis.
Ceci dit, les bons résultats de François Bayrou lors du premier tour de la présidentielle de l’an dernier sur le Japon, où il a terminé second avec un résultat supérieur à 23% dans chacun des deux bureaux de vote de l’archipel, tendent à démontrer que son message passe bien dans la communauté.
Pour ce qui est de l’attitude des Japonais concernant le Modem, elle à l’image de celle qu’ils ont pour la politique française en général: un desintérêt poli. Si les grands médias ont traité de la campagne de 2007, c’était plus pour mettre en valeur le fait qu’une femme avait des chances d’être élue que sur le contenu des programmes.
Hervé Tisserand : Les Japonais ne connaissent guère la situation politique française. Nicolas Sarkozy est bien évidemment connu mais c’est pratiquement le seul leader politique français actuel à l’être.
De l’élection présidentielle, les médias japonais n’ont retenu que l’affrontement Sarkozy-Royal. Malheureusement, François Bayrou et le Modem ne sont guère connus en dehors de quelques cercles francophiles et de spécialistes. Cependant, on peut considérer qu’il en va de même pour les Français concernant ce qui se passe au Japon.
Quant aux Français résidant au Japon, le regard qu’ils portent sur le Modem est semblable à celui des Français de France comme l’a bien dit Alexandre. Ce qui est inquiétant, c’est le peu d’intérêt pour les programmes d’où une méconnaissance de ceux-ci et de ce qu’ils impliquent malgré le fait qu’ils soient souvent disponibles sur le net. Cela peut expliquer le désenchantement de certains qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy.
- Quelles sont les initiatives originales prises par l’antenne d’Osaka dont vous êtes le plus fiers ?
A. J. : Incontestablement notre blog. Nous avons été les précurseurs au Japon dans la blogosphère des mouvements politiques français à en créer un. Si bien que des sympathisans locaux de l’UMP ont découvert notre site et se sont empressés d’en organiser un pour soutenir leur candidat dans les semaines qui suivirent.
H. T. : Je confirme que notre blog est ce dont nous sommes le plus fier. Il a permis de diffuser les idées du Mouvement Démocrate au sein de la communauté francophone du Japon. Il a également permis de donner des informations importantes à cette même communauté concernant la vie au Japon.
- Quelle sont les spécificités de l’antenne modem d’Osaka ?
A. J. : D’être à Osaka et non à Tokyo, la capitale du pays. C’est un concours de circonstance qui résultait de l’existence d’une forte concentration de jeunes Français dans une entreprise japonaise sur Osaka et qui a donc amener à des échanges de point de vue politique et au rassemblement de certains sympathisants du Modem.
Cela tient aussi à la structure sociologique de la répartition géographique des ressortissants français au Japon. Dans la région d’Osaka/Kyoto, le Kansai, nombreux sont les universitaires, professeurs et artistes. Cela s’est ressenti lors du premier tour où S. Royal a fini en tête et F. Bayrou deuxième. Inversement, à Tokyo les cadres d’entreprise, les entrepreneurs sont majoritaires et N. Sarkozy a fini en tête, juste devant F. Bayrou.
H. T. : Comme l’a bien remarqué Alexandre, les Français du Kansai (la région d’Osaka et de Kobe) diffèrent sensiblement de ceux du Kanto (la région de Tokyo). Ici, la population française est sans doute plus jeune et un peu moins liée aux grandes entreprises françaises.
- Quelles sont les attentes des français de l’étranger pour participer à la vie du mouvement ? Quelles seraient vos suggestions ?
A. J. : Les Français de l’étranger ne sont pas un groupe homogène, il y a différents types d’émigrès et donc différents types d’attentes. Aux deux extrêmes, vous avez tout d’abord l’expatrié, envoyé pas sa société pour une mission à court ou moyen terme, dont les préoccupations sont de l’ordre du pratique et de l’instantané (école pour les enfants, côtisations retraite, impôts…) et puis vous avez l’émigré “intégrationniste” qui travaille dans une société jap ou tout du moins sous contrat japonais, a un conjoint japonais, qui ne sait pas s’il va rentrer un jour et dont les attentes politiques seront plus idéologiques et globalisantes (image de la France, relations avec le pays en question, politique sur la double-nationalité…)
Un parti politique moderne devrait avoir une fédération regroupant des membres qui incarneraient ces différentes tendances.
H. T. : Beaucoup de résidants regrettent leur manque de représentativité à l’assemblée nationale. Il est difficile de faire entendre la voix des Français vivant à l’étranger alors que nous sommes de plus en plus nombreux. François Bayrou et le Modem envisagent d’importantes réformes concernant la décentralisation. Il faudrait que certains de ces projets concernent ceux ne résidant pas ou plus sur le sol français et notamment leur représentativité politique et leur participation à la vie nationale.
Nous pouvons apporter beaucoup de choses et notamment un regard sur la France plus distant. Nous pouvons également faire savoir comment ça se passe ailleurs - certaines idées sont bonnes à prendre. On éviterait ainsi les débats trop franco-français.
- Le potentiel d’internet est souvent mis en valeur pour l’animation interne des mouvement politiques, notamment à l’étranger. Quelles vertus lui accordez-vous réellement ?
A. J. : Pour les Français de l’étranger, Internet a révolutionné notre relation avec la métropole en général et le suivi de la politique française en particulier. Pour avoir vécu deux campagnes présidentielles depuis le Japon (2002 et 2007), je peux vous affirmer que la seconde a été vécu comme l’ont vécu des millions de nos concitoyens alors que la première n’a été qu’un lointain cauchemard.
Cette différence se voit tout d’abord dans la capacité et la rapidité d’accés aux programmes politiques, aux informations générales et au débat public qu’offre l’Internet. Les blogs et surtout les sites d’information des journaux, TV, radio accessibles online sont des moyens de s’informer en temps réel, quand il fallait attendre une semaine au par avant pour avoir les journaux par courrier.
Ensuite, Internet est un moyen très efficace pour « atteindre » les gens et débattre avec eux. Les forums et sessions de « chat » sont notament de très bons vecteurs pour lier les différents membres de la commuanuté française.
Car il ne faut pas oublier une chose, c’est que nos concitoyens sont isolés quand ils vivent à l’étranger. Imaginez que sur un archipel comme celui du Japon il n’y a que 2 bureaux de vote à Tokyo et Osaka, qui correspondent aux deux grandes concentrations de ressortissants français, et des centaines de nos concitoyens vivent à des heures de transport de celles-ci.
H. T. : Internet permet à toute personne éloignée du sol national de garder un contact direct avec son pays: Il est possible de suivre l’actualité au jour le jour et de savoir où en est le pays.
Pour les personnes vivant dans un pays étranger, cela permet d’établir des contacts et de former des communautés dans lesquelles on peut discuter voire débattre.
Internet est aussi un moyen de partager des expériences et des ressources. Les mouvements politiques devraient plus utiliser ce vecteur pour communiquer avec leurs adhérents et leurs sympathisants et pas seulement lors des grandes échéances électorales. Je ne crois pas trop, pour des raisons de cohérence et de faisabilité, à l’idée de la démocratie participative telle que la conçoit Ségolène Royal mais il n’empêche que les discussions, qu’elles aient lieu dans une salle ou sur internet, peuvent permettre d’enrichir le débat politique.
- A quelles consultations du mouvement démocrate souhaiteriez-vous être associer ?
A. J. : Aujourd’hui, comme jamais dans l’histoire de notre pays, de nombreux Français s’expatrient et émigrent plus ou moins longtemps. Nous entrons dans une ère d’hyper-nomadisme pour reprendre les termes de Jacques Attali dans sa « Bréve histoire du futur » et un parti politique moderne doit pouvoir capter ces Français nomades en les intégrant pleinement à ses structures.
Des fédérations des Français de l’Etranger d’Asie, d’Amérique ou d’Afrique, en fonction de leur nombre devraient être créées et ses membres avoir les mêmes possibilités d’agir sur le parti que les membre de la fédération du Gers ou celle de Paris…
De même que les institutions de la République devraient mieux prendre en compte les ressortissants français de l’étranger. Mais ceci est une autre histoire.
Ensuite, en tant que blog de sympathisants du Modem, nous aimerions aussi avoir un interlocuteur privilégié à l’intérieur de celui-ci qui répondrait à nos questions, qu’elles soient d’ordre politique ou juridique.
Aujourd’hui, la révolution Internet dont nous parlions précédemment permet d’abattre toutes les difficultés matériels,comme l’éloignement, pour les mettre en place.
H.T. : De nos jours, de plus en plus de Français vivent à l’étranger. La mondialisation fait que les pays sont de plus en plus interdépendants et en même temps et chacun d’entre eux cherche à profiter au maximum de ce mouvement. Je pense qu’un parti politique tel que le Mouvement Démocrate a besoin d’une structure permettant à ses adhérents et à ses sympathisants de faire connaître leurs expériences. Les experts ne suffisent pas. Les Français de l’étranger peuvent montrer comment on vit dans d’autres pays et mettre en lumière les avantages et les inconvénients de ces derniers.
- Quels sont vos perspectives et objectifs pour 2008-2009 ?
A. J. : Les blogs comme le nôtre ont un pic d’activité lors des campagnes électorales. Les prochaines échéances seront donc européennes, même si les Français de l’étranger ne sont pas conviés à s’exprimer sur cette élection importante comme sur tant d’autres, par exemple les Législatives.
D’ici là nous continuerons à nous concentrer sur les trois objectifs de notre blog : Participer au débat politique par la publication de points de vue et de commentaires, informer sur la vie au Japon et surtout tenter de rassembler autour de la diffusion des valeurs démocrates.
H. T. J’espère que nous pourrons mieux faire connaître l’actualité japonaise aux Français – le Japon est quand même la deuxième puissance économique du globe.
J’espère également que des Japonais accepteront d’intervenir directement sur notre site afin de diversifier les points de vue.
- Un dernier mot ?
A. J. : La démocratie et ses valeurs sont aujourd’hui mises à mal dans de nombreux pays par une substitution du principe de raison à celui de passion. De chacun de ces deux principes découlent pourtant deux façons radicalement opposées de s’adresser au peuple souverain et d’obtenir ses suffrages : c’est la voix du démagogue contre celle du démocrate.
C’est cette dernière que notre blog entend porter.
H. T. : Nous sommes dans une situation où nous avons l’impression de prêcher dans le désert. Quand on souhaite débattre sur le fond, on nous oppose une politique de communication, quand les gens veulent parler d’un sujet important, on préfère donner la parole aux experts qui sont souvent coupés de certaines réalités, quand il faudrait réfléchir à certaines questions à tête reposée, on est convié à réagir vite et en fonction de notre émotion du moment, etc. Il ne faut pas désarmer mais continuer à faire part de nos convictions.
Alexandre Joly et Hervé Tisserand animent le blog des sympathisans du Mouvement Democrate au Japon.
A suivre sur leur blog
Vers la réforme des institutions
2 Commentaires Publié by Guillaume mai 18th, 2008 in Idées fortes, Identité démocrateL’Elysée a lancé une nouvelle réforme de la constitution. Tout le monde y va de sa propre modification. Le Président de la République, sans doute émerveillé par le discours du Président américain devant le congrès, veut pouvoir faire de même. Plusieurs parlementaires UMP y sont opposés. Le Parti Socialiste veut une réforme du système électoral du Sénat.
Le Nouveau Centre et le Mouvement Démocrate souhaitent l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives (point auquel s’opposent les parlementaires UMP). Tout ça parce que le parti majoritaire ne dispose pas des trois cinquièmes nécessaires au congrès et que la perspective d’un référendum n’existe pas pour l’exécutif.
Au delà du fait qu’après la ratification du traité de Lisbonne, on veut, une nouvelle fois, modifier nos institutions sans consulter le peuple français, personne ne se pose la véritable question, celles-ci sont-elles viables. Elles ont effectivement permis une stabilité gouvernementale mais l’absence de participation chronique aux élections devrait inviter nos gouvernants à réfléchir sur la pertinence de la constitution actuelle.
Durant la campagne pour l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait défendu le texte de la cinquième république. Les quatre vingt cinq pour cent de participation à l’occasion de ces élections ont semblé lui donner raison. Mais voilà, cette belle participation s’est littéralement effondrée lors des élections législatives et n’a connu aucun redressement lors des élections municipales. De surcroît, à chaque élection d’un nouveau président, les français ont le sentiment (toujours fondé) d’avoir été trompé sur les promesses faites. Souvenons nous des vraies élections législatives que nous avons connus en 1993 et 1997 pour constater que le sentiment de trahisons des promesses et d’inutilité du mandat législatif n’existait pas.
Souhaitons qu’après les mensonges de Mitterrand, l’inertie de Chirac et l’instabilité de Sarkozy, un président aura le vrai courage de changer en profondeur notre constitution.
Le crépuscule des bisounours où la maturité naissante du mouvement démocrate
2 Commentaires Publié by Soseki mai 9th, 2008 in Identité démocrate, Témoignages, mouvement democrate, MoDemJ’assistai hier à une réunion de travail sur le règlement intérieur national du mouvement démocrate, rue de l”Université à Paris.
S’y retrouvaient l’ensemble des adhérents, venant de Marseille, de Moselle, de Montreuil, de Paris et d’ailleurs, toutes sensibilités confondues, pour une grande séance de thérapie collective. Un travail sur l’entre-soi démocrate qui n’a pas manqué de moments de bravoures malgré un objet d’étude très peu sexy-centriste à priori.
Comme toute bonne thérapie, le bénéfice ne s’en ressent qu’en payant de sa personne et à défaut d’écus sonnants et trébuchants c’est sur l’endurance d’un examen ardu des articles du règlement intérieur que les questions qui fâchent ont été abordé. L’exercice n’a pas manqué de meneur(e)s procéduriers et procédurières, de confessions sur la situation difficile dans tel ou tel département, ville ou canton, mais dans l’ensemble le dispositif délibératif a plutôt relevé d’un bon niveau et la discipline a régné dans la prise de parole, ce qui me rend plutôt optimiste pour la suite. Le diagnostic général c’est bien celui d’une crise de croissance évoquée précédemment par mon camarade Mesina.
Utile et intéressant cette réunion témoin d’une saine démocrate interne, n’en déplaise aux grincheux, et rend bien compte d’une maturité en marche du mouvement démocrate, notamment des adhérents venus pendant l’élection présidentielle de 2007, et qui constituent la nouvelle maille du parti, sa nouvelle chair. Ayant été confronté au réel des échéances politique, notamment pendant les législatives de 2007 et les municipales de 2008, et le temps ayant fait son oeuvre, les plus enragés des bisounours, accro au volontarisme participatif béat ont déserté la place. Finalement ceux-là n’auront pas dépassé le complexe auto-gestionnaire, ce qu’en substance évoquait François Flores ce 8 mai, tant pis pour eux et tant mieux pour le mouvement démocrate.
Grâce soit rendu Frédéric LN pour son précieux compte-rendu disponible ici de cet évènement. Une belle démonstration par ailleurs des vertu du live blogging.
Le Parti Socialiste évolue : OUI, MAIS…
13 Commentaires Publié by JP avril 21st, 2008 in Idées fortes, Identité démocrateLa rédaction de la “déclaration de principes” élaborée pour la Parti Socialiste, sous la présidence d’Alain Bergougnoux, montre une réelle évolution du PS français. On n’y parle plus de “révolution” ni de “luttes des classes”. Evolution sous la pression des peuples et de l’histoire ou choix du PS ? sans doute les deux. Mais il faut s’en féliciter.
La nature du PS est dite maintenant “socialisme démocratique” et surtout “réformiste”, pour une “émancipation complète de la personne humaine”. Le terme “personne” plaira particulièrement aux tenants du “sillon”.
Surtout, les vraies évolutions sont de quatre formes :
- l’acceptation de l’économie sociale de marché : “les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché“, et l’on insiste même sur la dynamique du secteur privé… “
- la réforme d’un l’Etat régulateur qui a pour responsabilités aussi la sécurité des biens et des personnes : La régulation (…) est un des rôles majeurs de l’Etat pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale“. Le texte établit, comme le rappelle le journal “Le Monde”, l’obligation “de garantir pour tous la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle“.
- l’Europe assumée : “le Parti socialiste est un parti européen” qui “revendique le choix historique de l’Union européenne”
- ouverture dans les alliances : “le Parti socialiste entend rassembler toutes les cultures de gauche“. On ne parle plus des “forces de gauche”.
Bref, le PS évolue bien.
Mais…
- le PS se veut toujours “porteur d’un projet de transformation sociale radicale”. On se tape encore des mots d’idéologue mal dégrossie.
- l’Europe assumée a été le point le plus apprement discuté, ce qui indique qu’il y a encore une forte hostilité au sein du PS, notamment incarné par Mélanchon, à l’évolution vers l’Europe.
- on ne coupe pas le lien maléfique de l’alliance avec le parti communiste.
Evolution du PS : oui, mais l’on s’est arrêté au milieu du gué. Pour emprunter le chemin vers la réussite, pour que les Français puissent faire confiance à nouveau à une alliance où serait le PS, bref, pour suivre la modernité blairiste, il y a encore du travail à faire.
Le PS doit voir en face les dernières réalités qui le gênent :
- passer de la dénomination de “socialiste” (qui aujourd’hui dirait aux Français qu’il veut appliquer le socialisme ? alors pourquoi porter un nom d’une politique rejetée par les Français ?) à “social-démocrate”, voire “social-libéral”
- briser les entraves liant le PS aux communistes
- à l’instar du Parti Démocrate italien, ne plus se lier à des formations radicales et irresponsables mais prendre pour parti “frères” les Démocrates américains et le New Labour de Tony Blair.
Ne plus incarner un parti archaïque, obtus et irresponsable, c’est un juste choix fait par le PS.
Reste à présent à emprunter la voie d’un parti réformiste, responsable, capable de représenter autant les salariés du public que ceux du privé, autant les employés que les cadres.
Alors seulement, le PS pourrait s’imaginer un destin à nouveau national.
Mais pour cela, il ne faudra plus fermer la porte aux Démocrates, au MoDem, ne plus faire passer les intérêts de boutiquiers façon Delanoë ou Duron.
Le PS a besoin maintenant de traverser totalement le Rubicon, comme le fit le MoDem, et se trouver un nouveau Rocard ou Delors.
Et alors, tout deviendra possible…



