En France, la presse est indépendante de N. Sarkozy et de l’UMP…
9 Commentaires Publié by JP juin 25th, 2008 in blog politique, medias, Revue de presseL’hebdomadaire Le Point a fait son enquête sur l’influence de N. Sarkozy sur la presse française. Après le départ forcé de PPDA de TF1, le débat s’est fait.
Amusant…
N. Sarkozy exercerait une influence sur la presse ? et Le Point se pose la question ?
Est-ce que l’un d’entre nous se pose cette question ?
Faisons le tour :
- Le Figaro, Valeurs Actuelles appartiennent au groupe Dassault. Celui qui gère la presse pour le groupe est ancien conseiller de Paris RPR, et qui fut candidat RPR aux législatives dans le 12è arrondissement de cette ville. Les Dassault sont liés au RPR, puis UMP, avec leurs élus sénateur, maire, etc.
- TF1 appartient au groupe Bouygues. Ami très proche de N. Sarkozy.
- Europe 1, Journal du Dimanche, Paris Match, appartiennent au groupe Lagardère (et tout ce qui est « Hachette »), ami personnel de Sarko.
- Le Point, c’est Pineau-Valenciennes, ami très proche de J. Chirac. Il acheta ce journal en 1995 pour aider à l’élection de son ami Jacques.
Cette situation provoque t elle des conséquences sur l’indépendance de la presse française ?…
- Alain Génestar s’es fait virer de Paris Match par l’ami Lagardère pour photos gênantes sur l’intimité de la séparation sarkozienne.
- à TF1, PPDA se fait lourder après son interview acide d’un “président enfant”, mais TF1 est aussi une entreprise qui embauche… les collaborateurs de campagne de Sarko…
- Le Figaro fait parler haut les officiers supérieurs et généraux sur le Livre Blanc de la Défense : atteinte aux capacités militaires de la France ! preuve d’indépendance du Fig ? Si l’on peut être en accord avec eux sur le sujet, eux le disent dans Le Fig : parce que cela pose surtout un problème à son proprio Dassault, industriel… de l’armement…
- Le Point parle de l’influence de Sarko sur les médias ? c’est que le copain Chirac a des soucis avec la justice : faudrait que le Nicolas se montre plus « coulant », faut donc lui mettre la pression…
Le Point se sépare de Denis Jeambar en 1995 car barriste : faut du chiraquien ! Alors on recrute Catherine Pégard : écriture au panégyrisme indépassable, avec un « Bloc Note » relevant d’une digne inutilité propre au courtisan. Mais la dame est aussi Sarko compatible ? alors on l’embauche comme conseiller spéciale à l’Elysée (ça, c’est de l’indépendance journalistique, de la belle déontologie). Le Point, avec son départ, a donc enfin engagé un(e) journaliste ? Que nenni : on intègre du Fig Pierre-Brossolette pour continuer dans l’écriture fidèle, façon canine ! Et n’oublions pas la belle honnêteté intellectuelle d’un Nicolas Baverez : prenez le programme économique de Bayrou pour les présidentielles (politique industrielle, Small business Act, introduction de « l’Intelligence Economique », dénonciation de l’endettement), mettez ce programme en exergue, façon absolument nécessaire, et concluez en disant que c’est le programme de Sarko, qui seul le réalisera !
- Europe 1 ? pendant toute la campagne des présidentielles, la radio a milité pour insister sur un Le Pen 3è homme… la Marine envoyée d’urgence au micro pour remettre à sa place le Bayrou bidon invention des médias (!), avec le journaliste qui confirme en direct cette logique future 3è place… ou la Clémentine Autain qui peut tranquillement dire à la radio que Bayrou, c’est un homme de droite habituelle : catho, blanc, et hétérosexuel !!!
On a connu des journalistes plus réactifs, plus facilement choqués (surtout concernant leur fiscalité particulière)…
Donc, apparemment, pas de problème d’indépendance des médias en France.
Si on étatisait ces médias ? Pourquoi pas l’ORTF à la sauce gaulliste ? La chasse aux sorcières façon mitterrandiste et socialiste (Sérillon doit bien se marrer) ?
L’important, c’est que ces mêmes médias continuent à nous « informer », se drapant de la virginité, de la pureté journalistique… Pendant ce temps là , on pourra continuer à s’inventer de grands complots, à s’en taper le cotillard.
Pas de doute, il n’y a pas de problème de démocratie en France, c’est pour cela que l’on peut critiquer les voisins, comme ces ritals avec leur Berlusconi… C’est pas en France que ça arriverait, tout cela… nos journalistes sont d’ailleurs là pour le dire…
Sinon ? il y a la blogosphère…
Et le « Blog du démocrate »…
Serviteurs…
Bidouillage et tripatouillage sont-elles les deux mamelles de la droite?
5 Commentaires Publié by Guillaume juin 22nd, 2008 in Identité démocrate, MoDemPour ceux qui s’en souviennent, les élections régionales de 1998, qui se sont tenues quelques mois après la dissolution souhaité par Jacques CHIRAC en 1997, se sont déroulées selon le mode de scrutin de la proportionnelle à un tour.
A l’issue de ces élections, la droite, dans quatre régions, a accepté les suffrages des élus du Front National pour faire élire leurs candidats à la présidence de la région.
La droite s’est retrouvée au bord de la crise de nerfs et, alors que certains adressaient un message de félicitation aux présidents nouvellement élus, seul François BAYROU appelait à un grand rassemblement pour faire barrage à ce type d’attitude.
Toujours est-il que pour éviter le renouvellement de cette situation, la droite, une fois revenue au pouvoir, a, en 2003, modifié le mode de scrutin pour l’aligner sur celui en vigueur dans le cadre des élections municipales, soit un mode de scrutin proportionnelle à deux tours avec attribution de la moitié des sièges à la liste arrivée en tête, ce afin d’obtenir une majorité claire tout en permettant la représentation des minorités.
Mais voilà , ce mode de scrutin s’est soldé par la perte sèche de vingt régions sur vingt deux pour la droite en 2004.
Surtout, cette dernière a tiré les conclusions des dernières élections législatives et surtout municipales.
En effet, la droite est arrivée en tête dans beaucoup de circonscriptions ou de municipalités, à l’issue du premier tour.
Mais voilà , l’assèchement du Front National et le basculement de l’électorat centriste vers le Mouvement Démocrate, plus indépendant, voir plus à gauche, a privé la droite de réserves de voix et a aboutie à des pertes importantes dans ces deux scrutins.
D’où une nouvelle modification envisagée par le gouvernement, revenir à une élection à un tour selon le précédent mode de scrutin en vigueur en 1998.
Le but évident est surtout d’éviter un second tour, bien souvent fatal pour la droite.
Le caractère opportuniste de cette nouvelle réforme (il est vrai que le gouvernement actuel en a plein la bouche) et le risque de rendre les régions difficilement gouvernables importe peu.
Ce qui est important, c’est que la droite puisse éviter une nouvelle sanction analogue à celle de 2004, le tout au prix d’un bidouillage et d’un tripatouillage digne d’une république bananière.
Bayrou, le MoDem, les municipales : la faute à Rousseau ou à Voltaire ?
15 Commentaires Publié by JP mars 23rd, 2008 in Positionnements, Identité démocrate, mouvement democrate, MoDem, Municipales 2008François Bayrou a été battu aux élections municipales, et le résultat des candidats MoDem aura été médiocre. On peut réagir de trois façons :
- la stratégie de Bayrou n’est pas bonne, il faut revenir à l’alliance UMP
- ce n’est pas cette stratégie qui est une erreur, ce sont les électeurs qui se sont trompés, manipulés par l’alliance des boutiquiers de l’UMP et du PS, aidés par leurs presses
- la stratégie en fait n’a pas été claire, les tactiques, ou moyens utilisés pour sa réalisation, erronées
C’est la faute à Bayrou
Si nous pensons cela, il n’y a que deux choix possibles : soit on se remet dans l’alliance avec l’UMP, soit on se donne au PS et ses alliés communistes.
Il ne peut y avoir d’indépendance de la pensée, de la démarche, quand on s’engage a priori dans une alliance pour s’abriter, afin de toucher notre aumône, c.a.d quelques sièges (pour soi, de préférence).
Or, cette vision rencontre deux écueils :
- les électeurs n’auront pas besoin de voter pour nos candidats puisqu’ils auront déjà la proposition du dominant, le PS ou l’UMP
- une sociologie électorale s’est créée, impossible de l’ignorer. Que deviendront notamment ces 25-45 ans, ces « classes moyennes », qui n’auront pour choix que le PS ou l’UMP avec leurs affidés ?
Je crois que l’on aura compris que cette vision n’est pas la mienne.
C’est la faute des autres
Il n’y a qu’à Pau où l’alliance UMP-PS s’est réellement faite. Ailleurs, ce ne fut pas le cas. Je dirais plutôt qu’il y a eu alliance objective entre les PS et UMP partout en France, et subjective à Pau. Il est vrai que l’objectif d’éliminer un courant démocrate indépendant en général, et Bayrou en particulier, de la scène politique est un fait, personne ne peut le nier, mêmes les partisans de cette voie le revendique. Pourquoi ? Parce que nous menaçons les boutiquiers du PS et de l’UMP, le régime des 2 partis. Surtout, cette voie correspond à la vision de la politique des Français.
Ceux-ci ne croient plus en une « gauche historiquement nécessaire » ou une « droite miraculeuse ». Ils savent parfaitement que c’est une illusion réductrice, ils sont lassés par les intérêts des boutiques PS et UMP, intérêts qui passent avant ceux des Français, de la France.
Pour autant, nous, Démocrates, savons tout cela, mais les résultats aux élections ne suivent pas cette quête.
La situation politique est ainsi, les électeurs ont fait un choix, leur choix, lors de ces élections. Le PS et l’UMP défendent leurs intérêts… et après ? Qu’avons-nous fait pour qu’un autre son soit entendu ? Si nous ne voulons pas dépendre d’une alliance obligatoire, être les sujets du PS ou de l’UMP, pourquoi devrions-nous attendre notre salut de la tolérance ou charité de nos propres concurrents ? Si nous choisissons de jouer le rôle de la « victime » permanente, nous désintéresserons aussi les Français.
C’est de notre faute
Je pencherais plutôt pour ce versant. Deux citations pour la réflexion :
« Accuser les autres de son malheur, c’est le fait d’un ignorant. S’accuser soi-même, c’est le fait de l’homme qui commence à s’instruire. N’accuser ni un autre, ni soi-même, c’est le fait de l’homme instruit ». Epictète.
« Au dehors comme au-dedans, nos plus grands obstacles viennent moins de la difficulté que de ceux qui devaient [les] conduire avec nous ». A. de Tocqueville.
4 villes reflètent nos erreurs :
- Lyon : nous n’avons pas présenté de liste, nous n’avons pas offert à la population une expression électorale attendue
- Paris : nous présentons une liste mais nous comportons en supplétifs. Nous payons de notre naïveté les intérêts de boutiquier de Delanoë
- Caen : division de notre représentation, laissant les mauvais choix aux Caennais, permettant à Duron, fabiusien, de continuer la vieille union de la gauche, faussant ainsi la réalité électorale
- Aubagne : l’alliance avec les communistes trouble notre identité démocrate, et valide la stratégie du PS et de l’UMP consistant à nous définir comme « inconsistants »
Les cas de Caen et Lyon sont d’ailleurs symptomatiques de villes de tradition centriste, volées par le RPR-UMP, basculant par là même systématiquement à gauche… Autre constat : le PS n’est pas capable de s’ouvrir car il est enfermé dans ses querelles internes pour le poste de « 1er secrétaire » ( !). Fort heureusement car sinon ce parti serait obligé de se demander ce qui fait que les Français ne lui font pas confiance pour diriger la France… Quant à l’UMP, il se rapproche doucement mais sûrement de ce qu’était devenu le RPR, un parti de droite conservatrice, eurosceptique, socialement bancale. La crainte, donc l’interdiction, de voir les Radicaux, avec Borloo, devenir indépendants, prouve la volonté dominatrice de l’UMP qui instrumentalise ses modérés. Je plains mes amis Radicaux…
Réfléchissons sur nos erreurs pour y remédier :
- stratégie obscure : nous n’avons pas su indiquer et expliquer aux Français le sens de notre démarche. Ils sont prêts à entendre le fait que nous choisissions ici de soutenir un PS, ailleurs un UMP. Mais encore faut-il qu’il y ait des critères clairs et connus : soutien à des édiles ou candidats non alliés au PC ou ultra-droite, soutien à des pro-européens, émissions de critères sur un type de gestion des villes (démocratie de proximité, politique environnementale, fort soutien à l’éducation, développement économique lié à un partenariat public-privé, etc.). Nous aurions dû aussi expliquer que nous présentons des listes MoDem dans toutes les grandes villes, répondant ainsi à un désir de l’électorat d’une offre nouvelle et différente, de possibles alliances dans les villes de taille moyenne, et dans les petites localités, se baser sur les enjeux locaux simples. Personne ne peut nier qu’aucune lisibilité n’a été donnée à notre action. C’est cela qui a créer un décalage d’avec les Français.
- tactiques souvent impropres avec la réalité : quand on présente une liste, c’est parce que nos candidats, nos programmes, notre démarche, sont meilleurs que ceux de nos concurrents. Or, la plupart du temps, nous avons fait des campagnes « nounours », gentilles, où l’on ne cherche pas à convaincre que notre démarche et projets sont les meilleurs. Nous avons fait des campagnes de futurs alliés, de 2d couteaux. La réaction des Français est alors logique : autant voter pour ceux qui domineront une alliance que pour ceux qui attendent de savoir avec qui se fera la danse !
- indiscipline de parti : beaucoup de nos amis ont joué leur carte plutôt que celle du MoDem. A Lyon, Caen, et ailleurs, nous devions présenter nos propres listes. La division, l’éparpillement, ont été sanctionnés, et c’est tant mieux !
Les Démocrates doivent se reprendre car ils ont des obligations envers la population. Trop de Français se refusent à la dualité, au binaire abrutissant la République de l’UMP / PS. N’attendons pas des erreurs ou de la magnanimité de nos concurrents ce que nous devons assumer par nous-mêmes, quand l’on se veut indépendant, c’est-à -dire notre représentativité par le combat politique.
Il est temps que le MoDem investisse l’avenir, présente aux Français sa démarche, et son projet pour la France. C’est le travail de F. Bayrou. Quand j’observe tous ceux qui veulent le faire trébucher, l’empêcher de s’adresser aux Français, je me souviens de ces mots de Talleyrand : « Je reconnais la valeur d’un homme au nombre de ses ennemis »…
Ce parti doit être « pris en main », former sur le long terme ses représentants, aguerrir son organisation, influer la société, investir les strates de notre République. Il est nécessaire que le MoDem se choisisse au plus vite une personnalité forte pour « gérer » la maison, former ses candidats, affermir ses soutiens.
C’est un sillon profond qu’il faut creuser… Et il ne tient qu’à chacun d’entre nous de le faire.
Les élections sénatoriales, régionales et européennes seront d’autres batailles. Si chacun se sent investi de ses obligations envers nos concitoyens, alors ce parti Démocrate tant attendu prendra corps réellement. Mais encore faut-il laisser l’habit de l’opportuniste pour celui du bâtisseur…
MoDem et Municipales
5 Commentaires Publié by JP mars 8th, 2008 in En campagne, Identité démocrate, MoDem, Municipales 2008J’entend souvent les Démocrates se plaindre du manque de stratégie, d’une parole politique univoque du MoDem, au moment des élections municipales. Les médias s’en font bien sûr l’échos, c’est leur boulot.
Je suis à la fois en accord et en désaccord avec ceci.
En accord parce que les dernières élections nationales ont montré une forte présence des Démocrates dans les grandes villes. Dans un ancien article (”MoDem, coït postmortem de l’UDF”), j’avais signalé l’évolution sociologique de notre électorat, et surtout, en fait, la constitution d’un électorat cohérent, “Démocrates”.
François Bayrou a raison de vouloir présenter des listes MoDem dans toutes les grandes villes de France : elles répondent à un besoin d’expression de notre électorat. Je regrette les atermoiements, les divisions, notamment à Lyon, ou encore à Caen.
A l’inverse de Lyon, Marielle de Sarnez à Paris montre le chemin à suivre.
Il est aisé de constater que dans les grandes villes à électorat centriste, comme Caen, Strasbourg ou Lyon, quand les ex-RPR s’emparent de ce type de ville, elles basculent directement à gauche…
De plus, la sociologie des habitants de ces villes a évolué, et ressemble étrangement à l’électorat Démocrate : européen, environnemental, non conservateur, favorable à une politique économique “sociale libérale”.
Par contre, dans les villes de taille moyenne ou petite, l’aspect local l’emporte, et je comprend que des MoDem s’entendent avec des PS “sociaux démocrates” ou des UMP “évolués”.
Mais notre capharnaüm démontre surtout une chose : notre parti démocrate doit vite désigner un ou une secrétaire générale qui “tienne la maison”. François Bayrou est notre expression, ce n’est pas à lui d’avoir à gérer les affaires internes de notre mouvement. La Vème République impose l’élection présidentielle comme centrale de notre vie politique. Toutefois, nous devons constituer un parti fort pour lui permettre de parler fort.
Il ne s’agit pas seulement de la conduite du MoDem, mais, ce qui est bien plus important, du besoin des Français de voir notre existence s’imposer.
Les Français ont compris que N. Sarkozy ne correspondait pas à leur vision du changement, de la réforme de notre pays. L’exigence d’équilibre de la réforme, d’un Président qui les “incarne”, explique leur désamour envers N. Sarkozy. D’ailleurs, le fait que F. Bayrou demeure, depuis les élections présidentielles, très haut dans les sondages, montre qu’ils attendent ses interventions.
Le fait aussi que F. Fillon soit lui aussi haut dans les sondages, indique que les Français, s’ils se détournent de N. Sarkozy, ne font pas confiance pour autant à la gauche. D’autant plus que le PS refuse d’évoluer, en se cachant derrière les élections locales.
Cela prouve, encore une fois, que c’est au MoDem de se montrer convainquant pour faire évoluer le PS, et pour permettre à F. Bayrou d’apporter aux Français un Homme D’Etat digne d’eux.



