le journal Le Monde : une étrange ambiguïté / Le Point, une étrange vérité
7 Commentaires Publié by JP juin 6th, 2009 in Identité démocrate, Revue de presse, européennes 2009Jusqu’à présent, je trouvais le journal Le Monde plutôt équilibré, surtout depuis le départ d’A. Minc. Mais je ressens un certains malaise à le lire ces derniers jours.
Par exemple, si vous allez sur le site de ce journal, vous trouverez ce titre : “Bayrou fait basculer la campagne dans la polémique”…
Cet article est très “étrange”.
D’un côté, enfin, le journal reconnaît qu’il n’y a pas un mais trois sondages faits en même temps, l’un donne en effet DCB-Bové et les Verts légèrement devant les listes MoDem (13,5 % contre 11 %), mais dans un autre c’est le MoDem qui est très légèrement devant les Verts et DCB-Bové (12,5 % contre 12 %), et enfin un troisième où les liste MoDem sont franchement devant les Verts (14 % contre 11 %).
Bref, des tous derniers sondages, 2/3 sont à l’avantage du MoDem…
Comment se fait-il alors que la presse mette en avant celui qui désavantage le MoDem ? Le Monde préfère ne pas aborder la question.
Pourquoi F. Bayrou a ainsi répliqué à DCB ? Le Monde évite le sujet.
Pourquoi ne pas nous expliquer de quoi retourne ce livre où DCB aurait théorisé une forme de pédophilie ? silence gêné du Monde.
Pourquoi rapprocher la colère de FB sur la manipulation des sondages, (Le Monde reconnaissant dans cet article que 2/3 sont favorables au MoDem), en le liant à Marine Le Pen ? étrange raccourci du Monde…
Pourquoi faire donner leurs avis aux concurrents de F. Bayrou et du MoDem pour juger la situation ? Pourquoi ne pas avoir apporter les explications de F. Bayrou ? Pourquoi ne pas avoir demandé au MoDem de commenter les duels tout aussi “rugueux” d’Aubry et Bertrand ? N’est-ce pas là un manque flagrant d’impartialité du Monde ?
Pourquoi apporter un commentaire d’H. Morin ? Pourquoi alors ne pas demander l’avis du MoDem sur le casernement d’H. Morin et de son Nouveau Centre au sein de l’UMP ? Parce que l’on découvrirait qu’avoir 3 élus, c’est un échec cuisant pour ceux qui ont quitté le groupe Démocrate du Parlement européen ? Pourquoi encore une fois cette partialité du Monde ?
Pourquoi est-ce que les 4 articles liés à celui-ci sont strictement hostiles à Bayrou et au MoDem ? :
1 “les faits : les Verts devant le MoDem”
2 “en Alsace, FB muet sur sarko redécouvre l’Europe” (!)
3 “FB accuse le pouvoir de manipulation”
4 de nouveau “les faits, les Verts devant le MoDem”
Forte impression de partialité, surprenant de la part du journal Le Monde : étrange ambiguïté…
Est-ce parce que Le Monde a commandité avec les médias de l’Etat ce sondage en décalage avec les 2 autres qui indique un MoDem en avance sur les Verts et DCB-Bové ???
Concernant le journal Le Point, c’est au contraire S. Pierre-Brossolette qui confirme que N. Sarkozy a tenté de “tuer la campagne des européennes” :
- pour ne pas faire monter FB
- pour éviter de mettre en public les divisions de l’UMP
- et validation du fait que la campagne UMP s’est axée sur la présidence de Sarkozy : où sont les enjeux européens de l’UMP, UMP-NC et X. Bertrand- H. Morin répétant que FB et le MoDem ne parle pas d’Europe…
- d’une certaine façon, pour faire oublier sa vision politique néolibérale qui se verrait hisser au Parlement européen
Etrange accès de vérité pour une journaliste venant du Figaro, proche de N. Sarkozy, remplaçant C. Pégard devenue conseillère de N. Sarkozy…
Etrange aussi quand on lit l’édito de C. Humbert. Cela me “gratte la couenne” d’avoir à le dire, car j’aime lire cet éditorialiste qui a une si belle écriture et se montre habituellement indépendant, dans la ligne “barriste”. C. Humbert critique FB qui détournerait la campagne des européennes pour les présidentielles. Or, il ignore, consciemment ou non, 2 éléments :
- il n’avait pas cette critique pour la droite quand celle-ci noyait les élections européennes et leurs enjeux par les intérêts nationaux sous les gouvernements de gauche : bravo pour l’impartialité et l’honnêteté intellectuelle !
- encore une fois, on évite de voir dans la montée au créneau de FB la critique de la vision néolibérale de N. Sarkozy, dont les listes UMP-NC aux européennes, sont l’incarnation. Montée au créneau qui est en cohérence avec les listes MoDem et le modèle Démocrate qu’elles incarnent, elles…
Je regrette que ce journaliste, que j’estime fortement, fasse l’impasse sur l’ouvrage de F. Bayrou, “Abus de pouvoir”, que je vous recommande chaudement…
Par contre, l’article de S. Pierre-Brossolette : comment comprendre cet article-vérité ? Je n’ose croire que la plume se soit laisser-aller par un excès d’orgueil, de sûreté du pouvoir sarkozien qui libère des inhibitions de l’impartialité : conséquence d’”Abus de pouvoir” ?
Fais-moi l’Europe !
0 Commentaires Publié by JP juin 1st, 2009 in Europe, En campagne, Identité démocrate, MoDemLe titre correspond à une affiche pour une campagne électorale européenne de l’UDF ou, peut être, étions-nous déjà devenus Force Démocrate. Je ne me souviens plus…
Ce qui est amusant, c’est que ce slogan est récupéré par le Parti Socialiste aujourd’hui… quel sens de la créativité ! Bien à l’image de ce parti qui se limite à voler chez les autres quelqu’alibi pour exister.
« Fais-moi l’Europe ! », cela signifie que c’est par l’action que l’Europe se fait, comme l’avion reste dans les airs par la poussée de ses réacteurs. Mais cela signifie aussi qu’il faut être à plusieurs pour que l’Europe se fasse.
Action et partenariat sont les moteurs de l’Europe. Sans eux, pas de poussée, pas d’action féconde.
Imaginons la France sans l’Union européenne : des taxes pour tous les produits importés, donc une augmentation du coût de la vie, des difficultés systématiques pour nos exportations, donc une baisse de nos exportations et ainsi nombre d’entreprises qui disparaîtraient et ainsi d’emplois. Baisse des échanges, difficultés pour circuler, limitation de la circulation des savoirs, isolement de la France dans le monde, devenue seule pour défendre ses intérêts… Est-ce cette régression pétainiste que nous voulons ?
Est-ce que nous ne sommes plus capables de « faire l’Europe « ? Serions-nous ces vieux pays européens dont s’amusait l’Amérique de Bush, trop fatigués pour « faire », devenus stériles ? Est-ce cela que nous devons dire à nos jeunesses, être vieilles avant que d’être ?
En fait, ne manquons-nous pas d’Europe ?
Les entreprises qui délocalisent, la perte de nos industries, notre dépendance à l’égard des manufactures asiatiques, nos retards technologiques : n’est-ce pas un manque de politique économique européenne (et ainsi de recherche européenne, soit d’une « Intelligence Economique européenne) ?
L’histoire ridicule du plombier Polonais, la concurrence entre coûts salariaux, la crainte d’amoindrissement voire de disparition de droits sociaux : ne s’agit-il pas d’absence de droits sociaux européens ?
La mise en concurrence des Etats européens par les entreprises hors européenne : n’est-ce pas la traduction d’absence d’une cohésion fiscale européenne ?
Le poids de l’Amérique au Proche-Orient, le terrorisme, la dépendance énergétique à l’égard de pays arabes ou de la Russie : n’est-ce pas la conséquence de l’égoïsme et égocentrisme des Etats européens, donc l’absence d’une diplomatie, d’une géopolitique européenne ?
L’OTAN, en être ou pas, suivre les décisions américaines, « dépendre » : cela n’exprime t-il pas l’absence d’une Défense européenne, donc d’une réelle armée européenne et ainsi d’une industrie militaire cohérente européenne ?
La peurs des immigrés, la course vers les « identités nationales », le regret de l’affaiblissement de nos puissances et ainsi la nostalgie d’arrière garde des velléitaires : n’est-ce pas la conséquence de l’absence d’une « politique européenne » ?
Bref, croyez-vous que ce soit à cause de l’Union européenne que nos « chers vieux pays » régressent, ou à l’inverse, l’égocentrisme de gouvernants des Etats européens qui empêchent l’Europe d’avancer, et en plus ont la lâcheté de rendre ce qu’ils affaiblissent responsable de l’affaiblissement ? Quel cynisme…
Vous avez les représentants de ces cyniques en France : UMP et PS.
L’UMP ne propose aucune amélioration de l’Europe : limiter l’Europe au maintient d’un marché européen façon « néolibéral », c’est tout… Ils se retrouvent au Parlement européen avec les conservateurs des autres Etats pour protéger leurs rentes. Voyez-leurs candidats, exfiltrés du gouvernement façon R. Dati, d’autres payés pour leurs bons services par un siège à Bruxelles (où ils n’iront pas)… Avec eux, pas de doutes, l’Europe avancera et les Français y seront bien représentés !
Et les socialistes… leurs guerres internes, l’absence permanente d’une politique cohérente et responsable, leur posture du ministère de la parole, leurs hésitations entre leur envie d’extrême-gauche d’adolescents mal finis et l’utilisation du MoDem vassalisé ! Amusant de voir ces inutiles s’imaginer avoir le pouvoir sur les électeurs du MoDem, leur intimant l’ordre de les suivre, de s’assujettir, leur interdisant d’avoir des leaders indépendants pouvant menacer leurs propres ambitions électorales… Mais bien sûr, seul François Bayrou en a : S. Royal, DSK, F. Hollande, L. Fabius, B. Hamon, etc, etc, etc… n’ont aucune ambition politique et apportent beaucoup à nos concitoyens…
L’extrême gauche, c’est le viagra des dirigeants socialistes, le MoDem, le miroir dans lequel ils voient le reflet de leur sénilité… Voilà pourquoi il leur faut casser le miroir !
9/10 PS et UMP votent pareillement au Parlement européen : cela vous donne t-il confiance en eux ?
Ce que n’ont pas compris les dirigeants socialistes, c’est combien ils sont devenus inutiles pour les Français : ils sont incapables d’incarner leurs vies, eux qui pensent d’abord à protéger l’intérêt de quelques catégories protégées de ce que les Français subissent, eux, chaque jour… Le PS est incapable de proposer une politique sûre et responsable, parce qu’ils sont éloignés des enjeux de la vie réelle. Leur choix de l’imposture du mot les a décrédibilisé.
L’instrumentalisation par les socialistes du référendum sur la Constitution européenne, qui apportait justement socle sociale pour les travailleurs européens et cohésion politique européenne : l’échec de ce référendum à cause de leurs intérêts internes d’ambitions politicardes (en plus stériles) a définitivement décridibilisé les socialistes sur la question européenne.
Car en fait, voilà ce qui explique la nécessaire régression du Parti Socialiste : les leaders socialistes ne sont plus crédibles !
Mettre en place une politique économique, industrielle, européenne, l’harmonisation fiscale, fonder un socle de droits sociaux, construire une Défense européenne et une diplomatie avec des moyens propres : voilà ce dont ont besoin les peuples européens ! Emplois, amélioration des revenus, élévation des savoirs, protection de notre environnement, enrichissement de nos cultures : voici le sens de la vitalité.
La régression nationale façon pétainiste, voilà le chemin pour une vieille Europe se destinant à l’asile…
Pour mettre en place cette politique européenne, incarner le modèle Démocrate de la civilisation européenne : seuls les Démocrates en sont capables !
Quand vous irez voter, pensez à choisir les originaux…
A l’UMP, on achève bien les centristes sortants
3 Commentaires Publié by Juste milieu mai 19th, 2009 in Identité démocrate, européennes 2009Parmi les 4 eurodéputés élus sur la liste UDF en 2004 ralliés à l’UMP depuis leur élection, un seul a été reconduit sur les listes du parti présidentiel : Jean-Marie Cavada. On ne reviendra pas sur la faible estime que l’on porte à celui qui en plus de sa trahison peu reluisante a réussi l’exploit de la plus belle gamelle de son nouveau camp lors des municipales à Paris XIIème.
On sera en revanche plus surpris, voire un peu navré , de la non reconduction de Thierry Cornillet, Claire Gibaut et Janelly Fourtou , qui au demeurant n’avaient pas démérité au Parlement européen . Comme quoi le lâchage en rase campagne de François Bayrou au national et de Marielle de Sarnez à Strasbourg (seul objectif de l’opération), ne leur a été d’aucun bénéfice.
Centristes kleenex que l’on jette après leur avoir sans doute promis quelque compensation, ils rejoignent le cimetière des ex UDF abandonnés à leur sort tels Gilles de Robien ou Philippe Douste Blazy . Il est probable qu’il en sera de même à la fin du quinquennat, d’ Hervé Morin ou André Santini , voire de Michel Mercier si celui-ci commet l’erreur de participer à cette ouverture en peau de chagrin chère à notre Président . La seule interrogation concerne Jean-Louis Borloo qu’on entend plus depuis qu’il est Vice Président de l’UMP , ceci traduisant un peu plus la « normalisation » du Parti radical . Combien de temps va-t-il tenir ainsi malgré son grand ministère d’Etat
René Monory et les derniers Mohicans
1 Commentaire Publié by JP avril 11th, 2009 in Identité démocrate, évènementsRené Monory nous a quitté.
Il fut une grande figure du courant politique démocrate-chrétien. “Simple” garagiste de province, autodidacte, son “bon sens”, son acharnement au travail, son éthique d’initiateur, lui ont permis de tracer une belle route politique.
Un Rodolphe Thomas, aujourd’hui, me fait singulièrement penser à ce cheminement.
Originaire de la Vienne, maire, conseiller général, sénateur, président du Conseil Général de la Vienne, puis plusieurs fois ministre en commençant sous les auspices de Raymond Barre en tant que ministre de l’Industrie, il deviendra plus tard Président du Sénat.
Sénat qui lui sera ravie par le RPR après une présidence saluée de tous.
Il connaissait bien ce RPR avide de tout, surtout du pouvoir en meute, quitte à l’échec de tous comme en 1981.
Il n’avait d’ailleurs pas un espoir démesuré sur la valeur, les valeurs, et l’éthique des chiraquiens. J’ai croisé plusieurs fois son chemin et fut témoin de sa “hauteur”.
Il appartenait à ces politiques qui se font, qui travaillent, qui créent. Associant expérience de la vie, de la vie de tous, et sens de l’Etat, de l’intérêt général, il n’avait pas sombré dans la mode “néolibérale” apparu dans les années 1980’s, et restait un “Démocrate”.
Un des derniers Mohicans de sa génération.
Pour ceux qui prennent plaisir à passer quelques temps au Futuroscope, à y amener leurs enfants, n’oubliez pas que René Monory en fut l’auteur…
Les assonances de MINC
3 Commentaires Publié by Guillaume avril 5th, 2009 in Identité démocrate, Revue de presse, MoDemDans le dernier numéro de MARIANNE, Alain MINC écrit un article expliquant en quoi BAYROU ferait du LE PEN light.
Première observation, l’auteur ne justifie pas en quoi BAYROU aurait endossé le costume du leader du FN.
Il faut dire qu’hormis l’énormité d’une telle comparaison, l’exercice est d’autant plus difficile que cette semaine, Hervé MORIN a parlé du président du MoDem en le qualifiant de François BESANCENOT et Jean-François COPE explique, quant à lui, qu’en fait BAYROU défendrait les mêmes valeurs que l’UMP.
Difficile de s’y retrouver.
Deuxième constat, Alain MINC, dans la première partie de son article, tente surtout de stigmatiser les soi disantes contradictions du béarnais au regard de l’héritage politique de la démocratie chrétienne et du MRP qui est le sien.
Etonnante approche de la part d’Alain MINC qui, durant plusieurs décennies s’est définie comme étant de gauche, proche du Parti Socialiste et qui aujourd’hui se montre des plus obséquieux avec une droite qui se vautre dans la ploutocratie et le néo libéralisme.
Enfin, Alain MINC ne reculant devant aucune outrance revient sur les propos de François BAYROU qui avait déclaré, durant la campagne présidentielle, que SARKOZY ne représentait pas les valeurs de la France.
MINC fait alors un amalgame malsain en affirmant que le troisième homme de la présidentielle stigmatisait alors les origines étrangères du candidat de l’UMP.
Au delà de l’argument bien sulfureux de la part d’Alain MINC, on peut se demander s’il croit une seconde ce qu’il écrit.
Durant cette même campagne, Alain MINC avait expliqué qu’il soutenait SARKOZY car il était le seul candidat à proposer la ratification des traités européens par voies parlementaire.
Il n’est donc pas étonnant que pour cet homme l’écoute du peuple soit tout de suite du populisme.
Faut-il que la majorité présidentielle soit en plein désarroi dans sa lutte contre BAYROU pour servir de telles immondices.
C’est avec une grande tristesse que j’apprends la disparition d’Alain Bashung. Il aura souffert longtemps de ce cancer. L’émotion était déjà forte de le voir si amaigri, lorsqu’il recevait fin février son prix pour son superbe dernier album.
Le rocker des années 1980 avait doré progressivement sa musique de paroles toujours plus sublimes. Chaque album complétait, dépassait le précédent. De nombreux “tubes” resteront dans nos mémoires.
Oui, vraiment, c’est avec une infinie tristesse que j’écris ces mots. Et c’est aussi ainsi que l’on commence à s’apercevoir que l’on vieillit : quand ceux qui étaient des icônes de votre adolescence commencent à disparaître, une sourde mélancolie vous assaillent.
Salut Bashung…
De crises en Crise, de dérives en déroute
4 Commentaires Publié by JP mars 4th, 2009 in Idées fortes, Positionnements, mouvement democrate, MoDem, européennes 2009La crise est dans toutes les têtes. Les médias, chaque jour, nous abreuvent en nouvelles catastrophiques : emplois détruits, entreprises suppliant les banques, banques suppliant l’Etat. Mais qui parle de l’origine de la crise ? Parce qu’il faudra bien en sortir de cette crise, or si nous n’analysons pas ce qui l’a provoquée, comment en sortir réellement et durablement ?
L’analyse habituelle
1 ) La « mèche » qui a fait exploser cette crise est d’abord financière. Les institutions financières américaines ont créé des produits financiers toxiques (par exemples les « fonds d’investissements à formule », les « crédits hypothécaires »), et distribué du crédit « empoisonné » à des clients aux ressources limitées. Les banques européennes, et notamment françaises, sont allées se promener sur le marché américain pour faire leurs emplettes, sans aucune analyse des risques, en totale imprudence. Aussi, toutes ces institutions financières se retrouvent avec des fonds dont elles ne peuvent à présent distinguer produits toxiques et non toxiques. Dans leurs échanges, chacun s’est diffusé des « virus » qui à présent bloquent la mobilité des capitaux.
Après une longue période d’irresponsabilité des décideurs financiers, ceux-ci, incapables de savoirs l’état réels de leurs ressources, se méfient de tous partenaires financiers et ainsi ont stoppé la création de crédits.
2 ) Le blocage des crédits a mis en périls nombre d’entreprises. De l’économie irréelle nous passons à la crise de l’économie réelle. Sans soutien des banques, de nombreuses entreprises périclitent. De même, les particuliers obtiennent très difficilement des crédits, la consommation, notamment le secteur immobilier, sont aussi bloqués.
3 ) Le chômage explose, conséquence directe de la crise industrielle. Provoquant ainsi baisse de la consommation, coûts sociaux, endettement, etc.
Les causes structurelles
Or, lire la crise par ce seul prisme c’est accepter le message univoque des gouvernants et des « responsables » économiques. On oublie ainsi bien facilement les responsabilités originelles et structurelles de la situation actuelle : la politique de certains gouvernements, l’irresponsabilité des décideurs financiers, l’incompétence d’acteurs industriels. En fait, la crise est équivoque et est le produit de nombreuses dérives.
1 ) La faillite d’un modèle politique
Depuis le début des années 1980, on nous a saoulé de la réussite du modèle « néolibéral » des « néoconservateurs » américains (en France nous avions additionné économie administrée et irruption de la droite néolibérale, soient l’addition de leurs déficits, Etat devenu gros mais impotent). On nous parlait même d’une « révolution conservatrice ». De quoi s’agissait-il ? Trois mots clés pour ce courant : dérégulation, désétatisation et globalisation.
Dérégulation en supprimant le plus possible de règles pour les marchés financiers, laissant le particulier en relation directe avec ces marchés, sans contrôles des flux et des produits financiers.
Désétatisation : car l’ennemi, c’est l’Etat ! (donc l’ensemble des citoyens); et l’ami c’est l’individu, l’acteur économique, et progressivement l’actionnaire. L’Etat ne doit pas intervenir dans la politique économique, ne pas initier ou réguler, et dépenser le moins possible sur le plan social. La baisse des impôts des « riches » est un leitmotiv permanent, en prétendant que ces « riches » investiraient plus. L’argent pour l’argent, se cannibalisant puisqu’il faut sans cesse « intéresser » cet argent. La finance l’emporte sur l’industrie, les enjeux financiers de l‘entreprise l’emportent sur la création et les savoirs industriels.
Pendant ce temps se crée un fossé avec les catégories populaires et moyennes par la réduction de l’intervention de l’Etat, tout en endettant massivement cet Etat : car la note est payée essentiellement par les classes moyennes grâce aux baisses d’impôts des plus nanties et l’exemption des moins aisés !
Ce choix politique était celui de N. Sarkozy et de l’UMP : « bouclier fiscal », dépénalisation de la délinquance financière, amoindrissement de l’Etat, atlantisme.
Globalisation : l’identité culturelle, des cultures nationales, doit disparaître pour voir émerger des produits « standards ». Les frontières des Etats doivent s’effacer, seul le marché compte. L’Europe, ces dernières années, fut ainsi l’exemple même de la disparition de l’initiative politique pour créer un marché « pur » avec des produits uniformisés et des délocalisations massives. L’acteur idoine n’est plus le citoyen mais l’actionnaire : faire de chacun un actionnaire, sorte de communisme capitaliste au dépend du citoyen, du travailleur, du créateur.
L’intérêt seul de l’actionnaire compte, parfois à son détriment d’être social. Les délocalisations s’imposent, la rentabilité financière importe plus que la création des produits et l’innovation. Perte des savoirs industriels, dépendance de l’Occident envers les manufactures asiatiques (sans réel marché intérieur mais avec une masse servile), Maghreb réduit à l’activité d’atelier (tel le Mexique par rapport aux Etats-Unis), Afrique noire réduite à ses matières premières et ses clichés éthniques.
2 ) Les décideurs financiers se sont totalement éloignés des réalités économiques, inventant toujours plus de produits inutiles pour soutirer l’argent du “client”, accroître la richesse des « déjà riches », s’engouffrant dans le « déjà rentable » sans plus jouer le rôle de capitaliste, c’est à dire de financeurs de projets industriels. L’illusion de l’économie tertiaire a rendu illusoire le progrès économique et social.
Après avoir allumé la mèche du fait de leur inconséquence, ces mêmes financiers vont pleurer auprès des Etats pour être « reconsolider », eux qui ont fragilisé nos économies, eux qui dénonçaient ces mêmes Etats pour leurs règles contraignantes… Incompétents et cyniques, ils ne méritent aucunement notre confiance et doivent être surveillés sans ménagement.
3 ) Les industriels portent de lourdes responsabilités dans cette crise. Tout d’abord ils ont préféré délocaliser leurs industries par le calcul à court terme de leurs rentes. Ils ont financé eux-mêmes les industries concurrentes, transférant leurs savoirs industriels, perdant ces savoirs. Ils ont provoqué un chômage structurel de masse parmi les ouvriers qualifiés, les techniciens et ingénieurs. Nous voyons encore nombre de ceux-ci profiter de la crise pour licencier, « rationnaliser », à peu de frais.
Enfin, ces soit-disant “grands capitaines d’industries”, qui ont vu leurs revenus exploser en 20 ans, ont été souvent incompétents et médiocres stratèges : qui produits à présent ordinateurs, téléphones mobiles, télévisions, mobiliers, vêtements, jouets, électroménager, etc. ?
Le summum est atteint au sein de la branche automobile. L’augmentation permanente du pétrole, les enjeux environnementaux de plus en plus prégnants pour les populations, auraient dû les inciter depuis, au moins, 15 ans à s’investir dans de nouveaux types de consommation, donc de moteurs. Or, les industriels de l’automobile, notamment américains, ont produit des véhicule toujours plus gros et consommateurs.
Carlos Ghosn, que la presse économique aime vénérer, n’est-il pas ce patron qui dénonçait il y a peu encore (comme les dirigeants de PSA) l’ineptie des moteurs électriques ou à double carburation ? N’est-ce pas sous sa direction que Renault a sorti son premier
« tout-terrain » quand d’autres abandonnaient ce segment ?
Aujourd’hui, combien d’Européens se retrouvent au chômage à cause de l’incompétence des dirigeants économiques ?
Bref, c’est la déroute du système.
Des pistes pour s’en sortir
1 ) Adopter une politique économique industrielle. Ce sont la création, l’innovation, la production de produits qui créent les richesses et sont pourvoyeurs d’emplois, donc de pouvoirs d’achats stables et conséquents. S’engager dans cette voie, c’est aussi rééquilibrer les balances commerciales.
2 ) Redonner à l’Etat son rôle d’initiateur et de contrôle
Initier les politiques industrielles par le soutien fort à la recherche, par l’investissement, par la coopération avec la dynamique du privé. Encore une fois, il faut sortir du carcan
« économie administrée » de la gauche et « manne divine du privé » pour la droite. Le retour du « plan », des grands projets associant Etat et entreprises, est la voie de l’efficacité et du progrès économique et social.
L’Etat doit aussi avoir les moyens de contrôler fortement les institutions financières afin qu’elles reviennent aux réalités. Par exemple investir dans « l’inspection du travail » permettrait de reprendre en main les dérives de nombre d’employeurs. L’Etat doit retrouver sa fonction de régulateur, de « tuteur » de la société.
3 ) Imposer l’Europe
Les Etats-nation européens sont dans l’incapacité de vivre isolément. Ce serait provoquer la ruine de leurs petits Etats que de quitter le navire européen : car le monde continuera de fonctionner, et nombre d’Etats dans ce monde se donnent les moyens de s’imposer. N’est-il pas temps que les politiques européens cessent de mentir sur l’Europe, de la rendre responsable de leurs propres limites et dérives ? L’Europe n’est pas une illusion, elle est une réalité culturelle et historique, une possibilité de puissance économique et sociale :
- en imposant une politique économique européenne, se basant sur les capacités industrielles et le partenariat Etat/entreprises privées, nous mettrions en place un modèle économique moderne, stable et efficace. Il s’agit donc de mutualiser l’existant de la recherche et industrie européennes (exemple de la Vendée ou du Pays basque espagnol), et promouvoir de nouvelles structures pour de nouvelles productions sur des axes stratégiques de l’Union Européenne
- en mettant en place une harmonisation des politiques fiscales : interdiction des paradis fiscaux, augmentation des tranches élevées, participation de tous les foyers fiscaux à l’impôt sur le revenu (privilégier l’identité du citoyen à celle du consommateur)
- en défiscalisant les investissements s’inscrivant dans les projets industriels européens
- en mettant en place des projets industriels européens :
- nouvelles énergies (transports, climatisations)
- nouveaux produits ou matériaux écologiques (construction immobilière, agro-industrie)
- politique spatiale (pour de nouveaux systèmes d’information, et recherche de nouvelles énergies)
C’est ainsi que les Européens éprouveront à nouveau confiance en l’Europe car elle leur sera devenue utile et réelle.
5 ) Agir sur le court terme
- en contrôlant les institutions financières, l’objectif doit être de fluidifier les échanges, permettre aux entreprises de retrouver des fonds et aux particuliers de consommer
- en permettant aux collectivités territoriales de retrouver des fonds pour initier de nouveaux chantiers
- en contrôlant les licenciements afin d’empêcher les abus
- en instituant un revenu minimum pour tous comme au Danemark, pour empêcher le « déclassement » des classes moyennes et populaires (pouvant provoquer de graces conséquences politiques).
Encore une fois, ce sont les Démocrates qui peuvent permettre à nos économies de sortir de la crise. Le réalisme et la responsabilité doivent s’imposer sur une gauche devenue inutile et stérile. Le retour de l’Etat doit aussi mettre fin aux errances d’une droite
« néolibérale ».
Raymond Barre se définissait comme un « centriste gaullien », cette définition me paraît plus que jamais « opportune ». Je vois en Jean Peyrelevade la continuation de ce réalisme économique. Et en dehors de François Bayrou, qui aurait le courage de conduire cette politique ?
Berlusconi est-t-il définitivement invincible ?
3 Commentaires Publié by Mesina février 22nd, 2009 in Europe, Identité démocrateLa question se pose sérieusement. A l’élection régionale de Sardaigne du week end dernier, les listes de Forza Italia étaient conduites par un parfait inconnu, dont le seul titre de gloire était d’être le fils du conseiller fiscal du pirate Berlusconi. Un gage de probité ! En face les listes de gauche étaient conduites par le président sortant, Renato Soru, une certaine stature tout de même puisqu’il était avant son entrée en politique le PDG de Tiscali, seule entreprise sarde à stature internationale.
Il aura suffi à Berlusconi de venir en personne à de nombreuses reprises dans les meetings pour faire en sorte que Forza italia écrase complètement ses concurrents. Mais, à part la réponse facile sur sa mainmise sur tous les médias, comment se fait-t-il que ce type, en pleine crise économique, en accumulant gaffe sur gaffe, en se couvrant régulièrement de ridicule à l’échelle internationale, garde un tel crédit dans l’électorat ?
C’est vrai que Renato Soru s’est certainement mis en danger en lançant la création d’un conservatoire du littoral sarde sur le modèle de celui qui fonctionne en France, car cela touchait beaucoup d’intérêts économiques. C’est vrai aussi qu’il a certainement fait les frais de règlements de comptes à gauche, car l’élection du secrétaire régional du Parti démocrate a laissé beaucoup de traces (c’est d’ailleurs pour cette raison, pour éviter une candidature concurrente à gauche, que Soru avait anticipé l’élection). C’est vrai encore que la gauche italienne est, tout comme la nôtre, bien en panne d’idées. Notons d’ailleurs au passage, amis démocrates, que le nouveau secrétaire national du Parti démocrate est un démocrate, puisque Dario Franceschini vient de la Margherita, parti de Rutelli - le nouvel allié du Modem au parlement européen.
Selon moi toutefois tous ces facteurs ne peuvent expliquer la largeur de la victoire de la droite à cette élection. Il faut croire que le style complètement décomplexé et populiste de Berlusconi répond à une attente profonde des électeurs. Sarkozy fait figure d’amateur du genre… Dans ces conditions je ne vois pas ce qui pourrait empêcher Berlusconi d’obtenir le dernier mandat qui lui manque : celui de président de la République italienne. Pour l’instant, ni à gauche, mais ni à droite non plus, il n’a de concurrent…
La France, championne de l’incivisme, pourquoi ?
6 Commentaires Publié by Mesina février 15th, 2009 in Idées fortes, Positionnements, MoDem, parisJe m’étonne que l’article de Juste Milieu sur la dégradation des Velib’s n’ait pas suscité plus de réactions. Les lecteurs de ce blog se résignent-t-ils à un tel niveau d’incivisme ?
Pour ma part, cet article m’a renvoyé à un essai terriblement instructif paru en 2007 : La société de défiance, écrit par 2 chercheurs du Centre pour la recherche économique et ses applications (Yann Algan et Pierre Cahuc). Dans cet ouvrage, les auteurs démontrent par de multiples observations que la France est un des pays les plus inciviques qui soit, et aussi un des pays où le niveau de confiance mutuel entre les citoyens est le plus faible. Par exemple, sur un échantillon de villes mondiales, Paris est une des villes où un portefeuille égaré est le moins souvent restitué à son propriétaire. La France est le pays où les gens trouvent le moins souvent scandaleux que certains puissent toucher des aides publiques de manière indue. Il y a de nombreux autres exemples dans l’ouvrage.
L’interprétation des causes de ces constats proposée par les auteurs est la suivante : le niveau de confiance mutuel entre les citoyens, et le niveau de confiance des citoyens envers les institutions est en France plus faible qu’ailleurs (ce qui provoque l’incivisme) parce que la France est caractérisée à la fois par un corporatisme puissant et une intervention de l’Etat omniprésente.
Je dois dire que j’adhère pleinement à cette vision du problème. C’est bien d’ailleurs la combinaison des deux (corporatisme et étatisme) qui aggrave le phénomène. La puissance publique intervient beaucoup plus dans les pays scandinaves, mais généralement sous la forme de règles ou allocations touchant chacun de façon égalitaire (en gros 25% de TVA sur tout, mais tous ont droit à un socle de prestations santé/ retraites / éducation, quelque soit leur statut, travailleur ou inactif, public ou privé…). De cette façon une certaine solidarité se créé : ces pays connaissent peu l’incivisme. De l’autre côté, dans les pays plus libéraux l’Etat intervient moins, mais les situations personnelles sont (apparemment) moins figées et les citoyens expriment plus de confiance qu’en France dans ce type de pays.
Regardez ce qui se passe en France : on a tellement régulé le droit du travail que les employeurs, qui n’ont aucune confiance a priori dans les personnes qu’ils recrutent, veulent prendre toutes les garanties avant d’embaucher, ce qui se traduit par stage, stage, CDD… De la même façon, les propriétaires expriment un niveau de confiance si faible au moment de louer leurs logements qu’ils font subir aux postulants une vraie torture dont seuls les mieux lotis peuvent s’en sortir. Pourquoi : parce que l’Etat a trop protégé le locataire au détriment du propriétaire. Il est vrai qu’en outre, le début de mandat de Sarkozy avec la période bling-bling aura de son côté encore alimenté la défiance des citoyens envers le pouvoir et donc l’incivisme. Au moins la période de crise pourrait-t-elle constituer un moment où nos dirigeants pourraient essayer de restaurer un peu de solidarité entre tous, en choisissant non pas des mesures catégorielles, mais à portée plus universelle.
Non aux violences faites aux Vélib’s
0 Commentaires Publié by Juste milieu février 9th, 2009 in Profane et drôle, Témoignages, MoDem, paris
C’est l’information qui m’a secoué aujourd’hui : le Maire de Paris alerte ses administrés sur la dégradation incroyable du Vélib’ parc de vélo en libre service . Depuis la mise en route du dispositif en juillet 2007, 7000 vélos auraient été volés et 11.000 vandalisés . Sur un parc de 20.000 bicyclettes c’est absolument considérable ! La Société concessionnaire J.C Decaux, n’étant depuis juillet 08, (renégociation du contrat) responsable que pour des dégradations allant jusqu'à 4 % du parc , la facture pour la Mairie de Paris va donc être énorme ! A terme c’est la viabilité et la pérennité du concept qui est en jeu.
Derrière ces données chiffrées se cache un véritable phénomène de société et l’échec à date de toute responsibilisation des usagers ou de nos concitoyens urbains. A l’heure du Grenelle II et alors que le Vélib est plébiscité, qu’il incarne le plaisir de vivre et se déplacer en ville en 2009 , qu’il redonne des couleurs à la vie parisienne , ce constat est affligeant et d’ailleurs incompréhensible . Aujourd’hui une amie suédoise vivant à Paris me disait qu’une telle situation serait absolument inconcevable dans son pays ou d’une part le vélo est sacré et d’autre part plus encore, tout ce qui peut être un bien collectif …
A quand une campagne publique contre la violence faite aux Vélibs ?




