Bayrou, le sacre de Reims
5 Commentaires Publié by Juste milieu novembre 15th, 2008 in Identité démocrate
A l’ouverture du Congrès socialiste de Reims et alors même que l’on ignore qui sera couronné (e), une chose est cependant certaine : François Bayrou y sera sacré ennemi intime ou amant possible.
Que les choses soient claires , le Modem et son président n’y sont pour rien et ce n’est que pour mieux saboter la courte victoire de la motion de  Ségolène Royal que les autres prétendants ont fait de l’alliance possible avec le Modem le point dur de leur « synthèse », comme on dit chez les socialistes.
Frisant le grotesque, Jean-Luc Mélanchon s’est même servi de ce prétexte pour quitter avant Reims,  le navire et créer en toute simplicité le « Parti de Gauche … » . Avec tout le respect que je lui dois, le sénateur Mélanchon n’ est quand même pas tout à fait au niveau de l’Allemand Oskar Lafontaine qui a crée avec un certain succès le Parti  « Die Linke » …Succès cependant théorique car on se rappellera qu’il est à l’origine de la chute de Schröder et du SPD aux dernières législatives et de l’arrivée d’Angela Merckel à la tête d’une coalition SPD/CDU/CSU.
Les socialistes sont décidément bien maladroits . Sincèrement (Hamon, Emmanuelli, Fabius ? ) ou tactiquement (Delanoë qui a fait a Paris,  des risettes au Modem pendant toute la campagne municipale pour le récuser au moment de passer à l’acte, Aubry qui a des adjoints Modem à Lille..) , ils ont mis le Modem au cœur du congrès de Reims, lui donnant un bruit médiatique et au-delà un rôle stratégique qui ne pourra que lui profiter . Mutatis mutandis c’est comme lorsque le Président  Sarkozy demande à la justice réparation (et interdiction)  pour « la poupée Vaudou » à son effigie : ça ne sert à rien , ça donne une image négative du plaignant mais une publicité d’enfer à « l’objet du délit » que tout le monde s’arrache.
Le clivage socialiste autour du Modem est donc artificiel . Il n’en est pas moins extrêmement intéressant pour l’avenir . Le Modem fera avec ce qui sortira du congrès de Reims : Il positivera si la ligne dure l’emporte donnant ainsi toute sa valeur à la prémonition de FB d’une explosion interne possible et surtout d’un détournement de son électorat social démocrate d’ici 2012 . Mais il positivera aussi si la ligne ouverte l’emporte car cela permettra enfin de travailler, sans complexe, à ces majorités d’idées dont la France a besoin.
P.S : a lire absolument dans le Monde daté de ce jour l’édito de Fottorino sur le congrès du PS “changez” et celui de Patrick Jarreau “le rénovateur du PS”(Bayrou…)
Tout le monde veut l’Euro
3 Commentaires Publié by Guillaume novembre 11th, 2008 in Europe, Identité démocrateIl y a encore un an, beaucoup d’opinions publiques et de responsables politiques pourfendaient l’Euro, responsable de tous les maux, à commencer par la baisse du pouvoir d’achat.
Durant la campagne pour l’élection présidentielle, Nicolas SARKOZY s’en était pris à la ligne suivie par la BCE. Mais depuis le début de l’année, la flambée du pétrole à laquelle a suivie la crise financière a démontré la justesse de la vision qui avait été développée par les pères de la monnaie unique.
La solidité de l’Euro nous a protégé de l’augmentation du baril et a permis de conserver une grande stabilité de la monnaie alors que ceux qui ont fait un choix différent connaissent aujourd’hui les pires difficultés.
Aujourd’hui, tout le monde veut l’Euro, la Pologne, le Danemark dont les sondages en faveur de la monnaie unique ont connus une évolution importante en sa faveur, la Suède, sans oublier l’Islande, pays en quasi dépôt de bilan.
Curieusement, si les détracteurs de la monnaie européenne connaissaient une grande audience médiatique depuis le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, depuis le début de l’année, on ne les entends plus.
Pourtant, il ne faudra pas oublier, durant la campagne pour les élections européennes, qui a toujours défendu cette vision de l’Europe et lesquels, par opportunisme, ont su la critiquer.
Vers quelle crise ?
3 Commentaires Publié by Guillaume octobre 10th, 2008 in Europe, Idées fortes, AsieNous sommes dans une vraie crise, c’est un acquis. Sans doute la pire depuis la deuxième guerre mondiale. Le premier effet est celui du retour de l’Etat comme véritable acteur économique. Après avoir connu un effacement progressif, l’Etat met en place les vieilles recettes keynésiennes par la relance de la consommation. Mais ce nouvel interventionnisme va avoir pour effet d’accroître les déficits budgétaires et donc, d’éloigner les pays des règles de stabilité voulus dans le cadre du traité de Maastricht. La contrepartie va être une relance de l’inflation qui va avoir pour conséquence de restreindre la consommation, déjà mise en berne par les inquiétudes des ménages sur l’avenir. Dès lors, la consommation baissant, les entreprises vont moins vendre et donc être obligées de réduire leurs dépenses, au premier rang desquelles se trouve la masse salariale.
Scénario déjà éprouvé me direz vous, si ce n’est que la mondialisation est passée par-là . Les usines ne sont plus en Europe ou en Amérique du Nord mais dans les pays « émergeants ». Avant, lorsqu’un européen ou un américain ne consommait plus, il mettait au chômage un autre européen ou un autre américain. Maintenant, lorsqu’un européen ou un américain ne consomme plus, ils mettent au chômage un chinois ou un philippin.
Les conditions de chômage n’étant pas les mêmes dans ces pays, la perspective de voir cinq cents millions de chinois hurler dans les rues parce qu’ils n’ont plus de travail et de nourriture est angoissante. Vivons nous une nouvelle crise de 29, peut-être mais lorsque l’on pense que l’aboutissement de celle-ci a été la seconde guerre mondiale, il y a de quoi avoir froid dans le dos.
Economie de gauche ? Economie de droite ? Intelligence Economique !!!
3 Commentaires Publié by JP octobre 10th, 2008 in Europe, Idées fortes, Identité démocrate, Notes de lectureAvec mes amis du MoDem de ma localité, j’ai organisé dernièrement une réunion publique sur le thème de la baisse du pouvoir d’achat. J’avais invité comme « expert » indépendant le représentant local d’UFC – Que choisir. Chiffres à l’appui, celui-ci a confirmé la hausse des prix et par là même, la baisse du pouvoir d’achat.
Cette hausse des prix s’observe surtout dans l’alimentation et l’énergie. Je suppose que je ne surprends personne. Ce qui était intéressant, c’était qu’il présentait ses chiffres à partir d’une étude sur toutes les grandes surfaces, contredisant les chiffres officiels qui minorent la situation. Et intéressant à double titre parce qu’il apportait une explication : l’augmentation concerne notoirement les produits des marques des distributeurs, et surtout soulignait qu’il n’existe pas, en fait, de concurrence entre ces distributeurs.
En effet, ceux-ci s’imposent sur des territoires et ainsi ne se concurrencent pas. Et les rares endroits où existe une concurrence entre ceux-ci, comme par hasard, les prix sont bien inférieurs à la moyenne nationale. Donc pour le représentant d’UFC Que choisir : manque de concurrence entre distributeurs pour le consommateur, et manque de règles s’imposant aux distributeurs.
Comme l’avait déjà souligné « Juste Milieu », la LME n’a pas fait baisser les prix, ce fut une loi d’intérêt pour Leclerc…
Mais j’ai posé une autre question au représentant d’UFC : l’augmentation des prix, il y en a toujours eu, certaines en effet plus importantes que d’autres. Nous avons même connu une inflation à deux chiffres dans les années 70’s. Or, celle-ci touche fortement les Français : des travailleurs se nourrissent aux « restos du cœur », des mères célibataires doivent occuper deux travail pour nourrir leur progéniture, catégories populaires, « classes moyennes » consomment moins et pour moins cher… En fait, au-delà de la hausse des prix, le pouvoir d’achat des Français baisse parce que leurs revenus au mieux stagnent, au pire régressent. Pourquoi ?
Du fait des innombrables charges et des salaires n’augmentant pas. Mais là encore, nous sommes dans le constat. Comment se fait-il que les salaires n’augmentent plus, pourquoi les charges innombrables s’alourdissent ?
C’est en fait sur ce point que je vous propose ce billet : il s’agit pour moi, depuis près de 30 ans, d’erreurs dramatiques des différents gouvernements en matière de politique économique, si tout du moins il y en eut. J’avais déjà abordé le sujet durant les élections présidentielles avec un billet portant le titre
« Pour une politique économique ».
Et j’y reviens.
J’y reviens parce que, dans le contexte d’une grave crise financière, gouvernement et PS demeurent stériles, en décalage d’avec l’économique, tout en faisant montre d’un soit disant corpus sur le sujet…
Economie de gauche ?
A partir de 1981, nous avons connu une « économie de gauche ». Nationalisations, création forte de postes dans la fonction publique, retraites notamment des personnels de la fonction publique et de sociétés publiques, 35h, CMU, etc…
Ces différentes initiatives ont eu pour effet principal l’explosion de la dette - dette qui n’existait pas avant 1981 – et ainsi l’explosion des charges sur les ménages, et surtout sur les entreprises.
Ainsi le coût du travail devient préoccupant pour l’entrepreneur, parfois pour certains prohibitif, les salaires se voient amputer de plus en plus du fait des charges, et les ménages paient toujours plus fortement différents taxes et impôts.
Concernant l’Etat, cette dette l’alourdit, l’empêche de se tourner vers des investissements structurant nos territoires, et se prive progressivement de toute capacité d’initiative économique.
Economie de droite ?
A partir des années 1980’s, la droite française s’est rapprochée du modèle libéral anglo-saxon : baisse des impôts, dérèglementation. Nous avons vu apparaître un
« capitalisme financier » sans limites, créant des produits toujours plus déconnectés de la réalité économique, au sens industrielle, productive. Leur objectif est de toujours maximiser les bénéfices financiers, des entreprises mêmes, pour des actionnaires moins préoccupés par l’entreprise que leurs dividendes, au mieux, les bénefs par jeu d’actions, au pire (et le plus fréquemment). Ce sont d’ailleurs ces individus, peu soumis à de quelconques règles, qui ont provoqué la crise financière que nous connaissons. Et ces mêmes individus qui jouent à présent à la baisse, attendant que des institutions financières s’écroulent.
On pouvait d’ailleurs imaginer que cette crise permettrait d’assainir le marché (ce sont, la plupart du temps, des banques ou autres institutions financières ou encore entrepreneuriales, qui ont joué sur le marché anglo-saxon avec des produits « pourris » pour accroître leurs bénefs, qui sont les plus atteintes) : mais point du tout ! Aucune règle ou restriction n’est invoquée pour ces « traders », et les Etats pensent plus à se substituer aux bailleurs de fonds : si les bénéfices ont bien été privés, les déficits, pertes, sont nationalisées ! Et ainsi, les « traders » ne sont aucunement touchés par la situation qu’ils ont provoquée ! Ils se sont gavés, ont provoqué une crise dont ils font payer la note aux crétins de contribuables que nous sommes.
Résultat de cette économie “néolibérale” : augmentation des déficits (apogée sous un N. Sarkozy ministre du budget…), donc de la dette, donc des charges, chômage, etc. Mais avec son propre apport : la dérèglementation a provoqué la création d’un salariat pauvre, de contrats dits « précaires”, et surtout de nombreuses délocalisations. Ces délocalisations ne créent pas seulement du chomage, elles sont aussi une perte de savoir et de capacité industrielle.
Conséquences de ces deux politiques économiques : baisses du pouvoir d’achat, chomage structurel fort, désindustrialisation. Ainsi les Français, appauvris, se retrouvent obligés d’emprunter, et de consommer des produits à bas coûts, fabriqués pour la plupart en Asie… accroissant ainsi la pression à la délocalisation…
N. Sarkozy et l’UMP prétendent vouloir à présent plus de règles en matière financière. Or, leurs décisions fiscales se révèlent à contre courant. Encore une fois la maxime reste bonne : « En France, la gauche est otage de son idéologie quand la droite l’est de ses intérêts ».
Le PS accepte de remiser le grand soir, et d’intégrer « l’économie sociale de marché ». Mais, soit dit en passant, cette “économie sociale de marché”, elle était en place avant 1981, elle permettait la création de richesses pour tous, des salaires augmentant en moyenne de 3,5 % par an (0,5 depuis 1981), une France sans dette, 1ère exportatrice européenne ! Que cette même gauche dénonçait et a mise à terre…
Dernièrement, les 35h ou CMU furent de leur fait, F. Hollande souhaitant d’ailleurs la
« généralisation des 35h à toute l’économie française »… Les incohérences du PS concernant l’Europe, son archaïsme à chercher une alliance avec les communistes et trotskystes, l’horreur éprouvée par les éléphants du PS à l’endroit des Démocrates (MoDem) qui doivent d’abord se soumettre à leur « gôche », la démagogie persistante de la plupart de ses leaders sur les réalités sociales et économiques, expliquent la défiance des Français à leur endroit.
Bien sûr, l’on peut me rétorquer que le PS a gagné les élections locales dernières (régionales puis municipales). Mais les élections nationales ont bien démontré que cette gauche n’inspire pas confiance.
Quant à la droite, sa défiance à l’endroit de l’Etat et des fonctionnaires, sa politique fiscale, son goût pour l’endettement, l’absence de politique industrielle, démontrent bien qu’elle ne défend pas ce capitalisme dit du « modèle rhénan » mais celui du “capitalisme total » (1) à l’anglo-saxonne.
Intelligence Economique !
Je crois qu’il faut rentrer dans un nouveau modèle économique. Je vais me répéter donc, d’avec mon ancien article « Pour une politique économique ». Et je retrouve un écho avec Jean Peyrelevade (2) : promotion d’une politique industrielle, permettre l’accroissement des investissements des entreprises, valoriser très fortement l’éducation et la recherche, etc… Il s’agit de ce que l’on appelle une politique de l’offre.
Cela ne correspond pas à la démagogique politique de la « croissance par la demande » : car celle-ci ne permet qu’à court terme, de façon illusoire, l’accroissement des revenus des Français. Cet accroissement ne suscite pas l’achat de biens industrialisés européens mais contribue à l’accroissement des importations et provoque notoirement de la dette. Surtout, il ne faut plus voir Etat et entrepreneurs comme des ennemis, l’un pour la gauche, l’autre pour la droite. Il faut au contraire les rendre complémentaires !
C’est ce que l’on appelle « Intelligence Economique » : l’Etat doit se positionner comme partenaire des entreprises pour favoriser leur environnement juridique, promouvoir des activités économiques stratégiques (« économie verte », nouvelles énergies, industries écolonomique, comme le fait par exemple… l’Etat de Californie), mettre en place une culture commune de l’information notamment dans les organisations, permettre la mutualisation entre PME-PMI (brevets, complémentarité, « due »), soutenir les implantations à l’étranger pour accroître leurs parts de marchés extérieures, créer des règles protégeant l’appareil productif européen, etc.
Enfin, pour illustrer cette autre politique économique, je reprends ces propos de
J. Peyrelevade dans le Journal « Le Monde » :
Pourquoi, selon vous, Sarkozy échoue-t-il à être le président du pouvoir d’achat comme il l’avait promis ?
Jean Peyrelevade : Parce que comme il ne fait pas grand-chose qui permette à l’appareil productif d’être plus compétitif, notre taux de croissance va continuer à diminuer, et que le pouvoir d’achat évolue très exactement au rythme de la production. Si on produit moins, on a moins de pouvoir d’achat.
(…) Dans une économie développée, pour être compétitif, il faut innover, concevoir de nouveaux produits, développer la recherche, acheter des machines, mettre des automatismes partout. En un mot, il faut investir. Contrairement à ce que disent la plupart des hommes politiques, nous n’avons pas besoin de moins de capital, mais de plus de capital. Pour investir, il faut que les entreprises en aient les moyens. C’est-à -dire, affirmation très impopulaire en France, qu’elles aient les marges suffisantes. Or avez-vous déjà entendu un homme politique vous dire, ce qui est pourtant vrai, que les marges des entreprises françaises sont les plus faibles de toute l’Europe, donc nous perdons peu à peu ce qui nous reste de compétitivité, faute d’investissements.
(…) Je serais ravi de discuter économie avec les spécialistes du PS. Mais il faudrait me donner leur adresse.
La question de la politique économique va devenir, très vite, le curseur de différenciation avec le PS et l’UMP. Il s’agit à présent de modèle politique pour l’avenir des Français. Aujourd’hui, presqu’historiquement, ce sont aux Démocrates de s’imposer sur la scène politique pour que la France, et forcément l’Europe, retrouvent une vraie croissance, un enrichissement… partagé !
(1) Jean Peyrelevade, « Le capitalisme total », éd Seuil
(2) Jean Peyrelevade, « Sarkozy, l’erreur historique », éd Plon
La Princesse de Clèves, Sarkozy et Bayrou…
11 Commentaires Publié by Juste milieu septembre 21st, 2008 in Identité démocrate, Profane et drôle, people, cultureJe viens de voir un film magnifique, sans doute le plus beau film de l’année avec le très complexe et riche “Conte de Noël”, d’Arnaud Despleschin . Il s’agit du film de Christophe Honoré “la belle personne” , libre adaptation du roman de Mme de Lafayette, la Princesse de Clèves. Souvenez vous du début de la Princesse ” jamais Cour n’a eu tant de belles personnes ” … Ces belles personnes sont aujourd’hui au Lycée Molière, déambulent dans le jardin du Ranelagh, s’aiment dans la Cour du lycée ou entre deux voitures.. La recherche d’absolu de la jeunesse est intacte et cette jeunesse est intemporelle…Junie ressemble à Anna Karina son visage en gros plan recèle un profond mystère, Nemours est d’une beauté étourdissante et inquiétante pour Junie et Otto a une âme pure . Louis Garrel, Lea Seydoux et Grégoire Leprince Ringuet donnent à ce film noir et à fleur de peau, le meilleur de l’interprétation . Honoré est dans les traces d’Eric Rohmer, d’André Téchiné et de Jacques Demy . Il peint l’immense tristesse qui peut habiter la fin de l’adolescence .
Le dossier de presse du film contient une interview intéressante de Christophe Honoré ou il revient sur une des raisons de son choix d’adaptation du roman de Mme de Lafayette outre la beauté du texte d’origine et le jeu des sentiments : Sarkozy !
En effet celui-ci lors d’un discours à Lyon en 2006, publié par l’UMP aurait déclaré ” dans la fonction publique, il faut en finir avec la pression des concours et des examens . L’autre jour je m’amusais - on s’amuse comme on peut- à regarder le programme du concours d’Attaché d’Administration. Un sadique ou un imbécile avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves . Je ne sais pas si cela vous est arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle ! ”
Ceci me rappelle une récente conversation à bâtons rompus avec François Bayrou . Avec une amie commune , nous évoquons les succès littéraires (?) de l’été et il s’exclame dubitatif : Ce n’est quand même pas la Princesse de Clèves !
Toute la différence entre les deux hommes m’apparaît sur cette mise au pilori d’un côté et défense de l’autre, d’un des chefs d’oeuvre de la littérature française …
Mourir à 20 ans ou la gestion des personnels du ministère de la Défense
9 Commentaires Publié by JP août 21st, 2008 in évènements, AsieParmi les 10 soldats tués en Afghanistan, il en est un qui était d’origine normande, un caennais pour tout dire.
Il avait 20 ans.
L’armée en France est une armée de métier.
Etre militaire, c’est un choix.
Le métier de militaire est particulier, quelque soit le corps dans lequel on exerce : transport, mécanique, protection, etc., le risque pour la vie est réel.
Etre militaire, c’est faire le choix d’un métier à risques.
Faire partie des RPIMA, des parachutistes de l’infanterie de marine, c’est faire partie d’un régiment de combats. Les RPIMA sont de ces régiments de combats souvent utilisés.
Etre membre des RPIMA, c’est faire le choix d’un métier dangereux.
Je salue tous ces hommes qui font le choix des métiers de l’armée. Choix individuel mais qui consiste en la défense, la protection des Français, de leurs biens, de leurs territoires, de leurs libertés. Ce choix se fait pour un métier qui implique très souvent d’avoir une vie privée “complexe”, ne rend pas très riche bien que méritoire, notamment pour des officiers qui doivent faire des études supérieures très “poussées”. Ceux-ci se retrouvent responsables des vies qui leurs sont confiées, et de matériels souvent très couteux.
Dans une armée de métier, les coûts sont importants : les personnels, les matériels… La gestion de ceux-ci doit donc être performante. Non ?
Chaque homme est un investissement… même si, je le répète, tout soldat a fait le choix d’un métier à risques, et pour certains, dangereux.
Mais j’aimerais que l’on m’explique pourquoi un jeune homme de 20 ans, engagé seulement un an plus tôt (!), se retrouve envoyé sur l’un des secteurs les plus dangereux, si ce n’est le plus risqué des missions extérieures, après ses classes, seule formation et expérience qu’il ait pu acquérir !!!
J’aimerais que l’on m’explique comment un gars n’ayant pas eu l’expérience du feu en zone de guerre, s’y retrouve propulsé !!!
En restreignant les effectifs, en s’intégrant totalement dans l’OTAN et ainsi se colletant avec tous leurs théâtres d’opérations, poursuivant l’objectif de baisser encore fortement le budget de la Défense, fait-on le choix d’envoyer des hommes sans expériences dans les zones de combats ?
L’intégration de la gendarmerie au sein du ministère de l’Intérieur était déjà une erreur : on passe d’une force multi-missions (judiciaire, maintien de l’ordre, pacification) à une police bis (plus exploitable ?). La gendarmerie est un corps particulier permettant d’effectuer les missions de pacification, d’intervention en zone grise, si nécessaire dans les zones à risques aujourd’hui.
Cette évolution est une erreur stratégique.
L’évolution de nos armées est une régression. Tant pour la parole de la France dans le monde, que pour l’Union Européenne et surtout pour la vie de nos soldats.
C’est avec tristesse et amertume que je pense à ces hommes disparus et leurs familles endeuillées…
Insoutenables images d’enfants privés de vie
1 Commentaire Publié by Juste milieu juillet 25th, 2008 in Identité démocrate, Témoignages
Juste avant de partir loin en famille, indignation personnelle après avoir vu dans Le Monde la photo de ces deux corps d’enfants morts gisant sur une plage napolitaine, têtes recouvertes d’une serviette de bain devant (certains seulement paraît-il) estivants indifférents poursuivant leur farninente ou leurs activités balnéaires.
Enfants Roms , petites filles seules sur la plage , qui avaient voulu se rafraîchir dans la mer mais ne savaient pas nager et se sont noyées.
Indifférence et hostilité envers un peuple maudit, rejeté et accusé de tous les maux. Enfants compris.
Je repense aussi aux abrutis (généralement des mecs) qui ont « oublié » leur enfant dans leur voiture au soleil pendant une demie ou une journée. Enfants aujourd’hui privés de vie.
Les parents sont dit - on en « état de choc ». Et l’état de connerie ça n’existe pas ?
Enfants martyrs, prostitués, violés, bébés « secoués », enfants oubliés dans une voiture ou morts sur la plage , enfants assassinés lorsqu’un conjoint ne veut pas revenir, enfants morts de faim. Je rends hommage à votre mémoire innocente. Je pense aussi à Audrey, adolescente, qui n’est plus.
A part cela la vie est belle ! Bonnes vacances à toutes et tous, ci-dessous un beau texte sur l’enfance libre :
Né quelque part
On choisit pas ses parents,
on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus
les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher
Etre né quelque part
Etre né quelque part
Pour celui qui est né
C’est toujours un hasard
Nom’inqwando yes qxag iqwahasa {2x}
Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
Ils savent où sont leur nids, quand ils rentrent de voyage
Ou qu’ils restent chez eux
Ils savent où sont leurs œufs
Etre né quelque part
Etre né quelque part
C’est partir quand on veut,
Revenir quand on part
Est-ce que les gens naissent
Egaux en droits
A l’endroit
Où ils naissent
Nom’inqwando yes qxag iqwahasa
Est-ce que les gens naissent Egaux en droits
A l’endroit
Où ils naissent
Que les gens naissent
Pareils ou pas
On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger
Pour apprendre à marcher
Je suis né quelque part
Je suis né quelque part
Laissez moi ce repère
Ou je perds la mémoire
Nom’inqwando yes qxag iqwaha.sa
Est-ce que les gens naissent…
Maxime Le Forestier
LE NOUVEAU CENTRE:UNE FORMATION QUI FAIT PSCHITTTTT
23 Commentaires Publié by Guillaume juillet 19th, 2008 in Identité démocrateIl y a un peu plus d’un an, le Nouveau Centre est né sur les ruines de l’UDF. Ce nouveau parti se voulait indépendant et dans la majorité présidentielle. Mais son existence, et donc son utilité, était difficile à démontrer en raison de la présence d’une majorité absolue UMP à l’Assemblée Nationale. Lors de la discussion sur la loi TEPA (dite paquet fiscal), Charles de COURSON a déposé des amendements intéressants. Ils ont immédiatement été balayé par l’UMP, Jean-François COPE ayant brutalement rejeté toute discussion par une intervention qui pouvait s’apparenter à « vous avez juridiquement torts parce que vous êtes politiquement minoritaires ».
Le Nouveau Centre, en recherche de financement a tenté de faire modifier la loi électorale sur le financement politique. Il a finalement été lâché en rase campagne par son allié. Périodiquement, François SAUVADET, président de groupe, se plaint de l’attitude dédaigneuse de ses partenaires, propos auxquels Jean-François COPE a récemment répondu, de manière quelque peu méprisante par « Monsieur SAUVADET, je le trouve gentil ». Et voilà qu’arrive le débat dans lequel le Nouveau Centre pouvait espérer compter : le débat sur la réforme de la constitution.
Le Nouveau Centre pouvait compter car c’est le seul débat dans lequel l’Assemblée Nationale et le Sénat sont sur un pied d’égalité et la difficulté de réunir la majorité des trois cinquième rendait la trentaine de parlementaires NC difficilement contournable. Mais voilà , la servilité ayant inhibée ces derniers, ils sont apparus inexistants. Le président du parti s’est simplement fendu d’un communiqué lénifiant et stérile expliquant que la réforme des institutions, c’était ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, et que le Président de la République a dit, le Président de la République a fait, le Président de la République a décidé et que le Nouveau Centre allait s’exécuter.
Les idéaux ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas, ceux du Nouveau Centre sont déjà obsolètes.
En France, la presse est indépendante de N. Sarkozy et de l’UMP…
9 Commentaires Publié by JP juin 25th, 2008 in blog politique, medias, Revue de presseL’hebdomadaire Le Point a fait son enquête sur l’influence de N. Sarkozy sur la presse française. Après le départ forcé de PPDA de TF1, le débat s’est fait.
Amusant…
N. Sarkozy exercerait une influence sur la presse ? et Le Point se pose la question ?
Est-ce que l’un d’entre nous se pose cette question ?
Faisons le tour :
- Le Figaro, Valeurs Actuelles appartiennent au groupe Dassault. Celui qui gère la presse pour le groupe est ancien conseiller de Paris RPR, et qui fut candidat RPR aux législatives dans le 12è arrondissement de cette ville. Les Dassault sont liés au RPR, puis UMP, avec leurs élus sénateur, maire, etc.
- TF1 appartient au groupe Bouygues. Ami très proche de N. Sarkozy.
- Europe 1, Journal du Dimanche, Paris Match, appartiennent au groupe Lagardère (et tout ce qui est « Hachette »), ami personnel de Sarko.
- Le Point, c’est Pineau-Valenciennes, ami très proche de J. Chirac. Il acheta ce journal en 1995 pour aider à l’élection de son ami Jacques.
Cette situation provoque t elle des conséquences sur l’indépendance de la presse française ?…
- Alain Génestar s’es fait virer de Paris Match par l’ami Lagardère pour photos gênantes sur l’intimité de la séparation sarkozienne.
- à TF1, PPDA se fait lourder après son interview acide d’un “président enfant”, mais TF1 est aussi une entreprise qui embauche… les collaborateurs de campagne de Sarko…
- Le Figaro fait parler haut les officiers supérieurs et généraux sur le Livre Blanc de la Défense : atteinte aux capacités militaires de la France ! preuve d’indépendance du Fig ? Si l’on peut être en accord avec eux sur le sujet, eux le disent dans Le Fig : parce que cela pose surtout un problème à son proprio Dassault, industriel… de l’armement…
- Le Point parle de l’influence de Sarko sur les médias ? c’est que le copain Chirac a des soucis avec la justice : faudrait que le Nicolas se montre plus « coulant », faut donc lui mettre la pression…
Le Point se sépare de Denis Jeambar en 1995 car barriste : faut du chiraquien ! Alors on recrute Catherine Pégard : écriture au panégyrisme indépassable, avec un « Bloc Note » relevant d’une digne inutilité propre au courtisan. Mais la dame est aussi Sarko compatible ? alors on l’embauche comme conseiller spéciale à l’Elysée (ça, c’est de l’indépendance journalistique, de la belle déontologie). Le Point, avec son départ, a donc enfin engagé un(e) journaliste ? Que nenni : on intègre du Fig Pierre-Brossolette pour continuer dans l’écriture fidèle, façon canine ! Et n’oublions pas la belle honnêteté intellectuelle d’un Nicolas Baverez : prenez le programme économique de Bayrou pour les présidentielles (politique industrielle, Small business Act, introduction de « l’Intelligence Economique », dénonciation de l’endettement), mettez ce programme en exergue, façon absolument nécessaire, et concluez en disant que c’est le programme de Sarko, qui seul le réalisera !
- Europe 1 ? pendant toute la campagne des présidentielles, la radio a milité pour insister sur un Le Pen 3è homme… la Marine envoyée d’urgence au micro pour remettre à sa place le Bayrou bidon invention des médias (!), avec le journaliste qui confirme en direct cette logique future 3è place… ou la Clémentine Autain qui peut tranquillement dire à la radio que Bayrou, c’est un homme de droite habituelle : catho, blanc, et hétérosexuel !!!
On a connu des journalistes plus réactifs, plus facilement choqués (surtout concernant leur fiscalité particulière)…
Donc, apparemment, pas de problème d’indépendance des médias en France.
Si on étatisait ces médias ? Pourquoi pas l’ORTF à la sauce gaulliste ? La chasse aux sorcières façon mitterrandiste et socialiste (Sérillon doit bien se marrer) ?
L’important, c’est que ces mêmes médias continuent à nous « informer », se drapant de la virginité, de la pureté journalistique… Pendant ce temps là , on pourra continuer à s’inventer de grands complots, à s’en taper le cotillard.
Pas de doute, il n’y a pas de problème de démocratie en France, c’est pour cela que l’on peut critiquer les voisins, comme ces ritals avec leur Berlusconi… C’est pas en France que ça arriverait, tout cela… nos journalistes sont d’ailleurs là pour le dire…
Sinon ? il y a la blogosphère…
Et le « Blog du démocrate »…
Serviteurs…
Les USA ont bien besoin d’un Nicolas Hulot
2 Commentaires Publié by Mesina juin 8th, 2008 in Idées fortes, Notes de lecture, AilleursLe congrès américain vient de repousser un projet de loi pour la lutte contre le réchauffement climatique (et la mise en place d’un système de permis d’émissions comme il en existe un en UE). Ni John Mc Cain (pourtant un des auteurs du texte de départ), ni Obama, ni Hillary Clinton ne se sont déplacés pour venir en aide au texte.
J’en conclus que les States ont bien besoin d’un Nicolas Hulot pour imposer ce sujet comme un incontournable de leur campagne présidentielle. Al Gore, qui appartient à un des deux camps, n’est sans doute pas qualifié pour ceci malgré son prix Nobel. Car c’est bien son extériorité à la politique, et son indéniable indépendance de tous les candidats qui avaient en partie crédibilisé le discours de Nicolas Hulot.
Pour ceux de nos lecteurs que le phénomène Hulot a intéressé, je conseille la lecture de l’ouvrage “Le Moment Hulot, un candidat jamais candidat” paru aux éditions Armand Colin. Cet ouvrage revient sur la “non-candidature de Hulot” et décortique la stratégie appliquée par celui-ci pour réussir à imposer l’environnement dans l’agenda de la campagne 2007. On en retiendra surtout que tout ceci était complètement prémédité. Nicolas Hulot avait tiré les leçons de sa collaboration avec Chirac qui n’avait pas mené plus loin que des beaux discours, et donc a orchestré complètement son intervention dans le champ politique. Car ce n’est pas seulement sa popularité cathodique qui lui aurait permis de bouleverser ainsi la campagne : comme le soulignent bien les auteurs, le discours de Hulot était déjà bien rodé avec de nombreux ouvrages et il avait su s’entourer d’un comité d’experts de très haut niveau. La diffusion de l’ouvrage-pétition “le Pacte écologique” a constitué un outil majeur, mais c’est aussi en agitant jusqu’au dernier moment la menace de sa candidature que Nicolas Hulot a réussi.
Je regrette simplement que cet ouvrage (écrit par des spécialistes de l’opinion) manque un peu d’une dimension plus politique dans son analyse du phénomène. Cette candidature constitue une preuve que la stratégie poursuivie depuis des années par les Verts est bien sans avenir, puisqu’ils n’ont jamais réussi, à force de la réduire dans un recoin gauchiste, à donner à l’écologie politique la dimension auquelle elle pouvait manifestement prétendre. Il me semble que les auteurs ont également un peu mésestimé le vent de panique que la démarche Hulot a inspiré à certains qui voyaient là leur capital voix s’effondrer potentiellement. Comment expliquer sinon l’attitude de soumission un peu ridicule qui a conduit à l’organisation d’un grand oral des candidats pour la signature du Pacte.
Bref, en tous cas les premiers résultats sont là . Non seulement on en a parlé en campagne, mais le projet de loi programme Grenelle de l’environnement est bien réel, et son contenu est véritablement novateur sur de nombreux aspects. Aujourd’hui l’enjeu sera plutot d’agir pour que les arbitrages entre ces orientations programme et les multiples autres contraintes ne se fassent pas sans cesse au détriment des premières. Le projet Grenelle parle d’une taxe sur les poids lourds, quel sera son avenir quand les routiers manifestent déjà ? Que deviendront les objectifs sur l’agriculture bio quand la pénrie agricole redevient un risque ? La libéralisation de l’ouverture des grandes surfaces est-t-elle compatible avec ces objectifs ? Bien des sujets sur lesquels Nicolas Hulot aura à nouveau bien besoin d’intervenir.



