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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Je suis républicain, libéral et démocrate.

Je suis républicain parce que l’Etat ne doit pas appartenir à un homme (j’ose espérer que l’on conçoit le terme « homme » dans son sens « général », désolé pour les féministes intégristes) ou un groupe. Il ne peut s’agir d’une gestion « patrimoniale » de l’Etat, qui est un « bien public », d’où la notion de « service public ». La naissance, l’argent, le parti politique (on comprendra que je prends pour exemple le « Parti » communiste, le NSDAP, etc…), ne sont en rien des critères garantissant une gestion « publique » de l’Etat, pour le bien public… Bien public qui ne fait pas de différence ou de hiérarchie selon les origines géographiques ou religieuses. De même, il ne peut y avoir de traitement particulier pour un homme selon son origine, sa religion, sa richesse, et cette particularité ne peut s’imposer aux autres…

Je suis libéral car chacun doit pouvoir croire, ou ne pas croire, en la religion qu’il veut. Penser, parler, écrire librement. Circuler, créer, échanger. Il n’est pas un homme ou un groupe qui n’a de légitimité à décider ce que doivent pouvoir croire, dire, penser, faire les hommes. Ainsi, l’Etat doit garantir ces libertés par la police, l’armée, la justice. Et le pouvoir se divise afin d’empêcher l’unicité.

Je suis démocrate parce que chacun doit pouvoir choisir ses représentants, et soi-même en être libre. Encore une fois la naissance, l’argent, un parti ou je ne sais quel groupe, ne peut avoir de légitimité à choisir seul ou incarner seul le peuple. Le peuple s’incarne par le suffrage universel en des représentants régulièrement soumis aux votes. L’Etat incarne l’intérêt du peuple, donc l’égalité des chances, par l’éducation, la santé et la solidarité.

J’ai donc mis un ordre, non une hiérarchie : républicain, libéral, démocrate. Parce que l’on peut être démocrate dans une monarchie constitutionnelle : contradictoire d’avec la notion de « République ». Parce que l’on peut appliquer une politique économique libérale dans une dictature ou une monarchie. Ou se définir libéral tout en basant la représentation sur les ressources ou la naissance (suffrage censitaire, chambre des lords, etc.).
C’est pour cela que « Démocrate » arrive en 3è, parce qu’il est la fin, la conclusion de l’ensemble, et en résulter.
Seule, la République peut n’appartenir qu’à un parti (Baas, république islamique, etc.). Il prétend incarner le bien public mais n’affronte pas la pluralité du suffrage universel que les libéraux exigent. La République peut ainsi « s’encaserner ».
Les libéraux ont une vision régalienne de l’Etat, une vision limitée. Cet Etat ne garantie aucunement l’égalité des chances. La « manne », la liberté du marché, ne crée pas « naturellement » de l’égalité.
Celui qui est né avec des ressources matérielles supérieures à l’autre profitera toujours de la liberté pour accroitre ses moyens et connaissances, dominant ainsi progressivement son environnement, moins par ses capacités « personnelles » que matérielles. Le libéralisme peut se dévoyer en laissant s’installer une systématisation de l’injustice et de l’inégalité, une « ploutocratie ».
La Démocratie n’existe pas sans la liberté, elle est illusion sans pluralité (« démocraties populaires »). Ou elle se pervertie sans l’Etat républicain en l’instant, le sondage, l’uniformisation muselant la liberté, ou la minorité s’imposant à la majorité. Car la liberté, nous le répétons à nos enfants de façon triviale, doit s’arrêter à celle des autres. C’est la République qui le permet.

Ensemble, démocratie et libéralisme permettent une régénération des représentants et décideurs par la concurrence et la liberté de tous à participer au « pouvoir », permettant une République saine œuvrant pour le bien de tous. L’affrontement des groupes par le jeu démocratique pluraliste permet une confrontation « pacifique » et une circulation des « élites ». W. Pareto et R. Aron l’ont souvent démontré par leurs écrits (1).
L’intérêt général…
Cet équilibre intervient comme un pôle masculin et féminin : l’Etat et la Société. L’Etat garantie à la Société sa liberté par l’ordre, la justice, et la solidarité. La Société apporte à l’Etat sa créativité, sa fertilité, sa vitalité, par sa liberté. L’égalité entre tous devant la Loi et les moyens apportés à tous dès la naissance (éducation, santé et solidarité) permet une gestion saine de l’Etat et la créativité de tous.

 

Le danger pour ce modèle républicain-libéral-démocrate, bref pour la Démocratie, est de deux types : conservatisme et séparatisme.

Il s’agit pour moi du conservatisme dans son sens négatif. Car le conservatisme peut avoir un sens positif quand il parle de ce qui est « pérenne », permanent en l’homme.
Il est négatif quand il est employé pour empêcher cette « régénération » citée plus haut. Il ne favorise pas le mérité de la personne, il s’abandonne dans la médiocrité de l’accumulation matérielle, usant de l’Etat afin de se le garantir. Ce conservatisme là affaiblie toujours la société car elle se prive de la créativité de tous. Elle fragilise l’Etat car ne garantie pas sa « qualité » par la régénération et provoque sa remise en cause. Quand l’Etat « entre en conservatisme », il provoque la création de zones où des « potentats » nouveaux s’imposent, hors de la Loi…
Il est un conservatisme de droite par le dévoiement du libéralisme : « néo conservatisme ». La dérégulation permet l’accroissement matériel de ceux qui sont déjà « nantis » et l’accaparement de l’Etat. Dans le but de consacrer cette accumulation. Moins d’impôts alimentant les inégalités et l’affaiblissement de l’Etat. Ce conservatisme est stérile et aveugle la puissance publique. 
Il y a aussi un conservatisme de gauche. Il passe lui par l’égalitarisme, les « acquis ». Ce conservatisme concerne ceux qui veulent conserver des droits sociaux que la majorité n’a pas mais lui finance. Il dévoie l’Etat pour l’asservir. L’intérêt public disparaît, et le public ne respecte alors plus l’Etat… Ce qui faisait la noblesse de la fonction, celle de servir l’Etat, et la reconnaissance de la Société, disparaît dans une aversion des serviteurs de l’Etat…

Le séparatisme est une atomisation, provenant du gauchisme et du « néolibéralisme ». Tuer l’Etat parce que pour les uns il incarnerait une domination capitaliste, la propriété, l’inégalité sociale. Pour ceux-là, le dévoiement passe par la différence, l’éthno-différencialisme, le rejet du modèle judéo-chrétien, la famille, la culture, tout ce qui constitue la Patrie, tout ce qui rassemble…
Tuer l’Etat, pour les autres, parce qu’il ne faut pas de règles qui limiteraient leur pouvoir et surtout l’accumulation de leurs richesses. Les « anarcho-capitaliste », s’incarnaient dans un Robert Nozick, conseiller de R. Reagan, provoquant la dérégulation généralisée grâce à une mondialisation pervertie. La négation de la particularité des nations, des cultures, par un ethno-différentialisme vicieux (instituant le rejet de chacun), permet de nier l’Etat et ainsi la règle.
Néoconservateurs et néolibéraux se sont fondus en une entité politique, G.W. Bush en était le héros. L’Amérique tente de se régénérer : la Démocratie le lui a permis par la symbolique du choix d’Obama, nous verrons les résultats.
En Europe, nous avons des S. Berlusconi, N. Sarkozy, des poussées de poujadismes un peu partout qui stérilisent progressivement nos Etats.
Quelques exemples ? La dépénalisation de la délinquance financière fait qu’un escroc, un patron voyou (façon Madox), ne peut aller en prison, même après avoir ruiné des familles. Un voleur de mobylette y sera dans l’instant… La baisse des impôts pour les plus nantis par le bouclier fiscal (la réalité c’est qu’une infime minorité très aisée profite essentiellement du dispositif), la défiscalisation sur le transfert de patrimoine, l’apport de l’Etat aux banques et certaines entreprises sans contreparties de règles à suivre, travail du dimanche, etc.
Le gauchisme a perverti les gauches, surtout en France. Le sens républicain a été oublié, la liberté fait peur parce qu’elle impose la responsabilité : vision adolescente transposée dans le politique.
Quelques exemples ? Les 35h et la limitation de la productivité, la consécration de l’inégalité entre fonction publique-entreprises d’Etat et privé devant la retraite, création de postes dans les structures publiques par clientélisme, abandon à des syndicats de la gestion de services publiques, l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat (police-justice-armée) par la baisse de ses moyens, etc.

Dans ces deux cas, la Société s’impose à l’Etat et se cannibalise, quand la dictature militaire ou à la soviet est une domination de l’Etat sur la société, qu’elle stérilise…

République, Libéralisme et Démocratie ont permis à la France de devenir ce pays magnifique de beauté, de richesses, de créations et de savoirs. Or, chacun est progressivement pervertie. Nous avons souvent sur ce blog dénoncé cet état de perversion : représentation nationale partielle du fait du type de scrutin, pluralité abimée par le duopole UMP/PS, affaissement de l’Etat par les dérégulations, relations viciées entre groupes économiques et médias et politiques, etc.

Il nous faudra restaurer l’autorité de l’Etat pour une République rénovée, redonnant au libéralisme ses « lettres de noblesses » par la Loi, et pouvant alors régénérer la République. Il y a donc bien un ordre de choses, une logique dans ces trois mots…

 

(1) Wilfredo Pareto, « Traité de sociologie générale » ; Raymond Aron, « Etudes Politiques », « Démocratie et totalitarisme » (je vous recommande encore une fois l’ensemble d’œuvre sur ce sujet « Penser la liberté, penser la démocratie »).

 

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7 commentaires à “Républicain, Libéral et Démocrate”

  1. 1 florent

    J’applaudis vivement et recommanderai cet article.

    Un détail tout de même : j’ai lu et entendu à plusieurs reprises que les 35h avaient augmenté la productivité des travailleurs français, parmi les meilleurs du monde sur ce point… et cela paraît fondé au vu des chiffres qui circulent…

    Par ailleurs je perçois confusément que l’on peut faire d’autres reproches au « gauchisme » mais je ne parviens pas à les formuler en cet instant.

  2. 2 Jeff

    Je ne comprend pas bien comment on peut être républicain, libéral et opposé au bouclier fiscal : avant son instauration il n’existait aucune limite à l’impôt, l’état pouvait réclamer à une personne plus d’impôts qu’elle n’avait de revenus, ce qui revenait in-fine à le déposséder de ses biens. Hors la propriété privée est un Droit de l’Homme depuis 1789, inscrit dans notre constitution, et un droit fondamental pour tout libéral.

  3. 3 Fangio

    @Jeff:
    Votre argument ne tient pas debout. Déjà, il serait bon de rappeler une évidence (voir une tautologie): tout impôt est une dépossession des biens d’autrui. C’est le privilège d’un Etat souverain: lever de l’impôt. Aucune autre personne physique ou morale n’est en droit de le faire (sauf délégation, par exemple les collectivités locales avec la décentralisation). Par ailleurs, votre remarque claironnée par les chantres du bouclier fiscl

  4. 4 Fangio

    (Désolé, erreur de manipulation, je reprends)
    Par ailleurs, votre remarque claironnée par les chantres du bouclier fiscal oublie de dire dans quels cas cela arrive: chez des gens qui ont un patrimoine conséquent. Or pour s’appauvrir dans ce cas, il faut le faire exprès: un patrimoine, ça se place (hors résidence principale qui, faut-il le rappeler, a été placée hors du champ de l’ISF), ça permet donc de générer des revenus qui permettront de payer cet impôt (pour mémoire, la tranche marginale, c’est-à-dire la plus haute, de l’ISF est à 1,80%). D’ailleurs, depuis l’instauration du bouclier fiscal, c’est un sport national d’en jouer en diminuant ses revenus imposables… Donc le bouclier fiscal est un dispositif totalement hypocrite dont le seul but est de permettre de contourner l’ISF (je vois mal comment vous pouvez dépasser 50% de vos revenus en impôts si vous n’êtes pas à l’ISF, avec un IRPP ayant une tranche marginale à 40% -même à 36% en comptant l’abattement forfaitaire de 10%-, et à moins d’avoir une résidence principale pharaonique qui produirait des impôts locaux monstrueux…).

    Par ailleurs, la référence à la déclaration des droits de l’homme est à côté de la plaque. D’ailleurs, il me semble que ce point a déjà été jugé par le Conseil Constitutionnel, qui a estimé qu’un impôt élevé (y compris supérieur aux revenus) n’est pas anticonstitutionnel (je rappelle que la déclaration des droits de l’homme fait partie du bloc de constitutionnalité…). Avant de faire appel à des grands principes, sachons de quoi on parle!

  5. 5 Jeff

    @Fangio:
    L’impôt ne saurait être confiscatoire, hors s’il dépasse la totalité des revenus d’un contribuable il le devient. Il faut donc forcément un mécanisme de plafonnement.
    Le fait que ça touche les redevables de l’ISF n’y change rien et n’est en rien un argument recevable : ils sont aussi des citoyens et bénéficient des mêmes droits fondamentaux.

    La référence à la déclaration des Droits de l’Homme est au contraire en plein dans le sujet : c’est bien là dessus que s’est appuyé le Conseil Constitutionnel pour valider le bouclier fiscal ! (décision n° 2005-530)

  6. 6 FrédéricLN

    @ florent : « les 35h avaient augmenté la productivité des travailleurs français »

    … C’est un bel exemple d’aberration statistique.

    Tout d’abord, il semble logique que pour une personne donnée, sa 39ème heure de travail soit plutôt un peu moins productive que la 35ème (on fatigue, si peu que ce soit). Donc, la division « valeur produite / heures de travail » (= la productivité horaire) a augmenté quand le temps de travail a été réduit.

    Ensuite, la production industrielle dépend assez peu, sur le court-moyen terme, du volume de travail par ouvrier, mais d’abord des investissements passés. En fait, si on diminue le temps de travail de 10%, la productivité horaire en production industrielle augmentera de près de 10%…

    Enfin, dans beaucoup de secteurs non marchands ou très partiellement marchands, on ne sait pas mesurer la production mieux que par son coût. Donc la productivité par euro de salaire est stable. Conséquence : si le salaire horaire augmente (avec la RTT), la productivité horaire augmente automatiquement d’autant ! Ce n’est pas une réalité, juste l’incapacité à mesurer la production.

  1. 1 Défiscalisation

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