Une sélection :
TV5 Blogosphere

R�dacteur Agoravox

    ::.Commentaires récents.::

    • Soseki: Le MoDem réalise en Basse Normandie l'un de ses meilleurs s...
    • Soseki: Bien inspiré. Il faudra inverser la tendance médiatiquemen...
    • Didier: analyse très intéressante...que je partage sur facebook et...
    • genet: excellente analyse si vous me le permettez je la reprendra...
    • Flo49: Très bonne analyse, juste et porteuse de sens pour l'avenir...
    • Chris: Analyse que je partage....
    • Megalon: Très bon papier, mesuré et qui fait un effort d'objectivit...



:.Connecteurs.:

Wikio - Top des blogs - Politique


Add to Netvibes
Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs
Loading...

Ajoutez le widget à votre site !

::.Tags.::





Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






J’ai eu la chance d’être invité récemment au siège du Mouvement Démocrate à participer à une des réunions de préparation du volet « développement durable » du programme pour les élections européennes, à l’initiative du député européen Jean-Luc Benhamias et de l’excellent Julien Rivals. La réunion portait sur un sujet qui me semble particulièrement d’actualité : la responsabilité sociale d’entreprise (RSE). Je vous livre ici les réflexions que m’a inspirées cette réunion.

Il y a toujours eu un débat sur le rôle des entreprises dans la société. Une entreprise sert-t-elle uniquement à générer du profit pour ses actionnaires (ceux-ci et l’Etat se chargeant d’en maximiser l’utilité pour la société) ? L’entreprise a-t-elle au contraire une utilité sociétale plus large à laquelle elle doit également veiller (employer des gens dans des conditions acceptables, contribuer au développement territorial, veiller à ne pas dégrader l’environnement) ?

Si ce débat n’est pas nouveau, il faut constater que ses termes en avaient déjà radicalement changé sous l’effet de la mondialisation. La possibilité ouverte aux entreprises de conduire leurs activités dans des zones très dépourvues de régulation sociale ou environnementale avait déjà largement mis en difficulté les tenants de la conception dite actionnariale des entreprises, honnêtement défendable seulement si une régulation suffisamment protectrice des droits et attentes des parties prenantes est en vigueur, ce qui n’est évidemment pas le cas au niveau mondial.

C’est à cette époque (début des années 2000) que les institutions internationales, Nations Unies en tête, se sont mises à appeler à l’exercice par les multinationales de leur « responsabilité sociale » d’entreprise, Koffi Annan reconnaissant à l’époque du lancement du Pacte Mondial de l’ONU « les Etats ne peuvent pas tout faire ». C’est aussi à cette époque que les entreprises elles-mêmes se sont lancées dans des démarches de développement durable ou de responsabilité sociale, plus ou moins crédibles, plus ou moins stratégiques suivant les cas. C’est encore à ce moment que certains investisseurs se sont mis à intégrer des considérations environnementales, sociales ou de gouvernance (ESG) dans leurs décisions d’investissement, donnant lieu à un mouvement dénommé Investissement socialement responsable (ISR), en forte croissance mais à l’impact encore marginal. Ici ou là, certaines réglementations nationales se sont développées pour inciter ou stimuler ces mouvements comme la loi NRE en 2001 qui demande en France à toutes les entreprises cotées de rendre compte de leurs principaux impacts sociaux et environnementaux. Une obligation dont le niveau d’application est encore fort variable, en l’absence de sanctions associées à cette loi. Au fond, seule l’Union Européenne n’a pas su prendre ce tournant. Seule une communication de la Commission fait référence à la Responsabilité sociale d’entreprise, considérant celle-ci comme une voie intéressante mais d’application purement volontaire.

Peut-t-on encore avoir ce point de vue après la crise ? Tout ceci serait-t-il arrivé si les institutions financières avaient considéré que leur responsabilité pouvait être autre que celle de maximiser le profit à court terme, sans se préoccuper des risques pour autrui ? Les constructeurs américains et français seraient-t-ils en meilleure posture s’ils avaient anticipé (comme d’autres) la nécessité de fabriquer des voitures plus respectueuses de l’environnement et donc moins gourmandes en énergie ? L’heure est venue de sortir du volontariat en la matière, de contraindre les acteurs économiques à exposer la façon dont ils prennent en compte les attentes légitimes de leurs parties prenantes sur un plan social, environnemental ou sociétal. C’est précisément ce que l’Union Européenne peut faire, par exemple en obligeant les entreprises cotées à communiquer ces éléments à leurs assemblées générales d’actionnaires, en définissant au préalable les éléments d’information requis pour chaque secteur de l’économie (la responsabilité sociale ne se traduit pas de la même façon pour une entreprise pharmaceutique ou pour une entreprise de travaux publics par exemple). Il restera ensuite à définir la façon de vérifier la crédibilité de ces informations « extra-financières » – comme il faut du reste se repencher sur la question de la fiabilité des données financières.

Qui d’autre mieux que le Mouvement démocrate, ou le Parti Démocrate Européen peut porter cette idée dans la campagne européenne ? N’ais-je pas lu que le PDE était pour une « économie de l’initiative mais régulée ». Voici je crois une façon concrète de traduire cette orientation sympathique mais trop théorique, une façon de réitérer notre confiance dans le potentiel de croissance des entreprises tout en orientant cette croissance vers un mode plus durable et respectueux des intérêts de chacun.

  • Facebook
  • Twitter
  • Netvibes Share
  • TypePad Post
  • Windows Live Favorites
  • Share/Bookmark

11 commentaires à “La responsabilité sociale d’entreprise (RSE) comme remède à la crise ? Une idée très Démocrate !”

  1. 1 Claudio Pirrone

    Si les écoles qui forment les dirigeants d’entreprise étaient de moins mauvais niveau, toutes auraient mis en place des démarches de développement durable, car c’est un incroyable moteur de la création de vrais avantages concurrentiels durables.

  2. 2 Pierre

    Certains, tel Yunus, préconisent un statut spécifique de l’entreprise sociale : le Social Business. Une entreprise qui a une vocation sociale et dont les actionnaires ne perçoivent pas les dividendes. Ceux-ci sont soit réinvestis dans l’entreprise, soit réintégrés dans la formation des coûts, réduisant ainsi les prix des produits ou service vendus. Sans remettre en question les principes de base de l’entreprise capitalistique (associés, maximisation du profit, concurrence), Yunus propose ce genre de statut en plus des statuts classiques.

    Une entreprise a été créée sur ce modèle : Grameen-Danone. D’autres projets sont en cours.

    J’ai commencé à parler de cette expérience sur mon blog et je pense que le social business (qui est plus accompli et qui va plus loin que la simple RSE) offre des possibilités infinies à toute une génération de diplômés des écoles de commerce, en témoigne l’engouement pour une idée connexe, le commerce équitable.

    Je me permets de faire le lien :

    http://humaniste.hautetfort.com/archive/2008/12/12/vers-un-nouveau-capitalisme-partie-i.html

    (PS : je suis intéressé par les débats qui ont lieu au sein du Modem sur le modèle économique et de société. Comment peut-on se procurer les comptes-rendus ?)

  3. 3 Olivier

    Je suis d’accord avec l’analyse initale concernant la Responsabilité Sociale d’Entreprise, mais pas avec le remède proposé.

    Les règlementations et obligations sont certes utiles et nécessaires pour assurer un « socle » minimal, mais aucune norme / règle internationale ne pourra pleinement convenir aux situations si différentes des pays / zones géographique.

    Et c’est justement la force de la RSE / du Développement durable que :
    -d’utiliser l’émulation liée à une concurrence saine,
    -de s’intégrer à une stratégie d’entreprise globale et à long terme,
    -de promouvoir la prise en compte et d’apporter des réponses pertinentes et porteuses de valeur ajoutée aux attentes des « parties prenantes »,
    -de devenir un avantage concurrentiel innovant

    pour faire avancer les choses en matière de problématiques économiques, sociales et environnementales, mais aussi de gouvernance.

    non ?

    Si le MoDem porte ces principes, et je pense que c’est le mouvement le plus légitime pour les porter, alors j’adhère !

  4. 4 poilagrather

    Il convient de ne pas idéaliser ce mouvement de l’ISR. Aurez vous remarqué que personne ne l’appelle de ses voeux comme remède à la crise car sous sa forme actuelle ce n’en est pas un ! Les fonds ISR sont constitués presque des mêmes entreprises cotées que les fonds traditionnels (ils ont très souvent du Total, où est le changement ?), gérés par les mêmes financiers avec les mêmes attentes de rentabilité, avec les mêmes rotations de portefeuille (en moyenne les actions ne sont pas gardées plus de 2 ans …), …
    Les fonds ISR actuels fonctionnent selon le modèle dit du  »best in class » où il convient simplement à une entreprise de polluer moins que les autres pour être le meilleur élève de la classe (d’où le nom de best in class) !! Cet ISR là n’annonce pas un nouveau capitalisme mais entretient l’ancien au contraire… Comme le nouveau capitalisme le véritable ISR est à inventer .. mais il nécessite des remises en cause voire des ruptures sociétales que les financiers actuels ne s’estiment pas légitimes d’initier, proposant donc des fonds canada dry… cqfd

  5. 5 Pierre

    @ Poilagrather : remarques très justes. C’est pour ces raisons que le chantier de l’entreprise sociale est passionnant : c’est parce que tout reste à faire !

  6. 6 Mesina

    @poilagrather

    Je suis partiellement d’accord avec certaines de vos affirmations, et en désaccord sur le reste !

    Vous dites  » Aurez vous remarqué que personne ne l’appelle de ses voeux comme remède à la crise car sous sa forme actuelle ce n’en est pas un ! ». Cela n’engage que vous : j’ai lu de nombreuses tribunes dans les journaux appellant au contraire à cette (r)évolution (Bettina Laville dans La Tribune, Nicole Notat dans Le Monde), ou plus récemment Gérard Mestrallet dans un colloque à Paris Dauphine.

    Si par vos réactions sur l’ISR vous voulez dire qu’il serait bon de réguler aussi ce monde là, en définissant mieux ce qui peut être qualifié d’ISR en précisant les intagibles de ces fonds, je vous suis complètement.

    Mais je ne peux pas comme vous transformer ceci en critique radicale de tout le mouvement, car un progrès est toujours bon à prendre : si comme vous dites « une entreprise pollue moins que les autres », c’est mieux ! C’est cela être progressiste !Sauf si comme certains vous appellez à la décroissance, ce qui n’est pas mon cas, et sans doute pas vraiment celui de la majorité des adhérents du Modem. Je publierai d’ailleurs sur ce dernier point prochainement un papier insipré du dernier essai de JP Fitoussi (La nouvelle écologie politique, Seuil).

  7. 7 juste milieu

    Merci Mesina pour cette note extrêmement complète . Il est effectivement passionnant qu’un parti politique comme le Modem intègre la RSE dans son projet et ait des activistes pour faire progresser concrètement la responsabilité sociale des acteurs économiques . C’est effectivement parce qu’il y a eu des aiguillons comme le Global Compact de Kofi Annan ou Nicole Notat en France que la RSE de nos entreprises avance. Etant en contact avec des fonds ou départements bancaires d’ISR je peux te dire que leur exigence vis à vis des entreprises est forte, qu’ils n’aiment pas le baratin et la com et qu’on ne peut pas tricher . C’est justement en période de crise qu’il faut se battre pour la CSR et ne pas se laisser aller au « sauve qui peut » purement capitaliste .

  8. 8 paul agrather

    cher Mesina,

    Vous dites ” j’ai lu de nombreuses tribunes dans les journaux appellant au contraire à cette (r)évolution (Bettina Laville dans La Tribune, Nicole Notat dans Le Monde) »
    Rep :ce sont deux personnalités du microcosme de la RSE/ISR, heureusement qu’elles le défendent !
    nb : ca fait plus de 10 ans que Vigéo de Mme Notat existe et l’ISR pèse moins de 1% des actifs de la gestion collective en France. Dans mille ans, on touchera au but ! Probleme : les chocs climatiques c’est pour 2050 et les chomeurs … pour 2009 !

    Vous dites « ou plus récemment Gérard Mestrallet dans un colloque à Paris Dauphine. »
    Rep : D’autres le disent également. Peut il dire autre chose ? Le contraire serait suspect…

    Vous dites « Mais je ne peux pas comme vous transformer ceci en critique radicale de tout le mouvement, car un progrès est toujours bon à prendre : si comme vous dites “une entreprise pollue moins que les autres”, c’est mieux !  »
    Rep : ce n’est pas une critique radicale, c’est vous qui n’êtes simplement pas conscient de la vitesse du mouvement de l’ISR nécessaire pour contribuer à résoudre les défis sociétaux contemporains !!
    Polluer moins ce n’est pas mieux car c’est encore polluer trop : cf les travaux du GIEC sur le climat ou sur bien d’autres sujets (eau, matières premières, …)
    Les méthodes actuellement employées par les acteurs de l’ISR ne font qu’entretenir le système en place et n’utilisent pas celles qui permettraient d’accélérer la vitesse du changement … Mais Mme Notat a pour actionnaire de son entreprise Vigéo les mêmes entreprises qu’elle est censée faire évoluer : curieux mélange ….

  9. 9 juste milieu

    @Poil a grather
    A part critiquer les acteurs de l’ISR et porter un jugement facile sur N’Notat (qui aurait pu depuis 10 ans repondre a bien des sirenes du pouvoir) , vous proposez bien peu.
    Je suis de ceux qui saluent cette demarche et l’intiative du Modem pour les europennes.

  10. 10 Michael

    Bonjour à vous,

    Je ne suis qu’un bien modeste élève de 17 ans, mais je me suis intéressé, pour mon travail de fin d’études, à la CSR.
    Et j’ai lu vos commentaires à propos de cet article.
    Il est vrai que, dans notre monde en pleine crise, pourquoi ne pas laisser sa chance à l’ISR?? Polluer moins, même si c’est moins bien que de ne plus polluer, n’est-ce déja pas une avancée vers ce but fixé? Et avec toute la concurrence qui siège autour des entreprises aujourd’hui, cette baisse de la pollution (pour reprendre toujours le même exemple) ne sera-t-elle pas exponentielle, dans le sens où, si un investisseur choisit l’entreprise la plus à même de polluer le moins, toute entreprise sur le marché cherchera justement à être encore, et encore, et encore, moins polluante?

  11. 11 Rene

    Je découvre avec grand intérêt toutes ces réflexions visant à évaluer l’apport de la RSE dans l’amélioration voire la résolution de la crise que traverse la société. J’adhère totalement à ce qui est développé car je suis d’avis qu’il s’agit là de l’outil le plus pertinent, le plus juste et le plus efficace pour remettre enfin l’homme au centre de la société.
    La RSE n’est mise en oeuvre aujourd’hui que de façon cosmétique par certaines entreprises soucieuses de se donner une image respectable voire « verte » alors que ce concept appliqué de façon volontariste non pas à des sociétés mais à une filière complète (ex: l’automobile) me semble contenir les éléments fondateurs d’une société nouvelle non seulement plus respectueuse de l’environnement mais également plus équilibrée en matière de répartition des fruits de l’activité, de développement territorial et plus globalement porteuse de meilleurs rapports sociaux entre les différentes parties prenantes.
    Je pense que les aides envisagées par le gouvernement à la filière automobile doivent être non pas conditionnées à leur engagement à ne pas délocaliser mais à la mise en oeuvre d’une puissante démarche de RSF (Responsabilité Sociale de Filière)

Laisser un commentaire





Votre email :



:.Revue de presse.: