A quoi sert le Parti Socialiste ? (2) ou l’impasse du socialisme
0 Commentaires Publié by JP novembre 23rd, 2008 in Identité démocrate, Idées fortesIl est difficile d’échapper à la curée concernant le lamentable spectacle des socialistes français. Les leaders de ce parti sont devenus l’illustration, après en avoir été l’expression, de l’inutilité du PS.
Car ce parti a foncé dans une impasse, fier et portant haut des œillères si lourdes. Ces œillères ont été patiemment et sûrement façonnées par des décennies de débilité politique (au sens « sénile » du dictionnaire), par des leaders aux ambitions certaines mais desseins incertains, soutenus par des militants que l’abrutissement de la défonce idéologique semblait épanouir… Impasse, tel le nom d’un livre d’un Lionel Jospin, tout attentif à se payer la Ségolène, si attentif à la révision de l’histoire du socialisme, mais si peu de la vie des Français que les binocles trotskystes avaient rendu absents.
Impasse sociologique
Dans nombre d’articles sur ce blog j’avais dénoncé les brisures sociologiques de ce parti. Deux notamment :
- fossé des générations entre ceux qui ont appris la réalité et les exigences du pouvoir, ses responsabilités contingentes. Ceux qui ont participé aux responsabilités de l’Etat, devenus responsables politiques de collectivités territoriales ou entreprises publiques. Et ceux qui se veulent simplement « socialistes », pour qui les responsabilités démocratiques relèvent de l’inutile !
- fossé ainsi entre un parti de notables qui voient en leur PS l’instrument de leurs victoires électorales locales, pratiquant très souvent une politique dans leur villes, départements ou régions, emprunte de raison, de réalisme, et de compétence. Vous les voyez, ces notables, refusant déficits et délinquances, investissant pour l’avenir de leurs concitoyens, craindre la victoire de leur parti aux élections nationales, car celui-ci est… « socialiste » !
Fossé avec une autre partie qui veut gagner les élections nationales, qui se veut « socialiste », dont bien des militants continuent à sniffer toujours plus à gauche. Entre les deux, les orphelins ou celles et ceux qui se rêvent un destin national. Des orphelins de l’idéal de progrès et de raison, se sachant bien « sociaux-démocrates » ou « sociaux-libéraux », abstinents de l’illusion socialiste, réveillés des disparités entre salariés du public et du privé, éveillés à l’appauvrissement des classes moyennes, connaissant l’impasse française de l’aventure entrepreneuriale.
- Car il y a aussi ce fossé entre ceux qui travaillent dans le privé, parfois même sont cadres sup, voire entrepreneurs, et qui ne comprennent plus un PS qui est en contradiction volontaires d’avec leurs vies et besoins, car seule la fonction publique, et encore certains corps, ont une importance. Souvent le personnel enseignant est vu comme le baromètre de ce qui doit être dit, de ce qui doit faire réagir. Obligeant ainsi à ignorer bien des réalités de cette profession : le problème du respect, de la discipline / et la dénonciation de manque de moyen alors que nous avons la moyenne d’encadrement prof/élèves des plus forte de l’OCDE, de l’investissement/élève des plus important (alors qu’il est un des plus faible quand il s’agit des étudiants). Pour autant, depuis 15 ans, cette même OCDE nous déclasse annuellement quant à la qualité de nos résultats…
Quant à celles qui aspirent à de hautes ambitions nationales, elles vivent quotidiennement la schizophrénie d’un parti qui vous fait mentir pour en être le héraut.
Impasse idéologique
Le PS reste, demeure plutôt, dans l’incapacité de choisir entre l’illusion du socialisme du 19è, et la social-démocratie du progrès et de l’efficacité.
- le « socialisme ». Je répète encore cette phrase si explicite de l’impasse idéologique du PS qu’avait prononcée B. Bayrou : « La crise du PS est dans son nom même. Imaginez-vous un responsable du PS venir à la télé et déclarer que « l’avenir de la France, c’est le socialisme » ? ».
- la « social-démocratie » : horreur pour les thuriféraires du PS. Cette appellation appelle à l’adaptation, à la compétence, à la responsabilité : impossible pour le parti des 35h et du besoin d’utopie ! J’avais abordé ce sujet dans « le Parti Socialiste évolue, oui mais… ». En effet, ce PS vit aussi cette schizophrénie entre l’évolution de ses principes, acceptant l’économie de marché explicitement, mais dont les leaders restent au mieux otages, au pire auteurs de la défense d’une idéologie surannée, de la protection de catégories professionnelles spécifiques qui veulent garder en main le parti (faisant ainsi fuir ceux qui ne font pas partie de la secte).
- ainsi, au moment d’une crise générale du capitalisme financier dérégulé, pouvant tuer le capitalisme industriel et la vitalité libérale, le PS se retrouve muet car incapable d’apporter une quelconque réponse, abruti qu’il est de ses années d’école de sa politique économique « administrée ». « Nationaliser » est leur seule réponse actuelle…
Impasse politique
Le résultat de ces impasses sociologique et idéologique s’agglomère dans l’impasse politique du PS.
- Divisé par les intérêts toujours plus divergeants des « notables » et de leaders et militants, incapable de se dépasser idéologiquement, le PS ne peut redevenir un parti gouvernemental.
- il ne peut incarner la compétence et la représentativité de la diversité française. Ainsi il ne lui est pas permis d’acquérir la confiance nécessaire de nos concitoyens pour incarner la légitimité pour l’exercice du pouvoir.
Le Parti Socialiste est devenu un parti inutile pour les Français.
Alors je vous pose la question chers amis : pouvons-nous nous allier avec ce PS ? Ce parti déchiré à 50/50 entre les Aubry et Ségolène ? S’accusant de manipulations électorales ? Incapables d’apporter des réponses solides aux Français mais s’évacuant sur un MoDem honni, fils satanique de l’extrême droite (au moins…) et des ambitions d’un autre qui ne se sacrifierait pas pour elles-mêmes ?
Car nous devons, nous, assumer le devoir de la vérité sur l’état de la France, sa dette qui bouffe les revenus des Français et réduit les capacités de l’Etat, la déstructuration de notre société, l’appauvrissement des catégories populaires, la cassure des classes moyennes, etc…
Nous avons ainsi ce devoir de responsabilité de rétablissement de l’Etat et d’affermissement de la société.
Etat dont nous devons rétablir l’impartialité, la puissance et le sens de l’initiative. Nous sommes les seuls capables de dépasser la dualité de cette gauche est cette droite qui se cantonnent à l’affrontement entre « économie administrée » et capitalisme dérégulé. Nous devons imposer le partenariat entre Etat et entreprises, promouvoir l’économie industrielle, établir une économie de l’offre (cf. l’article sur « Economie de gauche ? Economie de droite ? Intelligence Economique ! »).
Nous sommes les seuls à pouvoir incarner une alternative crédible à l’UMP. UMP qui est devenu un vrai parti de droite : conservateur, néolibéral (capitalisme dérégulé), atlantiste, prônant un ordre de façade (que sont devenues les statistiques ?), et dont les leaders et élus débordent un Sarkozy qui fait mine, au vu des circonstances, de défendre régulation et Europe… Ce sont ses élus qui veulent la retraite à 70 ans (en commençant bien sûr par le « choix »), la dépénalisation de la délinquance financière (le boulot de J-F Copé…), le retrait de l’aide aux transports… Et si l’Etat prétend vouloir garantir les fonds des banques, pas une fois, à l’image du Royaume Uni, l’Etat Sarkozy n’impose de règles aux financiers… : on garantie vos fonds sans vous demander de garanties…
Alors, à quoi sert le Parti Socialiste ?




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