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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Petit billet sur la pensée marxiste. Ce n’est pas la première fois que je me penche sur le sujet, ou le malade, voire le moribond. Dans « Le Parti Socialiste évolue… OUI MAIS », « Bernard-Henri Lévy ou la Gauche à l’endroit » et « Lionel Jospin, paroles d’outre-tombe, parole de socialiste », j’avais abordé ce thème.
La pensée de Marx, son apport à la compréhension du monde, et le marxisme : vaste sujet, comme le dirait super Dupont, affalé au comptoir. La pensée, si l’on peut appeler les éructations des philosophes de comptoir ainsi, aussi rouge que le fond du verre, sait nous rappeler que « le marxisme, c’est peut être une utopie, mais c’est la plus bbelle des utopies »… hic !
En fait, si l’on veut aborder la question, mieux vaut d’abord séparer marxisme et marxistes de la pensée de Marx. Ainsi, le cerveau peut se débarrasser des vapeurs éthyliques des marxistes, qu’ils se nomment trotskistes, communistes ou socialistes.
Les Editions Sulliver (www.sulliver.com) éditent des ouvrages (à prix modiques) ayant pour objectif d’être plus près de la « moelle ». Ainsi, je vous recommande de lire Michel Henry, sur la pensée de Marx, en général, et en particulier son livre « Le socialisme de Marx ». Pourquoi ce livre ? Le camarade Seb, qui le connaît bien, vous dirait sans nul doute que ce philosophe (1922-2002) rend intelligible la pensée de Marx. Et au-delà de cette intelligibilité, donne à Marx un nouvel attrait, moins dogmatique.
Surtout, M. Henry redonne à l’individu toute la place que lui donnait le philosophe allemand, c’est à dire au coeur des interactions et des interprétations du monde. En citant son « l’Idéologie allemande », livre d’après moi incontournable pour aborder Marx, il rappelle cet écrit : « les conditions d’après lesquelles les individus sont en relation les uns avec les autres sont des conditions faisant partie de leur individualité, elles ne sont rien qui leur soit extérieure ». M. Henry démontre ainsi que « l’idée d’une détermination de l’individu par le « social » apparaît immédiatement absurde ». Celui-ci sait aussi montrer la séparation entre Marx et Hegel, notamment sur l’essence de l’homme qu’Hegel inscrit dans une « anthropologie matérialiste ».
L’auteur prend plaisir, comme le fit Marx lui-même, à différencier les marxistes de leur “maître”. Comme l’écrit M. Henry, l’habitude des marxistes est de nous marteler que la réalité vraie des sociétés humaines, qui les soutient et les détermine, c’est la réalité économique. Or, il nous rappelle la thèse de Marx : « l’économique n’est qu’une abstraction (…). La réalité dernière, qui fond l’économie elle-même et qui la détermine ultimement, c’est la vie subjective individuelle ». Pour le coup, cela illustre combien Raymond Aron (2) a encore raison.
L’exercice du pouvoir par ceux qui se réclament de Marx, les partis communistes qui se considèrent les zélotes de l’allemand, sont étrangers à sa pensée. « Il faut ici rappeler ce fait déterminant mais toujours et de nouveau occulté, que la pensée de Marx n’a aucun rapport avec le marxisme ». Car « la praxis est par essence individuelle ». Les Lénine, Trotski, Staline, Mao avaient pour sources de Marx une vulgarisation d’Engels faite après la mort de Karl Marx. Source que M. Henry considère comme « d’une extrême faiblesse intellectuelle »…

Le rappel de l’individu comme primat de l’analyse sociologique et économique chez Marx est salutaire. Costano Preve, se définissant comme marxiste, l’a parfaitement décrit dans un ouvrage lumineux. Lui-même sait combien il faut comprendre l’homme, l’individu dans ses relations, son environnement, avant de parler d’aliénation (3).
Pour clore ce billet, je vous invite, à nouveau, à lire, l’excellente biographie d’Attali sur Karl Marx (4). Car comprendre un philosophe, c’est aussi comprendre sa vie, son évolution, dans son contexte historique. Evolution par rapport aux écrits (« l’Idéologie allemande », « Le Capital », « Le Manifeste du parti communiste »), les influences (Hegel, Feuerbach), et la vie. Le père de K. Marx s’était converti au christianisme pour des raisons apparemment professionnelles. Judaïsme et christianisme (téléologie) n’ont pas été sans influences… De plus, Marx est contemporain de la pensée libérale du XIXème siècle. Il inscrit fortement sa lecture du monde par les lunettes des enjeux de la pensée libérale (l’individu, liberté de pensée et de circuler, etc.). Et il est contemporain des évolutions techniques de son temps (train/avion, lettre/internet, nation/mondialisation, etc.) de la société dans laquelle il vit, dans laquelle « il pratique sa vie sociale » (Althusser). Il faut donc aussi relativiser la “scientificitée” de sa pensée par rapport au facteur technologique. Enfin, le choix de Marx de ne pas travailler, de vivre de ses rentes et héritages, expliquent aussi sa vision de la vie.

Bref, pour mieux comprendre Marx, je ne peux que vous conseiller de lire ces ouvrages.

Et encore merci au traducteur de la pensée marxienne qu’est Michel Henry et aux éditions Sulliver qui nous rendent ses écrits toujours accessibles.

(1) Michel Henry, « Le socialisme selon Marx », éd Sulliver.
(2) Raymond Aron, « Le marxisme de Marx » éd de Fallois.
(3) Costano Preve, “Marx inatuale. Eredità e prospettiva” (”Marx inactuel”. On trouve sur le net des commentaires en français), éd Bollati Boringhieri.
(4) Jacques Attali, « Karl Marx ou l’esprit du monde », éd Le livre de poche.

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1 commentaire à “"Le socialisme de Marx", ou Marx sans les marxistes, avec Michel Henry (1)”

  1. 1 Luc

    Marx, Le Marxisme et les Marxistes ce sont 3 choses différentes !!
    Est-ce que ce n’est pas le même pour beaucoup de philosophies ?

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