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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Plongé dans mes lectures henryennes[1] et trottant sur le blog du démocrate où je voyais flotter l’ombre de la haine des 35 heures, j’eus le besoin soudain de faire quelques gargarismes intellectuels sur la réalité de la réduction du temps de travail et de la pensée de Karl Marx sur le travail par notre feu Michel Henry.

L’invocation de ce regretté philosophe se justifie par sa vision de Marx détachée de tout marxisme qui est l’ensemble des gloses faites sur les quelques écrits politiques de ce dernier. Depuis l’avènement du Marxisme-léninisme, puis des Marxistes Français, la pensée du philosophe s’est enfermée dans de nombreuses contradictions protégées de l’exégèse profane (non-gauchiste) par de grands prêtres de l’idéologie socialiste. L’influence a baissé en même temps que la voix du philosophe et se trouve aujourd’hui confinée étrangement à la LCR d’essence pourtant anarchiste, comme quoi il faut qu’ils lisent la critique de leur Dieu/Marx à propos de l’anarchiste Max Stirner (St Max dans l’idéologie Allemande).

« En tant qu’il produit des valeurs d’usage, qu’il est utile, le travail indépendamment de toute forme de société, est la condition indispensable de l’existence de l’homme, une nécessité naturelle » Voilà du Marx. Henry conclue des nombreuses citations de Marx sur le travail, qu’il le comprend comme un processus inhérent à l’homme, source de réalisation de son humanité et de vitalité absolue.

L’aliénation est effective dans la mesure où l’on détourne la vitalité originaire du travail de sa nature accomplissant par la division du travail limitant la force créatrice de l’homme.

Il n’est donc pas fait explicitement référence au temps de travail même s’il part d’une évolution indéniable visant à définir une durée maximale au-delà de laquelle l’être s’épuise et pire épuise sa force créatrice (qui l’humanise), sa plus-value au profit d’un tiers. On est loin des 35 heures. L’aliénation ne se règle pas par la réduction, sinon je dirais que pour régler la pollution il faudrait éradiquer la nature.

Là où l’homme n’a que le travail pour être, le mouvement général avancé par les 35 heures annonce le début de la dépréciation des actants. Je ne parlerais pas de chiffres ni de productivité mais seulement du fait qu’on a privilégié une solution idéologique (de conception malthusienne, ressources limitées) face au problème de l’emploi et de la qualité de travail, pour un résultat mathématique qui au bout de sa réalisation (quelques années) ne pouvait plus avoir d’effet sinon en rentrant dans la spirale de la réduction à 32 heures que n’hésitent pas à invoquer certains gauchistes (CGT, PC et autres choses). Quelque part le « travailler plus pour gagner plus » damais le pion à la gauche et lui faisait abandonner définitivement le terrain des travailleurs. On pourrait ajouter à cet abandon objectif le travail subventionné par l’état qui détourné de sa voie naturelle devient précaire par son conditionnement au budget de l’état.

Marx est l’homme qui comme la pensée démocrate chrétienne, mettra l’économique derrière l’humain mais sans morale religieuse, se concentrant sur la réhabilitation de l’œuvre et de son faire. Comme phénoménologie de la vie, il tentera de voir le travail par son affection. Il sera utilisé, se trompera lui-même dans des luttes temporelles comme Einstein créant la bombe atomique sans voir Hiroshima. Le philosophe du prima de la vie sur l’économie engendra un demi siècle après le prima de la bureaucratie sur l’individu, pour parler en termes polis.

Les 35 heures ne doivent pas pour autant être une marque d’infamie que l’on expose pour effrayer le socialiste persistant, un Carthage que l’on promet de détruire mais que l’on ne détruit jamais. Les personnalités de droite savent qu’elle sont un avantage vital pour ceux qui en profitent: pervers en amont, bénéfique en aval, néfaste pour la communauté et l’histoire, idéal pour l’individu, leur damnation est effective seulement au nom des valeurs de l’économie et du marché non au nom de l’homme. Voilà l’erreur, l’errance des politiques barbares.

Ainsi au nom du réel, du a+b, les socialistes, communistes, libéraux et conservateurs jouent à la calculatrice notre potentialité à créer et à être, se rassemblent en chapelles (ou en loges) pour épuiser nos chairs, les vider de leur foi, de leur charité et demain de leur espérance.

C’est à cela qu’il faut résister.

Pour vous peut-être, je serais de ceux qui auront résisté à tout, même à la politique…


[1] Du philosophe Michel henry (1922-2002)
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4 commentaires à “A ceux qui ne sont ni socialistes ni libéraux…”

  1. 1 Sébastien

    J’oubliais un terme très important qu’Henry oppose dans sa lecture de Marx à l’aliénation dont je fait référence au paragraphes 4 et 5, c’est celui de subjectivité.
    « Ecarter le voile de l’économie, c’est retrouver derrière lui la réalité, la subjectivité concrète individuelle » (M.Henry, Le Socialisme selon Marx p.40)

  2. 2 Sébastien

    J’ajoute encore au vu de ce que les marxistes ont fait de la pensée de Marx, qu’il faudrait arriver plus qu’à une dégauchisation de sa pensée, à un véritable post-marxisme dans le sens où Aristote fut un post-platonicien.
    Pour ceux qui connaissent bien Aristote vous pourrez évaluer à quel point l’élève est éloigné du maître, et à mon sens combien plus rigoureux voire moderne. C’est la même chose que j’attends en économie.

  3. 3 Paladur

    Le temps de travail va nécessairement diminuer sur le long terme. le problème des 35 heures viennent à la fois de son incompatibilité vis à vis de certaines activités (hôpital) et l’aubaine fiscale qu’elle a constitué pour les entreprises qui ont échangé une baisse de la durée de travail contre un gel à moyen terme des salaires. Enfin, elle coute trés chère à la collectivité.

    Il est claire qu’il faut revenir à la pensée marxiste originelle qui est beaucoup plus profonde que l’image qu’en donne les médias et les partis d’extrême gauche.

  4. 4 Mesina

    En tous cas je constate que bien rares sont désormais ceux qui inscrivent les 32 heures au programme, alors qu’en 2002 c’ètait un cheval de bataille pour les Verts par exemple.

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