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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Avec un peu de recul désormais, il n’y a pas en soi grand-chose à dire sur la victoire de Berlusconi en Italie tant il s’agit là d’une victoire par défaut. Tout juste peut-t-on signaler que pour une fois, dans un contexte de ras-le-bol identique à celui que nous avons connu en 2002, la personnalité controversée du Cavaliere aura accéléré la bipolarisation, de telle sorte que pour une fois la coalition au pouvoir semble solide. En tous cas il n’y a pas de valeur ajoutée à joindre sa voix à celle des loups qui hurlent sans relâche contre Berlusconi, car en réalité, dans sa propre coalition, il n’est pas le plus inquiétant. L’alliance nationale, qui a rejoint son parti (et a gagné Rome), et plus encore la Ligue du Nord sont autrement plus dangereux, et il y a des questions à se poser sur qui prendra la relève de Berlusconi ensuite… Ce sera probablement pire…Espérons au moins que cette coalition s’attaquera enfin à la nécessaire réforme des institutions. Notons d’ailleurs que le système italien montre à peu près les limites à ne pas franchir en matière d’introduction de la proportionnelle (outre l’écueil bien connu de l’instabilité qui en résulte, ce que les italiens envient à notre système c’est le coté uninominal de notre scrutin, car ils n’en peuvent plus de voir les partis recycler des gens qui trainent des casseroles).
Non en réalité je retiendrais plutôt de cet épisode deux autres faits, bien différents l’un de l’autre…
Tout d’abord le retrait de la vie politique de Romano Prodi, à qui le collectif du Blog du democrate ne peut que tirer son chapeau. Ne serait qu’en raison de ses nombreuses similitudes avec notre Raymond Barre : européen convaincu, universitaire et économiste, refusant d’adhérer pleinement à un parti, catholique pratiquant, jusqu’à une certaine apathie (qui le mettait en difficulté face à la verve de Berlusca). Le journal La Croix lui a d’ailleurs consacré deux plaines pages il y a une semaine, soulignant aussi le rôle important qu’il a joué pour permettre aux chrétiens de travailler avec la gauche laïque, dans un pays longuement marqué par cette séparation. Je ne crois pas qu’il avait cette fois-ci un bon bilan (son action se résumait à une application des canons libéraux de la Commission européenne qu’il a lui-même présidé), ses difficultés de communication devenaient de plus en plus handicapantes, mais son action d’ensemble laissera une vraie trace dans l’histoire européenne. Souhaitons donc qu’il ait été la dernière victime de ce système électoral.
Tant que je suis dans les comparaisons, je voulais en esquisser une autre. Pier Ferdinando Casini, ex président de la chambre des députés sous Berlusconi II et président de l’UDC, petit parti de centre droit héritier de la démocratie chrétienne, a choisi la stratégie suivante : sortir de son alliance historique avec Forza Italia, défendre une ligne ni droite - ni gauche, et aller seul aux élections (cela vous rappelle quelqu’un ?). Il a fait environ 6 ou 7 % des suffrages et s’est retrouvé avec 3 sénateurs (vous voyez mieux ?). Pour être exact, dans le système italien plus favorable aux petites formations il a gardé tout de même une trentaine de députés. Evidemment, de nombreux dirigeants de l’UDC sont partis pour sauver leurs postes locaux, évidemment aussi il règne une grande confusion en interne dans ce parti. Et dans cette nouvelle physionomie, les éditorialistes ne voient qu’une issue pour lui : une alliance avec le nouveau parti Démocrate (de Weltroni). On se sent moins seuls tout à coup….

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6 commentaires à “Romano Prodi, le Raymond Barre italien (…et Casini, le Bayrou italien…)”

  1. 1 Luc

    C’est trés intéressant pour les informations sur la vie politique Italienne.

    Je trouve que Sarko et Berlusconi ont beaucoup de points communs (concentrer les
    médias avec le pouvoir, aimer les riches du monde entier plus que les citoyens
    de son pays, être nuls finalement - sauf Berlusconi en foot avec le Milan AC -)

    Je ne suis pas du tout d’accord que Prodi ressemble à Barre et Casini à F. Bayrou.

    Je ne suis pas du tout d’accord qu’il règnerait en interne une gande confusion
    au Modem, du moins pour les Bisounours Sympathisants (Qui vont en grosse
    majorité de la droite non Sarkosyste et rejettant l’inégalité croissante à la
    Gauche non Sectaire).

    Le problème c’est plutôt qu’à mon avis La France se Poutinise (par le bidouillage
    politique et la concentration des médias) et qu’i n’ y a pas beaucoup de combativité
    pour lutter contre.

  2. 2 Juste milieu

    Merci Mesina, c’est passionnant et enfin un blog qui s’intéresse un peu à la vie politique hors de nos frontières. Pour Prodi tu as raison, il est très proche de Barre avec notamment cette façon de partir sans s’accrocher et de rester sans doute une référence.
    Ce qui ne laisse pas de m’inquiéter c’est la persistance de la Ligue dans la vie politique italienne à qui Berlusconi doit encore une fois son salut…
    Et que vont devenir Veltroni et Rutelli ?

  3. 3 JP

    je mettrais deux bémols à ce billet fort utile et en effet nous ouvrant sur nos frères européens.

    le 1er concerne la proportionnelle. tu dis mesina que l’on observe en Italie ses limites. or, il est d’autres pays où se pratique la proportionnelle et l’instabilité n’y existe pas. au contraire, en allemagne par exp, cela peut imposer l’entente pour le bien du pays. que les italiens nous envient notre scrutin uninominal est attristant, si ce sentiment est général : car en France, ce ne sont pas les électeurs qui font les élections, c’est le mode de scrutin qui impose un résultat.
    qd les communistes font moins de 2 % aux présidentielles, le scrutin majoritaire à deux tours leur offre 18 députés, sans aucune relation avec la représentativité des électeurs, alors que bayrou avec 18,6 % des voix n’engrange que 3 députés…
    le scrutin uninominal fausse la représentation nationale, force le bipartisme, et qd il y a entente entre les 2 “grands”, même si ceux-ci ne représentent que 50% des français, la représentativité n’est plus faussée mais niée.
    l’équilibre pourrait être permis avec une assemblée nationale dont le caractère est la représentation nationale des sensibilités politiques se basant sur la démographie (et pourquoi pas une base minimale de 7 % pour décrocher des sièges), et un sénat représentant les “pays” se basant sur la représentation des territoires.

    2è bémol, l’alliance autour de berlusconi. avant de parler d’alliance nationale et la ligue du nord, il y a le caractère anti-démocratique du lien de berlu avec les médias, faussant la pluralité.
    ensuite, la ligue représente un mouvement centrifuge, désintégrant le peuple italien, se basant sur une matrice de rejet de l’autre.
    l’honnêteté intellectuelle nous oblige à être plus modéré concernant l’alliance nationale, inverse d’ailleurs de la ligue : on y impose l’Etat de droit contre les particularisme et les égoïsme, contre les structures menaçant l”Etat italien (mafia), pour une reprise en main de l’Etat face aux dérives.
    si je peux me sentir plus proche de prodi et du parti démocrate débarassé des scories gauchistes et communistes, je me refuse tout anathème concernant alliance nationale. on y trouvera des nationalistes attardés comme on trouve dans tous les partis des “particularismes”, mais ce parti répond, démocratiquement, aux travers qui pourrissent la vie politique italienne. pourtant, il “s’englue” avec des partenaires tels que berlu et la ligue qui au contraire font parties de ces travers…

    je suis assez d’accord avec luc parlant d”une france qui se “poutinise” : ordre, même factice, liens avec les “affaires”, et contrôle des médias.

    je ne suis pas sûr que prodi soit un “barre” italien. je le vois plutôt en mendès, homme d’Etat courageux et clairvoyant mais subissant un système et des alliances surannés.
    barre était un homme d’Etat dépassant les alliances et les systèmes. il se définissait comme “centriste gaullien”, ce qui traduit je pense tout cela.

    ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui.

  4. 4 Mesina

    Cher JP, je dois dire que ta connaissance des affaires italiennes ne cesse de m’ètonner puisque tu n’as pas la chance de t’y trouver régulièrement comme moi !

    Sur la proportionnelle, je suis naturellement favorable à son introduction en France, mais tout est question de dose et de seuils ! Je voulais signaler que ce système a aussi ses limites.

    Sur l’Alliance nationale, force est de reconnaitre que ce parti est plus respectable que la Ligue. La comparaison des deux leaders suffit amplement à le confirmer : Fini est un type intelligent, on n’en dira pas autant pour Bossi. Mais enfin, et Dieu sait que je ne suis pas du genre à voire des fachos partout (voir un article un peu plus ancien), en l’occurence c’est dur de ne pas en voir chez Alliance nationale. Ce parti est l’héritier direct du Mouvement Social Italien : donc je veux bien croire à l’évolution des hommes et des idées mais le doute est permis. Surtout quand des cretins font le salut nazi le jour de la victoire d’AN à Rome ou qu’une des premieres volontés du nouveau maire est de dédier une rue à Almirante, vieux compagnon du Duce…

  5. 5 JP

    mon cher ami mesina, je te remercie pour tes propos. et je te suis, encore une fois.

    bossi et sa ligue s’inscrivent dans un mouvement poujadiste de droite (lui qui fut lié au parti communiste italien dans ses débuts…), simpliste, beauf, aux propos brutaux, sexistes et racistes. on retrouve ce genre de travers de droite partout.
    berlu correspond tout à fait à cette expression : “la gauche est otage de ses idéologies quand la droite l’est de ses intérêts”. c’est aussi ce beaufisme de droite qui considère que l’on gère un Etat comme une entreprise. sauf que les citoyens ne sont pas vos employés, ce sont eux qui vous désignent, et il s’agit “d’intérêt généal” à promouvoir…

    concernant l’AN, sa matrice est spécifique. elle provient en effet du MSI, qui se voulait héritier du fascisme.
    le fascisme est héritier du mouvement du mezzogiorno : le mouvement d’union des états italiens pour faire l’Italie, fin XIXè. cette union dans un Etat s’est concrétisée sous la coupe d’une monarchie. mais l’unité d’Etat n’a pas fait unité des peuples. les italiens étaient profondément divisés culturellement, économiquement, et socialement. une infime minorité possédait toutes les richesses, le peuple n’était pas éduqué. les italiens subissaient une aristocratie et une bourgeoisie archaïques, une “ploutocratie”.
    un mouvement, au sein du mezzogiorno, s’était fait corps autour de garibaldi ou encore mazzini : “républicains, progressistes”. ces italiens, frustrés socialement et politiquement, connaissent l’horreur de la guerre de 1915-18, et la camaraderie des tranchés. ils sortent de la 1ère guerre mondiale trahis par leurs alliés, écoeurés par une italie toujours aussi frustre et accaparée par une minorité “décadente”, et ne se retrouvent pas dans un bolchevisme qui leur fut étranger dans ces tranchés.
    voici la matrice du fascisme : républicanisme, progressisme, modernité, éducation, unité des italiens. le fascisme est un mélange originel de républicains, nationalistes, maçons, syndicalistes.
    contemporain du bolchevisme, il en reprend ses outils belliqueux pour partir à l’assaut de l’Etat italien, mené par un homme né des classes populaires, ancien n°2 du parti socialiste italien : mussolini. l’éducation et la culture pour tous, la création d’une classe moyenne, l’industrialisation, etc. le fascisme fait entrer l’italie dans le XXè siècle.

    voila pourquoi le fascisme garde une trace au sein du peuple italien quand il n’en peut plus d’une classe politique pourrie par ses intérêts individuels et clientélistes, par la mafia que seule le fascisme fut capable d’éliminer.

    mais le fascisme, c’est aussi la déviance en un mouvement dictatorial, expansionniste, se voulant totalitaire (je dis “se voulant” car à l’inverse de l’URSS et l’Allemagne nazie, il y avait des contre-pouvoirs avec le roi et le Pape), l’alliance avec le racialisme nazi où il perdit son âme. même si les camps de concentration, les camps de la mort n’ont jamais existé en italie fasciste, même si les lois raciales (contradictoires avec l’origine fasciste) n’ont été édictées que sous la pression de l’allié nazi et appliquées par les allemands quand leur armée envahit l’Italie, même si pour les juifs il était “moins pire” de se cacher en espagne ou italie plutôt qu’en france, le fascisme mussolinien a porté en lui une déviance mortelle.

    c’est ce qui explique l’originalité de l’AN. ce parti peut s’inscrire dans un mouvement vertueux dans sa pente républicaine, progressiste et moderniste, dont la vision de l’Etat est particulièrement proche du gaullisme de 1946 et 1958.
    mais il porte en lui, ce qui est logique, une possibilité de mouvement vicieux, nationaliste, “réactionnaire”, rasciste ? dont le msi fut l’incarnation, et que Fini avait compris comme “involution”. en effet, ce leader politique est d’une autre trempe que bossi et berlu.

    il me paraît donc impossible de voir l’AN comme la ligue et les berlu. ligotée par ces alliances, l’AN semble condamnée à être limitée. j’attend ainsi plus des Démocrates italiens la nécessaire reprise en main de l’Etat italien pour retrouver le sens de “l’intérêt général”…

  6. 6 Michel

    message à Monsieur Casini Ferdinando. Je suis à la recherche d’un certain Monsieur Casini habitant Turin qu’un de mes partenaires en Afrique a eu l’occasion d’avoir au téléphone à deux reprises par l’intermédiaire d’un certain Timoté.Ce Monsieur Casini aurait l’habitude de faire des affaires avec l’Afrique .Peut étre que ce Monsieur est quelqu’un de votre famille.MICHEL 003222152140

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