Bayrou, le MoDem, les municipales : la faute à Rousseau ou à Voltaire ?
Publié by JP mars 23rd, 2008 in Positionnements, Identité démocrate, mouvement democrate, MoDem, Municipales 2008François Bayrou a été battu aux élections municipales, et le résultat des candidats MoDem aura été médiocre. On peut réagir de trois façons :
- la stratégie de Bayrou n’est pas bonne, il faut revenir à l’alliance UMP
- ce n’est pas cette stratégie qui est une erreur, ce sont les électeurs qui se sont trompés, manipulés par l’alliance des boutiquiers de l’UMP et du PS, aidés par leurs presses
- la stratégie en fait n’a pas été claire, les tactiques, ou moyens utilisés pour sa réalisation, erronées
C’est la faute à Bayrou
Si nous pensons cela, il n’y a que deux choix possibles : soit on se remet dans l’alliance avec l’UMP, soit on se donne au PS et ses alliés communistes.
Il ne peut y avoir d’indépendance de la pensée, de la démarche, quand on s’engage a priori dans une alliance pour s’abriter, afin de toucher notre aumône, c.a.d quelques sièges (pour soi, de préférence).
Or, cette vision rencontre deux écueils :
- les électeurs n’auront pas besoin de voter pour nos candidats puisqu’ils auront déjà la proposition du dominant, le PS ou l’UMP
- une sociologie électorale s’est créée, impossible de l’ignorer. Que deviendront notamment ces 25-45 ans, ces « classes moyennes », qui n’auront pour choix que le PS ou l’UMP avec leurs affidés ?
Je crois que l’on aura compris que cette vision n’est pas la mienne.
C’est la faute des autres
Il n’y a qu’à Pau où l’alliance UMP-PS s’est réellement faite. Ailleurs, ce ne fut pas le cas. Je dirais plutôt qu’il y a eu alliance objective entre les PS et UMP partout en France, et subjective à Pau. Il est vrai que l’objectif d’éliminer un courant démocrate indépendant en général, et Bayrou en particulier, de la scène politique est un fait, personne ne peut le nier, mêmes les partisans de cette voie le revendique. Pourquoi ? Parce que nous menaçons les boutiquiers du PS et de l’UMP, le régime des 2 partis. Surtout, cette voie correspond à la vision de la politique des Français.
Ceux-ci ne croient plus en une « gauche historiquement nécessaire » ou une « droite miraculeuse ». Ils savent parfaitement que c’est une illusion réductrice, ils sont lassés par les intérêts des boutiques PS et UMP, intérêts qui passent avant ceux des Français, de la France.
Pour autant, nous, Démocrates, savons tout cela, mais les résultats aux élections ne suivent pas cette quête.
La situation politique est ainsi, les électeurs ont fait un choix, leur choix, lors de ces élections. Le PS et l’UMP défendent leurs intérêts… et après ? Qu’avons-nous fait pour qu’un autre son soit entendu ? Si nous ne voulons pas dépendre d’une alliance obligatoire, être les sujets du PS ou de l’UMP, pourquoi devrions-nous attendre notre salut de la tolérance ou charité de nos propres concurrents ? Si nous choisissons de jouer le rôle de la « victime » permanente, nous désintéresserons aussi les Français.
C’est de notre faute
Je pencherais plutôt pour ce versant. Deux citations pour la réflexion :
« Accuser les autres de son malheur, c’est le fait d’un ignorant. S’accuser soi-même, c’est le fait de l’homme qui commence à s’instruire. N’accuser ni un autre, ni soi-même, c’est le fait de l’homme instruit ». Epictète.
« Au dehors comme au-dedans, nos plus grands obstacles viennent moins de la difficulté que de ceux qui devaient [les] conduire avec nous ». A. de Tocqueville.
4 villes reflètent nos erreurs :
- Lyon : nous n’avons pas présenté de liste, nous n’avons pas offert à la population une expression électorale attendue
- Paris : nous présentons une liste mais nous comportons en supplétifs. Nous payons de notre naïveté les intérêts de boutiquier de Delanoë
- Caen : division de notre représentation, laissant les mauvais choix aux Caennais, permettant à Duron, fabiusien, de continuer la vieille union de la gauche, faussant ainsi la réalité électorale
- Aubagne : l’alliance avec les communistes trouble notre identité démocrate, et valide la stratégie du PS et de l’UMP consistant à nous définir comme « inconsistants »
Les cas de Caen et Lyon sont d’ailleurs symptomatiques de villes de tradition centriste, volées par le RPR-UMP, basculant par là même systématiquement à gauche… Autre constat : le PS n’est pas capable de s’ouvrir car il est enfermé dans ses querelles internes pour le poste de « 1er secrétaire » ( !). Fort heureusement car sinon ce parti serait obligé de se demander ce qui fait que les Français ne lui font pas confiance pour diriger la France… Quant à l’UMP, il se rapproche doucement mais sûrement de ce qu’était devenu le RPR, un parti de droite conservatrice, eurosceptique, socialement bancale. La crainte, donc l’interdiction, de voir les Radicaux, avec Borloo, devenir indépendants, prouve la volonté dominatrice de l’UMP qui instrumentalise ses modérés. Je plains mes amis Radicaux…
Réfléchissons sur nos erreurs pour y remédier :
- stratégie obscure : nous n’avons pas su indiquer et expliquer aux Français le sens de notre démarche. Ils sont prêts à entendre le fait que nous choisissions ici de soutenir un PS, ailleurs un UMP. Mais encore faut-il qu’il y ait des critères clairs et connus : soutien à des édiles ou candidats non alliés au PC ou ultra-droite, soutien à des pro-européens, émissions de critères sur un type de gestion des villes (démocratie de proximité, politique environnementale, fort soutien à l’éducation, développement économique lié à un partenariat public-privé, etc.). Nous aurions dû aussi expliquer que nous présentons des listes MoDem dans toutes les grandes villes, répondant ainsi à un désir de l’électorat d’une offre nouvelle et différente, de possibles alliances dans les villes de taille moyenne, et dans les petites localités, se baser sur les enjeux locaux simples. Personne ne peut nier qu’aucune lisibilité n’a été donnée à notre action. C’est cela qui a créer un décalage d’avec les Français.
- tactiques souvent impropres avec la réalité : quand on présente une liste, c’est parce que nos candidats, nos programmes, notre démarche, sont meilleurs que ceux de nos concurrents. Or, la plupart du temps, nous avons fait des campagnes « nounours », gentilles, où l’on ne cherche pas à convaincre que notre démarche et projets sont les meilleurs. Nous avons fait des campagnes de futurs alliés, de 2d couteaux. La réaction des Français est alors logique : autant voter pour ceux qui domineront une alliance que pour ceux qui attendent de savoir avec qui se fera la danse !
- indiscipline de parti : beaucoup de nos amis ont joué leur carte plutôt que celle du MoDem. A Lyon, Caen, et ailleurs, nous devions présenter nos propres listes. La division, l’éparpillement, ont été sanctionnés, et c’est tant mieux !
Les Démocrates doivent se reprendre car ils ont des obligations envers la population. Trop de Français se refusent à la dualité, au binaire abrutissant la République de l’UMP / PS. N’attendons pas des erreurs ou de la magnanimité de nos concurrents ce que nous devons assumer par nous-mêmes, quand l’on se veut indépendant, c’est-à-dire notre représentativité par le combat politique.
Il est temps que le MoDem investisse l’avenir, présente aux Français sa démarche, et son projet pour la France. C’est le travail de F. Bayrou. Quand j’observe tous ceux qui veulent le faire trébucher, l’empêcher de s’adresser aux Français, je me souviens de ces mots de Talleyrand : « Je reconnais la valeur d’un homme au nombre de ses ennemis »…
Ce parti doit être « pris en main », former sur le long terme ses représentants, aguerrir son organisation, influer la société, investir les strates de notre République. Il est nécessaire que le MoDem se choisisse au plus vite une personnalité forte pour « gérer » la maison, former ses candidats, affermir ses soutiens.
C’est un sillon profond qu’il faut creuser… Et il ne tient qu’à chacun d’entre nous de le faire.
Les élections sénatoriales, régionales et européennes seront d’autres batailles. Si chacun se sent investi de ses obligations envers nos concitoyens, alors ce parti Démocrate tant attendu prendra corps réellement. Mais encore faut-il laisser l’habit de l’opportuniste pour celui du bâtisseur…















J’aime beaucoup ce billet, et j’y adhère tout à fait.
Soyons honnête avec François Bayrou en reconnaissant que pendant ces dernières années, il n’a cessé de prendre de la distance avec la droite conservatrice. Peut-être regrette-t-il la dérive droitiére des chrétiens-sociaux, sa famille spirituelle, survenue après la guerre avec le MRP, et pense-t-il que le moment est venu de reprendre la place qu’elle occupait jadis au sein de la gauche(le Sillon)? Mais l’exercice est difficile car cela suppose une conversion au progressisme de l’électorat de l’ex-UDF, scotché depuis des décennies à l’UDR-RPR-UMP.
Le centre n’existe pas. Si le slogan”ni droite ni gauche mais les meilleurs des deux camps” qui a si bien fonctionné à la présidentielle peut séduire le temps d’une élection, il ne constitue pas une base idéologique.
A mon avis, le Modem ne sortira de l’impasse où les municipales l’ont placé que par une séparation franche et nette entre les militants qui ont la fibre sociale et ceux qui privilégient le libéralisme économique. Les premiers se regrouperont au sein d’une formation qu’on pourra baptiser”Centre Social” et qui s’alliera aux autres partis de gauche. Les seconds iront compléter les rangs du Nouveau Centre déjà allié à l’UMP. Chercher une autre issue est illusoire.
Je partage l’esprit général du billet, avec un certain nombre de nuances :
- le score n’est pas si mauvais en fait, même si la moyenne de 15,9% peut paraître artificielle pour nos candidats dans les grandes villes. Dans les villes moyennes, les résultats sont en général bons.
- Dans les très grandes villes (sauf Paris), la division et l’ingénuité ont tranché les jarrets de nos champions. La division est due à la fois à des stratégies personnelles (dont Lyon est le cas typique, mais c’est vrai également à Marseille, dans les mêmes termes, puisqu’il y avait du MoDem partout) et aux encouragements des partis du duopole.
- Dans les très grandes villes encore, un grand meeting avec Bayrou a manqué à la campagne pour étoffer l’image des candidats.
- Il y avait, c’est vrai, une contradiction formelle dans le projet de soutenir des listes estampillées du MoDem sans les doter d’un appareil programmatique commun et tout en soutenant au contraire qu’il s’agissait d’élections locales. On voit bien pourquoi on a procédé comme ça, en fait. Et avec plus de 2000 élus, l’essentiel est préservé, même s’il faut reconstruire l’image.
- À Paris, l’ingénuité et l’amateurisme ont gâché le bel élan et les efforts considérables déployés par des militants valeureux.
Mais sur le fait que le MoDem doit se choisir qq’un pour gérer la maison, ce n’est pas ce que disent les statuts. C’est à Bayrou de choisir son équipe, il l’a fait inscrire noir sur blanc dans les statuts. Et je trouverais scandaleux que certains cherchent, comme c’est le cas actuellement, à confisquer le pouvoir en son nom. C’est à ces gens-là qu’il faut demander des comptes du passé récent, à leur organisation qui a prouvé sa faiblesse : alors que les candidats dans les villes avaient besoin d’un soutien du siège, ils n’en trouvaient aucun, parce que tous les permanents étaient en campagne, notamment pour soutenir les listes parisiennes. C’est une mauvaise organisation.
Je crois que c’est cette confiscation-là qui doit changer, mais c’est de la base que ce changement viendra et j’écouterai attentivement Quitterie Delmas dans les jours et semaines qui viennent, notamment lorsqu’elle parlera des fédérations (ou “mouvements”) des départements.
Bon résumé de situation.
Nous, les démocrates, nous avons bien compris la logique de Bayrou, du MoDem, la différence entre une politique de niveau local qui transcende les étiquettes partisanes et la politique nationale. Mais les Français, influencés par une presse simplificatrice qui prône encore la bipolarité, a trouvé cette stratégie illisible. D’ailleurs on voit bien que tous les militants du MoDem lui donnent raison et je n’en connais aucun tenté par le Nouveau Centre …
Par ailleurs, François Bayrou a été absorbé, englouti même, par son implication locale à Pau sans avoir une disponibilité suffisante pour driver les troupes au niveau national et dans les autres grandes villes, laissant la place aux déchirements et dissidences locales et une impression de confusion.
Bayrou a eu raison de ne pas flancher sur les alliances et de garder sa ligne. Même s’il perd des élus locaux à court terme, il y gagne à long terme en prouvant qu’il garde sa ligne indépendante sans compromission et tout prouvera in fine qu’il avait raison et qu’il était le plus honnête, ce qui finira par payer …
Mais il prend ses risques. Il a moins de maires et il lui faudra pour 2012 avoir ses 500 signatures …
Il sera plus facile pour lui de rallier des élus actuels déçus de l’UMP et du PS que de tabler sur une reconstitution “from scratch” de la base !
Aller François, tiens bon !
Hervé, tout d’accord avec toi. encore une fois, il faut de la cohérence pour se faire entendre et donc comprendre. les français sont plus en avance que ne le croient les commentateurs/contempteurs. mais en même temps, j’insiste sur le fait que l’on noierait bayrou dans des sujets internes alors que son premier boulot, est de parler aux français. et enfin, je suis en total écho sur ta conclusion. j’ai dénoncé hier l’appropriation de l’action politique par des marmousets, je le continue aujourd’hui. à chacun sa place : un collaborateur conseille, travaille dans la politique. il ne fait pas de politique… sinon, il y a instrumentalisation du mouvement à des fins personnelles, donc une tentative de gestion patrimoniale du bien public. or, je suis citoyen et non sujet…
cher jean chardon, je ne souhaite pas tomber dans un nouveau dualisme en entrant a priori dans une alliance de gauche. si je me sens plus proche des sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux, je me refuse de me fourvoyer dans une alliance avec des communistes et anti européens. je ne peux rejeter un certains type de droite pour m’acoquiner avec des démago de gauche ou communistes.
delanoë et duron incarnent le cynisme et la démagogie de la vieille gauche française. parisiens et caennais ne se sentent pas représentés par leurs alliés. je suis persuadé, à les entendre, qu’ils souhaitaient une alliance ps-démocrates. or, ils auront compris avec cette élection que leurs voix sont instrumentalisées par les boutiquiers du ps.
bref, c’est au ps de grandir, et nous verrons après. mais comme les français, je ne fais pas confiance à cette gauche pour diriger le pays, donc pour envisager une alliance. que le ps devienne un parti responsable, comme il peut l’être localement, et alors je serai intéressé.
enfin, je me définie comme démocrate et non centriste. et si le modem est un dépassement de l’udf, notamment dans sa sociologie et donc son aspiration sociale, ce dépassement ne peut être une réduction, un bout de gauche.
et merci camarade hérétique.
Article intéressant sous réserve d’une précision. Il y avait bien une liste Modem à Lyon qui a obtenu une moyenne d’environ 7 % des suffrages.
C’est peu par rapport aux 22 % obtenus par Bayrou à Lyon et c’est bien quand on sait que le Modem (les cadres UDF pour être précis) s’est déchiré avec pour conséquence des candidats estampillés Modem dans 3 listes !
L’exemple lyonnais nous donne quelques éléments d’analyse :
Là où le Modem implose (ou explose selon les commentaires) et devait faire 0 %, il obtient 7 %.
Les pires ennemis du Modem - à Lyon - : les ex-UDF non émancipés probablement victimes d’un réflexe de supplétif et/ou d’un conservatisme latent.
bien sûr alexandre. mais cette liste n’a pu se faire qu’après toutes les divisions et la démarche ambigüe de mercier. je vais un peu vite en disant qu’il n’y avait pas de liste à lyon. toutefois, ce sont ces atermoiements qui ont cassé la dynamique modem, et ainsi d’une certaine façon, donnant l’impression qu’il n’y avait pas de liste modem en tant que telle à lyon.
caen a connu la même chose. une liste modem lancée au dernier moment, avec 2 autres listes concurrentes estampillées “centristes” : une provenant de modem azimutée (!), l’autre lancée par l’ancien leader centriste… difficile de faire plus ridicule. pourtant, malgré ces écueils, la liste modem les a dépassé, prouvant ainsi que le label modem a une signification.
l’une de nos nombreuses difficultés est la “normalisation” du modem, se prémunissant de “scories”, c’est à dire d’individus profitant du lancement du modem pour faire carrière, malgré leur médiocrité, et s’inventant des légitimités de “campéadors d’escalier”. d’un autre côté, il faut aussi cesser de présenter des candidats opportunnistes que nos concitoyens repèrent rapidement comme artificiels.
tout cela prouve aussi que, quand le parti des démocrates alliera cohérence et discipline, il retrouvera sa force et sa vigueur, provoquant de nouvelles sueurs froides chez les boutiquiers.
Tout ca est trés intéressant Je suis d’accord avec beaucop de choses.
Moi aussi je voudrais dire
- que le résultat est aussi encourageant que décourageant,
- que Marielle et son équipe ont bien oeuvré pour l’avenir
- qu’il y a un manque de liaison Direction Adhérents et même Sympathisants.
- qu’il y a un manque de liaison avec les Médias.
- que la plupart des ex UDF sont indispensables bien sûr .
- que F. Bayrou et le Modem doivent être indépendants du pouvoir actuel ,
et que certains ex UDF se sont foutus du monde, par leurs manoeuvres
avant les élections ou par leurs commentaires débiles aprés les élections.
- qu’évidemment l’avenir appartient à F. Bayrou et au Modem.
Cher Vincent,
Ca fait un petit moment que j’ai abandonné la politique et surtout le lien qui me liait à l’UDF “Modem”, et tu as fait partie des gens les plus brillants qu’il m’ait été donné de rencontrer comme membre des jeunes UDF de paris, et ton billet le prouve encore une fois.
Je suis d’accord sur tout ton diagnostic quant aux résultats du Modem et avant tout sur les conlusions que tu en tires si tant est que j’ai bien compris ce que tu voulais dire : la position du modem n’est pas claire. Mais le Modem, c’est qui ? Deux personnes, et tu les connais aussi bien que moi.
L’obscurité de la ligne, l’absence de programme (dont on sait le mépris qu’il inspire à FB…), et la force imaginaire de l’idée d’une démarche prédestinée à faire renaître la France de ses cendres (comment peut-on vouloir souhaiter ramasser son pays à la petite cuillère quand on se prétend vouloir l’incarner ??), tout cela ne tient pas debout.
Je ne développe pas sur le fait que vouloir un centre dans le contexte d’une organisation politique telle que la France est impossible et a été -et ce n’et plus le cas, heureusement - mon opium et mon espoir, ou l’inverse.
Le centrisme n’existe qu’en fonction des autres, il est régulateur, et non idéologie dominante, mais il doit se trouver une tendance, sans quoi il est un juge suprême moralisateur qui décide de qui, entre le Maire de Saint-Amour et le candidat à Tifouilli-les-trois-clochers, est le plus “intéressant”…
Cette position moraliste, c’est abjecte, tu ne crois pas ?
Bien à toi,
samuel
Voilà l’histoire telle qu’elle aurait due se dérouler…
1. FB aurais du appeler à voter pour Royal au 2nd tour.
2. Royal aurait de toutes façon perdu.
3. FB gagnait la sympathie de la gauche.
4. Le PS explose après la Présidentielle.
5. FB crée le Mouvement Démocrate - un centre élargi à la gauche et aux anti-sarkosiste.
6. Le Mouvement Démocrate rafle la mise aux législatives.
7. Le Mouvement Démocrate rafle la mise aux municipales.
8. MoDem = Travailliste, UMP = Conservateur
9. 2012 ——-> FB Président de la France
En résumé…
FB droit reprendre rapidement son idée d’Humanisme Intégral, et en faire le socle idéologique du MoDem. Il doit “bouffer” le PS et la droite Anti-Sarkosiste, et c’est tout.
désolé “samuel”, mais je ne suis pas vincent mais bien “jp”. mais je transmets à l’ami vincent qui se fera un plaisir de te lire.
d’autant plus que s’il y a de l’échos entre ton analyse et mes propos, je ne te suis pas sur deux points : bayrou, qui demeure pour moi, encore plus aujourd’hui qu’hier, le plus apte à la fonction préssidentielle. et deuxième point, je ne me suis jamais définie comme centriste, et râlais depuis longtemps pour que nous puissions nous nommer “démocrates”. ce qui change totalement l’appréciation du champ politique.
par contre, il faut reconnaître qd le boulot est mal fait, ou bien suit une mauvaise voie.
clarté de la démarche, force du projet, cohérence de l’ensemble.
et merci arthur, tu parles d’or, même si tout cela n’est pas si simple.
Comme je suis heureux de voir que nos amis démocrates reprennent le chemin de ce blog pour partager leurs interrogations sur l’analyse de ce scrutin.
Merci JP pour cette analyse !
Je souscris à 200%. Nous n’avons pas su localement (en tous cas à Paris) montrer les spécificités de notre projet. Pire on les a gommées, et je connais des têtes de liste d’arrondissement qui, les yeux rivés sur un accord potentiel, veillaient à ne pas dire un mot qui pouvait paraître attaquer le bilan des sortants. Tant et si bien qu’à la fin le sortant passe au premier tour ! Clairement c’est cela qui nous a manqués, pas une stratégie claire, mais un projet clair et identifiable.
Quant à Arthur, je ne suis pas d’accord du tout sauf sur la 9ème étape; un soutien affiché à Royal aurait été une trahison pour toute une part de son électorat. Rappellons nous tout de même la nullité de cette candidate…
A mon avis, le Modem ne sortira de l’impasse où les municipales l’ont placé que par une séparation franche et nette entre les militants qui ont la fibre sociale et ceux qui privilégient le libéralisme économique. Les premiers se regrouperont au sein d’une formation qu’on pourra baptiser”Centre Social” et qui s’alliera aux autres partis de gauche. Les seconds iront compléter les rangs du Nouveau Centre déjà allié à l’UMP. Chercher une autre issue est illusoire.
Pas du tout d’accord avec cette conclusion défaitiste
(j’allais dire…pétainiste!)
et qui ne reflète EN RIEN l’action de FBayrou.
Un peu de cran, que DIABLE!
Arthur :
Mesina a raison.
FB NE POUVAIT pas appeler clairement à voter pour Royale, non seulement parce qu’elle n’est pas de taille, mais il reste chez nous bien des braves des gens à qui voter comme les cocos donnent des boutons.
Au second tour, j’ai voté pour elle, à laquelle je ne crois pas,
seulement parce que
- Je ne voterai JAMAIS pour l’UMP
- Mû par la crainte que sarkoléon nous fasse en score à la chichi/cyclope, en 2002…
2 cacophonies d’affilée, c’était de trop.
Les électeurs, toujours aussi perspicaces, se sont ensuite rués sur les candidats sarkosystes, et même une chèvre UMP aurait été élue:
Il suffit, pour s’en convaincre, de constater que “notre” député, parti à la soupe
UMP en 2002, a été élu au 1er tour, après 30 ans de nullité crasse…
Voilà qui suffit.
Sinon, en 2012, on a toujours toutes nos chances.
Sam :
ton analyse ne tient pas la route face à deux faits incontestables :
En 1967, l’UDR a failli perdre, GRÂCE AU CENTRE.
En 1968, les campagnes, qui pètaient de trouille, ont voté
comme elles ont acclamé Pétain en 1940, ce qui n’était,
en passant,
pas sympa du tout pour De Gaulle!
En 1974, le CENTRE a gagné, c’est la droite (crypto) chiraquienne, en capilotade,
qui s’est ralliée à lui.
En 1978, les législatives ont été gagnées GRÂCE AU CENTRE.
en 1981, la gauche a gagné GRÂCE A LA FELONIE DU CHIRAQUISME.
en 1988, R Barre a manqué le second tour GRÂCE AU CENTRE,
en particulier, à MADELIN ET LEOTARD, que chichi n’a pas manqué de récompenser.
Je conseille à tous de relire ou relire le manifeste du parti radical :
CIEL ET TERRE, de JJSS,
toujours d’actualité
et TRES Bayrouien (comme gaulliEN: je n’aime pas bayrouiste ni gaulliste).
hirmente, je suis radicalement d’accord avec toi. ces faits de l’histoire rappellent les réalités de la droite, et du centre…