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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








Où l’illustration du malthusianisme économique parisien

En faisant le choix d’un partenariat numérique qualifié de durable avec Microsoft, Bertrand Delanoë introduit la polémique et suscite l’ire des supporteurs de plus de plus nombreux du logiciel libre, les membres de sa propre majorité se faisant l’écho de ses protestations. Cette démarche semble comme déconnectée de l’évolution de l’ensemble des acteurs sociaux et des entrepreneurs du secteur qui avec le succès du salon “Paris Capitale du Libre 2007” ont pourtant fait la preuve de la maturité du marché du Libre en France. Déconnecté mais surtout incompréhensible alors même que ce nouveau secteur dans l’industrie informatique représente un potentiel de développement économique considérable pour Paris.

Au delà des arguments énoncés par ODEBI (axes d’innovation ignorés, dépendance des usagers reconduite, piste d’optimisation budgétaire abandonnée) c’est surtout un certain malthusianisme économique qui est là concrètement illustrée et qui se comprend mieux encore dans le périmètre demain pertinent du Grand Paris .

C’est un rude coup aussi pour les porteurs d’une démarche favorable aux logiciels libres dans les équipes du Maire (et l’ensemble de la communauté du libre) qui ont engagé la municipalité parisienne vers les solutions interopérables, à l’image du soutien au programme Lutèce. Cette solution de type CMS (content management system) pour la gestion des portails web entamait avec modestie mais avec un beau succès la position dominante de Microsoft dans le portefeuille applicatif de l’administration parisienne. Le soutien à l’écosystème du logiciel libre à Paris reste fort timide, pour ne pas dire très faible à ce jour.

En soi ce partenariat n’aurait rien de choquant si Microsoft n’était coutumier d’un soutien jamais désintéressé. On peut légitimement s’interroger sur la volonté de Bertrand Delanoë à s’engager dans une politique municipale d’ouverture vers les logiciels libres, comme il le déclare dans ses prises de positions récentes, quand tous les signes donnés convergent vers un accord de long terme avec Microsoft. L’enjeu financier surtout n’est jamais clairement énoncé par le Maire de Paris. La mise à jour du poste de travail de l’administration parisienne, car c’est bien l’enjeu majeur de ce bras de fer, est un marché estimé à 160 millions d’euros. L’étude d’Unilog tendant à démonter la faiblesse du “scénario libre” dans le renouvellement du parc informatique parisien apparaît quelque peu tendancieuse lorsque l’on examine les hypothèses de calcul sur les coûts de migration (formation notamment). On ne saurait trop conseiller à notre Maire d’effectuer de nouvelles consultations avec des argumentaires plus sérieux et mieux chiffrés.

Je me prends à espérer que ce coup médiatique associant Bill Gates dans sa tournée d’adieu relève du simple coup de canif au nouvel idylle de la municipalité parisienne avec le logiciel libre. J’ai peur pourtant que le vers soit durablement réintroduit dans le fruit.

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