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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








L’interminable visite en France du chef d’Etat lybien a été une véritable catastrophe pour la diplomatie française.

Les velleités de Nicolas Sarkozy (du genre ” Monsieur de Président excusez moi de vous demander pardon mais quels sont les contre-pouvoirs que vous entendez mettre en œuvre dans votre beau pays ?”) pour évoquer la question des droits de l’homme ont été méprisées par Kadhafi.

La cellule diplomatique de l’Elysée a du se soumettre à toutes les facéties du vieux dictateur , le Président de l’Assemblée nationale s’est fait couvrir d’opprobre par ses propres collègues de l’opposition et de la majorité et les 10 milliards de contrats réels ou supposés ont été incapables de faire passer l’amère pilule de ce piège tendu à une démocratie occidentale telle que la France.

Le faste déployé par le président de la République française envers son encombrant collègue lybien et les gifles infligées pendant son séjour par Kadhafi à son homologue resteront longtemps dans l’esprit des Français. C’est ça la diplomatie morale promise par Sarkozy pendant la campagne présidentielle ?

Seule lueur de cette sombre semaine, les déclarations indignées de Rama Yade que l’on n’oubliera pas malgré son changement de ton suite au savon passé par le Président à sa “chère Rama.. “. Ainsi que les propos de ce jeune homme à la télévision, éconduit par les services d’ordre à proximité de l’Elysée. «on ne peut accepter cette visite, c’est comme ci dans 10 ans le président des Etats-Unis recevait Ben Laden » . Ce jeune homme avait un an quand son père a été dénombré parmi les victimes de l’attentat d’Etat perpétré contre le DC 10 d’UTA.

P.S : Bien peu de medias à part Libé aussi ont relayé la révélation faite par la journaliste de France 3, Memona Hinterman sur Canal : En 1984, croyant obtenir une interview exclusive de Kadhafi, elle le suit dans sa résidence et celui-ci l’entraîne dans une chambre à coucher, la jette sur le lit et tente de la violer en la menaçant d’un pistolet.

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8 commentaires à “Kadhafi à Paris : Une catastrophe diplomatique”

  1. 1 Marion Launay

    Mords la main qui te caresse et embrasse celle qui te frappe.Proverbe arabe.

  2. 2 JP

    “fais une caresse à un chien, dans le sens du poil, et il te chies dans la main”, proverbe yiddish.
    “quand un con sort d’une pièce, c’est comme si un ami y rentrait”
    autre proverbe yiddish.
    langage familier mais tellement parlant…

  3. 3 Franchri

    Cette semaine Khadafienne aura fait mal la France à l’extérieur, c’est sûr.
    Pour faire oublier, on voit notre président chez Mickey avec le Bruni : c’est déplorable!
    L’affaire Bolufer est odieuse : et ce gars, hier sur France 2, a calmement expliqué que des milliers de personnes faisaient pareil et qu’il demandait d’ailleurs à Bertrand Delanoé de fournir les listes des gens ainsi logés “à mauvais escient” : c’est indescent!

    J’ai le sentiment qu’on marche sur la tête, qu’on prend les gens pour des abrutis, que notre société se “loftise” dans des proportions incroyables!

    Mon espoir est que les français finissent par le comprendre et l’intégrer mais également percevoir à quel point c’est GRAVE!

    On ne construira rien sans un traitement honnète des choses; sans intégrité dans les comportements, sans vision pour la France…

    Justifier des relations avec un tortionnaire avéré pour des contrats commerciaux et de la comm’ est tout simplement bas et vil.

    L’ennui , c ‘est qu’à force, on donne du grain à moudre au célèbre “Tous pourris” et si la politique est ainsi perçue, il y a fort à parier que les pouvoirs économiques prendront vite le lead [ils sont déjà un pouvoir tellement fort].

    Après, on peut espérer un libéralisme raisonné… Non, on ne peut pas l’espérer, au mieux, on peut le rêver, mais on ne pourra pas l’observer… Si cela doit voir le jour, ce sera accompagné d’un pack “politique” et législatif qui fixera le cadre : mais si justement ces instances ont l’éthique à géométrie variable, il y a un vrai pb.

    Bon, je ne trouverai pas aujourd’hui la quadrature du cercle.

    Si les français m’ont déçu en élisant Alcaline, ils me décoivent encore par leur “non réaction” à des thèmes graves [on parle de Khadafi mais, les véhémences guerrières versu l’Iran de Kouchner valent leur pesant de cacahouetes, le paquet fiscal est passé comme un lettre à la poste, le récent déménagement du camping SDF en cours par des CRS, les facéties d’Arnaud Lagardère, les inépties d’Attali dans sa volonté de libérer la croissance va encore un peu brûler notre paysage économique en libérant les prix et les ouvertures d’hypermarchés…].
    Les exemples ne manquent pas…

    La question reste donc, jusqu’ou vont-ils aller trop loin et comment va-t-on démontrer qu’une alternative est possible?

    Vite, des élections : on verra si on peut s’exprimer et si le français a réussi à résister à la lobotomisation à grande échelle que nous sert notre gouvernement!

  4. 4 marc porta

    En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait d’un article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :

    “Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy avait promis que la France serait “du côté des opprimés du monde” ; or il a été le premier chef d’Etat à féliciter Vladimir Poutine pour la victoire de Russie unie aux législatives. En visite à Pékin, le président français, faisant allusion à Taïwan et au Tibet, a rappelé qu’”il n’y a qu’une seule Chine”. Préoccupé, comme on peut le comprendre, par le sort d’Ingrid Betancourt, il a reçu avec les honneurs le président du Venezuela, Hugo Chavez. Reconnaissant pour la libération des infirmières bulgares, il a chaleureusement accueilli le leader lybien Muammar Kadhafi. Aux naïfs et aux idéalistes on répondra que cette logique de politique étrangère incarnée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy a pour nom realpolitik. On peut protester haut et fort quant au sort fait à la Tchétchénie, mais c’est de Russie que proviennent gaz et pétrole. On peut être solidaire des moines birmans, mais leur avenir dépend de la Chine et de l’Inde, les nouveaux géants de la planète. C’est ce qu’a si bien compris Nicolas Sarkozy.”

  5. 5 marc

    Et en voici un autre, un peu plus long, écrit par Joseph Hanimann pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung : “Kadhafi scelle la fin des intellectuels”

    “On savait depuis longtemps que, même en France, les protestations d’intellectuels ont perdu de leur impact. On vient d’en avoir la confirmation. Au beau milieu du tollé suscité par la visite d’Etat de l’autocrate libyen Kadhafi, Bernard Kouchner a eu une phrase lourde de sens. Le temps est venu des négociations politiques, a-t-il déclaré, où les principes moraux n’incarnent qu’une demi-vérité. Realpolitik ? Non : pour le ministre que la politique étrangère sans scrupule de Sarkozy rend de plus en plus nerveux, l’autre demi-vérité est celle des résultats concrets - libération des infirmières bulgares en été, visite d’Etat en automne. Il faut regarder vers l’avant. Donc, oui, realpolitik.

    Avec cette visite de Kadhafi, Sarkozy met à rude épreuve la conscience et l’intégrité morale de ses partisans issus des rangs intellectuels. Des personnalités qui n’ont jamais penché en sa faveur et qui, face à ses réussites concrètes de ces dernières semaines, ne pipaient plus mot recommencent soudain à donner de la voix. “Dans le pays des droits de l’homme, il y a là quelque chose qui ne passe pas”, déclare Bernard-Henri Lévy : “On n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste ou un preneur d’otages international.”

    Ce n’est pas le fait que l’on reçoive un dictateur qui serait scandaleux, mais la manière de le faire, “avec la pompe protocolaire et de surcroît pour la journée internationale des droits de l’homme”, s’insurge Pascal Bruckner. On ne trouverait là que peu de traces de la rupture annoncée avec l’ancien cynisme d’Etat. Faut-il donc reprendre les appels à la protestation ? “Plus que jamais”, assure Bruckner, “plus on crie fort, plus on a de chance d’être entendu, y compris par Sarkozy.”

    La pilule est dure à avaler pour ceux qui avaient soutenu le candidat Sarkozy, tel André Glucksmann. Jamais on ne les a aussi peu entendus. L’empressement du président français à féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections parlementaires russes a déjà été une “déception” pour le philosophe. Aujourd’hui, il juge désastreux que Kadhafi se voie offrir une tribune politique à l’Elysée et à l’Assemblée nationale. Les intellectuels français tels Glucksmann étaient habitués à voir réagir les hommes politiques à leurs protestations. Le mépris et la suffisance de Sarkozy bousculent leurs vieux schémas.

    Toutefois, les protestations les plus violentes contre la visite d’Etat du dirigeant libyen ne sont pas venues des cercles d’intellectuels mais du gouvernement lui-même. Le commentaire sans ambiguïté de la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, pour qui la France “n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang et de ses forfaits”, a largement été repris par les opposants à cette visite. C’est là qu’apparaît la véritable “rupture” du nouveau président. Son gouvernement ne détermine pas seulement la politique du pays, il fournit en prime la critique. La realpolitik à laquelle Sarkozy initie les vieux idéalistes et ses nouveaux alliés ne se déploie pas dans la discrétion feutrée des salons gouvernementaux mais dans les médias, où les intellectuels étaient autrefois chez eux. Le problème est que cette conduite nuit autant à la crédibilité des intellectuels qu’à celle du président.”

  6. 6 marc

    Enfin, un petit dernier pour finir, écrit de la plume d’Amine Lotfi, pour le quotidien algérois El-Watan : “Tout près du chéquier libyen”

    “En accueillant le chef de l’Etat lybien, la France ne fait que profiter de son retour en grâce diplomatique…et de ses milliards de dollars. Le dirigeant lybien entame, à partir du 10 décembre, une visite officielle de cinq jours en France. Cette visite - dont Paris escompte de substantielles retombées financières - soulève une vague de violentes protestations de la part de l’opposition parlementaire et des organisations des droits de l’homme, qui jugent le colonel Kadhafi indésirable. Les autorités françaises ne semblent nullement embarrassées pour autant par ce vacarme politico-médiatique qui ne devrait pas compromettre la signature de gros contrats avec Tripoli. Le président français, Nicolas Sarkozy, s’est d’ailleurs montré pragmatique en assurant à son invité, lors du tout récent sommet Union européenne-Afrique à Lisbonne, qu’il était le bienvenu. Le colonel Kadhafi se rendra donc à Paris - selon une formule désormais consacrée - “en ami”, c’est-à-dire en n’en pensant pas moins, car il est parfaitement informé des tirs croisés dont il fait l’objet.

    Pour lui aussi, le ton est au réalisme et à la conclusion de contrats qui amélioreront l’image de la Libye sur la scène internationale. Et, de fait, l’heure n’est plus où le colonel Kadhafi était voué aux gémonies tant par l’Europe que par l’Amérique, prêtes désormais à commercer avec une Libye revenue en grâce depuis qu’elle a affirmé qu’elle renonçait à développer des armes de destruction massive, en 2003, et qu’elle a dédommagé les victimes des attentats au-dessus du Niger, en 1989, et de Lockerbie (Ecosse), en 1998, qui avaient frappé des avions civils. Depuis cette date, le colonel Kadhafi a reçu la quasi-onction du président Bush lui-même et il est redevenu parfaitement fréquentable pour l’ensemble des capitales, dans un contexte où le réalisme économique prime sur bien d’autres considérations.

    Le président français avait d’ailleurs souligné, à Lisbonne, qu’il encouragerait “le retour à la respaectabilité internationale” du colonel Kadhafi. Le rapprochement entre Paris et Tripoli avait connu un temps fort, cet été, lors de l’épisode de la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. En contrepartie du geste du colonel Kadhafi, Paris aurait pris un certain nombre d’engagements, en particulier dans le domaine du nucléaire civil. La France est désireuse d’exporter sa nouvelle génération de réacteurs et de vendre dans le monde ses nouvelles technologies. Mais l’un des objectifs de la visite du dirigeant libyen en France concernerait des contrats d’armement et plus particulièrement d’avions de chasse Rafale, que l’industrie aéronautique française peine à placer. La Libye serait l’un des rares pays, pour ne pas dire le seul, à acquérir ce matériel de combat, qui fera son apparition dans une région qui a bien d’autres priorités. A cet égard, la visite du colonel Kadhafi est déjà tout bénéfice pour la France et son industrie militaire. Même s’il est peu probable que le dirigeant libyen ait droit, en retour, à des bains de foule sur les Champs-Elysées.”

  7. 7 Juste milieu

    Merci Marc pour ces extraits de la presse étrangères qui montrent combien l’image de la France et de son nouveau Président s’est abîmée avec cette “realpolitik” qui va à l’encontre de nos valeurs républicaines enviées par tant de pays.

  8. 8 Michel

    Le Journal de l’Ile de la Réunion, dont Memona Hintermann est originaire, a publié deux interviews de Memona Hintermann relatant la tentative de viol et la menace de mort de Kadhafi à son encontre. voir www.clicanoo.com

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