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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






On a connu comme une sorte de curée anti-Ségolène. Provenant du Parti Socialiste. 1er intérêt : ne pas être abreuvé des lénifiants articles sur Sarkozy. Comme l’a écrit Patrick Besson dans Le Point, un article de journal ne parlant pas de Sarkozy va s’appeler une « brève »…
Fin de ma brève donc.
Revenons à la martyre du ps : Lionel Jospin est (était, c’est le sentiment que l’on a toujours de lui) de retour, sorti de son caveau embrumé du socialisme français. Le « globuleux » a éreinté la Jeanne d’Arc poitevine (1). Après divers livres des consorts (2), il met comme un point final à la curée, le globuleux, genre, « et à la fin de l’envoi, je touche »… à chacun son Cyrano.
D’abord on va me dire : pourquoi écrire si tard (en fait le temps passe de plus en plus vite, surtout pour la vie de blog) sur ce bouquin ? il y eu déjà plein de commentaires, le globuleux est même passé à la télé pour en parler !
Bin voilà, justement, ce n’est pas seulement le livre qui m’intéressait mais aussi les commentaires, ça permet de passer à une sorte de « superstructure » à la Aron.
Je ne vais pas vous refaire le film du livre, le « pitch » comme dirait l’intellectuel Ardisson. Pour les 3/4 des pages, le bouquin est un brûlot, une fièvre avec des mots comme des protubérances, résultat d’une maladie non soignée, relevant plus du psychiatrique que de la politique : « fallait pas la choisir la Ségolène, j’étais le seul envisageable, le sel du socialisme français ! ». La critique tourne essentiellement autour du fait que S. Royal n’était pas, n’est pas, et ne peut être, une candidate crédible, mais contribuant au populisme, « candidate la moins capable de gagner », « illusion », « figure seconde de la vie publique ». Fermer le ban.
La presse s’est naturellement fait le relai de la charge égocentrique du parolier socialiste. Le Monde fut plutôt concis, Libé emmerdé (difficile de réhabiliter ce qui n’a pas été, ce qui n’est peut être pas d’ailleurs, tout comme il est difficile de laisser Jospin s’imposer façon censeur, à la critique toute stalinienne, « auto » en moins). Le journaliste n’a pu s’empêcher d’égratigner l’Ex – d’un peu de tout, pour la gauche socialiste – dans sa conclusion, montrant que si le globuleux déverse sa bile, c’est sans doute par frustration de n’avoir pas été érigé comme étalon de référence du projet de gouvernance socialiste (c’est long à lire, c’est pour cela que ça n’existe pas, en vrai).
L’article d’A-G Slama dans Le Fig fut, je pense, le plus complet, tout comme, on en a l’habitude, Alain Duhamel dans Le Point. En effet, ceux-ci ne se limitent pas aux pages concernant l’Ennemie, mais ils vont au bout d’une lecture minutieuse.
Jospin nous parle en effet aussi, (mais peu car en s’en prenant à ségolène, il se place comme une 25è image permanente), de l’avenir du socialisme français. Dans ses 9 dernières pages, l’Ex tente d’aborder l’émergence d’une voie sociale-démocrate (non, déjà ?, en 2007 ? impressionné !), considérant que le rôle historique du trotskisme est fini, le pc étant mort. Pas faux, mais il parle à présent comme un tenancier de pc (refondation, rénovation, c’est quoi la gauche, c’est quoi être socialiste, relire Marx, Jaurès… et pourquoi pas Jules Guesde ?), de son ps : mal barré tout ça…

C’est là que l’on atteint la substantifique moelle. Dénoncer les limites de S. Royal relève de la rancoeur du frustré, genre attendu. D’autant plus que beaucoup avaient déjà compris ses limites, notre blog, durant la campagne des présidentielles, les avait soulignées. A ce moment là, Jospin soutenait la candidate du PS, fidèle au comportement sectaire du trotskyste : l’intérêt du parti l’emportant sur l’intérêt des citoyens. Toutefois je reconnais une force de caractère à l’ancienne candidate, un vrai courage, notamment en dialoguant avc F. Bayrou, mais nous verrons cela plus tard.
Jospin oublie ses points communs avec la Ségolène : il en a fait une ministre, et tous les deux ont connu une défaite aux présidentielles (sauf que lui ne fut pas sélectionné en finale). Il oublie aussi son immense responsabilité dans l’inadaptation française : absence de politique économique notamment industrielle, prélèvements toujours en hausse, pas de réforme de l’Etat, 35h, cmu, ignorance des conséquences de la délinquance, etc…
Le plus interessant dans ces dernières pages, c’est en fait combien la parole de Jospin est une parole d’outre-tombe : celle de l’esprit marxien d’une certaine gauche française. La lutte des trotskistes contre le marxisme-léniniste est compréhensible du fait de la déviance léniniste quant à la pensée marxienne (3). Mais cette référence est une anomalie en 2007.
En fait, il ne s’agit pas d’un esprit marxien mais bien plutôt d’un fantôme.
Cela prouve toujours le décalage d’avec la réalité sociale des socialistes, demeurant dans des débats internes emprisonnés par la lecture de Marx. Je ne nie pas l’apport  de ce dernier, notamment à une compréhension du capitalisme et surtout de la nécessité libérale (4). Mais comme l’a dit R. Aron (5) : « je pense qu’il n’y a pas de doctrine qui soit aussi grandiose dans l’équivoque, aussi équivoque dans la grandeur ».
Marx a toujours vu les classes moyennes comme des classes trompées par l’illusion démocratique, tombant forcément un jour du côté du prolétariat. Sa vision téléologique d’un messianisme révolutionnaire, avec son prolétariat, était en contradiction avec ses fulgurances concernant l’apport de l’évolution permanente des techniques de production, d’échange, de circulation, de mondialisation.
Je suis plutôt enclin à voir les classes moyennes comme moteur solaire d’une régénation permanente, de par sa faim, surtout de ses enfants, de son esprit de progrès, de conquête. Car c’est ainsi que vit le monde des humains : celui d’une transformation permanente, d’une soif d’apprendre, de connaître, et non d’un esprit conservateur, nostalgique de combats non connus, dépassés, mais malheureusement glorifiés.

Jospin est le symbole vivant, (quoique pour le vivant…), d’une gauche française marxienne, ayant rejetée les démocrates, les réformateurs, les girondins. Voilà où en est le PS, à l’image d’un Hollande hostile aux Démocrates, ne voyant d’avenir pour la gauche qu’avec les communistes et les trotskistes.

Ces « enkystés » de la gauche sont les meilleurs alliés du parti conservateur, l’ump. Pendant ce temps-là, le capitalisme à l’anglo-saxonne l’emporte sur l’esprit libéral européen. Il ne s’agit pas seulement de civilisation mais aussi simplement des conséquences sociales : appauvrissement des classes moyennes, populisme, savoirs en régression, communautarisme, disloquation des leins sociaux, etc.
Lionel Jospin incarne l’impasse socialiste de la gauche, après la porte de sortie. Sur ce point, S. Royal a plutôt choisie l’avenir.

A voir ?
On abordera bientôt cela avec le dernier bouquin de BHL…

 

n.b.: petit clin d’oeil d’estime à Plantu pour sa caricature dans l’Express de cette semaine, et à Jacques Attali qui revient vers les rives de la pensée réelle (moquerie marxienne) pour son excellente chronique (tant mieux, je me faisais du souci depuis son habillage sarkozien et sa diatribe à l’endroit de R. Barre, franchement en décalage d’avec le réel)

(1) Lionel Jospin, « L’Impasse », Flammarion.
(2) Claude Allègre, « La défaite en chantant », Plon ; M-N Lieneman « Au revoir, Royal », Perrin
(3) Jacques Attali, « Karl Marx ou l’esprit du monde » (en poche, c’est moins cher)
(4) Karl Marx, « L’idéologie allemande »
(5) Raymond Aron, « Le marxisme de Marx », Fallois

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5 commentaires à “Lionel Jospin, paroles d’outre-tombe, parole de socialiste”

  1. 1 véritable democrate

    « Globuleux », honte à vous.

    Quel torrent de boue insultant.
    Un torchon cet article.

  2. 2 papillon

    Cet article pesant est lourdingue, mal écrit et ne permet pas de comprendre le fil directeur de son auteur? Sinon, qu’il déteste Jospin, mais au-delà ? Ce style est bouseux et voilà où les blogs deviennent pervers : dès lors qu’ils permettent à de milliers d’apprenti-sorciers de se prendre pour des journalistes !!!

  3. 3 GALY

    Interessant cet article. Il met le doigt là où ça fait mal… Il est important aujourd’hui de sortir la tête du sable et de regarder en face les retards, les insuffisances, qu’a affiché le PS ces dernières années. Certes, les « enkystés » y auront mis le temps… Il aura fallu qu’une socialiste libère la parole, pour que des pervers (des vrais) cessent de monopoliser la parole en intimant l’ordre de se taire et d’écouter les experts de la parole (on voit où ils en sont en ce moment d’ailleurs… quelle que soit leur qualité intrinsèque ils ne sont pas libres eu, à l’exception de ceux de M

  4. 4 GALY

    … de ceux de Marianne, Charlie, le canard )…j’en oublie peut-être un ou 2 sur lesquels mon appréciation quand à la qualité d’impartialité reste « mitigée » après les avoir vu matraquer des injonctions à voter OUI il y a presque 3 ans… Ce n’est pas comme cela qu’on développe l’esprit critique, et la citoyenneté : ces dernières élections l’ont montré.

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