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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








Le nom de notre blog annonce la couleur : nous voulons la constitution d’un parti démocrate. Nombre de nos articles abordent ces questions :
- pourquoi un parti démocrate ?
- pour faire quoi ?
Articles et commentaires font apparaître ce parti démocrate comme un pôle social-libéral, environnemental, européen : non assimilable avec une gauche française idéologique, incompétente et irresponsable, relevant à présent de l’inutile, ni avec une droite des intérêts, des affaires, conservatrice, populiste, relevant du sénile.
Ses axes d’interventions privilégiés sont l’égalité des chances, donc les déterminantes politiques d’éducation et de la famille ; l’Etat impartial donc l’importance d’une justice équitable, d’une sécurité égale mais aussi une vraie démocratie représentative avec un Etat géré de façon juste ; une politique économique industrielle, de l’investissement, donc de la recherche et du développement, bref de l’Intelligence Economique ; une politique environnementale préparant notre avenir, participant d’ailleurs d’une nouvelle recherche à privilégier en matière d’énergie ; et une volonté européenne préservant le modèle de notre civilisation.
Voilà pour résumer, grossièrement, les réponses aux pourquoi et pour faire quoi. Les différents écrits déjà parus sur ce blog vont bien plus loin, et abordent bien d’autres thèmes complémentaires.

Et si on se posait la question du qui : qui est un démocrate ? Ou plutôt, puisque le MoDem a été créé, répondant, j’espère, à notre attente, les membres du MoDem : qui sont-ils, en quoi se particularisent-ils ?
A mon avis, une analyse sociologique peut être très “parlante” pour comprendre l’évolution d’un mouvement, sa transformation, les tendances préfigurant son avenir, les nouvelles pratiques aussi pour le fonctionnement même de son mouvement.

Les MoDems, dépassement de l’UDF
L’UDF était sociologiquement un parti de “notables”, de “province”, souvent “ruraux”, avec une prédominance de professions libérales et d’entrepreneurs, un haut niveau d’éducation, des post-cinquantenaires dominants, et une pratique religieuse supérieure à la moyenne des Français.
A présent (1), si demeure la particularité du niveau d’éducation, le MoDem est plus jeune : 1/4 ont moins de 25 ans, 75 % ont moins de 60 ans, et le poids des actifs est prédominant (50 %).
Géographiquement (2), c’est dans le grand Ouest, l’Est, et la diagonale Bayonne Chambéry que pèse fortement son électorat, à l’inverse du FN. Là, rien de changé. Par contre, le MoDem est un urbain : c’est dans les villes que le vote aux présidentielles et législatives fut important, notamment les grands villes.
Les “cadres et professions intellectuelles”, et les “professions intermédiaires” représentent à présent 40 % de ses professions (!), pendant que les “Indépendants” (professions libérales, petits et moyens entrepreneurs) sont supplantées (passant de 2O à 11 %) par les “employés” (13,5 %), au même niveau que les “ouvriers” (12 % !). On peut constater de plus une importance des professionnels de l’enseignement et de la santé…
Le MoDem est donc caractéristique des classes moyennes d’aujourd’hui : il vit dans un espace urbain, a moins de 50 ans. Professions intellectuelles-cadre-cadre sup, et indépendants, se voient renforcés par les intermédiaires en augmentation notable, et “pèsent” pour plus de la moitié de ses professions. Employés et Ouvriers représentent à présent un gros quart de sa répartition professionnelle.
La composition sociologique du MoDem a ainsi muté : auparavant caractéristique d’une sociologie de droite classique, elle ne bascule pas pour autant vers le milieu de la gauche populaire, elle a sa propre particularité…

D’après l’étude du CEVIPOF, on pourrait diviser en 3 les identités politiques du MoDem : “Bayrou de gauche”, “libéraux” et “conservateurs”.
Les “Bayrou de gauche” sont une nouveauté. Ils proviennent d’un électorat de centre-gauche, plutôt libéral et européen, très exigeant en matière de pratiques démocratiques et d’égalité, et souvent écologistes. La plupart se sont séparés du PS car ne croient plus en un retour aux réalités de celui-ci, d’autres des Verts car lassés de son gauchisme infantile.
Les “libéraux” étaient caractéristiques de l’UDF : très favorables au libéralisme économique, européannistes, non hostiles aux immigrés.
Les “conservateurs” sont à la fois nouveaux et anciens. On y trouvent des démocrates-chrétiens plutôt conservateurs en matière de valeurs morales. Mais une partie de cette catégorie a évolué vers l’UMP. C’est une autre fraction de l’ancienne gauche qui l’a rejointe (!), proche des chevènnementistes, donc un peu eurosceptiques mais surtout exigeants en matière d’autorité et de présence de l’Etat, j’en ai entendu certains se définir même comme “gaullistes de gauche”.
On pourrait dire que la gauche sacrifie la réalité économique pour des exigences sociales quand la droite ignore la réalité sociale pour ses exigences économiques.
Le MoDem s’adapte aux réalités économiques sans sacrifier les réalités sociales…

Conséquence socio-politique
Les classes d’âges prédominantes sont celles qui ont connues les alternances de gauche et droite : elles savent les responsabilités de celles-ci dans l’appauvrissement des Français et l’inadaptation de la France (3) :
- L’Europe est un espace culturel et économique normal pour eux
- ils sont en confrontation directe avec les questions d’éducation, de la difficulté pour les femmes d’avoir des enfants tout en continuant une activité professionnelle, et de l’inégalité des salaires entre femmes et hommes pour des mêmes postes
- 70 % des richesses appartiennent aux 65 ans et + quand la pauvreté augmente chez les - de 25 ans. Les MoDem sont donc totalement lucides quant à cette réalité… (4).
- Les pollutions atteignent notre santé et ce sera pire pour nos enfants.
- Les classes moyennes connaissent une désagrégation nouvelle comme sait clairement l’expliquer Louis Chauvel (5). L’héritage, le transfert de biens immobiliers, redevient le critère de différenciation, à présent même de fossé. Pour des personnes ayant les mêmes diplômes, revenus, le niveau de vie est radicalement différent selon qu’ils aient au départ un patrimoine ou non.
Les MoDem ont donc parfaitement compris que ce n’est plus le mérite, l’activité qui fait le niveau social mais le patrimoine. Comme ils savent que l’avenir n’est pas radieux, à l’inverse de leurs aînés, et comme le présent est moins brillant que le passé…
Ce qui est nouveau avec le MoDem, par rapport à l’UDF, c’est qu’à la connaissance de la réalité économique, s’ajoute une conscience sociale.

Conséquences politiques
- la politique familiale et l’éducation sont les deux moyens de s’élever pour ceux qui n’ont pas de patrimoine
- le financement des retraites pose un grave problème d’inégalité entre générations
- le libéralisme économique est nécessaire mais pas suffisant
- l’Etat doit imposer l’égalité des chances et être impartial
- l’Europe n’est pas nécessaire mais la norme
- l’environnement est une politique de survie
- cet électorat ne se reconnaît pas dans les ps et ump. la proportionnelle doit permettre son expression, sinon les “déviances” risquent de revenir… Surtout, il paraît inadmissible pour des démocrates que le bipartisme d’aujourd’hui n’est plus la conséquence électorale de positionnements politiques des citoyens, mais bien plutôt c’est le mode de scrutin qui est devenu seule cause de ce bipartisme, contre les positionnements politiques des Français !

Concernant le fonctionnement du MoDem, celui-ci ne sera plus le même que celui de l’UDF du fait de cette évolution sociologique et des habitudes de ses nombreux impétrants :
- l’UDF était un parti de notable que F. Bayrou avait fait évoluer vers un parti de militants. Ceux-ci sont plus nombreux que les cadres de ce parti.
- A présent, la mutation consiste dans le fait que ce ne seront plus les élus, et donc les intérêts d’élus, qui dicteront la vie du parti. Ce sera le fonctionnement du parti, à l’instar du ps, et donc les militants, qui dictera la sélection des élus et les politiques à suivre. La “vie de parti” devient ainsi prioritaire. Le fonctionnement démocratique sera donc exigé. La nouvelle difficulté sera de faire coexister fonctionnement démocratique et efficacité, pour ne pas tomber dans les travers des Verts ou de l’UMP
- la structuration devrait se faire autour de “villes-capitales”

Le MoDem ne pourra se limiter à se définir, comme le fit l’UDF, comme libéral et européen. Lié aux classes moyennes, urbain, aux prises avec l’activité économique et sociale, le MoDem est un dépassement de l’UDF. Avec le passage par les élections présidentielles et législatives, la rencontre entre F. Bayrou et les Français, l’UDF a donné naissance à une forme politique qui n’est plus elle, ou plus seulement…

Le MoDem se définira d’abord comme démocrate : social-libéral, européen et environnemental.
Notre blog et ses débats sont donc au coeur de cette mutation…

(1) étude du CEVIPOF pour le ministère de l’Intérieur, sur panels de mars à juin 2007
(2) carte sur la répartition des votes du journal Le Point après le 2d tour des présidentielles
(3) D. Jeambar, “Nos enfants nous haïront”
(4) L. Guimier, N. Charbonneau, “Génération 69″
(5) L. Chauvel, “Les classes moyennes à la dérive”

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18 commentaires à “MoDem, coït post-mortem de l'UDF”

  1. 1 olivier@etampes

    Il est troublant pour un encarté MoDem de base comme moi de voir une analyse si fine des adhérents.
    Ce fichier qui est en votre possession n’est pas en possession des gens de terrain, et c’est ouvertement un manque de démocratie de base interne. Pendant ce temps, nous n’avons pu contacter nos sympathisants….

  2. 2 chris

    @ olivier@etampes
    Ces chiffres viennent de stats du CEVIPOF…..:)))
    (c’est le point (1) )

  3. 3 Morrigan

    Très intéressant, cher JP tu es référencé par “marianne2007.info”, mais j’aimerais voir ton article figurer dans un de ces journaux actuellement…par contre olivier@etampes c’est assez drole de démarrer au quart de tour, mais évitons d’exposer ce problème, à mon avis faudra attendre le mois d’Octobre si tu ne veux pas que le nouveau centre(e les autres) récupère les listings déjà que Hervé Morin aurait selon toute vraisemblance a emmené la caisse de l’udf avec lui, sans parler d’autres élus qui emmenent des “souvenirs”, une photocopieuse par ci, par là…décidément on va les regretter de moins en moins…

  4. 4 Thierry ROCHAS

    On se calme les jeunes…

    Les bruits de couloirs et les odeurs de soupes nauséabondes ne grandissent en rien la politique qui s’écrit en France aujourd’hui.
    Morrigan, quels éléments concrets te permettent d’accuser qui que ce soit de partir avec la caisse.
    Dans le civil, on appel cela de la diffamation.

    ….

    Je trouve, JP, ton article très intéressant même si je ne te rejoins pas sur 2 points :

    - L’UDF avait déjà une conscience social (nos amis les “Bayrou de Gauche” n’ont pas le monopole du coeur…)
    - “L’état doit imposer l’égalité des chances et être impartial” : Je ne suis pas d’accord avec ce concept. Je pense que le travail de l’état (et surtout de la cellule familiale) est de responsabiliser les gens.
    Imposer l’égalité, était, je crois au programme d’une certaine révolution d’octobre. On a bien vue que l’équilibre ne dois pas venir de l’état (dirigé par de faibles hommes) mais de la société elle même.

    Ceci dit, ton article nous plait bien. Nous serions heureux de le placer dans notre site de section si tu en es d’accord.

    Thierry ROCHAS
    Bureau Politique de l’UDF
    Section du MODEM 6e de Paris.

  5. 5 fabien

    excellent article, dommage juste qu’il commence par une caricature de la gauche et de la droite…

  6. 6 lameta

    Bravo et courage. Inventons notre futur MoDem ensemble. Sensible aux questions stratégiques et internationales, les nouveaux paradigmes sont aussi un beau chantier dans ce monde multipolaire et aux antipodes de la subalternité atlantiste.
    De l’Eurasie à l’Eurafrique sans oublier la mer et l’espace… Anto

  7. 7 L'Hérétique

    Bel article, je ne suis pas d’accord avec tout, mais je trouve les analyses pertinentes. Sur le fond, mêmes réserves que Thierry Rochas.

  8. 8 morrigan

    @ Thierry ROCHAS pardon, je ne pensais pas que ce blog aller buzzer autant…et hier soir je n’étais pas très calme, je retire que j’ai dit.

    Sinon dans cette analyse je crois qu’il manque une part importante, des nouveaux modem…les anciens abstentionnistes invétérés mais qui ont à mon avis “des exigences démocratiques” semblables aux “modem gauche”, et une part importante de sympathisant udf/Bayrou qui ont franchi le pas avec le modem…le net a surement joué un role dans tout ça…
    mais cette analyse reste très complète

  9. 9 morrigan

    @ Thierry ROCHAS pardon, je ne pensais pas que ce blog aller buzzer autant…et hier soir je n’étais pas très calme, je retire que j’ai dit.

    Sinon dans cette analyse je crois qu’il manque une part importante, des nouveaux modem…les anciens abstentionnistes invétérés mais qui ont à mon avis “des exigences démocratiques” semblables aux “modem gauche”, et une part importante de sympathisants udf/Bayrou qui ont franchi le cap avec le modem…le net a surement joué un role dans tout ça…
    mais cette analyse reste très complète

  10. 10 Guillaume A

    Analyse trés riche que je partage, surtout sur le dépassement de l’UDF qui doit être intégrée au MoDem et, selon moi, disparaitre à moyen terme.

    Mais cette analyse sur la sociologie du MoDem ne doit pas faire oublier que des élections approches et que la politique politicienne va reprendre ses droits.

    Maintenant que l’on connait le profil de l’électeur MoDem, que l’on connait ses attentes, il faut en tirer les conséquences sur les projets municipaux et départementaux (pour les élections cantonales).

    Ensuite, il faudra voir si, au deuxième tour, on reste seul ou si on fait alliance et avec qui.

    Cela reste un question importante.

    Sur les remarques sur le Nouveau Centre, ce parti revendique quatre mille adhérents, ce qui est dérisoire.

    Ils n’ont pas de financement, pas de militants, pas de leader, pas de programme, je ne suis pas convaincu de leur périnité.

    Ils ne sont peut-être pas partis avec la caisse mais ils sont partis avec les fichiers.

    Visiblement, ça ne leur a pas servi.

  11. 11 YinYang

    Tout propos ne valant que par le point de vue duquel il se place, je me positionne en un mot : nouvel adhérent, 45 ans, cadre supérieur et, par le hasard des choses, tête de liste MoDem dans une commune de 20.000 habitants.

    Je trouve toute analyse sociologique intéressante, et la vôtre de fait pas exception. Mais, défaut habituel, il y manque un peu d’âme.

    Ajoutons-y, donc, un peu d’intuition et de ressenti. Je crois qu’il y a deux valences qu’aucune étude sociologique ne révèlera.
    La première, esquissée cependant dans vos propos, est que cette génération dont je fait partie qui, pour la faire courte, a voté pour la première fois en 81, n’a connu que l’alternance. Et, intuitivement, je sens juste un raz-le-bol de cette droite pour qui tout propos de gauche est absurde, et inversement.
    L’alternative à l’alternance, l’alternative au dogme socialisme/liberalisme, c’est nous.

    La deuxième valence, exprimée par notre nom de baptème, c’est la démocratie. Car la droite, autant que la gauche, est autocrate dans son mode de fonctionnement et de prise de pouvoir : le politiquement correct n’a pas de couleur.
    Nous seuls avons pour objectif politique le dialogue, l’écoute, construire ensemble. Loin de la démocratie participative bidon de Ségolène, ou de l’agitation fiévreuse et interventionniste de Nicolas.

    Ca nous prendra cinq ans, dix ans, quinze ans peut-être : mais nous sommes l’avenir intellectuel et moral de ce pays.

  12. 12 morrigan

    @Guillaume A dsl d’en faire une surcouche, je ne crois pas au vol de fichiers…

    @ying Yang je suis bien plus jeune, et je partage ton point de vu, comme quoi la justesse de tes propos est transgénérationnelle (et transversale pour d’autres).

    Je ne crois pas que la droite soit ou est été “libérale”, conservatrice oui.
    je suis sceptique quand à dire que les gaullistes jusqu’à Chirac(souvent désigné comme la droite cassoulet en europe) ont été libéral, quant à la nouvelle droite incarné par Sarkozy, plus proche des “Droites conservatrices” en Europe elle ne l’est pas , être sécuritaire, “autocrate dans son mode de fonctionnement”, sans parlé de la “fascination” pour le pouvoir, je n’y vois rien de libéral, ni d’anarchiste, de responsabilisant.
    http://www.alternative-liberale.fr/
    http://www.alternative-liberale.fr/m623-Etre_liberal_c_est_d_abord_une_attitude.html
    http://www.alternative-liberale.fr/m637-Edouard_Fillias_choisit_Bayrou.html
    Il faut évité les amalgames… les conservateurs aux Etats-Unis ont préféré se faire appellé Néo-libéraux que Néo-Maccarthyste(ça passait moins bien dans l’opinion public), face aux Démocrates, eux simplement “libéraux” voir “ultra-libéraux” pour l’extreme gauche américaine et pas “Néo-”.

    J’entrevois déjà le terrain glissant, mais il est très probable qu’il y est à l’avenir des Assises aux Modem pour redéfinir le “libéralisme”, je crois déjà au succès de cette entreprise…partons de la génèse, des “Lumières”. Notre volonté de favorisé la société civile donne des points de convergences avec les “libéraux” souvent orphelins politiquement et dispersés à travers l’éventail des partis politiques…

  13. 13 JP

    merci de vos commentaires et qques éclaircissements pour vous répondre :
    - le “blogdudemocrate” n’est pas mon blog. il est le produit d’un projet commun, entretenu par une équipe de rédacteurs. vous pouvez lire les “bioblog” dans l’onglet en haut “notre collectif”. et vous pourrez lire les articles de ceux-ci à nouveau très bientôt, après leur repos estival mérité.

    - merci chris : en effet les données (cevipof) utilisées sont consultables par tous. ils ne proviennent en rien des fichiers du MoDem qui protège la vie privée de chacun (on est pas au pc ou au sac)

    - il ne faut pas tomber dans la parano ou bruits de couloir. nous ne sommes aucunement en “guerre civile”d’avec le nc. j’espère au contraire que nombre (bien que déjà restreint, je te l’accorde guillaume) reviendront après avoir gouter à la servilité de l’ump.

    - thierry et l’hérétique, je n’ai pas dit que l’udf avait ignoré la politique sociale. après 21 années de “pratique” de l’udf, j’ai constaté, notamment chez les ex-cds, une préoccupation, une pensée sociale liée à l’humanisme. europe, humanisme, libéralisme tempéré étaitent les axes majeurs de ceux-ci, comme l’égalité des droits, la république et la liberté chez les radicaux, le libéralisme et l’europe chez les ex-dl-ex-pr-ex-indépendants.
    or, une étape a été franchie sur ce plan, nous passons d’une préoccupation philosophique à une nécessité politique en tant que telle. les udf évoluaient depuis 2002, et chacun savaient, entre la plupart des udf et proches du centre gauche, que la frontière de partis n’avait plus aucune signification. les différences sont par contre devenues fortes entre sociaux-démocrates ou écolo-libéraux et la gauche militante, conservarice, marxiste ou marxisante, ou encore gauchiste. quant aux relations entre udf et UMP, 2002 aura été l’accélérateur d’une claire différence…
    et chez les “bayrou de gauche”, le rôle de l’Etat, la redistribution, sont des points politiques très importants.

    - fabien, c’est un blog, je n’y écris pas de mémoire et encore moins de thèse, les phrases ont donc tendance à être triviales… sauf concernant la gauche et la droite françaises… leurs passages au gouvernement produisent tjs les mêmes effets : appauvrissement et non adaptation du fait de l’attachement à une idéologie archaïque pour les uns, rares réformes mais tjs dans le même sens avec les autres (retraites, impôts, etc…).
    mais je suis prêt à argumenter avec des défenseurs de ces gauche et droite : ce serait un vrai plaisir…

    - morrigan, en effet, restons cool, comme fonzy. je reconnais qu’il est aussi apparu d’anciens absentionnistes. mais ceux-ci ne se désignent pas ainsi et il est plus difficile de les cerner. je ne sais si l’on peut les placer tous dans les “bayrou de gauche”, les “conservateurs” peuvent pour certains répondre à leur définition.
    pour votre info, le cevipof évalue à 39 % le poids des “bayrou de gauche”, 33 % les “libéraux” et 28 % les “conservateurs”. n’oublions pas que ce sont des moyennes et des interprétations. mais je reste persuadé que les “bayrou de gauche” sont devenus le groupe fort, les “libéraux” sont les “historiques” et la charpente originelle (je pense que s’y rajoutent des “écolo-libéraux”), et les “conservateurs” sont plus disparates et hétérogènes, bien que représentants un tiers imposant.

    - guillaume, tout d’accord avec toi. mais des échéances s’imposent à nous : la fondation du MoDem, au niveau national pouis dans nos fédérations. puis les municipales, sachant que nos adversaires s’y préparent déjà. il faudra aborder franchement et démocratiquement la question des alliances dans laquelle nous oblige le type de scrutin. mais je souhaite bien du courage à notre président…

    - cher(e) yinyang, il y a tjs une difficulté à apporter de la chaleur dans une analyse sociologique bien que j’ai un peu essayé. et les interprétations sont forcément subjectives. toutefois j’ai abordé la question des nouvelles classes d’âges dominantes au MoDem par rapport aux alternances gauche droite et par là même le fait qu’elles ne se laissent pas emprisonnées par ce critère (cf “consquence socio-politique”)
    et bien d’accord sur l’aspect autocratique du ps et de l’ump. à l’ump, c’est celui qui dirige qui nomme les cadres et représentants du parti qui désignent le dirigeant (!), quand au ps les alliances de “courants” asphyxient les débats pour les ententes de pouvoir des boutiquiers, et laissent engluées dans un vocabulaire et des volontés d’un gauchisme frustré.

  14. 14 YinYang

    Hello JP,

    Mon propos n’était pas critique, bien au contraire, je salue l’analyse (et soit dit en passant je me reconnais dans cette segmentation des adhérents au MoDem) ; mais je voulais juste colorer le tout d’un peu d’enthousiasme !

    Mes amitiés à tous les MoDems,

    YinYang

  15. 15 JP

    et je l’ai bien vu aussi ainsi. je souhaitais juste t’apporter un éclaircissement, et abonder dans ton sens qd il s’agit d’une analyse sociologique. aron rappelait souvent que les limite de la dimension à l’objectivité doit nous rendre “humble” (”"philosophie critique de l’histoire”, “dimension de la conscience historique”). c’est l’acceptation de notre empreinte subjective qui nous rend plus objectif :
    “l’antécédent seul est réel. la cause est une réponse de notre expérience organique. la raison, une interprétation de notre esprit”.

    mais surtout je suis d’accord avec toi, la mutation de la pyramide des âges des MoDem, à la fois par rapport à l’udf et se différenciant des autres partis, est l’un des 2 éléments nouveaux forts, catalyseurs de la formation du MoDem, avec la mutation des professions.

  16. 16 laurent trupin

    bravo pour cette analyse très intéressante. le nombre des commentaires qu’elle suscite prouve que les MOdemistes, en plus d’être urbains, jeunes et salariés… savent aussi écrire et poser des bonnes questions ;-)
    juste une remarque : nous constituons un “potentiel”, important (par le nombre et la qualité, si si, c’est du jamais vu), menaçant pour le bi partisme (regardez la tête qu’ils font !) et dynamique. pour passer à la phase “réelle” il faut maintenant se structurer, être force d’actions et de propositions, définir une ligne politique… faut de quoi dans deux ans on est comme les verts ! sympa, plein d’idées mais parfaitement inutiles parce qu’incapables de peser sur la décision ! vivement Seignosse et la suite qu’on y voit plus clair ! c’est possible, ça va être un bol d’air pur dans la vie politique !

  17. 17 Jean-Marie

    Me retrouvant parfaitement dans cette analyse et assumant ma situation de de 65 ans toujours actif, je partage également la sensibilité de YinYang (gage de bel équilibre d’ailleurs, cette appellation!). Les contenus des deux écrits sont indissociables et à sérieusement considérer pour une prospective MoDem à moyen terme. Il est également - et vivement - souhaitable de passer outre les considérations de bas étage que je lis ici et là à propos du Nouveau Centre, du PS et de l’UMP. Si la politique est un combat, ce combat doit être “positivé” et non pas faire remonter, à chaque phase, des remugles déshonorants. Pour avancer, le schmilblic du MoDem a besoin d’analystes lucides et intuitifs, d’esprits prospectifs aigus, de décideurs inspirés et charismatiques nourris par un environnement humain dont les ambitions ne soient pas synonymes d’opportunisme personnel et… d’humanité. Serait-ce trop ?

  18. 18 JP

    @ morrigan : bien sûr qu’il y a eut, qu’il y a une droite libérale. la spécificité française c’est qu’avec louis-philippe et napoléon III, le libéralisme s’est coulé dans un Etat fort et conservateur, sociologiquement lié aux “tenants” du pays. leur théoricien, guizot, n’est pas constant (désolé du jeu de mot). il y a tjs eu un mélange chez les bonapartistes-gaullistes de jacobinisme et de libéraux.
    c’est ce qui fait l’originalité du libéralisme français, partagé entre le conservatisme et le progrès. voilà pourquoi au XIXè siècle un courant “démocrate”, fort en france, est apparu en se différenciant des libéraux, bien qu’ils en soient génétiquement liés (tocqueville). on aura ainsi de grands noms du libéralisme à droite et à “gauche”. l’exigence démocrate “libére” le libéral du conservatisme.

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