3 IMPERATIFS POUR DES DEMOCRATES EN MOUVEMENT
Publié by Sébastien juillet 5th, 2007 in Idées fortes, Identité démocrate, mouvement democrate, MoDemLe mouvement démocrate dont on trouve sur ce blog l’avant-garde en quelque sorte, doit profiter du virage libertaire créé par la dynamique de sa naissance pour faire le point sur ses atouts et ses défauts. Car ne nous y trompons pas les démocrates ne sont pas venus là ex-nihilo, ils sont une famille politique qui tente de s’assumer à part entière en redéfinissant ses règles malgré les institutions. Comme le disait Jacqueline Gourault « Nous ne sommes ni gaullistes, ni socialistes et ça toujours été comme ça ». Dans cette naissance, il y a eu « des morts au champ d’honneur » certes, mais si les législatives ont été pour nous une douche froide, les municipales seront pour le mouvement, dans les grandes villes, l’occasion de faire le plein d’élu. C’est alors à ces futurs élus (et réélus) que je m’adresse, car notre parti sera jugé à partir d’eux.
Voici donc trois impératifs (qui ne sont pas catégoriques…)
I. Impératif populaire
L’Udf a toujours regorgé de personnalités vraiment talentueuses qui ont su mieux que nulles autres démontrer la complexité des choses, l’imbrication des problèmes et leurs retombées, au Centre le diagnostic est bon. Sur l’Europe, la fiscalité et dans tant d’autres domaines, Bayrou, Barre ont été les meilleurs pédagogues. MAIS… il faut trouver des solutions et c’est ça l’impératif populaire. Quand ma maison brûle, je me moque bien de savoir si elle brûle du fait d’être en bois ou en pâte à modeler, ce qui m’intéresse c’est que l’on me la répare et qu’elle ne rebrûle pas. Quittes à être un peu populistes, nous ne sommes pas là pour refaire le monde sur papier mais à pour régler les problèmes qui se posent aux Français. Le pragmatisme c’est donc d’abord de faire des choses, c’est ce préoccuper directement des citoyens et de leurs attentes et non de leur expliquer que l’on ne peut rien faire (comme Jospin) ni que l’on peut tout faire “en mentant” (comme Chirac, voire comme Sarkozy).
A noter les 18% de Bayrou qui sont à l’origine de ce changement de méthode comme les 2 emplois sans charges.
II. Impératif d’avis
Disons le franchement on peut s’abstenir de temps en temps quand les jeux sont faits, quand on sort des compétences requises, mais ne nous faisons pas passer pour des récidivistes de l’abstention au risque de voir nos électeurs s’abstenir de voter pour nous. Il n’est pas sérieux de s’abstenir plus d’une fois sur trois. L’abstentionniste se retire quelquefois du débat et il est plus courageux de dire non quand c’est faux ou insuffisant, ou oui après avoir négocié, retravaillé, reretravaillé, renégocié etc…Nous avons une vulgate (c’est le projet Bayrou) et nous ne sommes pas sans idées donc pas sans avis. S’abstenir doit être périlleux et rare, et en aucun cas un confort. On n’embauche pas un ouvrier pour qu’il ne fasse que la grève. Et si on annonce que l’on va prendre position sur des projets et non sur des hommes, raison de plus pour ne pas s’abstenir.
III. Impératif d’impartialité
Quand un militant modem me dit « c’est peut-être la gauche ou peut-être rien », déjà il a tout faux. Il ne faut pas sortir d’un automatisme à droite pour rentrer dans un automatisme à gauche et encore moins pour un automatisme “ni ni”. L’automation n’est pas l’impartialité, et même si c’est difficile (et là c’est simple il suffit d’argumenter) chaque personne est différente, chaque situation propre. La solution est dans un certain fédéralisme qui assume de soutenir des personnalités intègres, au bilan plus que correct sans forcément d’emphase et quelques fois avec du pis aller. Ne passons pas dans le onzième par exemple, d’un dénigrement systématique de Sarre à un dénigrement systématique de Tissot, soyons d’accord sur une chose : les meilleurs sont les démocrates, le reste est de l’ordre du débat.
Voilà l’élu démocrate de mes rêves :
Concret et non idéologue
Courageux et non mou
Véridique et Libre … et non sur abonnement
Et si cela ne vous plaît pas faites comme moi dans ces cas:
Hochez la tête et passez à autre chose :
(C’est ce que reçoivent généralement les donneurs de leçon)












Tout d’abord l’impératif populaire doit amener à un système plus démocratique au sein de notre famille si vous voulez qu’elle vive. Car être adhérent du mouvement démocrate ce n’est pas ex-nihilo, et ce n’est pas non plus dire béni-oui-oui à tout ce que dit Monsieur Bayrou ou Madame de Sarnez. On entend trop parler de la candidature de Monsieur Bayrou en 2012.
En l’absence d’élus, les adhérents doivent avoir une place centrale et prépondérante - Non seulement dans le financement.
Car comme les élus, les candidats peuvent rejoindre le nouveau centre.
Il est urgent de trouver de nouvelles têtes au MoDem, sans que celles ci se bouffent entre elle. Car aujourd’hui le MoDem, c’est François Bayrou. Et si quelqu’un n’apprécie pas une parole de François Bayrou, il ne viendra pas. Ce qui n’est pas le cas à l’UMP ou au PS où il y a plusieurs courants.
Et notamment avoir un site internet du Mouvement Démocrate et non seulement celui de François Bayrou.
L’impératif d’action doit amener tous les élus à être clairs. Car avec ce nouveau parti et cet ancien qui reste, certains élus se reconnaissent UDF mais pas du tout MoDem. Il faudra donc beaucoup de clarté. Et beaucoup d’élus pourront faire une alliance avec la droite (et se coller l’étiquette nouveau centre) ou la gauche pour s’assurer de leur réélection. Car le MoDem risque de ressembler à un mouvement philosophique. Oui on a vu les 18% mais aujourd’hui on est à 7%. Avec très peu de représentation. Et beaucoup pensent qu’il n’est pas intéressant de rester dans un parti qui n’a pas d’autre avenir que François Bayrou.
On doit donc avoir un programme. Pour être franc très peu de candidats aux législatives investis pas l’UDF-Mouvement Démocrate avaient un programme.
Car les législatives, ce sont des élection de personnes et non de partis. C’est bien d’avoir des candidats de la vie civile, qui ne sont pas borné à leur politique partisane, mais cela ne doit pas être synonyme de candidats figurants, s’affichant avec François Bayrou dans l’optique d’essayer de récupérer les voix de la présidentielle.
Ainsi, le parti doit avoir une position sur les différents domaines. Car toutes les lois ont du positif et du négatif. Il y a donc des raisons de s’abstenir sur tous les sujets.
Le vote était assez partisan, et la volonté de Bayrou n’est pas de dire oui ou non mais oui et non.
Duroc
Je cris à la différence de l’auteur du blog que le “nouveau” Démocrate doit être un idéologue dans le bon sens du terme. Cela n’implique pas fanatisme et n’élimine pas non plus le pragmatisme.
On ne peut pas créer un mouvement dont la seule référence est “je suis au centre”, c’est à dire je prends ce qu’il y a de bon “à gauche” et “à droite”. Il faut au contraire définir une idéologie et la défendre comme étant la seule alternative viable pour la bonne gouvernance d’un pays moderne.
Si l’on regarde les courants d’idées qui ont dominé le débat politique dans les pays occidentaux pendant les 100 dernières années tous ont pratiquement échoué sauf dans les pays scandinaves et quelques autres exceptions.
Il y a en gros trois courants (je laisse les extrèmes de côté) :
le courant conservateur/néo-conservateur
le courant social-libéral/social-démocrate
le courant socialiste/communiste
En commençant par le dernier, son échec est flagrant. Il a soit généré d’horribles dictatures, soit dans le meilleur des cas (en gros l’exemple français) en une société sclérosée dont le chapitre des avantages sociaux est en gros réservé à des nomenclatures et non aux vrais pauvres. Il n’a ni enrayé la pauvreté et les inégalités, ni même favorisé la croissance et l’accumulation de richesses. Il tend à former des partis à pensée unique et encourage une illusion de “défense des pauvres” car fondé sur des concepts philosophiques et économiques erronés. Ce courant est historiquement mort et n’est en gros représenté en Europe aujourd’hui que par des partis d’extrême-gauche et par des “socialistes” en complète déconfiture. Il ne subsiste que parce qu’une partie des masses soutient encore l’illusion surtout par réflexe anti-conservateur et que ses nomenclatures “régime spéciaux” se battent pour conserver leurs privilèges. Sa base sociale (”masse laborieuses”) l’a quitté pour le mirage néoconservateur.
Son opposé classique, soit sous forme conservatrice classique (étatique à la française) ou capitalisme sauvage “laissez-faire” dont le représentant n°1 sont les USA a lui su créer et accumuler d’immenses richesses mais celles-ci n’ont bénéficié à l’ensemble de la population (ou du moins à sa vaste majorité) que dans de courtes périodes. Ce système crée des inégalités criantes et idéologiquement en résulte en un individualisme exacerbé qui se moque du bien commun. Environementalement il est désastreux et la recherche du profit le rend souvent belliqueux. Dans les cas les plus mauvais il peut devenir dictatorial si les tensions sociales qu’il crée menacent sérieusement les privilèges des plus nantis. la France a été en gros gouvernée par ce modèle, tempéré par une peur constante de tensions sociales touranat à la violence, ce qui en a résulté en gros par une stagnation économique et des parchutes sociaux réservés seulment à certains, en laissant beaucoup sur compte. Sa variante actuelle, le sarkozysme, n’en est pas une rupture mais en gros une continuation cachée par des mesurettes et une politique de communication.
Le modèle social-libéral (représenté aujourd’hui par des pays comem le Canada, la N.Zélande et surtout les pays scandinaves) a lui su trouver un compromis entre les besoins inhérents à l’économie de marché (accumulation de richesses et croissance) et une protection sociale inégalée de l’individu. Dans les pays que je nomme (surtout les scandinaves) la pauvreté a quasiment disparu, le niveau de santé est le meilleur au monde, le débat démocratique est consensuel et élaboré et les avancées technologiques importantes. La protection de l’environnement y est aussi la meilleure. Ces pays sont rarement engagés en guerres injustifiées et les tendances dictatoriales inexistantes.
Le social-libéralisme ne diffère de la social-démocratie que par le degré d’intervention de l’état et ces deux sous-courants ont tendance à merger aujourd’hui.
pour réussir le MoDem doit se définir de cette pensée social-libérale-démocrate et le définir comme le seul modèle valable pour la France et en faire le modèle triomphant. Sa devise est Liberté-Equité-Solidarité. Si le MoDem ne ne fait pas triompher se modèle, le risque est qu’il ne devienne qu’un pis-aller ou dans le meilleur des cas un arbitre. Mais ce sont rarement les arbitres qui font gagner les matchs. Se sont les joueurs, le coach et l’esprit d’équipe qui le font.
tout à fait d’accord avec toi, oldfrog. et si politiquement je me définirais comme Raymond Barre : “centriste gaullien”, je me reconnais, concernant l’aspect économique, disciple de John-Stuart Mill (concepteur de la voie « sociale-libérale »). l’idéal serait d’avoir un président qui serait un mélange de Barre et Blair.
JP en est la preuve, même si les démocrates semblent être nouveaux en réalité ils remontent à une longue tradition.
Ce qui fait la nouveauté c’est qu’ils n’ont jamais pu être autonomes, beaucoup les découvrent aujourd’hui et beaucoup s’y retrouvent.
Bonjour,
Je voulais juste dire, bien que cela ne soit pas trop en lien avec le sujet, que je suis déçu par les propos de François BAYROU à l’Elysée sur la réforme des institutions.
On ne peut pas trépigner sans cesse sur le mode de scrutin alors qu’il y a des tas d’autres problèmes:
la statut pénal du chef de l’état, le rééquilibrage entre l’exécutif et le législatif, le pouvoir judiciaire, le maintien du premier ministre, etc. . .
J’espère qu’à l’avenir, nous aurons plus de choses à dire.
De la véritable histoire du syndicalisme et du corporatisme, son grand frère. De leurs origines, des raisons de leur création et de celles de leur dérapage : une petite histoire, rapide mais instructive, à ne pas rater pour les jours et les mois à venir…
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=654&Itemid=60