de KRISIS à KTISIS
Publié by JP juin 5th, 2007 in Idées fortes, Identité démocrate, mouvement democrate, MoDemNier que le courant démocrate est en crise, c’est être aveugle, sourd et muet. Le militantisme des uns ne peut cacher ou supplanter l’opportunisme des autres. Fanatisme et lâcheté sont aujourd’hui les mamelles du centre. Telle la louve donnant naissance à Romulus et Rémus, le centre accouche du MoDem et du Nouveau Centre. Ce dernier semble être une sorte d’excroissance génétiquement modifiée, voire de protubérance de l’ump après l’instillation d’un greffon. Il est à craindre que la louve laisse place au caniche. Et l’avenir de la France risquerait de se transformer en infini à la portée du caniche…
Après avoir recueilli près de 7 millions de voix aux élections présidentielles, soit plus que Chirac, président sortant, en 2002, François Bayrou a lancé le Modem à partir de l’UDF. La nouvelle Rome ?
On passerait de l’état de protozoaire à l’état de métazoaire. Sauf que le Nouveau Centre risque de devenir son métastase.
On peut se poser la question sur le rôle de François Bayrou, de son oeuvre : est-il notre Lucifer, celui qui apporte la lumière qui brûle nos âmes, ou Prométhée volant la lumière aux dieux de l’Olympe, pardon de l’ump, pour illuminer notre propre chemin ? En tous les cas, c’est à la sueur de ses membres et dans la douleur que s’érige le MoDem…
Les Démocrates sont dans la crise, dans l’état de Krisis.
Certains soulèvent la critique que F. Bayrou n’aurait pas dû dire qu’il ne voterait pas Sakozy au 2d tour des présidentielles, enfermant ainsi son mouvement dans une posture belliqueuse à l’endroit d’une nouvelle majorité. Il n’aurait pas dû non plus lancer le MoDem avant les législatives, mettant les députés de l’UDF dans une situation intenable. Ou encore posent la question de ne pas avoir imposé des points prioritaires en vue d’un soutien pour le 2d tour, telle l’instauration de la proportionnelle aux élections législatives, le désendettement, une politique économique européenne, etc… ? Quelles qu’auraient été les réponses de N. Sarkozy ou S. Royal, l’UDF pouvait emprunter le chemin de la liberté en toute clarté.
J’entend ces propos et peux les comprendre. Krisis, au sens premier, était le sacrifice pratiqué pour discerner l’avenir : la violence, le meurtre fondateur, le mécanisme sacrificiel, fonde les identités. Sauf qu’à observer les pratiques d’H. Morin ou M. Leroy, après avoir été si fortement auprès de F. Bayrou, et si fortement contre N. Sarkozy, présentant à présent familles et domestiques pour asseoir le Nouveau Centre aux législatives, je ne suis pas certain que le sacrifice ait bien trouvé sa victime. Et je rappelle encore une fois cette citation de l’Ecclésiaste : “L’habit d”un homme proclame ce qu’il fait. sa démarche révèle ce qu’il est”. La démarche des députés de l’UDF se satellisant auprès de l’ump, (après avoir combattu cette tentative de parti unique qui tenta de détruire l’udf) ressemble à cette trainée visqueuse de l’escargot. Et j’aime bien l’escargot, grillé à la catalane, avec de l’aïoli fraiche…
Tels les bourgeois de Calais, ces parlementaires croient apporter les clés du centre à l’ump. Sauf qu’ils ne portent pas de cordes autour du cou mais à la façon des eunuques de la Chine impériale, leurs parties dans un bocal, symbolisant ainsi leur stérile trahison.
A présent, les démocrates ressemblent à la crevette dans notre assiette : on sépare la tête du corps. Mais l’ump n’a pas encore compris qu’il n’y a rien à manger dans la tête.
Krisis est le moment décisif où se noue la guérison ou son contraire, la crise salutaire ou la catastrophe. Ernst Jünger avait écrit que c’est du plus profond de l’abîme que naissent les étoiles. Ces élections législatives doivent être vues comme une des batailles au sein d’une “guerre de libération” du Titan démocrate. “Les larmes de la guerre prépareront les moissons futures”. Elle donnera naissance à une génération plus forte… de Démocrates. Je préfère ne pas donner le nom de l’auteur de cette citation, elle perdrait tout son cynisme…
Mais nous en sommes là, de l’état de Krisis, à nous demander si nous entrons dans la phase de transition vers Ktisis (fondation), ouvrant le passage hors des impasses du Centre ancien.
Ces élections législatives portent encore le sceau du dualisme vain de l’umps. Ce dualisme donne surtout l’impression d’une scène rejouée de façon lénifiante, robotisée, jouant pour la galerie. Les robots n’ont pas d’âmes… Une ultra majorité de l’ump risque de n’enfanter que d’un ultra parti versaillais, ou de neuilly. Et à être trop nombreux, les députés de l’ump passeront leur temps à se diviser pour se partager les morceaux du gâteau de la République : bandes et prébendes seront le quotidien de notre démocratie.
Je comprend aussi les électeurs poussés à voter pour des députés “majorité présidentielle”. La campagne présidentielle de F. Bayrou sur l’unité de la France, l’ouverture au-delà des frontières partisanes, le besoin de réformes structurelles, a provoqué un fort échos parmi les Français. N. Sarkozy, par la création de son gouvernement, semble répondre à cet échos, telle les sirènes attirant les navigateurs déboussolés.
En face, le ps ne répond plus du tout aux électeurs, ses éléphants n’ayant pour seule motivation que de sauver la boutique et leurs propres sièges. Ils nous rejouent l’opposition frontale, mais opposition à quoi puisque nous en sommes toujours à la phase de l’apparence de la création d’un gouvernement, aux effets d’annonces ? Les électeurs lors des élections présidentielles ont montré leur volonté de réformes pour le pays, de quitter la gangue qui nous enserrait depuis 1981. Or, le ps lui répond avec ses recettes surannées, décalées, façon “Félix Potin” dans la banlieue 2007.
Le parti Socialiste est devenu un parti inutile.
Il est fort probable que, si les électeurs veulent ce changement salutaire, ils craignent pour autant de laisser l’action sarkozienne sans garde-fous. L’a priori noniste du ps, le casernement de l’ump laissent nombre de nos concitoyens perdus. Le MoDem doit être la réponse de l’équilibre, de l’équité, face à l’équarrissage umpéesque.
C’est ainsi que nous atteindrons les rivages de Ktisis, en apportant la réponse de l’intérêt de la France, en nous démarquant de tout fanatisme, a priori, ou facilité péremptoire de l’imposture oppositionnelle. Ouvrons grand nos portes à tous ces électeurs n’en pouvant plus de l’inutilité de la gauche, n’en pouvant plus des certitudes versaillaises de l’ump. En restant dans le sillon de la démarche de F. Bayrou (emploi, économie, europe, écologie, éducation), le MoDem ne sera plus un parti du centre subissant l’impasse de la gauche et de la droite, mais sera le point central, la balise de notre démocratie.
Nous avons 5 ans pour installer notre Ktisis, et ces élections législatives sont le début d’une longue marche. A nous, Démocrates, de faire en sorte qu’elle aboutisse à la réalisation du souhait des Français pour leur pays : une France moderne, ambitieuse, et équilibrée.












Avec ses 80.000 nouveaux adhérents, la refondation partira du MoDem, la Gauche ayant opté depuis longtemps pour une posture d’opposition, aussi stérile que suicidaire ; l’intuition des Français pendant la campagne présidentielle est celle que ce nouveau mouvement démocrate dessine des perspectives pour le renouvelement des idées.
L’épreuve des législatives passée entamons au plus vite la Ktisis.
Hier, on a pris une 2nde belle claque… Après 2 bières rapides au QG défini pour ce triste soir, je me suis sauvé. Un collègue, après m’avoir remercié pour mon implication, me demandait “Pas trop déçu?”, je répondais “Non, mais il va falloir en faire plus encore…” Le connaissant, il a dû sentir la force de mon mensonge, mon départ hâtif ne faisant que le confirmer.
Même pas pris le temps de “féliciter” nos candidats, de les assurer de mon soutien, ainsi qu’à leurs 2 suppléantes qui ont fait du bon boulot, comme globalement notre équipe locale d’ailleurs : on pouvait difficilement faire plus étant donné le laps de temps alloué, et la non-campagne ambiante…
Ma plus grande déception après la mauvaise soirée d’hier, est qu’aujourd’hui, en scrutant de plus près les résultats dans le Parisien, j’éprouve ce sentiment de ne pas (plus?) comprendre les français.
On a vu un bel élan lors des présidentielles; moins d’un mois après, on retombe dans la même bipolarisation dont les limites sont maintenant prouvées.
Le PS est en vrille, il sauvera les meubles sur son historique mais que fera-t-il ensuite de ses meubles : NADA, comme ils l’ont souvent fait. DSK souriant hors caméras, reprenant la tête des mauvais jours en apprenant qu’il est filmé. Ouais, la déblâcle lui sert plutôt. Et le pays, là dedans? On verra plus tard, quand on se sera un peu plus enfoncé dans les pbs, quand certains, de conjoncturels seront devenus structurels.
Je regarde les noms de certains élus [ou très probables] : Tiberi, Carignon, Gaymard, Juppé, Morin, Santiini… Mais les gens ont-ils la mémoire si courte? Leur suffit-il de quelques footings en Ray-ban, une pseudo ouverture, 2 ou 3 “J’ai changé” pour faire table rase d’un lourd passé? En revanche, les projets sur la sécu social, les errements “défiscalisant” sur l’immobilier ne semblent pas les toucher. L’activisme du little boss emporte tout : super!
Bref, je suis “down”, on va se relever. Cette courte période “sans campagne”, va nous permettre enfin de poser les choses, de construire un truc. On saura vite si, au sein du MODEM, il y a les forces nécessaires et la détermination essentiel. Pour ma part, elle y est : on avait des raccourcis, nous les avons raté. La démarche “Parlons au intelligence” ne peut que fonctionner un jour ou l’autre. Le risque, c’est le fatalisme (le célebre “c’est comme ça!”), mais nous ne tomberons pas dans ce piège.
J’ai entendu Santini faire une jolie défense sur le cumul des mandats, ce dernier expliquant que tout ce qu’il avait fait de grand même pour Issy-Les-Moulineaux, il l’avait fait grâce à ces différents mandats, en faisant intervenir ces connaissances et ses ficelles de ses autres postes. Concluant par un feu d’artifice : “Je connais le poids des seuls maires de communes : ils n’obtiennent rien car ils ne spont pasa écoutés”. Et bien, il a tout dit : pourquoi un simple Maire n’est pas entendu pour des problématiques concernant sa ville sans être aux Conseils généraux, Régionaux, que sais-je d’autres députés français et Européens etc… Et bien parcequ’il y a des gens comme le sus-nnommé qui “abusent de leurs positions ailleurs. C’est le chat qui se mord la queue. Et pourquoi des “candidats à casserole” se font élire parcequ’il est toujours bon d’avoir une star comme élu [star signifiant présent partout [et surtout sur TF1], ayant des mandats partout pour obtenir des trucs]. On retombe dans la triste défense des intérêts particuliers au profit du général [les pauvres Maires qui n’obtiennent rien… tant pis pour eux et pour leurs communes].
Ouh la, nous avons du boulot.
Allez, hauts les coeurs, à force de cohérence et de détermination, nous y arriverons : aussi pugnace que Sarko sans aboyement, sans division, sans démagogie ne peut que VAINCRE!
Alors, c’est parti pour les fondations même s’il faudra sûrement trouvé de nouveaux moyens de faire de la politique et des canaux d’expression “modifiés” car les standards sont mis à mal actuellement!