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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








La presse s’emmêle

Etonnante presse que la française…
- Jean-Marie Colombanie dans “Le Monde”, qui appelle à un second tour entre “la gourde et le gourdin”, pardon, entre S. Royal et N. Sarkozy. Non seulement il oublie ses affinités barristes, mais en plus il a la lâcheté de ne pas appeler tout simplement à un vôte sarkozien : il sait que la ségolène est dans l’incapacité de battre le sarkozy… Mais surtout, je regrette que l’image du journal du Monde soit entâchée par cette prise de position cynique et opportuniste.
Je voudrais juste faire ce rappel à J-M Colombanie : quand un journaliste déplaît à N. Sarkozy, ce dernier le fait virer. 2 évènements pour illustrer mes propos :
1 ) le rédacteur en chef de Paris-Match foutu dehors parce qu’il ne fallait pas d’article et de photos sur la femme de Sarkozy avec son amant à New-York
2) l’énervement du caudillo devant les questions des journalistes de France 3, et les menaçant de les virer dès qu’il sera élu…

- je préfère l’édito de Claude Imbert dans Le Point qui retrouve une plume libre et équilibrée. en rappelant le fardeau économique de “l’exception française”, il parle de réalité. Et laisse les Français choisir entre les 3 “vôtes utiles” : S. Royal, N. Sarkozy, ou F. Bayrou. Et surtout, a le courage de dénoncer “la mauvaise droite”, réac, malthusienne et protectionniste. Assez original le dossier sur les QG de campagne.

- Jacques Attali vs Nicolas Baverez. Dans le numéro du Point de la semaine dernière, N. Baverez annonçait son soutien à Sarkozy. Soutien particulièrement hilarant puisque ce fin journaliste explique son positionnement par rapport à la situation économique : il faut désendetter l’Etat, avoir une politique “pro-entreprise”, notamment pour les pme. Or, Sarkozy a un programme qui accroît la dette de 35 milliards d’€, et ne voit dans le monde des entreprises que les grosses (qui ne participe qu’à hauteur de 7 % du PIB). Désolant de voir cet intellectuel de haut vol, qui rédigea une biographie de qualité de R. Aron, ne plus être en cohérence avec ce dernier. Et gênant pour un F.O.G, directeur de la rédac, qui a le culot de prétendre que Le Point, propriété de Pineau-Valenciennes, ami de J. Chirac et soutien de N. Sarkozy, “ne roule pour personne”.
J. Attali, dans “L’Express”, se montre plus fin et logique :
1) seuls Bayrou, Royal et Sarkozy peuvent gagner au 2d tour
2) Le Pen, inéligible au 2d tour, peut par contre s’y retrouver, éliminant ainsi un des 3 éligibles
3) chacun doit vôter au 1er tour en tenant compte de son choix du 2d tour
cela implique donc pour le chroniqueur :
1) il faut vôter dès le 1er tour pour son candidat si l’on veut le retrouver au 2d tour
2) il faut vôter dès le 1er tour pour celui qui est le plus capable de battre au 2d tour celui que l’électeur ne veut surtout pas voir “s’installer à l’Elysée”
3) vôter pour l’un des 9 autres candidats relève de l’inutile et laisse les autres électeurs choisir à sa place le président.
Et je dois reconnaître que j’apprécie tout particulièrement sa conclusion : “une moitié des français souhaite la défaite de s. Royal, l’autre moitié la défaite de n. sarkozy. (…) et ces deux moitiés pensent que le troisième présidentiable, f. bayrou, est le mieux à même de battre celui des deux autres qu’elles veulent voir éliminé.
En conséquence, logiquement, ce troisième présidentiable devrait être élu”.
Rappelant que la France est le pays et de Descartes, et de Pascal, il préfère ne pas se risquer malgré tout à un pari.

Merci Monsieur Attali. C’est finement dit, logique, et réaliste…

- dernière remarque sur les médias : ce matin, sur Europe 1, Sarkozy déclarait qu’il avait été ouvert à tous les débats pendant cette campagne de 1er tour. Or, le journaliste oublie de rappeler qu’en fait Sarkozy avait refusé le débat proposé par Bayrou et accepté par Royal…
Mais il est vrai que Lagardère est le propriétaire d’Europe 1… comme de Paris Match (et donc relire le début, cqfd…).

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6 commentaires à “La presse s'emmêle”

  1. 1 Decrauze Loïc

    Il était des professions de foi…

    Je viens d’achever la lecture annotée des douze professions de foi. L’impression d’un fourre-tout sur format imposé qui tente, avec plus ou moins d’efficacité, le panorama des thèmes majeurs.

    Le Pen : les « cinq ans désastreux pour notre pays » qu’il décèle lui fait naturellement oublier le passage calamiteux de membres de son parti à la tête de municipalités.

    Schivardi : Son monde aberré. Chez lui, « tout devient possible » en anéantissant la baraque UE, en se torchant avec ses directives, en s’asseyant sur notre signature des traités.

    Bové : l’apologie du pire dans la IVe République (sous couvert du bâton à droite pour faire croire à une VIe) avec « la proportionnelle intégrale ».

    Besancenot : Il faudrait rappeler deux évidences à l’intégriste révolutionnaire : partir de ces pays en s’en remettant aux bonnes volontés nationales, c’est l’assurance d’une guerre civile totale suivie d’une partition de l’Irak, dramatique pour la région, et d’une reprise en main sanguinaire de l’Afghanistan par les talibans.

    Laguiller : Vive la politique de l’autruche-Laguiller qui veut nous retirer des théâtres internationaux pour enfler davantage les services publics intérieurs. Belle preuve de générosité internationaliste !

    Buffet : elle paralyse la raison avec sa fumeuse stigmatisation des « privilégiés », caste (on n’est pas loin de l’accusation ethnique) qui, avec ses « 20 milliards d’Euros » peut se la couler douce « pour 1000 ans ».

    De Villiers : avec son département en bandoulière, avec son programme à œillères et avec son anti-construction européenne, il préjuge de sa qualité à la place de Président par un syllogisme branlant.

    Voynet : « sans pesticides (…) sans OGM (…) sans incinérateurs (…) sans nouvelles autoroutes (…) sans nouvelles centrales nucléaires ». En lisant trop vite la fin, l’attention encore impressionnée par ce cumul, on repère un dernier souhait « sans écologistes ! » certes précédé dans la même phrase par un « On ne fera pas d’écologie ». Si ce n’est pas du nihilisme ça !

    Nihous : il faut « obliger les parlementaires à avoir un mandat local » ! Formidable projet démocratique qui obligerait les électeurs, sans doute avec un canon de fusil de chasse sur la tempe, à élire maire ou conseiller municipal leur p… de député-technocrate.

    Sarkozy-Royal : c’est de l’ordre un peu juste chez l’une et juste de l’ordre chez l’autre ; du tout qui devient possible chez l’un et du possible en tout chez l’autre ; une « France présidente » pour l’une et le « Président d’une France » pour l’autre…

    Bayrou : Ce français François qui, seul, nous adresse, de sa main, son « affection ».

    Pour un tour d’horizon intégral, cf. http://pamphletaire.blogspot.com

  2. 2 Francchri

    C’est la 1ère campagne pour laquelle je m’implique autant [collage, tractage, marche, enguelade ou disons “débat” avec des proches de la famille…]. Se faissant, je me suis intéressé aux autres, à leurs propositions et à la façon dont tout cela était relayé par les organismes de presse grand public… Et, même si un temps j’ai cru que les propos de FB sur le grand complot était vaguement “too much”, j’ai dû constater que nous étions loin d’une presse neutre. Dernière illustration effectivement, JP, les déclarations de JM Colombani que je trouve INADMISSIBLES. la réponse de FB a été la bonne [malheureusement, nous l’avons peu entendue et pour cause] : en quoi cette personne a son “brevet” de démocratie. Par ailleurs, outre son intérêt propre [celui de rester dans un système qui lui va bien] rien, intellectuellement, ne justifiait, pour “le bien de la démocratie” un vrai débat entre une vraie droite et une vraie gauche [si ce n’est pour une vraie continuation du n’importe quoi : une décevante activité neuronale de Colombani ou, plus probable, illustration du fait qu’ il considère que les électeurs ne sont pas dôté d’intelligence!]. Comme l’a dit FB à Bercy, “A gauche, on disait qu’il était de droite; A droite qu’il était de gauche” : ces 2 appareils ont créé une union sacrée autour du “très stérile” pour éviter la seule voie productive (le pire, c’est qu’ils ont eu gain de cause… mais qu’ils se méfient, la révolte sommeille!]. Bref, “Le Monde” a perdu des lecteurs assidus et Colombani aura de la part de mon épouse et moi un courrier qu’il jettera probablement de suite à la corbeille : il a eu ce qu’il voulait, on ne va pas, quand même, lui demander d’intellectualiser une démarche déplacée!
    Concernant la suite de votre post sur Attali, je suis plus partagé sur l’analyse des motivations de vote. Entendons-nous : l’analyse est la bonne mais je trouve le fond déplorable. A force de faire des usines à gaz et des projections sur le 2nd tour, on en oublie de voter pour ses idées. Le vote utile, nous avons même était tenté de l’utiliser à l’UDF car effectivement l’anti-Sarko” c’était nous [donc, on connait le prochain président de la république, il faudra se lever tôt et être dans les bonnes cases de son programme France contre France]. Pour autant FB a, intrinsequement, des choses a raconter bien au délà de l’anti-système primaire.
    Mais, avec ces calculs, on s’interroge :
    * Faiblesse des Verts et des extrêmes gauches => vote utile sur Ségo [ne partageant donc pas ses idées]?
    * FN : partage des idées ou, comme en 2002, mécontentement basique?
    * Même dans le vote Bayrou, y-a-t-il du PS [votant pour FB car rempart anti-Sarko]?

    Bref, moi, en fin de campagne, je conseillais au gens de voter pour le candidat qui, selon eux, allait faire le mieux pour la France une fois élu.
    Après tout, c’est le rôle d’un 1er tour… Il y en a un 2nd pour justement éviter les risques trop grands [cf. 2002]. A trop user de cette argument 2nd tour, les votes sont “dénaturés” et on a vu sur le référendum a la Constition combien cela peut être pervers [les gens ont cru que la question étaient “Voulez-vous garder Chirac?”].

    Donc, je crois vraiment qu’on gagnerait à voter pour ses idées et non en fonction de calculs qu’on peut très facilement retourner!
    Et donc toujours, même si Attali a raison dans son analyse, je trouve dommage de fonctionner comme cela [pas lui mais l’électorat] : les repsonsabilités étant à chercher pour beaucoup dans la classe politique et dans la teneur de ses discours!

    PS : Si Le Pen avait été au 2nd tour, cela m’aurait beacoup ennuyé pour la France [en terme d’image] mais, après tout, cela n’aurait été qu’une illustration démocratique et il ne serait pas passé…

  3. 3 jp

    ce que tu dis est bien sûr exact. toutefois, attali répondait, d’après moi, au matraquage de l’ump et du ps sur le coup du vôte utile. il a retourné excellement leurs arguments.
    bien sûr que pour moi, vôter fb, c’était vôter pour son programme. je crois que je l’ai suffisamment commenté ailleurs (”pour une politique industrielle”, par exp).
    et c’était aussi vôter pour que l’offre politique corresponde à la réalité électorale des français.

    je me pose aussi la question de la responsabilité de dsk : quand bayrou lui a tendu la main (1er ministrable), il l’a refusée.
    - en sachant que royal sera incapable de battre sarkozy, ce qui est un de leurs objectifs
    - en sachant que rien se sépare son programme de candidat à la candidature de fb
    - en sachant que ses éleceurs et sympathisants nous sont très semblables. cela s’est vu au 1er tour.

    en refusant la main tendue, dsk a sans doute fait le choix de “la jouer façon chirac” en 1981 : royal perd, il flingue alors hollande et récupère le ps pour être son candidat en 2012.
    or, ce ne sera que dans 5 ans, et nous n’aurons rien oublié, et saurons rappeler aux français son cynisme et son opportunisme.

    je suis très déçu de l’attitude de dsk.

  4. 4 jp

    très bonne expression de rocard dans “le monde” qu’il n’y ait pas eu d’accord udf-ps avant le 1er tour, de report réciproque :
    “Je ne suis pas sûr d’avoir eu tort de le proposer, mais ça a déplu à beaucoup de gens.
    Comme si certains choisissaient la défaite honorable plutôt que la victoire un peu compromettante”, a grincé Michel Rocard.
    “Ça me paraît dommage, mais je crains que ce ne soit un peu tard pour la faire parce que les mots identitaires de chaque côté, et donc un peu agressifs, ont été prononcés”.

  5. 5 Mesina

    Pire que tout, au delà même de l’é
    éditorial du Monde (qui rappellons le ne concerne qu’un quarteron de lecteurs enfermés dans les frontières du périphérique parisien), il y a eu l’instrumentalisation indécente des sondages. Comment expliquer autrement que par la magouille un sondage CSA qui donne vendredi soir Bayrou à 14% derrière le FN ?

  6. 6 Infos

    je lis ton blog e temps en temps et c’est toujours un plaisir imense ;)

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