Un vote électronique empreint de défiance
7 Commentaires Publié by Soseki avril 15th, 2007 in En campagne, Identité démocrate, Idées fortes, Pour et contre, Présidentielles 2007, blog politiqueDans moins d’une semaine maintenant, plus d’un million de Français seront appelés à élire le futur chef de l’État en appuyant sur une borne à écran tactile. Cette décision qui n’a été précédé d’aucun débat public devrait s’appliquer dans plus de 50 communes en France (Liste disponible ici ) . Les villes de Saint-Malo, Meylan, Noisy-le-Sec, Le Mans, Brest, le Havre, Bourges ou Issy les moulineaux ont fait le choix de généraliser le dispositif à l’ensemble leurs bureaux de vote, le code électoral imposant un seul unique dans chaque bureau. Reste à savoir si cette initiative sert le débat démocratique. Rien n’est moins sûr.
Cette expérimentation à grande échelle pour les présidentielles de 2007, que ne soutient plus guère désormais que l’UMP à l’échelon national, est une décision lourde de sens, et la source potentielle d’incertitudes sur l’issue du scrutin. Le journal Le monde faisait état de la défiance grandissante de cette initiative dans son édition du 13 avril dernier. Cette défiance s’appuie sur des argumentaires établis à l’échelon international, comme le manifeste un nombre croissant de rapports, dont celui de la CNIL ou de l’United States Government Accountability Office (rapport du GAO), qui montre que quasiment tous les grands pays industrialisés (Suisse, Estonie et Corée du Sud excepté) ont statué sur le manque de maturité des technologies employés. L’Irlande a abandonné le recueil électronique des suffrages et la Belgique l’a suspendue. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont décidés de mettre clairement un terme à leurs tests de vote électronique à distance. L’Espagne temporise enfin la généralisation du vote par internet, du fait de nombreuses critiques quant à la sécurité des opérations. Les politiques se sont prononcés majoritairement contre à l’image de François Bayrou début mars dans le magazine Politis pour ces présidentielles.
Tous les arguments déployés pour nous convaincre de l’infaibilité des systèmes par ses promoteurs, et dont on voit bien qu’elle largement sujet à caution, ne doivent pas éluder des enjeux plus importants car la question du vote électronique n’a pas ailleurs jamais été étudiée scientifiquement sous l’angle de l’interaction homme-machine. La tentation est grande de réduire la problématique du vote électronique à sa dimension technique mais les enjeux symboliques le sont plus encore. Il faut s’interroger en effet sur l’impact auprès de l’électeur d’une dématérialisation de l’acte civique qui tend à fonder entièrement un processus électoral sur le vote électronique. Certains regrettent également que la dimension rituelle s’émousse avec la virtualisation de l’acte de vote. L’instantanéïté recherché du résultat est-elle enfin vraiment souhaitable ?
Au risque de passer pour un luddite, il reste qu’à mes yeux l’argument majeur réside dans l’introduction d’une caste de techniciens entre le citoyen et son vote. Sans être complètement opposé à la démarche de virtualisation du vote, force est de constater l’incertitude que le dispositif électronique proposé fait peser, en l’état, sur le scrutin. Les informaticiens et les « technologistes » sont d’ailleurs les premiers à porter la critique sur les systèmes jugés faillibles.
Cette contestation s’est cristallisée autour de pétitions en ligne, en France sur le site « ordinateurs-de-vote.org« , ou aux Etats-Unis avec la « verified voting foundation » et de nombreuses questions restent sans réponses pour fiabiliser les systèmes. Il ressort de ces débats et critiques que les initiatives récentes se focalisent sur la proposition d’un bulletin papier vérifié par l’électeur (VVPB/VVAT). Encore objet de débat ce dispositif présente néanmoins tous les attributs d’un rituel électoral « revisité » fiable et démocratique.
A suivre amis démocrates !




Cher Soseki,
A Noisy-le-Sec, dirigée par Nicole Rivoire (maire UDF), le vote devient électronique, non pas avec des ordinateurs de vote mais avec des machines à voter électronique comme le guichet automatique qui a remplacé la queue au guichet des banques, comme le distributeur de billets de train ou métro dans nos gares … Je ne pense pas que la liste ait besoin d’être allongée …
Contrairement à ce que tu écris, il s’agira bien d’un vote, les électeurs de Noisy-le-Sec voteront bel et bien pour François Bayrou, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy …
Pour te répondre précisément à partir des arguments que tu as glanés ça et là sur la toile :
- Aucune “caste de technicien entre le citoyen et son vote”,
- Aucune “démarche de virtualisation du vote”, le vote est bel et bien réel,
- Aucune “incertitude sur le scrutin” : sur quoi te bases-tu pour affirmer cela à part sur la campagne du PS en la matière ?
- Les “technologistes” comme les initiateurs des “pétitions en ligne” dont tu fais état sont souvent socialistes, altermondialistes ou verts et loin des réalités de terrain.
- “Sans être complètement opposé à la démarche de virtualisation du vote”, tu fais remarquer qu’une des machines à voter, le modèle Ivotronic, permet l’édition “d’un bulletin papier vérifié par l’électeur” et tu insistes sur le fait que cela “présente néanmoins tous les attributs d’un rituel électoral “revisité” fiable et démocratique”. Mais, le Ministère de l’Intérieur ne prévoit pas du tout ce système, cela aurait été en effet gage de sérénité et aurait sans doute empêché toute cette littérature sur internet alors que les militants feraient mieux de faire campagne.
Faire campagne sur la toile c’est bien, mais participer aux campagnes de désinformation, jouer les Rhinocéros de Ionesco …
Voici ce que les électeurs de Noisy-le-Sec reçoivent comme information au sujet des machines à voter.
lien : http://www.noisylesec.net/index.php?id_article=3765&id_rub=services
Un système simple, rapide, fiable et écologique qui permet désormais de se passer des urnes et des bulletins de vote.
La fiabilité des machines est garantie par un agrément de l’État.
À l’approche de scrutins nationaux, la municipalité a en effet souhaité mettre en place une gestion efficace et sûre de ces élections. C’est donc tout naturellement que la Ville a équipé la totalité de ses bureaux de vote de machines à voter électroniques. À la suite d’un appel d’offre, elle s’est dotée de 20 machines iVotronic, l’un des trois modèles agréés par le ministère de l’Intérieur, distribuées par la société noiséenne Datamatique (en savoir plus sur Datamatique.
Noisy accompagne ainsi les villes d’Aulnay-sous-Bois, Bagnolet, Rosny-sous-Bois, Stains… dans la mise en place du vote électronique.
Désormais à Noisy-le-Sec, citoyenneté rime avec :
Fiabilité
Les machines à voter électroniques ont reçu un agrément de l’État à la suite d’un processus draconien, notamment en terme de sécurité. N’étant reliées à aucun réseau, leur piratage n’est pas possible et les machines sont scellées avant et après l’élection. Des systèmes de sauvegarde assurent la sécurité du vote et le comptage des voix est fiabilisé.
Confidentialité
La machine isole l’électeur des regards et aucune donnée personnelle n’y est entrée. Le secret du vote est ainsi respecté. À la clôture du bureau, les données sont compilées afin que le vote d’une personne ne puisse pas être déterminé en fonction de son heure de passage.
Modernité
Gain de temps, facilité de gestion… Les machines à voter répondent aussi à une préoccupation majeure : la protection de l’environnement. En supprimant les bulletins de vote, Noisy-le-Sec fait réaliser une importante économie de papier.
Accessibilité
Un casque, des touches de navigation en braille et des indications affichées en grands caractères sur l’écran permettent le vote des personnes déficientes visuelles.
La machine étant très légère, elle peut être déposée sur les genoux des électeurs en fauteuil roulant ou à mobilité réduite.
Ces dispositifs permettent à tous de voter en complète autonomie et en bénéficiant de la même confidentialité. Cependant, chacun pourra toujours décider d’être accompagné d’une personne de son choix afin d’être guidé dans sa démarche de vote.
Rapidité
Lors d’élections traditionnelles, le dépouillement et la transmission des résultats nécessitent en moyenne plus de trois heures. Grâce au vote électronique, ceux-ci sont instantanés et il s’écoule moins de 20 minutes entre la fermeture du bureau de vote et l’affichage des résultats de ce dernier.
Simplicité
Trois gestes suffisent : d’une simple pression du doigt sur l’écran, l’électeur fait son choix, le valide ou le modifie, et vote.
Tant que l’électeur n’a pas appuyé sur le bouton VOTE, il lui est possible de revenir sur son choix. Dans chaque bureau de vote, des panneaux d’information expliqueront les différentes étapes d’utilisation de la machine et le personnel présent pourra vous venir en aide, dans le respect du secret du vote.
Les électeurs pourront voter blanc mais il n’y aura plus de vote nul possible.
Pour découvrir les machines à voter, des journées de démonstration sont organisées dans le hall de l’hôtel de ville le mercredi 21 mars de 9h à 12h et de 13h30 à 17h30 et le samedi 24 mars de 9h30 à 12h.
Qu’est-ce que ça change ?
Dans les faits, mise à part la disparition des bulletins en papier, le vote électronique n’entraîne pas de grands bouleversements.
Avant les scrutins, les électeurs recevront les professions de foi des candidats par voie postale, sans bulletin de vote.
Le jour du vote, il sera toujours nécessaire de présenter un justificatif d’identité et sa carte d’électeur à l’entrée du bureau. Les Noiséens recevront cette nouvelle carte d’électeur avant le 1er tour du scrutin présidentiel.
La signature du registre après le vote sera elle aussi maintenue.
Les électeurs pourront voter blanc mais il n’y aura plus de vote nul possible.
Comment voter électroniquement ?
1. CHOISIR
Appuyer sur l’écran tactile pour choisir un candidat.
2. VALIDER
Appuyer sur l’écran tactile pour confirmer ou modifier votre choix.
3. VOTER
Appuyer sur le bouton vert VOTE situé au-dessus de l’écran pour enregistrer votre vote.
Comment vais-je voter ?
1. Je présente ma carte d’électeur et une pièce d’identité.
2. Grâce à la machine électronique, je choisis un candidat et je vote.
3. Je signe le registre afin de confirmer que j’ai voté.
4. Je peux quitter le bureau de vote.
C’est aussi simple que cela, et cela a un avantage certain à 20h10, on connaît le résultat du scrutin sur Noisy-le-Sec, et cela évite la fraude que seuls les Séquano-Dyonisiens peuvent aussi bien connaître …
Sébastien Moulinat
Directeur de cabinet de Nicole Rivoire
Ancien Secrétaire Général des Jeunes UDF
J’ai signé la pétition contre ce système car :
1/ On sait tous que la classe politique est énormément mise en doute actuellement et cela ne fait que participer [même si c'est faux] à la possibilité éventuelle de la fraude.
2/ Je trouve admirable qu’un citoyen lambda puisse participer au dépouillement « physique » avec les petits papiers. Maintenant on doit faire confiance à une machine dont la fiabilité est validé par tellement de personnes compétentes qu’on se demande.
3/ J’y vois somme toute très peu d’intérêt. Plutôt « vert » dans l’âme, je me dis que c’est bien pour le papier… Mais, je pense que c’est un leurre. On pourrait d’abord, limiter les tracts, les affiches etc… [ou arréter tout cela pour s'entendre, entre tous les candidats, sur d'autres formes de communication des programmes].
Bref, dans la liste que vous élaborez, Sébastien Moulinat : « Fiabilité, confidentialité, modernité, accessibilité, rapidité, simplicité », je ne vois rien NI de révolutionnaire NI de réel besoin. J’entends par là (et au même titre que vous défendez ce système] : qui a dit que le système « ancien » était non fiable, non confidentiel, non moderne etc…
Vos exemples d’autres secteurs finissent de me convaincre… Au risque de paraître « réfractaires à tous changements », je dois vous avouer ne pas « adorer » la machine a tout va. S’est ainsi que j’ai récemment changé de banque parce qu’il n’assume plus leur support physique demandé; c’est ainsi que j’ai pesté, au Métro Rue des Boulets, après plusieurs semaines de travaux : qu’est-ce qu’on gagne : plus de vente au guichet, qu’avec les machines : Est-ce cela la modernité ?!?
Quand « aux militants qui feraient mieux de faire campagne », ne vous inquiétez pas, il la font. Mais, il n’est pas interdit de prendre un peu de hauteur et de ce demander pourquoi faire telle ou telle chose; je crois même, mais peut-être ne partagerez-vous pas cette idée, qu’on a tous à gagner à ce que les citoyens sortent la tête du guidon pour se projeter et analyser ce qu’on leur prépare [en catimini pa?!
A Sébastien.
Je ne m’attarderai pas sur le remplacement des machines à Issy-les-Moulineaux, pour revenir sur le fond et notamment l’absence de débat public qui entoure cette décision. Aucun élément de réponse n’a émergé sur ce point et c’est le problème majeur à mes yeux.
Quand je mentionne une “caste de technicien entre le citoyen et son vote”, ce que je pointe c’est entre autre l’opacité qui entoure le système d’exploitation autorisant tous les hypothèses sur sa fiabilité, c’est aussi l’intervention rendu nécessaire de tiers-techniciens en cas de problème sur les machines. Les risques de piratage ne peuvent être exclus à ce jour, c’est la critique de nombreux informaticiens soucieux que la dématérialisation du vote soit basé sur un système inconstestable. Force est de constater que la confiance n’est pas encore au rendez-vous.
Avec la “démarche de virtualisation du vote”, c’est tout simplement le processus de dématérialisation qui est à l’oeuvre. Que la démarche soit faite via une machine à voter ou par un vote à distance, des problématiques communes sont à l’oeuvre. codage du signal, instantanéïté du vote, intervention de tiers-techniciens en cas de problème sur les machines, problème d’appréhension du système par les personnes âgées, il y a simplement la nécessité de proposer un système aussi digne de confiance que l’urne et le vote papier.
Le citoyen doit pouvoir être informé sur ces évolutions dans un climat plus serein que l’élection présidentiel et surtout avec les éléments pour juger lors de débats ouverts et publics comme ce fut le cas pour la préparation du vote autour de la constitution européenne.
L’“incertitude sur le scrutin” est liée avant tout à l’absence de débat public au niveau national, surtout dans le cadre d’une élection présidentielle. L’opacité des systèmes techniques ajouté à l’absence de débat identifié sur la validité du vote électronique. Le fait que les expérimentations en la matière dans les grands pays démocratiques (relire le rapport de la CNIL sur ce point) soient en net recul, introduit également le doute.
Rien n’exclut l’expérimentation au niveau local mais il faut dans ces cas là prévoir des alternatives
Les “technologistes” comme les initiateurs des “pétitions en ligne” sont parfois des activistes ou des gens ayant pris parti, rien n’est plus vrai. Néanmoins je ne crois pas me tromper en disant que globalement la corporation des informaticiens (en France ou aux Etats-Unis) émet des doutes sur la démarche, tout en proposant des pistes intéressantes (système de preuve papier notamment).
En conclusion la démarche de virtualisation, ou soyons plus précis sur les termes, sur le processus de dématérialisation du vote, intervient sans doute trop tôt. Je ne crois pas que la maturité du processus de vote électronique et des technologies qui le supporte soit satisfaisant à ce jour. Encore une fois je n’y suis pas opposé sur le principe mais je m’interroge quel bénéfice réel par rapport au vote papier.
J’ose à peine me moquer de ce que relate la presse à propos de noisy le Sec avec des bureaux encore ouverts à 21h30 !
J’ai longuement évoqué ce sujet avec des collègues et même des gens de ma section locale de l’UDF… En définitive, il semble que la seule vraie raison est purement ECONOMIQUE. En fait, il manque de personnes pour tenir les bureaux de vote [Responsables des bureaux assesseurs] et donc, les mairies ont recours à du personnel administratif (fonctionnaires) qu’ils doivent payer pour un travail le dimanche donc beaucoup[ primes] et cela génère des sur-coût difficile à assumer dans leur budget. Je le colmprends tout à fait mais je vous avoue ne jamais avoir vu cette question sous cet angle : Bref, au moins, cela me donne une vraie raison de comprendre pourquoi nous évoquions même l’éventualité de ce système puisque je ne comprenais absolument pas le gain qu’on y trouvait [instantanéïté et fiabilité étant très facilement balayés].
Fort de cette information, je suis allé dépouiller, hier, et je compte, avec la section locale, mettre l’accent sur la nécessité de « fournir du personnel » pour continuer une procédure qui satisfait tout le monde. D’ici là, on pourra discuter sur la nécessité de s’américaniser et de laisser nos votes se faire « utiliser » par les plus puissants. Mais, le score de François BAYROU a démontré hier que plus de 7 millions de personnes voulaient une autre façon de faire de la politique. C’est une très bonne illustration : pour ma part, et bien que cela ne sera pas du militantisme pro-UDF, je suis prêt à m’investir personnellement là dedans puisque c’est du civisme donc pro-neutralité du système donc pro-démocratie… Donc in fine, pro- »façon de faire de la politique comme j’apprécie ».
Soit dit au passage les lieux où on a voté sur machines ont généré une belle vague d’insatisfaction chez les électeurs => Espérons que les « décideurs » en tiennent compte et cherchent plutôt à résoudre le problème différemment.
Disons les choses, avisons, et nous verrons => je suis persiuadé qu’un appel aux volontaires [en explicitant les tenats et aboutissants] ne resterait pas sans réponse, mais a-t-il seulement été fait ou a-t-on décidé en lieux et places des personnes impliquées? [me concernant, je n'avais, jusqu'alors, jamais eu connaissance de cette problématique de manque de "manutentionnaires"].
A bientôt, je reste fondamentalement CONTRE ces machines mais suis devenu CONSCIENT de la nécessité d’apporter une réponse à un problème « ECONOMIQUE »…. Pour moi, le reste (rapidité, fiabilité, modernité) en devient très secondaire!
Il fallait attendre 1h30 à 2h pour voté hier a Noisy le sec, je dois avouer y avoir renoncé et je ne pense pas être le seul.
Le vote électronique est une catastrophe. J’espère seulement que la mairie de Noisy compte faire quelle que chose le 6 mai prochain.
Personne n’a été empêché de voter hier, les opérations de vote ont continué jusqu’à 21h10 dans le bureau de l’Hôtel-de-Ville…
Néanmoins comme à Saint-Malo, Nicole Rivoire, Maire UDF de Noisy-le-Sec saura tirer toutes les conclusions des enseignements de ce scrutin.
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis …