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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Depuis le 1er janvier 2007, la Chancelière fédérale allemande, Angela Merkel, préside pour six mois aux destinées de l’Union !
Réjouissons-nous !
Cette « fille de l’Est », physicienne de formation, pragmatique par nature selon ses observateurs, a du tempérament, des talents, et nourrit de grandes ambitions pour l’UE !
Le décor a été planté lors de son discours « d’investiture » prononcé à Strasbourg. Notez :
Priorité est donnée au (re)lancement du processus de ratification d’une Constitution. Parallèlement, la Chancelière souhaite une UE affirmée sur le plan international. Sur ce dernier point, l’accent est mis sur la reprise des efforts de paix pour le Moyen-Orient. Par ailleurs, la volonté de renforcer la coopération avec la Russie est affichée. Egalement, le programme allemand souhaite une intensification de la coopération trans-Atlantique.
Nous l’aurons compris, «Angie » ambitionne de repositionner son pays sur l’échiquier international et notamment européen, d’où ce programme « frénétique » pour six petits mois de présidence ! … Qui doutait que les allemands rechignaient devant la tache ?! Mais comment ne pas tirer profit de ce volontarisme pro-européen, et ainsi relancer le duo franco-allemand ? Nous reviendrons sur ce point.
Comme l’a souligné la F.A.Z. « Frankfurter Allgemeiner Zeitung », quotidien de centre-droit, « (…) plus qu’un simple exposé de sa pensée européenne, [Angela Merkel] lance le début d’une tentative de réconciliation des citoyens à l’unification européenne, d’une réconciliation du passé avec le futur (…) ».
Par ailleurs, en mettant en exergue « l’esprit européen », il est clair pour la Chancelière, que le temps où l’expansion avait la priorité sur un renforcement institutionnel est révolu.
Plus précisément, sur la question constitutionnelle, Angela Merkel souhaite qu’au terme de sa présidence (fin juin 2007), une décision soit prise sur la démarche qui devra être adoptée. Comme elle le souligne, « (…) il est dans l’intérêt de l’Europe de parvenir à un succès d’ici aux prochaines élections européennes de 2009 (…) ».
Sur cette question, l’accent est mis sur la nécessaire création d’un ministre européen des affaires étrangères, qui soit la voix de l’Europe, et plus encore, l’illustration de l’âme européenne. « (…) Nous avons besoin d’un ministre des affaires étrangères pour l’Europe. (…) Nous devons donner une âme à l’Europe ; nous devons trouver l’âme européenne. Toute erreur, pourrait être une erreur historique. »…. Le message est on ne peut plus clair !
Egalement, le programme allemand encourage à ce que l’Europe soit moteur dans le processus de relance des pourparlers de paix au Moyen-Orient. Sur ce point, Angela Merkel en appel à la création d’un quartet UE, US, ONU et Russie.
Sur la question russe, la Chancelière souligne la dimension stratégique pour l’Europe de parvenir à nouer des relations économiques « (…) aussi étendues que possible (…) ». Ceci présuppose pour elle, la négociation d’un traité de partenariat et de coopération russo-européen.
La volonté également d’intensifier la coopération trans-Atlantique est affirmée. Soulignant que l’histoire illustrait combien l’intégration des économies américano-européenne était source de développements, Angela Merkel rappelle que pour sa part, le rapprochement entre Etats-Unis et Allemagne se poursuivra.
Cet ambitieux programme se veut à la hauteur de cette année de commémoration du 50ème anniversaire du traité de Rome, qui se tiendra à Berlin.
Nul doute qu’il n’échappe pas à l’esprit de la Chancelière fédérale que sa capitale occupe désormais une place centrale sur la scène européenne depuis l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie, une place qu’elle entend manifestement occuper pleinement.
Cependant, cet engouement pro-européen ne fait pas l’unanimité.
En effet, le quotidien conservateur « Die Welt » souligne que c’est sans enthousiasme que cette présidence allemande a été accueillie outre Rhin.
Par ailleurs, il est indiqué que le pragmatisme caractérise le mieux l’attitude observée par les allemands sur la question européenne, précisant que la nécessité de décisions meilleures et plus justes, ne posait pas pour postulat l’adoption d’une constitution. Ainsi est-il écrit « (…) Oui, l’Europe doit devenir attractive. Mais plus de compétition économique (…), plus de mobilité et plus de sécurité sont plus importants qu’une constitution (…) ». En conclusion, « Die Welt » indique caricaturalement, que personne ne parviendra d’ici à fait juin, à conduire 27 Etats vers un seul et même numéro de téléphone européen…
Pour faire échos à ce qui ressemble être un eurosceptissisme allemand, « Der Spiegel », rappelle la pensée britannique sur l’UE, en citant la définition faite par l’ancien secrétaire britannique aux affaires européennes, Douglas Alexander : « (…) une communauté fermée d’Etats indépendants, travaillant ensemble lorsque la coopération peut ajouter de la valeur (…) »… Soit !
Pour « couronner » l’ensemble, « Der Spiegel » fait état d’une étude publiée en décembre 2006 par la Commission européenne. Cette étude révélait qu’à la fin des années 90, 70 % d’européens étaient favorables à la construction européenne. Ce taux est aujourd’hui passé à 53 %. Par ailleurs, la Commission souligne que seuls 33 % des européens considèrent que l’UE est sur la bonne voie…
Face à cette morosité ambiante, nul n’est besoin de préciser qu’Angela Merkel doit être soutenue, secondée.
Aussi, dans la perspective de relancer la « locomotive » européenne, le rôle ne devrait-il pas tout naturellement revenir à la France ?
Certes, il est très peu probable qu’une quelconque initiative soit prise du côté français avant le terme des échéances présidentielles. Mais après ? Ne faut-il pas profiter aujourd’hui, de cette main tendue allemande, pour redonner du « corps » au « couple » franco-allemand et au final, à l’Union ?
Alors, qui de François Bayrou, Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal est en mesure de répondre à l’appel qui nous est lancé outre Rhin ?
Pour Nicolas Sarkozy, il est assez difficile à mon sens de dégager ses idées maîtresses sur la question. Outre le fait que le sujet ne soit pas franchement abordé lors de ses interventions, il se dégage un réel flou de son programme.
En effet, certes on peut y lire que le candidat souhaite être « (…) le Président d’une nouvelle Europe (…) », « (…) une Europe avec une identité et des frontières, (…) qui agit concrètement, (…) qui protège ses intérêts et ses peuples dans la mondialisation », mais pour ce qui relève des moyens à mettre en œuvre, des projets à réaliser, le programme reste muet.
Arrêtons-nous cependant quelques instants sur les 5 phrases (selon la police de caractères !) qui illustrent les ambitions du candidat sur la question européenne.
Ainsi donc, cette « Nouvelle Europe » serait « (…) une Europe avec une identité et des frontières (…) ».
Mais, l’Europe a tout à la fois une et même des identités et des frontières…
Une identité qui s’est construite depuis la CECA, le traité de Rome jusqu’à nos jours. Une identité qui s’illustre par des institutions communes, un corps judiciaire commun, un drapeau, un hymne, une banque centrale et une monnaie.
Par ailleurs l’Europe, est faite aussi « d’identités », celle de chacun des Etats membres, car n’en déplaise à ses détracteurs, l’Union Européenne n’a jamais eu et n’aura jamais pour vocation à faire disparaître les cultures, les identités des Etats qui la constituent. C’est justement cela aussi la richesse de l’UE.
Quant aux frontières… Monsieur Sarkozy, faites un effort ! Elles existent les frontières, et vous le savez bien. Schengen en est une illustration. Par ailleurs, sur le plan des échanges économiques, la taxation appliquée à toute importation réalisée depuis un Etat tiers à l’Union, en est une autre illustration !
Mais peut-être Monsieur Sarkozy souhaite-t-il des frontières encore plus fermées, à l’image de ce qu’évoquait Douglas Alexander…
A ce stade, force est de constater que les idées proposées n’apportent rien au débat.
Poursuivons…
Cette « Nouvelle Europe » serait une Europe « (…) qui agit concrètement (…) ». On va finir par croire que Monsieur Sarkozy n’entend rien à l’UE. La P.A.C., les Fonds de développements régionaux, Erasmus, la monnaie (forte), la liberté d’établissement, la liberté de circulation, Airbus, Eurocopter (non Nicolas, ce n’est pas une série américaine) pour ne citer que quelques exemples, illustrent parfaitement que l’UE n’est pas une vue de l’esprit !
A la décharge du candidat, il est vrai cependant qu’en qualité de Président du Conseil Général des Hauts de Seine ou Député Maire de Neuilly Sur Seine, il ait assez peu connu les problématiques relevant tant des fonds de développements régionaux que de la situation de nos agriculteurs ! Mais… à bien y regarder… l’Europe c’est du concret !
Alors certes, ce peut être encore plus concret. Par exemple, en créant une politique de défense commune, une politique étrangère commune (appelée de ses vœux par la Chancelière fédérale) qui bien qu’existant sur le papier, n’ont pas véritablement pris forme. Mais encore faut-il se prononcer en ce sens. Et là pour le coup, votre programme Monsieur Sarkozy est vide.
Enfin, (déjà) selon le candidat Sarkozy, cette « Nouvelle Europe » serait une Europe « (…) qui protège ses intérêts et ses peuples dans la mondialisation » (…) »… Il a eu raison de la garder pour la fin, c’est la meilleure !
Très bien, belle idée, touchante, émouvante à souhait.
Pour ce qui est de la protection de ses intérêts, l’UE n’a pas vraiment besoin du petit Nicolas. Première puissance économique au monde, en la matière, l’Union a du savoir faire !
Quant à la protection de « (…) ses peuples dans la mondialisation », cette préoccupation est partagée par tous. Il aurait été alors plus intéressant d’indiquer les moyens mis en œuvre aux fins d’assurer cette protection ? Serait-il question d’interventionnisme économique ? Si oui comment ? Inutile de développer le point de vue de nos amis anglais, espagnols, allemands sur la question…
Au final, Monsieur Sarkozy nous propose rien de nouveau et surtout, rien de concret.
Il est à craindre ma chère Angela, que si cet homme venait à gagner les élections présidentielles, il ne soit pas du meilleur soutien !
Qu’en est-il maintenant de Madame Royal ?
Non que je ne veuille absolument rien écrire sur cette femme, il est manifeste qu’elle ne m’en donne pas les moyens.
Sauf à être frappée d’une subite amnésie, je ne me souviens pas avoir entendu la candidate sur son projet européen.
Alors me diriez-vous, il y a le site du PS sur lequel il devrait être possible de lire les lignes directrices du programme socialiste sur la question. Et bien, sauf erreur de ma part, non. Au jour de la rédaction du présent article, rien n’y figure.
Certes, il est fait mention du congrès des socialistes européens tenu à Porto, les 7 et 8 décembre derniers.
Il semble ainsi, qu’une étape « importante » ait été franchie pour « une nouvelle Europe sociale ». S’en suit la déclinaison des points essentiels d’une résolution commune.
Les points suivants ont ainsi été arrêtés : des droits et des responsabilités pour tous ; le plein-emploi ; investir dans le capital humain ; combattre sans relâche l’exclusion sociale ; une politique de la petite enfance ; une égalité entre femmes et hommes ; l’indispensable dialogue social ; faire de la diversité et de l’intégration notre force ; relever le défi des changements climatiques ; une Europe active au service de ses citoyens…
Bon vous l’aurez compris, les socialos se sont amusés !
Il faudra donc attendre le 12 (ou 13) février prochain, pour que le programme de la candidate nous soit révélé. Nul doute que la question européenne y sera abordée. Si toutefois, les propositions devaient s’articuler autour des points arrêtés lors de ce congrès de Porto, alors… la circonspection devrait se lire sur le visage d’Angela ! Attendons… cela fera l’objet d’un prochain article !
Ainsi donc, ne reste plus qu’à aborder la question européenne sous l’angle UDFite !
Alors qu’en est-il ?
Pour François Bayrou, « (…) Sans Europe, sans union politique et sans démocratie, la marche du monde devient une fatalité, une mécanique inexorable, sur laquelle les peuples de notre continent auront perdu le pouvoir de peser (…) ».
Plus encore, « (…) L’Europe est la clé de la liberté de choix : elle permet d’écrire l’avenir (…) ».
Ainsi le postulat semble être posé : l’UE doit se doter des outils institutionnels nécessaires à son affirmation tant politique qu’économique sur l’échiquier international ; à son affranchissement des autres puissances.
Est-ce à dire que cela passe par la ratification d’un texte constitutionnel, tel qu’évoqué par la Chancelière Fédérale ?
Oui répond l’UDF.
Sur ce point, le souci est de proposer « (…) un texte, simple, lisible, court, sans ambiguïté, qui donnera forme aux principes (…) ».
Cependant une « loi fondamentale » ne fait pas tout. L’expression de la voix européenne à l’international, suppose-t-elle la création d’un ministre des affaires étrangères européen tel qu’évoqué par Angela Merkel ?
Là encore, oui répond l’UDF.
Plus précisément, le projet UDF vise expressément « (…) la création d’un poste de ministre des affaires étrangères de l’Union, disposant d’une compétence regroupant les domaines économique et politique, et assurant à l’Europe la cohérence de sa politique extérieure et sa visibilité à l’égard des pays tiers (…) ».
Au-delà de la seule volonté de donner à l’UE les moyens de sa reconnaissance internationale, il s’agit de lui donner les outils qui lui permettront d’influer sur le cours des évènements, d’être un interlocuteur incontournable dans la gestion des crises.
En ce sens, le projet UDF se fait précis, en évoquant le nécessaire « (…) développement d’une politique étrangère et de sécurité commune qui permette à l’Europe de ne pas rester tributaire d’une autre puissance, même amie (…) ».
On retrouve ici ce qui fut exprimé par Angela Merkel lors de son discours devant le Parlement européen et concorde avec sa volonté de relance européenne des efforts de paix au Moyen Orient.
Ainsi donc, sur la question européenne, on ne peut que relever une réelle concordance de vue entre l’UDF et l’actuelle administration allemande.
A noter cependant, une certaine défiance exprimée par François Bayrou sur la question des rapports trans-Atlantique. A raison, le Président de l’UDF souligne qu’il n’y a rien de bon à laisser en l’état cette domination mondiale par une seule et même puissance économique. Mais il conviendrait d’illustrer le propos sur ce que devraient être les termes de l’organisation des rapports US-UE à l’instar de ce qu’évoquait Angela Merkel, à savoir : la création de structures communes, similaires à celles d’un marché interne.
Enfin, la question russe reste ouverte.
En conclusion, sur les questions majeures (constitution ; politique étrangère), à bien y regarder, un tandem Merkel – Bayrou pourrait s’avérer très profitable pour l’UE… A suivre…

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2 commentaires à “Europa über alles !”

  1. 1 Soseki

    Le recul de la popularité de l’idée européenne dans l’opinion allemande mérite toute notre attention et les français ont une part de responsabilité morale dans cette situation. Si notre pays ambitionne toujours d’être un moteur pour l’Europe politique, alors cette véléité doit se traduire en actes, et des initatives forte de nos présidentiables proposéees aux Français.

    Comme l’a bien résumé David, il y a peu a attendre des socialistes qui sont désespérants sur cette question. Pire encore la crispation social-souverainiste laisse présager une campagne délétère sur l’enjeu Europe côté PS.
    Quand c’est la voix de Pervenche Bérès que l’on souhaiterait entendre c’est hélas une polémique mettant en scène Benoît Hamon – défenseur du « non » à la Constitution européenne et désormais chargé des affaires européennes au sein du PS français – et Jean Quatremer (journaliste et blogueur pour libération à Bruxelles) qui occupe les exprits.
    Cette polémique se nourrit des propos pas vraiment politiquement corrects de Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, considérant que « la question de l’appartenance de la France à l’UE serait posée si elle disait une nouvelle fois « Non » à un nouveau compromis institutionnel. »
    L’absence de perspectives, de plan « B » de ce côté semble à ce point patent que l’on joue à se faire peur en ruminant cette mise au point.

    Côté UMP Sarkozy propose un mini traité qu’il ferait passer par le Parlement, une proposition qui n’a guère rencontrer d’échos favorables outre-Rhin. Pas vraiment du grand à moudre pour « l’Europe du concret » qu’il prétend défendre, sinon la stratégie de l’évitement …

  2. 2 jp

    les pharisiens de l’europe
    les instances européennes ont une vision en contradiction avec les intérêts de l’Union Européenne : le cas de l’Intelligence Economique en est une pafaite illustration. Les commissaires européens, surtout celui à la concurrence, ont une politique réductrice du libéralisme : le libéralisme conciste pour eux en la stricte observance de la liberté du marché. or, cette liberté s’applique intégralement aussi aux entreprises extra-européennes.
    à l’inverse, les états-unis pratiquent le libéralisme pour ses entreprises sur son marché mais pratique radicalement le « patriotisme économique » pour protéger leurs entreprises et les accompagner dans leur croissance. par exemple, les américains ont décidé dans les 80′s d’adopter une politique stratégique économique de la supériorité, de la domination, sur le plan de la recherche et du développement.
    12 000 fonctionnaires américains travaillent sur la sécurité-sûreté des entreprises américaines. bref, l’état américain est fortement en soutien pour l’existence, la création, l’ouverture ou l’élargissement de marchés pour les entreprises us.
    or, les institutions européennes n’ont aucune volonté en ce domaine, l’europe se désindustrialise et se laisse dominer par les usa sur le plan de la recherche et du développement, alors que son potentiel est supérieur.
    les états européens semblent au moins paraître s’entendre pour créer un « small business act », qui imposerait que 20 % des appels d’offre soient réservés aux PME-PMI européennes (ce qui se pratique aux usa).
    en france, la structuration de l’intelligence économique est récente mais déjà efficace. toutefois, or d’une coordinnation européenne, elle ne peut être conséquente dans une économie mondiale.
    bref, il serait temps que l’union européenne défende les intérêts des européens et leur économie plutôt que d’être des intégristes naïfs du libéralisme, la loi l’emportant sur l’esprit, tels des pharisens.
    sans quoi les peuples européens continueront à ne plus croire en l’europe (à quoi sert une europe non européenne ?)

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