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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








Une fois n’est pas coutume : parlons bien, parlons psy, mais parlons-en modestement car n’en n’étant pas un je ne suis pas sûr de ne pas dire de bêtises. Mais le principe du plaisir étant un fondement freudien prenons le plaisir « de parler avec humeur » comme principe de ce billet.

A vouloir confondre des vérités qui n’ont rien à faire ensemble ou d’en assurer qui n’en sont pas, j’entends : qu’un homme politique soit meilleur parce qu’il est élégant, raffiné, sait mettre le bon tailleur chanel avec les bonnes chaussures, allaite directement au sein, a l’art de la crème de jour pour rivaliser devant ses adversaires, on finit vraiment par dire n’importe quoi. Les plus experts et je n’hésite pas à dire les plus pervers, font monter la sauce en démontrant psychologiquement ou psychanalytiquement que le meilleur homme politique c’est la femme. Mais quelle régression quand un être est scruté à la lumière des paradigmes analytiques qui sont là d’habitude pour être invoqués dans la recherche d’une meilleur compréhension de l’être et non pour une justification médiatique. Freud deviendrait-il comme Aristote au XVIIème siècle chez Molière ? Argument d’autorité telle une clôture scholastique quand le souffle devient court. Pour parler grossièrement nous sommes guidé par des désirs qui relèvent/révèlent de/ notre genre masculin ou féminin : cela vient de notre sexe, de l’élaboration de notre complexe d’Œdipe et de la phase d’identification avec nos parents; puis une sexualisation à caractère sociétal vient s’ajouter, amoindrir ou contredire cet état premier. Ainsi sans mentir une bonne partie des femmes ont des caractéristiques propres et les hommes en ont d’autres et contredire cela serait confondre la vie et l’emmener vers un chaos qui n’aurait comme conséquence que lui refuser un avenir. Pourtant l’ensemble psychique que forme notre être n’est pas un ensemble minéral établi une fois pour toutes. L’inconscient (détermination originelle, désirs dits et non-dits, idéaux figurés pour aller vite) bien que présent en tous nos faits et décisions, le moi à pour but de faire en sorte que le principe de réalité prenne le pas sur le principe de désir résultant de notre inconscient et ainsi permet de s’adapter au monde. Sans imaginer ce moi surpuissant et restant dans les bornes du non psychotique, son existence suffit à montrer que les difficultés les plus viscérales peuvent être soulevées par le moi, et que l’expérience personnelle est seule à même de prouver les capacités de tel ou telle à faire face. Il est donc vain d’élaborer un « eugénisme » psychanalytique au profit des mâles ou des femelles, ce serait une tentative structuraliste déshumanisante, barbare. En clair, n’importe qui homme ou femme dans la mesure où son moi prend en charge le plus ou le moins à ajouter pour répondre à telle situation est en mesure de le faire. En 2006 et bientôt en 2007, en France il s’agit de faire en sorte qu’en toute chose de la vie cette équation puisse se vérifier.

Dans le débat présidentiel qui se profil autour de Royal, il faut reconnaître que s’il y a tant de commentaires sur le sexe du président, c’est aussi peut-être dû au manque de lisibilité de la candidate. Une image construite sur du virtuel et non du réel qui a déçu les désirs (d’avenir ?) et les ont transformé de ce fait en fantasmes. Ainsi très vite on a, dans les médias, supputé sur la femme et non sur le politique jusque dans une généralisation bâtarde, une méthode nauséabonde pour la porter ou l’écraser sur le mode de la guerre des sexes.

Sur Mme Guigou, Mme de Sarnez, Mme de Panafieu, on sait à qui s’en tenir. On sait qui sont-elles, qu’elles sont ou ont été à la hauteur hors des considérations d’écurie gauche/droite. Cela ferme le débat de la manière la plus positive. Pour l’émancipation de la femme il ne faut pas plus de femmes tout court, mais plus de femmes comme celles-là, des femmes non d’exception, mais des femmes qui savent, qui font.

Les fanatiques de l’analyse feraient mieux de s’interroger non pas sur ce que peut changer une femme président, car à mon avis cela ne change rien ou sinon il y a vraiment un problème avec les femmes ou les hommes, mais sur l’envie des français de voir une femme d’être élue président. Si Royal est élue, elle remplira ses fonctions comme un homme : ni en mieux, ni en pire, rien en sa qualité de femme n’y changerai. Et je vous le demande : qu’a changé Merkel en tant que femme en Allemagne ? En tant que femme, rien ! C’est sa coalition d’union nationale qui a fait bouger les choses, et je ne vois rien en Royal qui ressemblerait à la main tendue vers une coalition Droite-Gauche-Centre, mais plutôt la vielle rengaine « PS-VERTS-PC ».

N’ajoutons donc pas au vide, le vide sidéral. Regardons plutôt les réels, les contenus et les positionnements des hommes et des femmes qui se présenterons à l’élection présidentielle afin de trouver les réponses à nos questions dans la substance plutôt que dans les figures.

Au nom de l’égalité et de l’intelligence, n’envoyons pas une femme parce qu’elle est une femme pour servir simplement de victime propitiatoire à lutte des sexes, ou un bouc dans le désert pour y mettre nos péchés envers la parité, car si ce bouc se révèlerait être une chèvre, nous en serions tous les perdants.

De l’égalité pour tous, mais de grâce, jugeons sur le programme, jugeons les tripes, jugeons l’expérience et la compétence et sachez qu’en la matière sans en faire leur panégyrique, à l’occasion il y a bien des femmes qui égalent voire surpassent les hommes. Alors les jeux sont ouverts : c’est ça l’égalité, je dirais même plus : la maturité.

Pour finir avec la psychanalyse, un petit conte :

Au tout début de l’histoire la psychanalyse britannique deux femmes (pourtant réputée douces et maternelles, insensibles aux luttes de pouvoir comme toutes les femmes, c’est très connu) Mélanie K. et Anna F. étaient aux commandes de deux camps résolument opposés dans l’exercice de l’analyse thérapeutique, et qui chacune avait juré avoir la peau de l’autre au nom de sa vérité propre. Le problème c’est que cela finissait par ressembler à une histoire Shadock : « Ils pompaient et pompaient mais rien ne voulait plus en sortir », avec tant de talents on allait vers un désastre sûr en raison de ces voix discordantes. C’est alors qu’un homme Donald (j’ai dit un homme pas un canard) W. au moyen des indépendants « middle group » réconcilia les deux camps, en s’imposant aux deux comme la « troisième voie » et en proposant un arbitrage neuf et non sectaire des différentes visions. Le projet fonctionna et permis de nombreuses avancées grâce à de nouvelles collaborations. Et comme dans tous contes de fées : Ils eurent beaucoup d’enfants… J’avoue que c’est aussi une histoire de centristes, la vie est un peu faite comme ça. CQFD

Ps : Pour ceux qui s’y connaissent mieux que moi : je sais bien qu’au final Winnicott se rapprocha plus des Kleiniens que des Anna freudiens en ralliant les indépendants à ces premiers mais bon il ne faut pas pousser non plus car il y a un moment il faut bien s’arrêter.

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