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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








Qu’il est difficile et long dans notre pays d’établir certaines vérités !

Concernant la question du bilan économique et social des 35 heures, nous y sommes enfin. Il aura donc fallu 10 ans pour que la presse, notamment celle proche de la gauche, mais aussi la majorité de la classe politique retienne comme acquis le caractère néfaste de cette mesure emblématique de la mandature Jospin.

Le 20 novembre dernier, c’est le célèbre Eric Le Boucher qui ouvre le feu dans le Monde dans un article consacré au déclin industriel français « L’histoire retiendra que la RTT aura été le fruit amer d’une alliance objective entre les socialistes et les grands du CAC 40, qui y ont trouvé leur compte et qui délocalisent […] ». L’analyste indique également ce que tout le monde savait c’est-à-dire que ceci se passe au détriment de nos PME, qui sont les véritables moteurs de notre économie.

Le 1er décembre dans la Tribune, Michel Didier, président de l’institut Rexecode explique la perte de compétitivité de l’industrie « en réalité, c’est surtout la croissance du coût salarial horaire lié en partie au passage aux 35 heures […] qui pénalise la France ».

Mais la nouveauté de ce début de campagne, c’est qu’une bonne part des socialistes sont désormais contraints d’énoncer eux aussi ce diagnostic. Fabius a fait flop en proposant leur généralisation complète. Désormais leur nouveau chef de file, Ségolène Royal, utilise même cet exemple pour justifier son idée de jury populaire, suggérant que cela leur aurait évité de se fourvoyer dans une application complètement déconnectée des réalités du terrain, notamment à l’hôpital. Pour ma part, j’ai peine à croire qu’un jury aurait pu expliquer en quelques heures à ces dogmatiques ce qu’ils ont mis 10 ans à admettre publiquement, mais on peut toujours rêver…

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8 commentaires à “35 heures : et la lumière fut !”

  1. 1 jp

    c’est tellement vrai ce que tu dis, camarade messina, que françois hollande, lors du rdv d’europe 1 du dimanche, a soutenu femme royale qui reconnaissait que les 35h posaient problème.

    leur solution alors ?
    la généralisation des 35h !!!!!

    absurdlutly, not ?

  2. 2 Henri

    Trois petits documents trouvés sur internet, qui éclairent les débats et redressent certaines turpitudes.

    1 - Durée du travail : apparences et réalité, France et autres pays
    http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

    Les Français travaillent plus (36,3 h),
    que les Américains (33,8 h),
    les Allemands (33,6 h),
    les Espagnols (33,2 h),
    les Anglais (31,7 h),
    les Hollandais (29,2 h)
    et d’autres, en faisant la moyenne de tous les emplois à temps plein ou partiel.

    2 - Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage
    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

    En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

    3 - Comment on manipule les chiffres du chômage dans un pays du nord
    http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

    En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %.

    Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

  3. 3 Mesina

    Si je comprends bien alors que meme les plus ardents défenseurs des 35 heures ont largement modéré leurs discours, certains croinet toujours au mirage !

    S’il y avait eu un effet massif sur le chomage ça aurait du se voir non ?? Peut etre meme que Jospin aurait passé au moins un tour en 2002 ?
    Vous croyez sérieusement que dans les entreprises de taille modestes il y a eu des embauches de compensation ?
    En revanche la hausse de productivité pour compenser a bien eu lieu mais vu le stress généré dans certains métiers je ne suis pas certain que cela soit un progrès social. Je ne développe meme pas l’effet négatif sur les plus bas revenus qui est certainement la raison pour laquelle meme la gauche constate les dégats aujourd’hui
    En outre tous ces chiffres ne rendent pas compte d’une autre conséquence : le changemet d’attitude radical de nos cadres et des jeunes face au travail : on est passé d’une valeur à un du et c’est probablemet cela le pire…

  4. 4 jp

    étranges sites que ceux signalés par henri qui fleurent bon l’intérêt électoral socialiste. mais la tactique habituelle consistant à noyer dans les chiffres ou argumentaires ficelés la réalité est connue. or, concernant les 35h, la réalité s’impose :
    - le fond prévu par la loi aubry pour financer le passage aux 35h dans les entreprises n’a jamais été créé. le coût exhorbitant, en milliards d’euros, est donc financé par les salaires (!) des français et l’accroissementde la dette, c.a.d la note pour plus tard et les suivants
    - le financement par nos salaires se fait en plus sur des salaires bloqués à cause de la perte de production…
    - ce sont les catégories populaires qui paient le plus la note car pas de perspectives d’augmentation des revenus !
    - pas de créations d’emplois
    - accentuation de la rigidité du temps de travail des français, rendant difficile l’adaptation de celui-ci aux besoins des français, comme ceux qui veulent gagner plus, ou avoir un temps partiel. cela s’observe notamment par la dificulté des femmes à pouvoir être enceinte quand elles le souhaitent
    - les 35h ont aggravé les inégalités sociales entre salariés du public et des grandes entreprises du privé / salariés des PME-PMI, jeunes, étrangers, professions libérales, cadres, etc…
    - cela correspond à une vision malthusienne de l’économie de la gauche en générale et des socialistes en particuliers, prouvant son décalage d’avec les réalités économiques et sociales,
    - et cela correspond aussi au clientélisme électoral de la gauche. mais cela contribue de même à l’amertume de tous ceux qui ne sont ni fonctionnaires ni salariés des grandes entreprises du privé, voire chômeurs tout court, et donc à l’augmentation des voix pour les extrêmes et l’abstention.

    - le pire c’est que le seul argument de la candidate du ps, après avoir logiquement critiqué les 35h, c’est leur généralisation !!!

    ne pourrait on pas supprimer les 35h et les remplacer par l’ajout de 5 jours de congés payés ?

  5. 5 Juste milieu

    JP,

    C’est ce que nous avons fait dans mon
    entreprise, “annualiser” les 35 heures on octroyant plus de jours de congés si tant est que les collaborateurs cadres soient en mesure de les prendre. Si tel n’est pas le cas les mettre sur le compte épargne temps mais je reconnais que toutes les entreprises ne peuvent se payer ce luxe…
    Heureusement ce qui “sauve” (très relativement ..) la France face à ses concurrents européens ou US c’est la bonne productivité et la bonne formation générale des salariés. face à la concurrence des pays émergents (Chine, Brésil, Inde,..) évidemment on ne peut pas lutter d’autant plus qu’ils sont aussi de mieux en mieux formés ..

  6. 6 pulka

    Ah les 35 heures, et le mythe de ” nous les français, on travaille moins mais mieux” , ben non, désolé ce fut vrai un temps, mais ce n’est plus le cas depuis quelques années ( les chiffres d’henri sont assez fantaisistes au passage ..)

  7. 7 Okasan

    Effectivement, ces chiffres sont etranges. Ceci dit, la productivité horaire de la main d’oeuvre en France est élevée, et s’aligne sur celle des Etats-Unis (la référence en la matière, dit-on souvent) bien plus qu’on ne pourrait le croire au vue du gap de croissance du PIB entre les deux pays. Les US ont connu une croissance moyenne beaucoup plus forte depuis 15 ans, mais elle résulte pour beaucoup (1) d’un plus grand nombre d’heures travaillées dans la semaine et (2) d’une meilleure dynamique démographique. En terme de productivité horaire, on reste dans les cordes. Ce choix résultat positif est toutefois encore biaisé par un autre problème : compte tenu des choix de société (éducation, retraite, etc) aux US, les jeunes y travaillent plus jeunes et les vieux beaucoup plus vieux, mais dans les deux cas, ce sont des petits boulots, à faible productivité horaire. Si on met de côté cette population active, à “périmètre du marché du travail équivalent”, la productivité horaire aux US devient encore un peu plus élevé que la notre et un décrochage est en train d’apparaitre : ceux qui font la croissance aux US sont très productifs, cad : l’économie de la connaissance est bien valorisée, beaucoup mieux qu’en France.
    Les US ont un choix de société qui met une partie de la population en grande difficulté (syst. de retraite/éducation) mais sont très forts sur ce qui fait la croissance d’un pays développé. La France est dans une situation exactement inverse. Elle hésite depuis longtemps à engager des réformes pour entrer dans l’économie de la connaissance, de peur d’en laisser sur le bord du chemin, mais ce faisant, en n’acquérant pas ce qu’il faut pour créer de la richesse elle s’est n’a pas pu éviter la crise de l’emploi.
    L’erreur à ne pas commettre est de confondre les deux débats (1) modèle de société ; (2) refonte des principes de production sur les paradigmes de l’économie de la connaissance. On peut être “social” et “moderne”, mais à condition de ne pas être social comme en 1981.
    De ce point de vue, les 35h sont une belle connerie (passez moi l’expression) qui ne prend compte, ni de la manière dont est organisé le travail dans les entreprises aujourd’hui, où les salariés sont plus autonomes, et donc plus responsables, ni le niveau des avancées sociales de la France par rapport aux autres pays.
    Ce qu’a permis la loi Aubry, finalement c’aura été (1) de faire passer aux syndicats une flexibilité horaire qu’ils ne voulaient pas (et qu’ils ont maintenant sans les 35h !!!), (2) d’ouvrir la réflexion sur la formation au long de la vie, suite aux histoire de compte épargne temps, (3) et de se rendre compte un peu mieux de l’aberration qu’est devenu le CDI par rapport au CDD, véritable saint graal de la protection sociale et source d’injustice car source d’une dualité du marché du travail, entre les CDI et les précaires.

    Quand à ce que je lis plus haut, dans l’article de Henri sur les pays scandinaves, c’est assez étrange au regard de ce que je connais de la littérature éco sur la question. La Suède, typiquement, est le pays qui a très bien su gérer sa barque dans cette époque de transformation, et ce n’est pas une image d’Epinal. Maintenant, si son modèle est bon pour lui, il ne l’est pas pour un pays aux dimension et au passé de la France. Mais il ne faut pas oppose progrès social et innovation/flexibilité.
    Toute avancée à sa contrepartie, ou plus précisément, tout droit suppose un devoir. Toujours. L’économie, c’est bêtement pragmatique.

  1. 1 Lexapro.

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