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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info






Je me suis amusé à imaginer d’ignorer la prédisposition de l’échiquier politique par la gauche et par la droite, qui tente d’ignorer le centre, en lui donnant une autre configuration en prenant pour facteur de disposition le comportement politique face aux responsabilités. Cela m’a donné des « autruches », des « baudruches », qui tentent elles-aussi d’en ignorer un troisième, dont la dénomination explique aussi cette ignorance volontaire (car vues ainsi) : les « cruches ».

LES AUTRUCHES
Les autruches, on les trouve et à gauche, et à droite.
Nous avons eu la longue période de la gauche gouvernementale depuis 1981 qui a ruiné le pays : les nationalisations, l’explosion du nombre de fonctionnaires, l’endettement massif pour payer des prestations sociales dont le seul but fut de créer une clientèle électorale dépendante. Là il faut bien reconnaître une vraie réussite mitterrandienne. A cela s’ajoute l’explosion du chômage, de la délinquance (souvenons nous de la confession Jospinienne), du « ni-ni », les 35h, la CMU, et l’on a l’archétype de l’autruche qui continue dans l’erreur en disant que tout va bien et qu’il ne faut surtout rien réformer.
Et impossible de progresser avec la gauche, de devenir des « sociaux-démocrates » (voyez le sort fait à Strauss-Kahn, Rocard, Delors, Bockel, Migaud, Kouchner ou encore Védrine), de s’ouvrir au centre. Souvenons-nous de la réaction du 1er secrétaire du PS dernièrement : “Si M. Bayrou trouve que le programme de la gauche est plus intéressant que le programme de la droite, alors bien sûr qu’il sera le bienvenu, pour voter à gauche.” François Hollande estime que la stratégie d’ouverture au centre voulue par F. Mitterrand pour son second septennat « n’était pas la bonne stratégie », ou encore : “Ce n’est pas une offre d’alliance, c’est une offre de confusion “. “Je négocie aujourd’hui toutes les alliances, mais pas avec l’UDF. Et si l’UDF la pose, ce sera non. L’appel à l’avenir ne nous intéresse pas, les électeurs ont besoin de clarté”, tranchait Bruno Le Roux, secrétaire national chargé des élections. Le Mur de Berlin, ça avait quand même du bon pour certains !
Je ne vous ferai pas de commentaires sur le programme calamiteux et totalement irresponsable du PS, on en a déjà parlé (pas de stratégie économique, fiscalité encore accentuée, extension des 35h, pas de réformes d’Etat, pas de lutte contre l’endettement, vision environnementale pitoyable, et sécurité envisagée par le retour de la police de proximité sans augmentation de personnels…). Bref comme l’écrivait Semprun pour Montand : « Le PS a perdu toutes ses certitudes (heureusement) mais a gardé toutes ses illusions (malheureusement) ». En cela les sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux ont de graves responsabilités concernant l’archaïsme de la gauche française en n’ayant pas eu le courage de franchir le Rubicon !

On a aussi la droite, chiraquienne. Le documentaire sur Chirac que chacun a pu voir dernièrement contribue je croie à illustrer mes propos. Je n’aborderai pas la question des « affaires », comme l’indiquait le documentaire : « J. Chirac n’est pas un homme d’argent », c’est vrai, c’est un homme de l’argent des autres…
D’abord il a fallut faire battre VGE et sortir l’illustre Raymond Barre en faisant élire Mitterrand : c’est-à-dire arrêter le processus d’adaptation de la France engagé par R. Barre pour la faire plonger dans le « programme commun ». Et pendant que nos voisins européens se sortaient de la crise, nous, nous y plongions. Pour souvenir, en 1981 (après deux crises pétrolières consécutives), la dette n’existait pas, la France était le 1er pays exportateur d’Europe, le chômage était, si je ne m’abuse, à 1,5 millions de victimes (et à l’époque on ne trafiquait pas les chiffres).
Je ne reviendrai pas sur l’évitement de l’élection de R. Barre en 1988 permettant la réélection de Mitterrand, la nouvelle plongée dans l’endettement de Balladur en vue des présidentielles de 1995, de la guerre fratricide entre balladuriens et chiraquiens (elles savent y faire, les autruches), des élections lamentables de Chirac avec A. Juppé et ses droites bottes comme 1er ministre, la Dissolution (plus besoin d’adjectif, une majuscule suffit), les réformes vides ou d’évitement (encore), la tentative d’éradication de l’UDF (les autruches, ça aime la tranquillité), la guerre entre sarkoziens et anti-sarkoziens (quand je vous dis que les autruches savent y faire) provoquant des affaires genre clearstream (faut bien s’occuper), le cpe, et « j’en passe » qui n’est plus lui-même des meilleurs. Si certains politiques ont des engagements, J. Chirac aura eu lui des emballements…
Résultat, la France est un pays hyper endetté provoquant une augmentation continuelle des charges, avec un chômage explosif, une délinquance diffuse et de plus en plus barbare, une immigration non intégrée, une jeunesse désintégrée, les classes moyennes et populaires appauvries (les resto du cÅ“ur reconnaissent voir de plus en plus de gens nécessiteux ayant pourtant un emploi, comme l’on a de plus en plus de personnes obligées d’avoir deux boulots pour faire vivre leur famille), et les deux postes de dépenses dont les prix se sont envolés sont la nourriture et l’immobilier… La lâcheté de cette gauche et de cette droite que nous subissons depuis 25 ans a dès à présent des répercussions déplorables (1) .

LES BAUDRUCHES
Les présidentielles arrivent et la plupart des médias nous imposent deux figures : Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy. Les deux pratiquent souvent une démagogie alimentant les journaux. Je les appelle les « baudruches » car quand la réalité s’imposera, et elle s’impose toujours, l’effet baudruche se fera.
Commençons par la gauche. S. Royale joue à fond l’effet sondage et image (une femme, seul argumentaire de nouveauté). Elle veut donner l’impression qu’elle prend ses libertés avec le parti socialiste, ce qui en soit prouve l’inanité de son programme. Se voulant moins dogmatique que son parti, plus sévère quant à la délinquance, plus ouverte sur les réalités économiques, elle séduit. Mais à l’épreuve des faits (je me suis un peu penché sur son « bilan »), il suffit de se souvenir de son action au gouvernement que tous ses collègues définissent comme… nulle. Ou encore à la présidence de la région poitevine qu’elle met en avant comme laboratoire de son expérience, que d’aucun juge particulièrement autoritaire et sectaire (exp : le « Futuroscope », parce que création de la droite, ne figure plus sur la carte des lieux touristiques de la Région) : inflation des dépenses de personnel (+ 23 %), suppression arbitraires de subventions (surtout pour le développement économique…), coups médiatiques, gaspillage (elle a essayé de faire payer par la Région sa virée électorale au Chili, et il faut voir aussi le parc de voitures !), et clientélisme (elle fait profiter sa circonscription de 31 % des subventions de sa Région, alors que celle-ci ne représente que 5,3 % de sa population). N’oublions pas non plus que S. Royale clamait à la presse il y a dix ans qu’un salaire mensuel supérieur à 50 000 FF (7 620 €) était anormal et constituait « une incitation à la violence », elle qui gagne aujourd’hui environs 80 000 FF (12 178 €) !
S. Royale veut assouplir les 35h (« les 35h ont dégradé la situation des plus fragiles », lu sur son site), flexibiliser les CDI, réformer la carte scolaire (que 40 % des enseignants ne respectent pas), augmenter le temps de travail des enseignants (commission du projet socialiste, le 18/01/06), rendre l’Etat économe (« l’Etat doit réduire ses gaspillages, son train de vie et ses doublons », Les Echos, le 19/05/06). Et concernant l’Europe, a-t-elle un avis ou attend-elle les résultats de sondages ? Partage t’elle l’avis de M. Rocard (2) sur l’extension de l‘Europe au Proche-Orient et au Maghreb ? Par contre je pense qu’il faut moins prendre à la légère sa proposition de jury populaire qui correspond dans l’histoire de la démocratie à un vrai cheminement (3). Mais elle a gâché l’idée en ne la bordant pas.
En même temps S. Royale veut être la candidate d’un parti en contradiction absolue avec ces différents points : soit elle ment au ps, soit elle nous ment ! Je penche pour la seconde proposition car à chaque coup de sifflet du parti, elle se met au garde-à-vous.


Passons maintenant à la droite avec N. Sarkozy. D’abord par l’exercice du pouvoir : ministre du budget sous Balladur, les déficits et l‘endettement s’étaient particulièrement accélérés durant sa période d’exercice. En tant que ministre de l’Economie et des Finances, pas de souvenirs particuliers hormis la démagogique mise au rencard de la loi Galland, soit disant pour faire baisser les prix, permettant surtout aux grands de la distribution d’accentuer le chantage aux marges arrières. Enfin avec le costume de ministre de l’Intérieur, le bilan est plus complexe. Il a dès le départ rédigé une loi qui prenait en compte la situation calamiteuse de la gendarmerie, et il y avait longtemps que cela n’avait été fait. Réforme aussi consistant à augmenter le nombre de policiers et de gendarmes : c’est vrai. Mais il est vrai aussi que cette augmentation n’a suffit qu’à pallier les 35h et départs en retraite. La baisse de la délinquance est sujette à caution car elle est surtout « zonée » : N. Sarkozy a en réalité pris en compte que le monde des médias vit à Paris et c’est donc sur cette zone que les efforts ont été faits… Bien pour les Parisiens, moins pour le reste de la France. Quant à son dernier ouvrage (4) on y trouve un véritable poncif de généralités sans propositions concrètes : allez voir les pages concernant la réforme de l’Etat, la fiscalité, les classes moyennes, bref tous les vrais enjeux, et vous serez atterrés.
N. Sarkozy me donne surtout l’impression aujourd’hui de représenter la « coterie de Neuilly », avec ses « soutiens » spécifiques, géographiquement et socialement parlant…

LES CRUCHES
Existerait-il une autre voie ?
Il y a quelques temps, j’avais eu la divine surprise de lire un appel commun lancé par Bockel du PS, Lambert de l’UMP et C. Blanc apparenté UDF. J’avais d’ailleurs pour ce dernier un a priori positif. Cet appel consistait à déclarer que la lâcheté gouvernementale n’était plus de mise et que ces trois politiques plus qu’intéressants ne soutiendraient qu’un candidat qui assumerait ses responsabilités face à la dette et la réforme de l’Etat. Cela me paraît être le bon chemin à suivre, sauf que la conclusion de leur prise de position se transforme en prise de ridicule : Lambert déclare que malgré tout, il soutiendra N. Sarkozy, pour Bockel ce sera de toute façon S. Royal, et Christian Blanc… sûrement pas F. Bayrou ! Donc espoir déçu devant cette unanimité divisée.
Il y avait aussi le bon boulot de G. de Robien. Mais sa vision de la politique qui ferait de son parti, l’UDF, une remorque de l’UMP, ou encore voyant dans D. de Villepin un leader de qualité m’a particulièrement refroidi. Bien-sûr, je pense que Blanc et Robien ont toute leur place à l’UDF, sinon ce ne serait plus non plus l’UDF, mais ils sont d’après moi dans l’erreur.
De même, j’ai laissé tombé depuis longtemps l’espoir d’une voie sociale-démocrate ou sociale-libérale car ceux qui auraient pu l’incarner n’ont aucun courage et préfèrent rester otages du PS.
La situation est pourtant grave, notamment pour la jeunesse. En effet, d’un côté est accentuée une extrême flexibilité pour la jeunesse et les étrangers par rapport à une protection totale pour les salariés du secteur public et les CDI des grandes entreprises privées.
Il serait temps que les gouvernants se rendent compte que ceux qui ont 20, 30 ou 40 ans aujourd’hui ne connaissent pas l’âge doré de 1968 :

- les diplômes ne sont plus une garantie d’accès à l’emploi ou de progrès social.
- ceux qui avaient 20, 30 ou 40 ans en 1968 ont connu une forte période de croissance où le mérite (travail, études) était récompensé. Ce n’est plus le cas
- les salaires augmentaient en moyenne durant les Trente Glorieuses (jusqu’en 1975) de 3,5 % par an. Depuis la moyenne est passée à … 0,5 % par an
- en 1968, quand un jeune cadre ou cadre sup rentrait sur le marché du travail et qu’un cadre ou cadre sup le quittait, l’écart de salaire était en moyenne de 20 %, aujourd’hui l’écart est de 40 % (5)
- cette génération qui nous dirige s’est battue pour avoir plus que celle qui la précédait. Aujourd’hui, on se bat pour essayer d’avoir au moins autant que la génération d’avant…
- les jeunes n’ont plus pour ambition de s’élever mais de « s’en sortir ».
- 70 % de la richesse appartient aux 60 ans et + / la pauvreté chez les moins de 25 ans s’accroît chaque année depuis 10 ans.
- on nous laisse un système éducatif dans un état déplorable, une dette publique abyssale, des retraites à payer aux coûts mirobolants (prestations que nous ne connaîtrons pas nous mêmes).

Trois autres points me paraissent vitaux :

- il est un fait qu’une certaine flexibilité des contrats permet une embauche plus aisée pour l’employeur. Je souhaite donc que la période d’essai passe à 10 ou 12 mois pour tout le monde, bref, que l’on se tourne vers un contrat unique
- il ne faut pas se tromper d’objectif : qu’est ce qui est le plus important, protéger le contrat ou protéger les revenus ? Je pense que c’est le revenu qui doit être protégé, et l’exemple danois (« flexisécurité ») me paraît percutant sur le sujet
- enfin, tant que la réforme de fond, c’est à dire le désendettement, ne sera pas prise, la situation continuera à empirer. Ce n’est pas le coût du travail ou les salaires qui ont dérapé mais l’augmentation continue des charges qui empêche d’accroître les capacités de production, c’est à dire de créer de l’emploi et investir dans la recherche et le développement. L’impôt sur le revenu ne suffit plus à rembourser l’intérêt de la dette. Il faut donc trouver les ressources ailleurs : soit on réduit des prestations de l’Etat, soit on augmente les charges, soit les deux en même temps. Et depuis un quart de siècle de « dépenses à tout va », les différents gouvernements ont opté pour la dernière solution : un Etat moins efficace et des charges toujours en hausse. Je pense qu’il serait opportun de faire un audit de l’Etat (organisation et dépenses) et associer partis et syndicats dans une réforme de l’Etat, seule capable de dépenser moins, mieux tout en baissant les charges. Cela me semble un bon moyen pour permettre aux entreprises d’investir et d’employer réellement !

Pour ma part, je soutiendrai un candidat qui prendra en compte cette réalité sociale et assumera ses responsabilités devant les réformes à prendre. Or, il apparaît de plus en plus aux Français que seuls deux candidats semblent comprendre (au sens d’intégrer) leur situation : Jean-Marie Le Pen et François Bayrou.
François Bayrou semble aujourd’hui un démocrate qui se rebelle devant la réalité sociale et répond de façon responsable et cohérente (6). Sa proposition d’un gouvernement d’union avec des personnalités dites de gauche (que j’ai déjà nommées) ou de droite (Lambert, Borloo, Barnier, etc… ?) m’enthousiasme. Et en tant qu’européaniste convaincu, goûtant peu au racisme débile (au sens sénile pour Le Pen) et détestant le populisme (comme je l’ai écrit ailleurs, populaire n’est pas populisme), j’ai une préférence pour la politique de l’ambition, de l’avenir et des responsabilités. Le Pen, c’est la France du retrait, la France du regret, la France de la régression !
Je ne tomberai pas pour autant dans un militantisme béat ou le panégyrique bayrouiste, j’attends de voir ses propositions claires concernant la réforme de l’Etat, l’éducation, le développement durable (réponse à apporter à N. Hulot ?), la sécurité, etc… Mais nul ne peut nier que François Bayrou ait pris le chemin de la réalité populaire et tant qu’il le suivra, je lui répondrai : chiche à la revanche des cruches !

(1) « Nos enfants nous haïront », D. Jeambar et J. Remy
(2) « Peut-on réformer la France » et « Dialogue sur la France », duo Rocard / Bolkestein
(3) “La contre-démocratie” de P. Rosenvallon
(4) « Témoignage » N. Sarkozy
(5) « Génération 69 » L. Guimier et N. Charbonneau
(6) « Au nom du tiers état » F. Bayrou

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17 commentaires à “Des Autruches, des Baudruches et des Cruches”

  1. 1 pas moi

    L’article résume parfaitement notre problème de fond. Toutefois il occulte un aspect tout aussi déterminant : la forme.
    En effet, quotidiennement nous pouvons entendre sur le terrain, dans les cafés, sur les marchés, dans les conversations amicales tardives “je suis d’accord avec Bayrou sur …”.
    Cependant peu reconnaisse en lui un homme d’Etat, un politique charismatique, une figure nationale capable d’échanger avec les plus grands.
    Alors le fond sans la forme n’est rien. Le fond risque surtout de rester une utopie car les partis de gouvernement sont plus soucieux de définir un programme selon l’humeur des sondages.
    a moins que Bayrou décide enfin de communiquer vraiment.

  2. 2 Juste milieu

    D’abord bravo Jp pour ce long et pertinent article, bien documenté qui plus est.
    “pas moi” : il faut se faire violence et ne pas s’arrêter à la “forme” des hommes ou des femmes politiques.C’est tout à fait secondaire.
    En gros ce que tu dis c’est que Bayrou manque de charisme et ne sait pas communiquer. Disons qu’il ne communique pas comme les autres, qu’il ne fait pas une obsession de son style . C’est un homme qui ne cherche pas à séduire le pûblic mais à convaincre le citoyen. Son style est classique, démodé même parfois. Il a un langage recherché, il est souvent grave, son look vestimentaire est très classique mais c’est aussi parce qu’il respecte l’électeur.. C’est un provincial dans tout ce que cela a de noble . Mendès, Barre, Rocard, Delors,Pinay, Simone veil, aussi n’ont pas soigné leur “forme”, ils n’étaient pas “sexy”, mais ils ont marqué leur époque par leurs idées, par leurs convictions, par des empreintes que d’autres n’ont pas su laisser.L’élection présidentielle n’est ni un concours de beauté, ni “questions pour un champion”. Que Bayrou reste comme il est , il s’imposera sans artifice.

  3. 3 Soseki

    Excellente analyse, la typologie est … décalée, mais que ne faut-il pas trouver pour enfin faire valoir la pertinence politique d’une troisième voie et d’un réformisme ayant les coudées franches.

    Sur la forme on peut ne pas trouver Bayrou sexy, mais rassurez-vous Devdjian en service commandé pour Sarkozy et commenant ce matin sur France Inter la désignation de Ségolène Royal nous assurait que nous allions passer de la forme au fond. Exit donc la Com’, la foire aux vanités et la surenchère dans le spectacle …. et place à la pédagogie, au “parler vrai” sans démagogie. Si l’abandon des postures passe au second plan nulle doute que Bayrou fera bonne figure.

  4. 4 jp

    N. Sarkozy a fait à N. Hulot l’offre d’un super ministère du développement durable.
    Et Bayrou, qu’est ce qu’il fout ?

  5. 5 Caribou

    Le centrisme révolutionnaire en France…et au Québec !

    Suite à la passionnante interview de François Bayrou dans « politic show » diffusé sur agoravox, je voulais vous faire part de quelques réflexions qui me sont venues au sujet des personnalités démocrates avec qui Bayrou a des points communs (Blair, Prodi, Al Gore…). Depuis trois mois que je suis au Québec, j’ai remarqué quelques points communs intéressants entre l’UDF et le Parti Québécois (PQ), actuellement dans l’opposition, en travaillant sur les archives de René Lévesque son chef historique (premier ministre de 1976 à 1985).

    Coalition : le PQ est une coalition centriste qui regroupe des militants de toutes sensibilités (des conservateurs à la gauche modérée) favorables à la souveraineté du Québec, leur but commun ; l’objectif de l’UDF est également de former un gouvernement d’une majorité nouvelle permettant de faire travailler ensemble des politiciens compétents du centre, de droite et de gauche afin de mettre en place les grandes réformes dont la France a besoin.

    Alternative aux deux grands partis qui monopolisent le pouvoir : le PQ a commencé son ascension en 1968 face aux Conservateurs et aux Libéraux qui se relayaient au pouvoir depuis 1867 ; l’UDF veut briser le monopole que se transmettent le PS et le RPR (devenu UMP) depuis 1981.

    Grandes réformes : à son arrivée au pouvoir en 1976, le PQ a entrepris des réformes devenues urgentes comme la loi sur le financement des partis politiques, la charte de la langue française, l’assurance automobile et diverses lois sociales ; l’UDF veut réformer entre autres l’éducation, l’économie, l’emploi, et les institutions.

    Démocratie interne et liberté de parole : le PQ était à sa création le parti le plus démocratique d’Amérique du nord, les militants y ont droit de parole et c’est à la base que s’élabore le programme ; même chose à l’UDF.

    Transparence et franchise : René Lévesque est reconnu pour avoir été un politicien honnête et soucieux avant tout des citoyens qu’il représentait ; François Bayrou agit de même en présentant un projet concret et réaliste dans l’intérêt des Français et de leur pays.

    Proportionnelle : même si elle a été abandonnée plus tard pour des raisons stratégiques, l’instauration de la représentation proportionnelle était dans les objectifs de René Lévesque ; l’UDF préconise également la proportionnelle afin que toutes les tendances soient représentées au Parlement, et non plus dans la rue.

    Echec du référendum : même si les enjeux sont totalement différents (indépendance du Québec, constitution européenne), la campagne du « Non » de nos opposants est sensiblement la même : campagne populiste de la peur qui repose sur la menace de perdre ses privilèges et son emploi, et sur la crainte du changement.

    Le centrisme est une force de changement, changeons la France en 2007 avec François Bayrou !

  6. 6 jp

    alain duhamel, pour Libération, a écrit un article fort à propos que je vous propose de lire en intégralité :

    François Bayrou invente l’extrême centre
    Par Alain DUHAMEL
    LIBERATION : mercredi 29 novembre 2006

    Evidemment, on parlera bien davantage de la déclaration officielle de candidature de Nicolas Sarkozy que de la sienne : François Bayrou est habitué à être traité en second rôle par les médias. Il a même relevé depuis longtemps que plus ceux-ci sont puissants, plus chiche est la place qu’ils lui réservent. Qu’il s’agisse du temps de passage et du nombre d’interventions à la télévision et à la radio, de la fréquence des couvertures des news magazines ou des titres à la une des quotidiens, Nicolas Sarkozy est traité en empereur, Ségolène Royal en reine de France, le Béarnais, lui, doit se contenter des miettes réservées à un hobereau de province. Les Guignols de l’Info, généralement plus malins, le griment en benêt bégayant, alors qu’il s’impose comme un excellent orateur. Il a choisi samedi prochain 2 décembre, anniversaire de la victoire d’Austerlitz mais aussi du coup d’Etat du futur Napoléon III, pour se lancer officiellement dans la bataille présidentielle. Cela ne suffira pas pour que son initiative soit saluée comme une date historique. François Bayrou fait partie de ces hommes politiques qui ont toujours besoin de démontrer qu’ils sont sous-estimés.
    Dans la campagne présidentielle, qui passe cette semaine de sa phase préliminaire à la compétition proprement dite, le président de l’UDF constitue cependant un mystère et détient au moins l’une des clefs du scrutin. Actuellement, les sondages lui attribuent entre 6 % et 12 %, du simple au double, selon les instituts. Outre que cela entretient des interrogations sur la fiabilité de ces évaluations, deux constatations peuvent être faites : François Bayrou se situe cette fois-ci à un niveau d’intentions de vote nettement plus élevé qu’il y a cinq ans, à cinq mois de ce 21 avril 2002 où il obtint deux millions de voix et 6,84 % des suffrages exprimés. Il peut donc aspirer à un score sensiblement supérieur s’il réalise une bonne campagne. Par ailleurs, son image personnelle n’a jamais été aussi bonne dans les enquêtes d’opinion. Il y a aujourd’hui un intérêt perceptible pour François Bayrou qui a fait la preuve de son indépendance vis-à-vis de l’UMP et du gouvernement. Il a voté la motion de censure présentée par le PS, refuse d’approuver le budget, critique avec véhémence les choix de Dominique de Villepin, mais surtout ne laisse pas passer une occasion de se démarquer violemment de Nicolas Sarkozy. Même s’il a voté auparavant nombre de lois présentées par la droite sous cette législature, François Bayrou a ostensiblement choisi la liberté en 2006. Il n’est certes pas de gauche, toutes ses prises de position économiques le prouvent, il ne peut plus être classé comme un allié de la droite. François Bayrou s’est émancipé.
    Du coup, il apparaît comme le porteur de deux secrets : peut-il effectuer dans l’opinion publique une percée qui lui permettrait de surgir en troisième homme, au détriment de Jean-Marie Le Pen ? Et s’il ne se qualifie pas pour le second tour, ce qui semble de loin le plus vraisemblable, de quel poids pèsera-t-il sur la décision finale ? Dans pratiquement tous les sondages, le président du Front national le devance aujourd’hui largement (sauf dans le dernier Ifop- Paris Match qui les place à égalité). Les circonstances servent une fois de plus le vieux leader de l’extrême droite, qu’il s’agisse de l’insécurité des personnes, des polémiques sur l’immigration ou du brusque ralentissement de la croissance. S’il s’agit d’annoncer l’apocalypse, de chevaucher les pires démons, de faire trembler la France entière, personne ne peut rivaliser avec Jean-Marie Le Pen. La campagne actuelle de François Bayrou se différencie cependant délibérément de ses campagnes précédentes. Cette fois, le plus célèbre Béarnais depuis Henri IV (son idole) ne fait pas dans la nuance et la finesse : s’il maintient ses options traditionnelles (l’Europe, la laïcité, l’économie de marché, la régulation sociale), il change carrément de ton. Le président de l’UDF invente l’extrême centre, comme il y a une extrême droite et une extrême gauche. Il se campe en candidat anti-système, dénonce avec violence l’oligarchie au pouvoir, joue à l’imprécateur face au PS et à l’UMP, annonce la révolution démocratique, prêche une croisade en faveur de la libération des Français, assujettis malgré eux à un dualisme artificiel dont il veut les sauver. Il n’a pas de mots assez durs pour les deux partis dominants mais appelle en même temps à un gouvernement d’union rassemblant centristes, gaullistes sociaux et sociaux-démocrates modernistes, seule condition à ses yeux pour surmonter réellement les blocages français.
    Il y a là une rhétorique de la colère à la Péguy ou à la Bernanos et des accents de dénonciation grandiloquente qui flirtent avec la démocratie d’opinion ambiante, frisent le populisme et ne craignent pas une pointe de démagogie. François Bayrou s’enhardit, se lance dans l’inconnu, charge les yeux bandés, quitte à galoper aux confins de territoires ambigus. Avec quelle efficacité ? Mystère. S’il atteint, a fortiori s’il dépasse la barre symbolique des 10 %, il devient cependant une puissance moyenne, avec laquelle Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy devront compter. Dans ce cas-là, le prix du ralliement sera une réforme institutionnelle drastique et, notamment, l’introduction d’un mode de scrutin à l’allemande, ce nouveau Graal des centristes.

  7. 7 jp

    article dans Le Monde très intéressant aussi :

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-840411,0.html

  8. 8 Anonyme

     

  9. 9 Alain

    J’ai entendu à la télévision un dirigeant de l’UMP, ou un membre du gouvernement (je ne sais plus), à moins que cela soit Sarkozy ou Villepin eux même, dire qu’il était pour le contrat de travail unique. Avec le contrat unique on passe sans transition d’un extrème à l’autre. C’est peut-être ça la rupture tranquille, le slogan de Sarkozy.
    Nous avons actuellement une vingtaine de contrats de travail différents. En créant à chaque fois un petit frère aux contrats de travail existant, il s’agissait pour les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés de montrer qu’ils luttaient contre le chômage. Sans succès. Et pour cause, le contrat de travail ne crée pas de boulot là où il n’y en a pas. Le contrat de travail est un instrument juridique qui vient couronner une relation de travail existant entre l’employeur et l’employé. Pour qu’il y ait contrat il faut qu’il y ait au préalable activité ou présomption d’activité. On me suit ? Bien !
    Le contrat de travail unique multi-facettes équivaut concrètement à pas de contrat du tout. Le silence sur cette question des patrons du CAC 40 ne me surprend pas. Mais ils ont tort. Le contrat est le ciment social. Et pas de ciment: Tout s’écroule.
    http://pourlafranceetgroslay.over-blog.com

  10. 10 jp

    le contrat de travail unique n’est pas un outil de création d’emploi. en effet, je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait qu’il faut de l’activité (sur ce point les sujets des charges ou de la recherche sont plus en rapport). par contre c’est un outil qui tend à plus d’égalité entre les travailleurs. les différents contrats permettent de brouiller la réalité et le cpe était une tentative, d’après moi, pour officialiser un statut différent pour les jeunes actifs.

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