Commission Outreau : L’honneur de la démocratie
Publié by Juste milieu juin 7th, 2006 in Identité démocrateC’est un moment rare et en tout cas unique depuis le début de la législature. Une Commission parlementaire d’enquête s’est réunie pendant 6 mois sans discontinuer, auditionnant plus de 200 personnes : des  professionnels, des associations et 13 citoyens victimes d’un désastre judiciaire,  pour se pencher sur la justice,  l’auditer et proposer sa réforme.
Ceci sous le regard de millions de Français se passionnant pour les travaux de la Commission largement repris sur les grandes cahaînes de TV et dans l’intégralité sur la Chaîne Parlementaire qui a montré ici toute son utilité citoyenne .
Présidée par un député PS, avec un rapporteur UMP et composée de 30 députés UMP, PS, UDF, PC,  la Commission a rendu un rapport de 600 pages dont les propositions ont été - et c’est ici que réside l’honneur de la démocratie- adoptées à l’unanimité.
Ceux qui insomniaques et/ou passionnés par les questions de Justice ont suivi ces travaux ont été impressionnés par la haute tenue des questionnements parlementaires dans les auditions, contrastant avec la brutalité du récit de l’instruction fait par les “acquittés d’Outreau”. Ils ont été impressionnés aussi par la disponibilité de leurs élus qui hormis une ex- Garde des Sceaux curieusement visible seulement lors des seules auditions à grosse audience TV (récit des acquittés, audition du juge Burgaud..) sont restés des heures et des heures à essayer de comprendre les dysfonctionnements de la Justice et les moyens d’y remédier. Qu’ils soient remerciés pour leur passion et leur talent, les Commisaires Vallini (PS) Caresche (PS) Houillon (UMP) Fenech (UMP) Desprez (UMP) Hunault (UDF) etc… Rien que pour le travail phénoménal accompli, ils mériteraient presque d’être réélus en 2007 sans passer par la réelection !
Si j’étais Garde des Sceaux ou mieux Président de la République, plus haut magistrat de la République (celui qui par exemple use -et abuse - de son  droit d’amnistier un député de son parti, qui fut son collaborateur à la Mairie de paris et prêta encore avant son image de grand sportif pour une campagne du RPR*)    , j’inscrirais évidemment immédiatement  les propositions de réforme issus de la Commission parlementaire d’Outreau dans un projet de loi dont je demanderais en urgence l’inscription à l’ordre du jour.du Parlement .. Il serait vraisemblablement voté à l’unanimité ou à une immense majorité montrant ainsi que l’on peut réformer dans ce pays. Qui plus est sur un sujet aussi grave.
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* Les fans de publicité politique pourront revoir avec délice cette affiche du RPR de 1977 dans le livre “la politique à l’affiche ” publié par Jean-Marc Lech en 1986 . On y retrouve le champion Olympique à  Montréal en 1976, en plein effort avec le slogan “Oui à la France qui gagne” et en signature “Pour la France que nous aimons. Jacques Chirac et le RPR” . Cette campagne a été réalisée par Bernard Brochand et Jean-Michel Goudard.














Cet intérêt du grand public pour ce débat citoyen de haute tenue donne tort à tous ceux qui pensaient définitif la reléguation de la présence politique dans les grands médias au registre ludique et à la dérision systématisée.
Ce “succès populaire” du débat politique contraste avec la dégradation de l’image politique régulièrement présentée dans l’opinon publique.
Ce mouvement montre également que le besoin de débat, mené avec vigueur sur la Constitution europénne via Internet et les blogs notamment, peut être organisé dans l’exemplarité démocratique avec des formes innovantes, quelque soit le médium choisi. Que celui-ci soit déployé sur un grand média dit traditionnel ou en usant des effest réseau propres à Internet.