La si jolie vision européenne de Ségolène
Publié by Soseki juin 2nd, 2006 in Europe, Présidentielles 2007Il faudra marquer d’une pierre blanche la première intervention sur l’enjeu européen de Ségolène Royal lors de cette campagne présidentielle 2007. Intervenant en terre “noniste” à Lorgues dans le Var, la candidate à la candidature a esquissé une vision quasi manichéenne de l’idée européenne, sur la base d’un clivage qui prêterait à sourire si l’enjeu n’était pas si important. Ne lui en déplaise la “bonne” et la “mauvaise” Europe ne font qu’une. Son constat perd toute vigueur programmatique à l’épreuve d’un parti socialiste dominé par le non et qui conforte les Français dans une posture de repli sur les frontières hexagonales.
Symptomatique d’une rhétorique socialiste qui porte en elle le déni du réel - chers amis socialistes la mondialisation est en marche, l’Etat Providence tel qu’imaginé après-Guerre n’est plus un modèle pertinent - elle n’a pas saisie l’occasion de rappeler que les institutions européennes portent la France et ses ambitions dans une géostratégie désormais dominée par les grandes puissances.
Plus encore, alors qu’elle fut une partisante affichée du oui lors du dernier référendum, son intervention se borne à évoquer la politique européenne des projets, dite des “petits pas”, dont elle n’ignore par qu’une dynamique transnationale forte l’anime déjà.
Surtout elle conforte l’image d’une Europe porteuse des maux de la France “la mauvaise Europe qui n’a pas su protéger”. Elle ne pose à aucun moment l’Europe comme étant une chance, une perspective pour construire, s’émanciper, déployer les énergies ; une France avant tout victime de ses propres travers comme les soubresauts d’un évident malaise social nous le rappelle avec insistance.












Je trouve bien sûr l’analyse pertinente, à un détail essentiel près cependant: de toute façon Royal ne croît pas un mot de ce qu’elle raconte, sur ce sujet comme sur les autres, elle se positionne pour gagner une élection, c’est tout. Elle s’est persuadée qu’il fallait flatter les nonistes pour gagner (et d’ailleurs, quand on est de gauche…) et elle le fera donc.
Bien sûr, cela aura des conséquences catastrophiques de toute façon, qu’elle soit élue et fasse le contraire, alors que le peuple est déjà en état de révolte larvée, ou pire encore, qu’elle soit élue et fasse ce qu’elle dit en matière européenne.
Mais elle fait partie de ces politiques qui cherchent à gagner sans se préoccuper de quoi que ce soit d’autre que des sondages et de l’image. Il y en a d’autres.
C’est un des points sur lesquels il est essentiel d’obliger les candidats à dire leur projet, leur programme, avec vérité.