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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info








En Italie pour les fêtes de fin d’année 2005, alors que j’interrogeais mes amis italiens sur les perspectives des élections législatives à venir en 2006, j’ai été frappé par l’absolu manque d’enthousiasme de ceux-ci pour cette échéance. Pour eux l’alternative qui s’annonçait c’était un peu : un brigand ou un type qui avait déjà fait la preuve de son impuissance. Exactement comme si on allait vers un duel Chirac / Jospin. Il y avait un sentiment de rejet de Berlusconi mais c’était tout, et la primaire élargie à toute la gauche qui avait désigné Prodi n’y changeait rien.

Dès lors comment s’étonner qu’au terme d’une campagne où Berlusconi enfonça comme jamais auparavant les limites de la démagogie, les deux blocs finirent au coude à coude, le résultat définitif arrivant fort tardivement dans la nuit – traduisant ainsi au fond l’indifférence des électeurs. Il s’en est fallu de peu que la Sénat ne reste dominé par la coalition menée par Forza Italia, auquel cas un scénario de grande coalition gouvernementale gauche – droite comme en Allemagne aurait quasiment été inévitable. Le parallèle avec l’Allemagne est d’ailleurs saisissant puisque là aussi les sondages ont failli être déjoués dans les 2 ou 3 dernières journées avant le scrutin. Autrement dit, une fois de plus, une échéance électorale majeure se termine dans la douleur pour une démocratie occidentale, ces crises se traduisant en fonction des systèmes électoraux soit par une élimination au premier tour d’un des grands partis comme en France en 2002, soit vers une absence de décision entre les principaux protagonistes.

Les raisons qui sous-tendent cette crise sont les mêmes qu’ailleurs :

- une crise de confiance dans les personnages politiques, particulière ici avec un président du Conseil qui a surtout légiféré à son propre profit

- une crise de confiance dans la capacité d’action des formations politiques : Berlusconi a échoué gravement sur le plan économique alors même qu’il a été élu sur ses compétences de businessman

- un grave déficit de renouvellement des hommes politiques : Prodi comme Berlusconi ont déjà été l’un et l’autre Présidents du Conseil; Andreotti, candidat malheureux à la présidence du Sénat a même déclaré : “lorsque cette élection a eu lieu pour la première fois (il y a 40 ans), j’étais déjà ministre”

- des lignes de démarcation droite gauche de plus en plus brouillées : certaines des mesures emblématiques de Berlusconi ont été des mesures marquées à gauche, comme la naturalisation de centaines de milliers de travailleurs immigrés ; les promesses de Prodi, qui dirige une coalition qui va pourtant jusqu’à l’extrême gauche, seraient perçues en France comme très libérales avec une baisse programmée de 5% des cotisations sociales sur le travail.

Avec une dette qui avoisine les 110% du PIB, les perspectives sont donc extrêmement compliquées pour Prodi et sa coalition hétéroclite. Seuls points positifs : une reprise industrielle qui se dessine, et l’assurance de retrouver avec l’ancien Président de la Commission un partenaire pour la relance de l’Europe.

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2 commentaires à “Les perspectives de la démocratie dans les pays du bassin méditerranéen (1/4) : L’Italie”

  1. 1 jp

    “Autrement dit, une fois de plus, une échéance électorale majeure se termine dans la douleur pour une démocratie occidentale”.
    bien d’accord mais en fait cela se termine dans la douleur non pour les électeurs, italiens en l’occurence mais pour les seuls politiques !
    quand les journalistes politiques parlent de crise, ils oublient que cette crise ne concerne que les politiques !

    et pourquoi ? parce qu’en italie comme en france et en d’autres pays, les électeurs ne veulent plus de partis qui les ont dirigés en se montrant incapables de résoudre leur crise économique et sociale.
    les allemands ont voulu 1 gouvernement d’union psd-cdu parce que malgré tout schroëder avait réemprunté les bons rails mais les électeurs voulaient 1 autre garantie de réussite dans la transformation de l’allemagne avec la cdu.
    les anglais gardent le new-labour du fait de la réussite économique et sociale de t. blair.
    seule l’échec d’aznar en espagne peut surprendre. mais son échec électoral fut faible et sans doute dû à son aveuglement concernant l’e.t.a et son pro-américanisme notamment quant à la question irakienne.

    v.g.e a toujours dit qu’1 victoire électorale se fait sur le dossier économique et sociale. ceci expliquant cela, les échecs de nos gouvernants expliquent les alternances systématiques. l’incompétence du politique provoque l’égarement de l’électeur.

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