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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info




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A l’ouverture du Congrès socialiste de Reims et alors même que l’on ignore qui sera couronné (e), une chose est cependant certaine :  François Bayrou y  sera sacré ennemi intime ou amant possible.

Que les choses soient claires , le Modem et son président n’y sont pour rien et ce n’est que pour mieux saboter la courte victoire de la motion de  Ségolène Royal que les autres prétendants ont fait de l’alliance possible avec le Modem le point dur de leur « synthèse », comme on dit chez les socialistes.

Frisant le grotesque, Jean-Luc Mélanchon s’est même servi de ce prétexte pour quitter avant Reims,  le navire et créer en toute simplicité le « Parti de Gauche … » . Avec tout le respect que je lui dois, le sénateur Mélanchon n’ est quand même pas tout à fait au  niveau de l’Allemand Oskar Lafontaine qui a crée avec un certain succès le Parti  « Die Linke » …Succès cependant théorique car  on se rappellera qu’il est à l’origine de la chute  de Schröder et du SPD  aux dernières législatives et de l’arrivée d’Angela Merckel à la tête d’une coalition SPD/CDU/CSU.

Les socialistes sont décidément bien maladroits . Sincèrement (Hamon, Emmanuelli, Fabius ? )  ou tactiquement (Delanoë qui a fait a Paris,  des risettes au Modem pendant toute la campagne municipale pour le récuser au moment de passer à l’acte, Aubry qui a des adjoints Modem à Lille..) , ils ont mis le Modem au cœur du congrès de Reims, lui donnant un bruit médiatique et au-delà un rôle stratégique qui ne pourra que lui profiter . Mutatis mutandis c’est comme lorsque le Président  Sarkozy demande à la justice réparation (et interdiction)  pour « la poupée Vaudou » à son effigie : ça ne sert à rien , ça donne une image négative du plaignant mais une publicité d’enfer à « l’objet du délit » que tout le monde s’arrache.

Le clivage socialiste  autour du Modem est donc artificiel . Il n’en est pas moins  extrêmement intéressant pour l’avenir . Le Modem fera avec ce qui sortira du congrès de Reims : Il positivera si la ligne dure l’emporte donnant ainsi toute sa valeur à la prémonition de FB d’une explosion interne possible  et surtout d’un détournement de son électorat social démocrate d’ici 2012 . Mais il positivera aussi si la ligne ouverte l’emporte car cela permettra enfin de travailler, sans complexe,  à ces majorités d’idées dont la France a besoin.

P.S : a lire absolument dans le Monde daté de ce jour l’édito de Fottorino sur le congrès du PS “changez” et celui de Patrick Jarreau “le rénovateur du PS”(Bayrou…)

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Il y a encore un an, beaucoup d’opinions publiques et de responsables politiques pourfendaient l’Euro, responsable de tous les maux, à commencer par la baisse du pouvoir d’achat.
Durant la campagne pour l’élection présidentielle, Nicolas SARKOZY s’en était pris à la ligne suivie par la BCE. Mais depuis le début de l’année, la flambée du pétrole à laquelle a suivie la crise financière a démontré la justesse de la vision qui avait été développée par les pères de la monnaie unique.
La solidité de l’Euro nous a protégé de l’augmentation du baril et a permis de conserver une grande stabilité de la monnaie alors que ceux qui ont fait un choix différent connaissent aujourd’hui les pires difficultés.

Aujourd’hui, tout le monde  veut l’Euro, la Pologne, le Danemark dont les sondages en faveur de la monnaie unique ont connus une évolution importante en sa faveur, la Suède, sans oublier l’Islande, pays en quasi dépôt de bilan.

Curieusement, si les détracteurs de la monnaie européenne connaissaient une grande audience médiatique depuis le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen, depuis le début de l’année, on ne les entends plus.

Pourtant, il ne faudra pas oublier, durant la campagne pour les élections européennes, qui a toujours défendu cette vision de l’Europe et lesquels, par opportunisme, ont su la critiquer.

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Le camouflet que vient de subir le maire de Paris s’agissant du vote de la motion qu’il avait présentée est éloquent . Celui que l’on disait favori, incontournable, en phase avec les attentes des militants, tellement moderne, s’est fait complètement tenaillé par ségolène Royal et Martine Aubry, sa part de marché socialiste ne représentant que 25 % !

Malgré ou à cause du soutien de François Hollande il s’est fait jospinisé : loué par tous mais soutenu par peu…

Le revers du maire de Paris marque aussi le constat d’échec , de sa posture interne, de sa stratégie d’étouffement centriste affirmée pendant et depuis les municipales parisiennes.On ne reviendra pas sur le triomphe qui aurait pu être le sien en mars dernier  avec une alliance avec le Modem à Paris ni sur la façon cavalière  dont il a traité Marielle de Sarnez.  D’un seul coup, ces 25 % le scotchent  et mettent un frein à la dynamique tant annoncée par la presse.  En quelques mois il semble passé de mode et  ses amis même à Paris montrent qu’ils pèsent peu . Evidemment “l’alchimie” de la synthèse du Congrès de Reims lui permettra peut être de sauver la face mais elle ne permettra pas d’effacer le souvenir de cette cuisante défaite alors que la victoire était claironnée …

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Autant l’avouer d’entrée j’avais initialement préféré Clinton à Obama sur des critères qui tenaient d’abord à l’expérience. Comme beaucoup de Français et d’Américains j’ai découvert un homme pendant cette campagne, avec une capacité à rassembler qui inspire le respect. La réaction du candidat démocrate face à la crise a achevé de balayer mes doutes. Il est prêt pour le job. A vrai dire le monde entier semble plébisciter le candidat Obama, à commencer par la France. Cependant mardi, le vainqueur de l’élection présidentielle américaine, cru 2008, le 44ème président des Etats-Unis ne sera pas celui qui n’a dit que la vérité, rien que la vérité, toute la vérité, mais celui qui aura finalement le moins menti aux Américains, un candidat consensuel malgré les apparences.Bien sûr il faut se réjouir qu’un homme noir, même il ne définit pas comme tel et c’est sans doute une bonne chose, accède à la responsabilité suprême dans ce pays. Obama suscite d’ailleurs beaucoup d’espoir dans la communauté noire américaine qui rejoindrait symboliquement une deuxième fois le concert des peuples élus d’Amérique. Plus encore une véritable Obamania se dessine, mouvement qui prend des formes quasi euphoriques en Europe, et notamment en France révélant en creux tant d’attentes et de refoulé.

Cependant j’ai peur que le leitmotiv des intérêts américains, invoqué discours après discours, au cœur des promesses par delà toutes les communautés et les clivages de l’incroyable puzzle électoral américain, rende rapidement caduc le retour annoncé du multilatéralisme. Démocrate oui, mais sans céder aux fantasme !
Beaucoup d’enseignements seront à tirer sur ce scrutin, sur la participation comme une signe indiquant une nouvelle politisation des Américains (mais aussi sur le basculement probable d’Etats conservateurs, sur une campagne en mode temps réel, la mort annoncée du financement publique des prochaines campagnes électorales américaines …) qui témoigne une nouvelle fois la faculté de la démocratie américaine à se remettre en cause.

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« Pour les futures embauches, nous créerons un contrat de travail unique, plus souple pour les entreprises pour qu’elles soient incitées à embaucher, plus sécurisant pour les salariés car il sera à durée indéterminée ».

Qui a écrit cela ?

Nicolas SARKOZY, c’était une de ses nombreuses promesses de campagne, le contrat de travail unique à durée indéterminé.

Et que vient d’annoncer l’omniprésent président, l’assouplissement du recours au contrat de travail à durée déterminée.

Il est vrai que l’on en est plus à un renoncement près et l’intéressé l’a d’ailleurs indiqué, en période crise, il faut être pragmatique.

On ressort donc le traitement social du chômage que l’on a pourfendu pendant la campagne et les emplois jeunes que l’on avait critiqué lorsque c’était la gauche qui les avait mis en place.

Heureusement, le grand communicant de l’Elysée, Thierry SAUSSEZ envisage une grande émission pour expliquer tous les bienfaits de ces mesures et justifier les retournements de vestes en cours.

Qu’une telle émission soit envisagée est une chose mais que personne ne s’émeuve de cette propagande est inquiétant !

Et l’on revient au bon temps de l’ORTF, version PRAVDA.

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…vous sera réellement présenté demain au Conseil de Paris avec la formidable hausse des impôts locaux pour 2009. Comme certains l’ont déjà relevé dans ce blog, Bertrand Delanoé n’a rien d’un libéral : comme ses amis Jospin et Vaillant, il est en réalité un représentant de l’orthodoxie socialiste la plus datée.

Ainsi Monsieur Delanoé, en plein coeur de la crise, annonce une hausse des impôts locaux de 9% pour le premier budget municipal de son nouveau mandat. Ceux qui tirent la langue apprécieront le timing (remarquez il s’en fout car le bobo-électeur est encore assez loin de tirer la langue). Et puis à sa décharge, il n’a guère le choix du calendrier. Monsieur Delanoé, en socialiste ultra-classique, a fait exploser la dépense publique de la Ville au cours de son mandat précédent, avec par exemple plus de 6000 embauches pour un effectif initial de 36 000 personnes. Tout ceci était couvert par miracle par les droits de mutation immobiliers qui dans une période faste pour le marché immobilier généraient des recettes inattendues. Maintenant que le marché se tasse, il faut bien avouer la vérité : la dilapidation de l’argent public a bien eu lieu, et c’est désormais aux contribuables de payer, tant pis si ce n’est pas le moment pour eux puisque pour lui c’est le moment idéal (première année du mandat).

Heureusement son adjoint aux finances est là pour nous rassurer dans le JDD d’aujourd’hui “je tiens à rassurer tous les locataires et les entreprises : la taxe d’habitation et la taxe professionnelle augmenteront de 9%, pas plus”. On respire… Plus loin encore “les deux tiers des parisiens auront une augmentation de leur taxe foncière inférieure à 150€”. Heureusement que Monsieur Delanoé avait déjà pris toutes les mesures pour qu’il n’y ait plus de smicards dans la ville ! Notez aussi que les socialistes sont tellement fous qu’il est capable d’en faire un argument interne pour le congrès PS en plaidant la réhabilitation de l’impôt.

Bref, en tant que démocrates, prenons du recul par rapport aux municipales : heureusement que Bertrand Delanoé a préféré s’allier aux communistes qu’aux démocrates. Sinon il aurait fallu être solidaire de cette gestion : moi je n’aurais pas pu. Et je le dis tout net : hors de question d’imaginer une alliance avec ce type pour la présidentielle. Remarquez ça tombe bien il n’en veut pas non plus ; il n’y a d’ailleurs que l’illuminée du Poitou qui ait l’air d’en vouloir - cela devrait d’ailleurs nous faire réfléchir sur une éventuelle main tendue à gauche, car dans mon cas hors de question avec elle également (on en assez vu).

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Pour DSK

Dominique Strauss Kahn est l’objet d’une enquête au sein du FMI pour “abus de pouvoir” . Initiée par le représentant égyptien, soutenue par d’autres pays arabes et la Russie cette enquête devra déterminer si une économiste du FMI qui aurait entretenue une relation avec DSK a bénéficié d’une prime de départ excessive . Nous espérons et pensons que DSK sortira blanchi de cette affaire scabreuse non par ce qu’elle entend révéler mais par ce qu’elle sous tend : tenter d’abattre un homme dont les compétences professionnelles sont évidentes et exiger une vie privée 100 % morale pour tout responsable politique ou gouvernant.
DSK a déjà surmonté les attaques dont il a été victime dans le passé . Il a perdu son ministère de Bercy, a du renoncer à briguer la Mairie de Paris et a souffert lors de l’élection interne au PS pour la présidentielle d’une réputation de dilettante velléitaire.

Cette affaire de corne-cul   va t’elle encore lui jouer un mauvais tour  ?

Alors que son courant au sein du PS s’écharpe avant le congrès de Reims, il n’avait pas besoin de cela .

En ce qui  nous concerne, on aurait nous, plutôt tendance à lui manifester notre sympathie et notre impatience à ce qu’il sorte sans nouveau dégât de cette polémique.

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Nous sommes dans une vraie crise, c’est un acquis. Sans doute la pire depuis la deuxième guerre mondiale. Le premier effet est celui du retour de l’Etat comme véritable acteur économique. Après avoir connu un effacement progressif, l’Etat met en place les vieilles recettes keynésiennes par la relance de la consommation. Mais ce nouvel interventionnisme va avoir pour effet d’accroître les déficits budgétaires et donc, d’éloigner les pays des règles de stabilité voulus dans le cadre du traité de Maastricht. La contrepartie va être une relance de l’inflation qui va avoir pour conséquence de restreindre la consommation, déjà mise en berne par les inquiétudes des ménages sur l’avenir. Dès lors, la consommation baissant, les entreprises vont moins vendre et donc être obligées de réduire leurs dépenses, au premier rang desquelles se trouve la masse salariale.

Scénario déjà éprouvé me direz vous, si ce n’est que la mondialisation est passée par-là. Les usines ne sont plus en Europe ou en Amérique du Nord mais dans les pays « émergeants ». Avant, lorsqu’un européen ou un américain ne consommait plus, il mettait au chômage un autre européen ou un autre américain. Maintenant, lorsqu’un européen ou un américain ne consomme plus, ils mettent au chômage un chinois ou un philippin.

Les conditions de chômage n’étant pas les mêmes dans ces pays, la perspective de voir cinq cents millions de chinois hurler dans les rues parce qu’ils n’ont plus de travail et de nourriture est angoissante. Vivons nous une nouvelle crise de 29, peut-être mais lorsque l’on pense que l’aboutissement de celle-ci a été la seconde guerre mondiale, il y a de quoi avoir froid dans le dos.

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Avec mes amis du MoDem de ma localité, j’ai organisé dernièrement une réunion publique sur le thème de la baisse du pouvoir d’achat. J’avais invité comme « expert » indépendant le représentant local d’UFC – Que choisir. Chiffres à l’appui, celui-ci a confirmé la hausse des prix et par là même, la baisse du pouvoir d’achat.
Cette hausse des prix s’observe surtout dans l’alimentation et l’énergie. Je suppose que je ne surprends personne. Ce qui était intéressant, c’était qu’il présentait ses chiffres à partir d’une étude sur toutes les grandes surfaces, contredisant les chiffres officiels qui minorent la situation. Et intéressant à double titre parce qu’il apportait une explication : l’augmentation concerne notoirement les produits des marques des distributeurs, et surtout soulignait qu’il n’existe pas, en fait, de concurrence entre ces distributeurs.
En effet, ceux-ci s’imposent sur des territoires et ainsi ne se concurrencent pas. Et les rares endroits où existe une concurrence entre ceux-ci, comme par hasard, les prix sont bien inférieurs à la moyenne nationale. Donc pour le représentant d’UFC Que choisir : manque de concurrence entre distributeurs pour le consommateur, et manque de règles s’imposant aux distributeurs.
Comme l’avait déjà souligné « Juste Milieu », la LME n’a pas fait baisser les prix, ce fut une loi d’intérêt pour Leclerc…

Mais j’ai posé une autre question au représentant d’UFC : l’augmentation des prix, il y en a toujours eu, certaines en effet plus importantes que d’autres. Nous avons même connu une inflation à deux chiffres dans les années 70’s. Or, celle-ci touche fortement les Français : des travailleurs se nourrissent aux « restos du cœur », des mères célibataires doivent occuper deux travail pour nourrir leur progéniture, catégories populaires, « classes moyennes » consomment moins et pour moins cher… En fait, au-delà de la hausse des prix, le pouvoir d’achat des Français baisse parce que leurs revenus au mieux stagnent, au pire régressent. Pourquoi ?
Du fait des innombrables charges et des salaires n’augmentant pas. Mais là encore, nous sommes dans le constat. Comment se fait-il que les salaires n’augmentent plus, pourquoi les charges innombrables s’alourdissent ?

C’est en fait sur ce point que je vous propose ce billet : il s’agit pour moi, depuis près de 30 ans, d’erreurs dramatiques des différents gouvernements en matière de politique économique, si tout du moins il y en eut. J’avais déjà abordé le sujet durant les élections présidentielles avec un billet portant le titre
« Pour une politique économique ».
Et j’y reviens.
J’y reviens parce que, dans le contexte d’une grave crise financière, gouvernement et PS demeurent stériles, en décalage d’avec l’économique, tout en faisant montre d’un soit disant corpus sur le sujet…

Economie de gauche ?
A partir de 1981, nous avons connu une « économie de gauche ». Nationalisations, création forte de postes dans la fonction publique, retraites notamment des personnels de la fonction publique et de sociétés publiques, 35h, CMU, etc…
Ces différentes initiatives ont eu pour effet principal l’explosion de la dette - dette qui n’existait pas avant 1981 – et ainsi l’explosion des charges sur les ménages, et surtout sur les entreprises.
Ainsi le coût du travail devient préoccupant pour l’entrepreneur, parfois pour certains prohibitif, les salaires se voient amputer de plus en plus du fait des charges, et les ménages paient toujours plus fortement différents taxes et impôts.
Concernant l’Etat, cette dette l’alourdit, l’empêche de se tourner vers des investissements structurant nos territoires, et se prive progressivement de toute capacité d’initiative économique
.

Economie de droite ?
A partir des années 1980’s, la droite française s’est rapprochée du modèle libéral anglo-saxon : baisse des impôts, dérèglementation. Nous avons vu apparaître un
« capitalisme financier » sans limites, créant des produits toujours plus déconnectés de la réalité économique, au sens industrielle, productive. Leur objectif est de toujours maximiser les bénéfices financiers, des entreprises mêmes, pour des actionnaires moins préoccupés par l’entreprise que leurs dividendes, au mieux, les bénefs par jeu d’actions, au pire (et le plus fréquemment). Ce sont d’ailleurs ces individus, peu soumis à de quelconques règles, qui ont provoqué la crise financière que nous connaissons. Et ces mêmes individus qui jouent à présent à la baisse, attendant que des institutions financières s’écroulent.
On pouvait d’ailleurs imaginer que cette crise permettrait d’assainir le marché (ce sont, la plupart du temps, des banques ou autres institutions financières ou encore entrepreneuriales, qui ont joué sur le marché anglo-saxon avec des produits « pourris » pour accroître leurs bénefs, qui sont les plus atteintes) : mais point du tout ! Aucune règle ou restriction n’est invoquée pour ces « traders », et les Etats pensent plus à se substituer aux bailleurs de fonds : si les bénéfices ont bien été privés, les déficits, pertes, sont nationalisées ! Et ainsi, les « traders » ne sont aucunement touchés par la situation qu’ils ont provoquée ! Ils se sont gavés, ont provoqué une crise dont ils font payer la note aux crétins de contribuables que nous sommes.

Résultat de cette économie “néolibérale” : augmentation des déficits (apogée sous un N. Sarkozy ministre du budget…), donc de la dette, donc des charges, chômage, etc. Mais avec son propre apport : la dérèglementation a provoqué la création d’un salariat pauvre, de contrats dits « précaires”, et surtout de nombreuses délocalisations. Ces délocalisations ne créent pas seulement du chomage, elles sont aussi une perte de savoir et de capacité industrielle.

Conséquences de ces deux politiques économiques : baisses du pouvoir d’achat, chomage structurel fort, désindustrialisation. Ainsi les Français, appauvris, se retrouvent obligés d’emprunter, et de consommer des produits à bas coûts, fabriqués pour la plupart en Asie… accroissant ainsi la pression à la délocalisation…

N. Sarkozy et l’UMP prétendent vouloir à présent plus de règles en matière financière. Or, leurs décisions fiscales se révèlent à contre courant. Encore une fois la maxime reste bonne : « En France, la gauche est otage de son idéologie quand la droite l’est de ses intérêts ».
Le PS accepte de remiser le grand soir, et d’intégrer « l’économie sociale de marché ». Mais, soit dit en passant, cette “économie sociale de marché”, elle était en place avant 1981, elle permettait la création de richesses pour tous, des salaires augmentant en moyenne de 3,5 % par an (0,5 depuis 1981), une France sans dette, 1ère exportatrice européenne ! Que cette même gauche dénonçait et a mise à terre…
Dernièrement, les 35h ou CMU furent de leur fait, F. Hollande souhaitant d’ailleurs la
« généralisation des 35h à toute l’économie française »… Les incohérences du PS concernant l’Europe, son archaïsme à chercher une alliance avec les communistes et trotskystes, l’horreur éprouvée par les éléphants du PS à l’endroit des Démocrates (MoDem) qui doivent d’abord se soumettre à leur « gôche », la démagogie persistante de la plupart de ses leaders sur les réalités sociales et économiques, expliquent la défiance des Français à leur endroit.
Bien sûr, l’on peut me rétorquer que le PS a gagné les élections locales dernières (régionales puis municipales). Mais les élections nationales ont bien démontré que cette gauche n’inspire pas confiance.

Quant à la droite, sa défiance à l’endroit de l’Etat et des fonctionnaires, sa politique fiscale, son goût pour l’endettement, l’absence de politique industrielle, démontrent bien qu’elle ne défend pas ce capitalisme dit du « modèle rhénan » mais celui du “capitalisme total » (1) à l’anglo-saxonne.

Intelligence Economique !
Je crois qu’il faut rentrer dans un nouveau modèle économique. Je vais me répéter donc, d’avec mon ancien article « Pour une politique économique ». Et je retrouve un écho avec Jean Peyrelevade (2) : promotion d’une politique industrielle, permettre l’accroissement des investissements des entreprises, valoriser très fortement l’éducation et la recherche, etc… Il s’agit de ce que l’on appelle une politique de l’offre.
Cela ne correspond pas à la démagogique politique de la « croissance par la demande » : car celle-ci ne permet qu’à court terme, de façon illusoire, l’accroissement des revenus des Français. Cet accroissement ne suscite pas l’achat de biens industrialisés européens mais contribue à l’accroissement des importations et provoque notoirement de la dette. Surtout, il ne faut plus voir Etat et entrepreneurs comme des ennemis, l’un pour la gauche, l’autre pour la droite. Il faut au contraire les rendre complémentaires !
C’est ce que l’on appelle « Intelligence Economique » : l’Etat doit se positionner comme partenaire des entreprises pour favoriser leur environnement juridique, promouvoir des activités économiques stratégiques (« économie verte », nouvelles énergies, industries écolonomique, comme le fait par exemple… l’Etat de Californie), mettre en place une culture commune de l’information notamment dans les organisations, permettre la mutualisation entre PME-PMI (brevets, complémentarité, « due »), soutenir les implantations à l’étranger pour accroître leurs parts de marchés extérieures, créer des règles protégeant l’appareil productif européen, etc.

Enfin, pour illustrer cette autre politique économique, je reprends ces propos de
J. Peyrelevade dans le Journal « Le Monde » :

Pourquoi, selon vous, Sarkozy échoue-t-il à être le président du pouvoir d’achat comme il l’avait promis ?
Jean Peyrelevade : Parce que comme il ne fait pas grand-chose qui permette à l’appareil productif d’être plus compétitif, notre taux de croissance va continuer à diminuer, et que le pouvoir d’achat évolue très exactement au rythme de la production. Si on produit moins, on a moins de pouvoir d’achat.
(…) Dans une économie développée, pour être compétitif, il faut innover, concevoir de nouveaux produits, développer la recherche, acheter des machines, mettre des automatismes partout. En un mot, il faut investir. Contrairement à ce que disent la plupart des hommes politiques, nous n’avons pas besoin de moins de capital, mais de plus de capital. Pour investir, il faut que les entreprises en aient les moyens. C’est-à-dire, affirmation très impopulaire en France, qu’elles aient les marges suffisantes. Or avez-vous déjà entendu un homme politique vous dire, ce qui est pourtant vrai, que les marges des entreprises françaises sont les plus faibles de toute l’Europe, donc nous perdons peu à peu ce qui nous reste de compétitivité, faute d’investissements.
(…) Je serais ravi de discuter économie avec les spécialistes du PS. Mais il faudrait me donner leur adresse.

La question de la politique économique va devenir, très vite, le curseur de différenciation avec le PS et l’UMP. Il s’agit à présent de modèle politique pour l’avenir des Français. Aujourd’hui, presqu’historiquement, ce sont aux Démocrates de s’imposer sur la scène politique pour que la France, et forcément l’Europe, retrouvent une vraie croissance, un enrichissement… partagé !

(1) Jean Peyrelevade, « Le capitalisme total », éd Seuil
(2) Jean Peyrelevade, « Sarkozy, l’erreur historique », éd Plon

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Petit billet sur la pensée marxiste. Ce n’est pas la première fois que je me penche sur le sujet, ou le malade, voire le moribond. Dans « Le Parti Socialiste évolue… OUI MAIS », « Bernard-Henri Lévy ou la Gauche à l’endroit » et « Lionel Jospin, paroles d’outre-tombe, parole de socialiste », j’avais abordé ce thème.
La pensée de Marx, son apport à la compréhension du monde, et le marxisme : vaste sujet, comme le dirait super Dupont, affalé au comptoir. La pensée, si l’on peut appeler les éructations des philosophes de comptoir ainsi, aussi rouge que le fond du verre, sait nous rappeler que « le marxisme, c’est peut être une utopie, mais c’est la plus bbelle des utopies »… hic !
En fait, si l’on veut aborder la question, mieux vaut d’abord séparer marxisme et marxistes de la pensée de Marx. Ainsi, le cerveau peut se débarrasser des vapeurs éthyliques des marxistes, qu’ils se nomment trotskistes, communistes ou socialistes.
Les Editions Sulliver (www.sulliver.com) éditent des ouvrages (à prix modiques) ayant pour objectif d’être plus près de la « moelle ». Ainsi, je vous recommande de lire Michel Henry, sur la pensée de Marx, en général, et en particulier son livre « Le socialisme de Marx ». Pourquoi ce livre ? Le camarade Seb, qui le connaît bien, vous dirait sans nul doute que ce philosophe (1922-2002) rend intelligible la pensée de Marx. Et au-delà de cette intelligibilité, donne à Marx un nouvel attrait, moins dogmatique.
Surtout, M. Henry redonne à l’individu toute la place que lui donnait le philosophe allemand, c’est à dire au coeur des interactions et des interprétations du monde. En citant son « l’Idéologie allemande », livre d’après moi incontournable pour aborder Marx, il rappelle cet écrit : « les conditions d’après lesquelles les individus sont en relation les uns avec les autres sont des conditions faisant partie de leur individualité, elles ne sont rien qui leur soit extérieure ». M. Henry démontre ainsi que « l’idée d’une détermination de l’individu par le « social » apparaît immédiatement absurde ». Celui-ci sait aussi montrer la séparation entre Marx et Hegel, notamment sur l’essence de l’homme qu’Hegel inscrit dans une « anthropologie matérialiste ».
L’auteur prend plaisir, comme le fit Marx lui-même, à différencier les marxistes de leur “maître”. Comme l’écrit M. Henry, l’habitude des marxistes est de nous marteler que la réalité vraie des sociétés humaines, qui les soutient et les détermine, c’est la réalité économique. Or, il nous rappelle la thèse de Marx : « l’économique n’est qu’une abstraction (…). La réalité dernière, qui fond l’économie elle-même et qui la détermine ultimement, c’est la vie subjective individuelle ». Pour le coup, cela illustre combien Raymond Aron (2) a encore raison.
L’exercice du pouvoir par ceux qui se réclament de Marx, les partis communistes qui se considèrent les zélotes de l’allemand, sont étrangers à sa pensée. « Il faut ici rappeler ce fait déterminant mais toujours et de nouveau occulté, que la pensée de Marx n’a aucun rapport avec le marxisme ». Car « la praxis est par essence individuelle ». Les Lénine, Trotski, Staline, Mao avaient pour sources de Marx une vulgarisation d’Engels faite après la mort de Karl Marx. Source que M. Henry considère comme « d’une extrême faiblesse intellectuelle »…

Le rappel de l’individu comme primat de l’analyse sociologique et économique chez Marx est salutaire. Costano Preve, se définissant comme marxiste, l’a parfaitement décrit dans un ouvrage lumineux. Lui-même sait combien il faut comprendre l’homme, l’individu dans ses relations, son environnement, avant de parler d’aliénation (3).
Pour clore ce billet, je vous invite, à nouveau, à lire, l’excellente biographie d’Attali sur Karl Marx (4). Car comprendre un philosophe, c’est aussi comprendre sa vie, son évolution, dans son contexte historique. Evolution par rapport aux écrits (« l’Idéologie allemande », « Le Capital », « Le Manifeste du parti communiste »), les influences (Hegel, Feuerbach), et la vie. Le père de K. Marx s’était converti au christianisme pour des raisons apparemment professionnelles. Judaïsme et christianisme (téléologie) n’ont pas été sans influences… De plus, Marx est contemporain de la pensée libérale du XIXème siècle. Il inscrit fortement sa lecture du monde par les lunettes des enjeux de la pensée libérale (l’individu, liberté de pensée et de circuler, etc.). Et il est contemporain des évolutions techniques de son temps (train/avion, lettre/internet, nation/mondialisation, etc.) de la société dans laquelle il vit, dans laquelle « il pratique sa vie sociale » (Althusser). Il faut donc aussi relativiser la “scientificitée” de sa pensée par rapport au facteur technologique. Enfin, le choix de Marx de ne pas travailler, de vivre de ses rentes et héritages, expliquent aussi sa vision de la vie.

Bref, pour mieux comprendre Marx, je ne peux que vous conseiller de lire ces ouvrages.

Et encore merci au traducteur de la pensée marxienne qu’est Michel Henry et aux éditions Sulliver qui nous rendent ses écrits toujours accessibles.

(1) Michel Henry, « Le socialisme selon Marx », éd Sulliver.
(2) Raymond Aron, « Le marxisme de Marx » éd de Fallois.
(3) Costano Preve, “Marx inatuale. Eredità e prospettiva” (”Marx inactuel”. On trouve sur le net des commentaires en français), éd Bollati Boringhieri.
(4) Jacques Attali, « Karl Marx ou l’esprit du monde », éd Le livre de poche.

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