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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info




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J’attendais que l’actualité ait abandonné le sujet pour l’aborder : les « affaires » Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy.
Nous avons été abreuvés sous les différentes déclarations et atermoiements. Avec la distance du temps, revenons un peu sur ces mini évènements pour en tirer quelque leçon. Je sais que le net en général et les blogs en particuliers sont des outils de l’instant. Pour ma part, le net, et ce blog, sont ce que nous voulons qu’ils soient et je préfère parfois attendre pour mieux voir les méandres des agissements de chacun plutôt que toujours verser dans la « réaction ».

Tout d’abord, l’affaire Mitterrand. Le ministre de la Culture fait une déclaration aux médias pour dénoncer l’arrestation de Polanski par les méchants Américains, en relation avec des actes de pédophilie.
Les média, la gente politique, s’exprime plus qu’à leur tour, pour dénoncer ou soutenir le ministre, qui soutient le cinéaste, qui ne se soutient plus beaucoup… Mais surtout, le virage pris est celui de la pédophilie soupçonnée de Frédéric Mitterrand. Marine Le Pen et son alter ego socialiste, Benoît Hamon, mettent en cause le ministre de la Culture à cause d’un livre où il y décrivait la misère de son tourisme sexuel.
Pour le coup, on la sentait bien la meute !
Et le Frédéric de faire son mea culpa en direct à la télévision, de se foutre à poil devant tout le monde, récompensant le voyeurisme du téléspectateur français.

Puis l’affaire Jean Sarkozy :
Le fils de, conseiller général des Hauts de Seine, se veut président d’une des plus grande S.EM (société d’économie mixte) de France.
Pareil : déclenchement du crépitement médiatique, expressionnisme suiviste des politiques. Comment peut-on reprocher la nomination d’un jeune à la tête d’une grande entreprise ? N’est-ce pas faire du délie de sal gueule ? De l’anti-jeunisme ?
A la fin de la comédie, celle-ci ayant virée dramatique, le Président Sarkozy recule et fait renoncer le fils.

Dans le 1er cas, l’affaire Mitterrand, médias et politiques ont dévié du sujet pour mettre en cause l’identité sexuelle d’un homme. Or, je me fous royalement qu’un politique soit homo, hétéro, ou je ne sais quoi encore. J’attends d’un politique qu’il soit compétent, responsable et honnête.
Frédéric Mitterrand est-il compétent en tant que ministre de la Culture ? Pour l’instant, il est un peu tôt pour répondre, mais par contre je le crois volontiers expert de la culture.
Se comporte-t-il de façon responsable ? Je crois qu’il n’y avait pas encore de reproches à lui faire.
Par contre, je considère profondément malhonnête de soutenir un cinéaste par ce qu’l est cinéaste, parce qu’il est connu.
Voilà le vrai scandale !
Polanski a à répondre devant la justice américaine. Que celle-ci ait un fonctionnement parfois particulier, c’est un fait. Mais qu’il assume ses responsabilités pour des aces de pédophilie qui ne sont pas niés.
Mais que le ministre de la Culture de la France se commette à soutenir un coupable (il a été jugé) par ce que celui-ci est une star est écœurant.
Comme étaient écœurant les propos, attendus, de Marine Le Pen, et ceux, moins attendus, de Benoît Hamon. Le porte-parole du PS s’est ridiculisé en participant à la curée lancée par la fille Le Pen. La presse s’est fourvoyée en oubliant le fond du problème : un ministre soutient un coupable parce qu’il est une star, pour alimenter le soupçon minable.
F. Mitterrand a assumé au grand jour son homosexualité. Et les Français, en majorité (tant pis pour les « beaufs ») se moquent bien qu’un personne soit homo ou hétéro. Ce que nous ne pouvons supporter, c’est la pédophilie. Et le traquenard était là, si Frédéric est homo, pourquoi ne serait-il pas pédophile ? Le mot utilisé de « garçon » dans son livre sur le tourisme sexuel en serait une preuve… Or, les homos disent justement « garçons » quand ils parlent d’eux-mêmes. C’est d’ailleurs souvent ainsi que l’on devine le penchant sexuel d’une personne : un homo dira « garçon » quand nous dirons « homme », et plutôt « femme » d’ailleurs…

Pour le cas Jean Sarkozy, le pouvoir n’a pas réussi à dévier la réalité du problème : il ne s’agissait pas de délit de sale gueule mais de népotisme : Jean était choisi car fils de … Où seraient ses compétences pour remplir une telle responsabilité ? A 24 ans, être multi redoublant, en simple 2è année de droit n’est pas une preuve de compétence, bien plutôt !
Je ne dis pas non plus que seuls les diplômés sont compétents : mais chaque fonction exige des compétences particulières. En l’occurrence, diriger une S.E.M d’une telle ampleur nécessite d’avoir des compétences intellectuelles particulières que les études et l’expérience apportent.
Peut-on être médecin sans faire d’études de médecine, et ce du jour au lendemain ?
Peut-on diriger une SEM d‘aménagement urbain sans connaître le droit, la gestion, le management, voire… l’urbanisme ?
Je veux bien que le fils soit doué, mais le don sans expérience, ce stade, c’est catastrophique. Quant au don, ses piètres résultats individuels, donc scolaires puisque là le père ne peut se substituer ou aider le fils, ne plaident pas en faveur du fils…

« Savoir, c’est se ressouvenir (1)»
De ces deux cas, il ne sera pas possible aux Français de prétendre, lors des échéances électorales, qu’ils ne savaient pas…
1. La politique sarkozienne est une négation de la République (2). Le mérite est nié pour la famille, les amis. Dans les 2 cas, Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, l’appartenance à un clan, un réseau, une famille, l’emporte sur la justice et la compétence. La nomination du président de France Télévision par le Président de la République, la politique fiscale (TVA des restaurateurs, transfert des patrimoines, bouclier fiscale), les « copinages » (vacances sur un yacht d’un prestataire de l’Etat, amitiés avec les propriétaires de médias et autres entreprises), transforment la France en quelque chose d’à la fois médiocre et dangereux. Il n’y a pas de problème d’identité nationale, il y a un problème de l’Etat, de la République.
2. Le PS s’est montré à la hauteur de ce qu’on attend dorénavant : niveau caniveau. L’attitude et les propos du porte-parole du PS, la reconduction de G. Frèche pour les régionales, nous indiquent combien le PS est de venu un parti inutile (3), « boulet » face à la nécessaire opposition à la politique sarkozienne
3. Face à une situation qui lui échappe, N. Sarkozy veut travestir notre démocratie en éliminant « l’autre ». Par la réforme du scrutin à 1 tour, il protège UMP et PS, qui représentent moins d’un électeur sur 2. Le pouvoir ne pourra ainsi lui échapper. L’on devra ainsi être bêtement de droite ou bêtement de gauche, ce qui ne sera pas alors bêtement centriste. Réduire à 2 l’expression politique c’est se garantir un clientélisme absolu. En pensant aux électeurs de Le Pen, aux classes moyennes du privé, atteintes par l’impact de l’économie internationales et 1ères victimes des crises et récessions économiques, abandonnées par l’Etat qui s’appauvrit car soumis aux dépenses pour les classes moyennes du public (les « acquis ») et la défiscalisation des plus aisés… bref, ces électeurs qui avaient voté pour N. Sarkozy dernièrement, je me dis qu’ils n’ont pas fini d’être cocus. Surtout, il n’y a pas plus anti-gaulliens que ces néo-gaullistes…

(1) Platon, « Phédon »
(2) François Bayrou, « Abus de pouvoir »
(3) Jean-François Kahn, « Pourquoi il faut dissoudre le PS »

François Bayrou a annoncé qu’à l’issu du débat télévisuel Hollande / Sarkozy, il se prononcerait sur ses choix politiques, pour le Mouvement Démocrate.

Pour ma part, 3 critères doivent conduire l’avenir des Démocrates, qui dépassent donc le MoDem :
• La stratégie politique pour la France
• La stratégie d’organisation politique des Démocrates
• Le mode opératoire

1. La stratégie de la France, F. Bayrou en a suffisamment parlé pendant cette campagne et celle de 2007, elle doit reposer sur la reprise en main des finances, la réforme de l’Etat, et la réindustrialisation de l’appareil productif français.

Reprise en main des finances par :
• l’audit des dépenses, recettes, actifs et passifs de l’Etat
• réforme de l‘impôt sur le revenu par le prélèvement à la source
• augmentation de l’impôt sur les héritages et transferts de patrimoines privé, fortement à partir d’1 millions d’euros
• élimination de « niches fiscales » : telles que celle de Copé (vise à exonérer d’impôt sur les sociétés (en principe de 19 % dans ce cas) la revente, par une société-mère, de ses titres de participation dans une filiale), celle des journalistes (abattement fiscale, une mesure prise par le gouvernement Jospin : l’allocation pour frais d’emploi des journalistes, une niche fiscale qu’avait fait sauter Alain Juppé et que la gauche a rétabli quelques années plus tard sous une forme « légèrement allégée »)
• dotations de l’Etat conditionnées par la baisse des déficits des collectivités territoriales, et les investissements structurels de celles-ci
• régulation du marché financier au niveau européen (exemplaire réforme d’A. Merkel…), empêchant les A/R, influences sur le marché, etc.
• séparation des banques de dépôts des banques financières
• suppression des 35h, passage à une 6ème semaine de congés payés
• suppression de la CMU mais adaptation aux citoyens Français, et européens dans le cadre d’une régulation (règles et financements) commune
• retraite à 65 ans

Réforme de l’Etat :
• tous les fonctionnaires (territorial ou non) dans un corps global (fonction publique), divisée en 2 sous-groupes : fonctions publiques à missions spécifiques (policier, soldat, juge, pompier, enseignants, etc.), tous les autres seront versés dans une « administration publique générale » (postes administratifs), pouvant ainsi soutenir les missions de l’Etat dans divers cadres (secrétariat dans la police, justice, écoles, etc.). Les formations devront bien sûr être antérieures aux mouvements de postes. L’objectif doit être non plus de supprimer les postes mais adaptés les personnels aux besoins.
• les salariés d’entreprises publiques doivent être soumis aux mêmes règles que les entreprises privées
• le passage de l’impôt sur le revenu par prélèvement à la source permettra de supprimer cette anomalie française d’avoir 2 corps d’Etat concernés par cette activité (Trésor et Impôts). Le prélèvement à la source permettrait de diviser par 3 les personnels nécessaires (limités aux contrôles), et une reventilation sur les besoins de l’Etat (l’état du ministère de la Justice est catastrophique, comme l’utilisation de personnels policiers ou de gendarmerie pour des fonctions administratives…)
globalement redonner à l’Etat français ses capacités stratégiques, d’efficacité, et ainsi être un exemple pour l’Europe qui manque d’organisation sûre. L’Europe est le seul espace qui peut répondre aux défis de la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie ou encore les Etats-Unis. Ainsi la France a besoin d’Europe. Mais elle a besoin d’une Europe forte, et c’est l’Etat stratège que peut donner en exemple la France.

Réindustrialisation de la France :
• privilégier des axes de développement (« green industrie » dont éco-matériaux, chimie verte, gestion des déchets, énergies dont nucléaire, robotique, déplacements, recherches spatiales et sous-marines pour de futures exploitations). Par exemple, il est des composites bio sourcés qui permettent d’alléger le poids des voitures ou avions, permettant ainsi à la fois de baisser la consommation en essence et kérosène, mais aussi de se passer de dérivés de produits pétroliers. Ou encore, le bioéthanol, reposant sur du blé ou betterave, donc bénéfiques pour nos agriculteurs, permet de baisser fortement la consommation de pétrole (et passer par exemple au niveau européen, l’introduction de bioéthanol de 10 % à 20 %). Il faut savoir que les espaces agricoles dédiés à ces productions ne sont pas pris sur des productions alimentaires…
• abonder les recherches en lien avec les axes stratégiques (au Canada, un entrepreneur qui investie dans la recherche voit sa mise multipliée par 3 l’Etat s’il s’agit de secteur classé stratégique)
• mise en place par région d’agences régionales d’Intelligence Economique, associant DIRECCT (et préfets de régions), Régions (représentants d’élus), et CCI (représentants d’élus des entrepreneurs et personnels), pour :
o mise en place d’observatoires régionaux concernant les formations, emplois, foncier, statistiques d’activités, fluidité des informations entre l’Etat et les régions
o stratégie de développement économique régionale (transports, branches
o mise en œuvre des politiques nationales et régionales
• fiscalisation positive pour l’entreprise (recherche, investissements)
• marchés publiques réservés aux entreprises locales (selon l’échelle de collectivité territoriale)

Toute politique contraire à ces axes est forcément irresponsable et empreinte de démagogie. La réforme de l’Etat pour qu’il redevienne performant et se donne à nouveau des capacités de stratège. La baisse des dépenses et le retour des recettes fiscales doivent y contribuer et prouver à l’Europe et aux marchés financiers que la France est fiable. Mais surtout, se donner des axes de développement clairs, cohérents avec les réalités économiques, permettra aux Français de savoir où ils vont, comprendre les efforts, s’investir pleinement afin de démontrer leurs capacités et savoir-faire. Enfin, c’est la création d’activités qui créera du travail, et non l’impôt ou le partage de ce qui s’amenuise…

2. La stratégie d’organisation des Démocrates doit reposer sur leur rassemblement, en acceptant les « différences » : républicains (notamment séguinistes et « gaulliens »), libéraux (et non néolibéraux), radicaux, sociaux-démocrates, écologistes. Ce rassemblement doit se faire sur une alliance, et une direction collégiale avec présidence tournante. 2 impératifs : obligation de présentation de candidats à toutes les élections, et interdiction de candidats internes concurrents. A terme devront se créer des groupes démocrates dans les différentes instances représentatives.

Après cette longue phase de contraction des centristes et Démocrates, il convient de se donner la forme adaptée pour retrouver un pôle démorate-central fort. La France ne doit plus dépendre des extrêmistes et autres délagogues. C’est aux Démocrates d’imposer une « dynamique de l’équilibre ».

3. La mise en œuvre doit reposer sur la participation au pouvoir : l’avenir de la France l’exige. Cette participation peut se faire avec F. Hollande ou N. Sarkozy, leurs limites l’imposent. Mais cette participation doit se faire sous 2 conditions « sine qua non » : acceptation de notre programme (ci-dessus) et mise en place de la proportionnelle.

Encore une fois, je reprendrai ce slogan de campagne de Raymond Barre en 1988 (inspiré de Bernanos) : « on ne subit pas l’avenir, on le fait ». Démocrates, faisons l’avenir et dépassons nos préventions, voyez l’état de la France : nous nous devons à elle. Mettons-nous à la hauteur des enjeux et de l’attente des Français.
Si nous n’en sommes pas capables, alors Marine Le Pen ramassera la France dans le caniveau dans lequel nous l’aurons laissé tomber…

« Quelle horreur ces Français qui votent Le Pen », déclare une jeune « pétasse » d’un quartier chic de Paris, « voilà pourquoi je ne vote pas ! » : tout est dit… manque plus que le « j’ai honte d’être Française », habituelle éruption vocale du crétin mono neuronal.

Pourquoi les Français ont ils été si nombreux à voter Marine Le Pen ?

Il est préférable de demander à ses électeurs, sans montre d’aucun mépris ou parti pris. Alors la réalité s’impose et met mal à l’aise.
Exemple symbolique de mes rencontres électorales : un jeune couple a voté Le Pen pour la 1ère fois, elle jeune femme blonde briarde, lui, son compagnon, d’origine Vietnamienne (ses « copains » sont pour la plupart d’origine maghrébine, du fait de son travail et jeunesse de « quartier »), ils vivent dans un quartier un peu populaire d’Ile-de-France. Pourquoi ce choix ?
• peu diplômés, ils sont en concurrence directe avec les étrangers ou personnes d’origine étrangère pour avoir un travail
• de même pour l’accès aux logements
• ils sont exaspérés par la petite délinquance quotidienne (tags, mobiliers urbains abimés, cris, etc.)
• ils ont chacun un travail difficile et pas très bien payé : ils considèrent les chômeurs et autres personnes qui vivent des subsides de l’Etat comme des parasites
Ces propos, je les ai beaucoup entendus ces dernières années, et ils s’amplifient.

Le vote Le Pen est 1er chez les non et peu diplômés, chez les jeunes, dans les banlieues et zones périurbaines, petits salaires du privé. Souvent il s’agit de personnes qui ont des amis, voire des conjoints, étrangers ou d’origine étrangère : ils ne font pas le lien automatique entre « l’étranger » et leurs problèmes.
La question est donc moins raciste que sociale : ce vote part d’un intérêt individuel, d’un contexte social. « L’assisté » et « l’étranger » ou d’origine étrangère, au sens de l’autre, le « non connu », s’appliquant à ce qui est éloigné de soi (comme l’Europe), ne sont pas perçus comme des « menaces » car ils vivent avc eux, sont allés ensemble à l’écoles. Ils sont vus comme des « concurrents », les empêchant d’avoir ou d’être comme souhaité.
Ces personnes ne sont pas sensibles aux propos liés à l’extrême droite habituelle, aux références à la 2de guerre mondiale, la collaboration, etc. Il s’agit bien d’un « national-populisme », populaire. Ils recherchent moins un pouvoir fort qu’une « karchérisation », un choc qu’ils s’imaginent salutaire. Sur eux, la gauche n’a aucune prise et c’est pour cela que le PS, et le front de gauche, n’ont plus de liens avec les « classes populaires ».

Est-ce qu’un Démocrate a plus de légitimité à leur parler ?

Je me souviens de discussions, il y a de nombreuses années maintenant, avec J-C Lagarde, aujourd’hui député-maire de Drancy. Nous étions « JDS » et parlions des problèmes d’insécurité dans les banlieues, d’absence de perspectives pour les jeunes, surtout les moins diplômés, qu’on ne mettait pas en avant les jeunes issus de nationalité étrangère qui réussissent en France, etc.
Nous n’étions pas écoutés par les gens issus des « beaux quartiers », les mêmes aujourd’hui submergés par la « lepenisation des esprits ».

Quels sont en réalité les problèmes de ceux qui votent Le Pen ?
• l’accès à des formations en lien réel avec les besoins des entrepreneurs
• avoir un travail, donc pour les jeunes (et moins jeunes) « s’intégrer » dans la société
• l’accès au logement
• « vivre en paix », c’est-à-dire dans le calme d’une sécurité « tranquille »
• Avoir accès à la consommation de masse (logement, voiture, téléphonie)
Les différents pouvoirs ne leur ont pas répondu, préférant les cataloguer, et réduire, dans la case « Le Pen ». Mais plus les gouvernements ont attendu, plus les réponses sont devenues complexes, et le vote massif.

Comment faire comprendre :
• qu’ils sont en réalité en concurrence avec la main d’œuvre ouvrière, les techniciens, chinois, indiens, brésiliens, etc. ?
• pour qu’il y ait emploi, il faut créer de l’offre, réindustrialiser, et non sur des produits où des pays comme la Chine ont à présent des décennies d’avance (comme le textile), mais sur de nouveaux produits , exigeant intelligence et savoir-faire (comme les composites), reposant sur des ressources européennes ?
• c’est le manque d’offre de logements, notamment social (accession sociale à la propriété), qui provoque les forts loyers
• c’est l’arrivée de générations de retraités qui n’a connu pratiquement que les 30 glorieuses (70 % de la richesse nationale appartient aux 65 ans et +), peu imposés et à qui aucun candidat à la présidentielle n’a demandé un effort, qui accentue le coût de l’immobilier, et sont à des années lumières de leurs réalités sociales
• ce n’est pas l’euro le problème – sinon Allemands et autres Scandinaves connaîtraient nos soucis de dettes – mais à la fois les dettes publiques qui obèrent nos ressources, la rigidité des statuts du secteur public et CDI des grandes entreprises qui empêchent la fluidité du monde du travail, interdisent de même les échecs, l’absence d’un appareil productif performant créant des produits de qualité à l’image positive. Comment admettre par exemple la publicité pour les véhicules Opel « made in Deutchland », avec en ce moment la mise en avant du technicien allemand-grand-blond-costaud qui séduit la Française (cela rappelle l’Occupation où le « mâle » Français était présenté comme un petit-moustachu-grassouillet et veule) ? Pourtant jamais Opel n’a déposé de brevet, alors que Renault et PSA, à l’inverse, sont auteurs du turbo, du moteur HDI, des monospaces, etc. ?

Les problèmes et questions de ces électeurs de M. Le Pen sont dans la proximité, or les réponses sont dans le global :
• élaboration d’axes stratégiques de développement économique à l’échelle européenne (exp : matériaux composites (pour la construction, transports, vêtements, etc.), énergies renouvelables, transports, chimie verte, robotisation, économie spatiale, exploitations sous-marines, etc.), avec de forts investissements de l’Union européenne pour la recherche et la constitution de « grappes d’entreprises » en lien avec les écoles
• régulation financière européenne (achat de valeurs mobilières à crédits et court terme, rôles des banques financières, fiscalités)
• baisse des dépenses publiques (Etat et collectivités territoriales) qui ne reposent pas sur des investissements structurels, audit des dépenses et de leurs mises en œuvre
• incitation à la construction de logements sociaux (accession sociale à la propriété), « deal » régionaux avec les agriculteurs pour échanger des terres peu productives en vues de constructions immobilières pour à l’inverse sanctuariser les terres fertiles (qui contribuent à la réindustrialisation)
• mise en place de la « flexsécurité » : (statuts moins rigides, obligation de proposer des formations, puis des postes liés)

L’objectif doit être de rendre à nouveau l’offre française attractive. Ce ne sont pas les augmentations d’impôts qui vont créer des emplois !
Les Allemands, avec le SPD de Schröder (agenda 2010) ont été capables de le faire. Les Français ne sont pas moins capables ou intelligents que nos frères Allemands. Notre peuple est particulièrement créatif, réactif, cultivé, notamment grâce à sa diversité. C’est la France qui a créé Airbus, le TGV, le minitel, etc. Mais notre peuple a besoin d’avoir à sa tête des gouvernants qui leur indiquent ces axes stratégiques, leurs mises en œuvre, combien de temps il faudra, et parler vrai.
N. Sarkozy et F. Hollande ont préféré éviter d’emprunter ce chemin difficile mais honnête. Il nous manque un De Gaulle, ou un Raymond Barre. François Bayrou s’y est essayé, mais n’a pas su convaincre, ce qui pouvait paraître prévisible depuis 2007…

Alors il nous faudra refonder l’alliance des républicains, libéraux, démocrates, radicaux, pour apporter aux Français tant une politique sûre que des politiciens attrayants, imposer le modèle de « l’économie sociale de marché » ou « modèle rhénan ». Cette alliance doit dès la constitution du prochain gouvernement influencer, et non demeurer dans la posture de l’opposant.
Car, seuls, F. Hollande ou N. Sarkozy n’apporteront pas les bonnes solutions. Les partisans et alliés de F. Hollande sont dangereux par leur irresponsabilité. N. Sarkozy l’est par ses tentatives « néolibérales » des 2 premières années de mandat. Il faut que nous assumions le pouvoir, ou bien ce sera encore le peuple qui sera pénalisé, jusqu’à ce qu’il soit suffisamment écœuré pours se donner entièrement à Marine Le Pen.

Pendant quasiment toute la campagne électorale du 1er tour de ces présidentielles, les médias nous ont assommé avec l’inéluctabilité d’un 2d tour Hollande / Sarkozy. A défaut de questionner les candidats sur leurs politiques économiques, leurs stratégies de sortie de crise, la majeure partie des journalistes paraissaient se donner comme une revanche à la fois de 2002 et de 2007.
De 2002 par la relégation de L. Jospin qui ne parvint pas au 2d tour.
De 2007 du fait de l’élection de N. Sarkozy, et d’une réduction forte des gauches au 1er tour.

A droite, on a l’habitude de dire que les journalistes votent à gauche, et l’inverse, bien sûr, pour la gauche. La tendance démocratique de chaque Français fait que si les médias ne parlent pas essentiellement de notre candidat, et en bien, c’est qu’il est d’un autre camp.

Et pourtant, le journal Marianne fit un sondage courageux en 2002 auprès des rédactions des journaux pour connaître la tendance électorale des journalistes français : l’addition des différents candidats de gauche atteignait les 80 %… angoissant pour notre démocratie. Toutefois ce serait déterminant si les élections voyaient la plupart du temps la victoire de la gauche…

Mais le fait est que l’on ressent une forte pression pour le candidat socialiste, François Hollande. Au Mouvement Démocrate, plusieurs personnalités ont déclaré qu’elles voteraient pour le socialiste. J’apprécie la façon de faire de J-L Benhamias qui rappelle qu’il ne parle qu’en son nom propre, il donne encore l’exemple de l’humilité et honnêteté qui manque tant dans le monde politique.

Pour ma, petite, part, je vais vous dire pourquoi je ne voterai pas pour François Hollande. Il y a trois raisons essentielles à cela : l’incohérence d’une future majorité présidentielle, si par quelque mauvais hasard les Français persistaient dans l’aveuglement de voter Hollande. L’impossibilité pour moi de faire confiance au Parti Socialiste, parti du candidat Hollande. Et enfin, l’inconsistance de François Hollande, vrai candidat d’une fausse personnalité. L’ensemble me paraît trop mensonger.

Comment imaginer une quelconque cohérence entre les Verts, frontistes de gauche (dont communistes), socialistes, sociaux-démocrates ?
Les écologistes des Verts qui militent pour une « décroissance » et la sortie du nucléaire quand les socialistes veulent relancer la croissance par la consommation (en accroissant alors le déficit de la balance commerciale) et sont incapables de donner une réponse franche sur l’avenir de la filière nucléaire ? Avec les frontistes de gauche de Mélanchon militant pour le protectionnisme français, le retour au franc, le « fiscalisme » (comme si l’augmentation des impôts créaient des emplois…) ? le retour d’une alliance avec des communistes français dont le nom même de « communiste » est une insulte pour des millions d’humains qui ont vécu, ou vivent, sous la terreur rouge ? Comment admettre qu’en 2012 des personnes se glorifient du nom de communiste, pourquoi pas national-socialiste pendant que l’on y est ? Et le PS qui à lui tout seul offre les plus parfaites contradictions, entre un M. Valls favorable à une TVA sociale (il avait raison) et un Montebourg protectionniste ?
Imaginez le monde apprenant la victoire de la gauche française, qui voit en l’Europe et l’entrepreneur des ennemis ? La gauche française est d’un tel archaïsme qu’elle sert de repoussoir partout en Occident, notamment chez les SPD allemands et les Travaillistes britanniques. Ces gauches françaises sont dans des contradictions indépassables, et ne se retrouvent que pour la victoire électorale et se partager postes et sièges (1).

Quant au PS, voir le retour de vieux caciques tels L. Fabius ou M. Aubry laisse pantois et inquiet. Les socialistes répètent à l’envie que la gestion de la France par N. Sarkozy, aura coûté 500 milliards d’euros de dettes, sur 1 700 milliards au total (2). C’est vrai. Mais c’est oublier que sont intégrées les mesures (et absences de réformes structurelles) de son prédécesseur J. Chirac.
C’est surtout oublier le reste : 1 200 milliards d’euros. D’où viennent-ils ? De la création d’une dette structurelle par les gouvernements socialistes depuis 1981 :
• retraite passée de 65 à 60 ans alors qu’arrivait la génération « papy-boom », (pour des personnes qui auront moins cotisé et moins longtemps que les générations d’avant et après)
• explosion du nombre de fonctionnaires pour créer son clientélisme,
• augmentation des salaires de ceux-ci (aujourd’hui les revenus des catégories B et C, soient ouvriers et techniciens du public, sont supérieurs à ceux du privé, alors qu’ils ne sont pas exposés au risque du chômage et aux mêmes prélèvements),
• nationalisations
• régionalisation sans gardes-fous pour les collectivités locales, qui elles aussi ont fait exploser les compteurs des recrutements de fonctionnaires de la territoriale, dépenses pour des bâtiments administratifs, bref augmentation extraordinaires des dépenses de fonctionnement devenues structurelles, déficits sans limites et souvent adossés sur des produits financiers appelés « toxiques »
• 35h : aggravant le coût du travail français comme si nous étions seuls au monde, sans que ne soit jamais créé le fonds de financement comme indiqué dans la loi… Aubry
• CMU (couverture maladie universelle) : comment augmenter les bénéficiaires sans que ce soient des cotisants, ou encore comment alimenter le FN
• blocage de l’Europe en faisant rejeter le projet de constitution pour l’Union européenne, essentiellement dû à un L. Fabius à la fois responsable et coupable. Faut-il rappeler que cette constitution permettait la mise en place d’un modèle de protection sociale pour les travailleurs européens ? et l’élaboration d’une politique économique que tout le monde réclame aujourd’hui ?

Chaque année, ce sont des milliards d’euros qui sont empruntés auprès des institutions financières dans le monde, pour payer les factures clientélistes et irresponsables du PS. C’est cette dette non maîtrisée qui met toutes les familles françaises en danger.
Comment faire confiance en un parti qui aura systématiquement mal géré la France, en toute connaissance ? Souvenez-vous de L. Jospin qui refusait la réforme des retraites pour ne perdre de futures élections…
Confiance dans un PS qui s’érige toujours en donneur de leçon ? Souvenez-vous des affaires « carrefour du développement », « Pelat », « Grossouvre », « écoutes de l’Elysée », et dernièrement de la mise en coupe réglée par le PS des régions marseillaises et Nord-Pas de Calais…
Confiance dans un parti qui « coupait des têtes » (purges notamment dans les médias) à partir de 1981, et qui annonce se préparer à recommencer ?
Petite anecdote personnelle : l’instituteur remplaçant de mon fils, en CE2, qui explique les programmes de F. Hollande et N. Sarkozy… Mon fils me demande le soir même s’il est vrai que F. Hollande veut augmenter le nombre d’instituteurs pour bien apprendre aux enfants, le nombre de policiers pour bien protéger les enfants, et baisser les loyers pour que tout le monde ait un toit ? Pourquoi N. Sarkozy veut l’inverse, il n’aime pas les enfants ?
Difficile d’expliquer après à un enfant les manipulations d’un instituteur, ce qu’est la dette, l’impossibilité de l’accroître et donc là aussi les mensonges de F. Hollande, les responsabilités de N. Sarkozy dans la baisse des recettes, et son comportement (pour rappel symbolique : la tentative de nommer son fils à la tête d’une des plus grandes S.E.M. de France, un jeune de 24 ans qui n’avait pas encore été capable d’obtenir sa licence de droit…) qui posa des problème de démocratie…
Et n’est-il pas incroyable de voir aujourd’hui un DSK revenir se poser en victime de je ne sais quel complot ? Pour une future fonction ou mission à 100 000 € la journée ? Ce serait lui la victime alors qu’il n’est pas capable de contrôler sa libido ? Lui la victime, alors que médias et PS ont reconnu qu’ils étaient au courant de ses »comportements à risques » ? Surtout, N. Sarkozy était informé des frasques particulières de DSK : il était l’opposant rêvé pour l’UMP ! Il n’y a qu’une personne qui peut se féliciter des problèmes judiciaires de DSK, c’est justement F. Hollande…
Et de plus, impossible de faire confiance à un PS qui a refusé depuis 2007 toute possibilité de discussion avec le MoDem… mais qui aujourd’hui veut ses voix ! Car un centriste, c’est en fait une personne de droite qui se cache, et derrière toute personne de droite, c’est un facho qui apparaît… D’ailleurs, pourquoi un centriste voudrait-il être indépendant de la gauche, si ce n’est parce qu’en fait il est vendu à la droite ?
Surtout, s’il existait la « démocratie indirecte », en cas d’élection de F. Hollande, nous risquons de subir une « dictature indirecte ». Les socialistes détiennent la plupart des grandes villes de France, la majorité des départements, toutes les régions, le Sénat… rien n’existera pour freiner ou empêcher les dérives ! Quand on a connu celles du passé, alors qu’existaient des contre-pouvoirs, on craint le pire pour l’avenir.

Enfin s’agissant de François Hollande…
C’est F. Hollande qui prétendait en 2007 que l’échec des 35h étaient dû au fait que cela n’avait pas été imposé dans tous les secteurs… Il reconnaissant donc cet échec ?
Le même qui n’a jamais été ministre malgré toutes les opportunités offertes par l’accession du PS à Matignon ? Quel est le problème ?
C’est sous la direction de F. Hollande que ce sont installées les dérives du PS dans le Nord-Pas-de-Calais (exp. Hénin-Beaumont), Marseille (famille Guérini), Montpellier (et le conducator Frêche), etc.
De plus, pourquoi n’avoir pas voyagé en Chine ou en Inde voir le monde tel qu’il est pendant cette année électorale ? La Corrèze est-elle l’expression de la crise économique mondiale ?
Comment peut-on croire que le candidat socialiste voudra mettre fin aux dérives de l’ère sarkozienne quand il promet en même temps la création de 60 000 postes dans l’enseignement, d’autres milliers de postes financés par l’Etat, ramener la retraite à 60 ans, etc. Ces points de programme sont les stigmates des maladies congénitales des socialistes : l’irresponsabilité, la démagogie, le clientélisme… le mensonge : nos mensonges ?
Je plains les Migaud, Valls, Moscovici, Boutih, Collombs, et rares autres, qui associeront leurs noms à ce qu’ils ne supporte plus…
Et surtout, pourquoi imiter François Mitterrand par l’aspect vestimentaire, le corps, la coupe de cheveu, et enfin la gestuelle ? Qui est en fait F. Hollande ? Est-il si peu consistant qu’il préfère imiter une autre personne ? Est-ce le choix de la manipulation des foules ?

Je ne peux pas voter F. Hollande : les réalités économiques, l’état de la France, le passif du PS, ses leaders et leurs pratiques, leurs alliés nauséabonds, et surtout l’impossibilité de savoir qui est en réalité François Hollande me l’interdisent. Qu’il surfe sur les mensonges que veut entendre le peuple dans son insouciance le décrédibilise.

1. J-F Kahn, « Menteurs », ed. Plon
2. E. Lévy et M. Delattre, « Un quinquennat à 500 milliards : le vrai bilan de Sarkozy », ed. Mille et une nuits

Quand je vous dis sur ce blog que les mesures envisagées par François Bayrou dans son programme en matière d’environnement et de développement durable sont innovantes, il est possible que vous ne me croyiez pas. Etant supporter et partie liée, je ne vous en voudrais pas.

En revanche, je vous signale cet article de Novethic, centre de ressources et d’information sur le développement durable (filiale de Caisse des Dépôts), véritablement expert et indépendant, et qui dit globalement la même chose.

L’article commence d’ailleurs par une citation de Bayrou qui résume bien le cap fixé et montre que Bayrou a bien saisi que la crise financière n’est pas qu’un aléa conjoncturel. « La mutation que nous connaissons est une étape, irréversible, vers un autre modèle environnemental. On ne pourra pas revenir en arrière. C’est à une production et à une consommation plus durables, à un meilleur respect des ressources rares, à la lutte contre le réchauffement climatique que nous devons nous atteler. » Je vous invite à lire le reste de l’article ici.

 

Il est franchement dommage que les journalistes, après avoir passé tout ce temps à dire de François Bayrou qu’il n’avait pas de programme, ne prennent pas le temps de le lire quand celui-ci est publié. Car au delà des idées déjà développées (et d’ailleurs publiées) par le candidat démocrate tout au long de la campagne, celui-ci contient aussi son lot d’innovations et de surprises.

J’ai déjà eu l’occasion de dire à quel point la Responsabilité sociale et environnementale des Entreprises constituait désormais non plus seulement une opportunité mais une obligation pour sortir de la situation que nous vivons actuellement.

Depuis la crise économique et financière, les entreprises font face, encore bien plus qu’avant, à une défiance généralisée de l’opinion qui mine la société toute entière . Le Trust Barometer 2012 d’Edelmann en fournit une nouvelle preuve s’il en était besoin. En France encore plus qu’ailleurs, les entreprises obtiennent des scores de confiance en continuelle dégradation (inférieurs à ceux du gouvernement !) avec moins de 30% d’opinions « confiantes ».

Ce même baromètre en explicite bien les raisons. La population sondée fait confiance aux entreprises pour créer de la croissance et de la valeur économique, mais ne croit pas dut tout que les entreprises puissent répondre aux attentes principales qui s’expriment vis-à-vis d’elles : traiter correctement leurs salariés, offrir des produits sans risques pour les consommateurs, prendre en compte les retours de ces derniers, avoir des pratiques commerciales « éthiques ».

Pour ceux qui croient que les entreprises doivent rester le vecteur privilégié d’une économie de l’initiative, tout l’enjeu des démarches de Responsabilité sociale et environnementale est celui-ci : restaurer la confiance en l’entreprise, dessiner ainsi l’entreprise « post-crise » dont il faudra bien admettre qu’elle n’est pas conjoncturelle mais bien systémique.

Je suis donc très satifsait de voir que François Bayrou se positionne au travers de son programme sur ces thématiques cruciales. J’ai retenu notamment deux propositions qui me paraissent tout à fait novatrices.

1. François Bayrou propose d’envisager la modulation des taux d’imposition des sociétés en fonction des performances et efforts réalisés et démontrés en matière de responsabilité sociale. Les entreprises qui créent de la valeur économique aux dépens des considérations sociales ou environnemaentales osnt plus pénalisées que celles qui créeent de la valeur partagée : quoi de plus vertueux ? Certains grincheux diront que les méthodes de mesure de la performance extra-financières (qui existent depuis dix ans, dites le à M. Hollande qui pense les créer dans son programme) sont encore à un stade de matrurité trop faibles pour servir de base à la fiscalité. Il faudra y aller pas à pas, mais la fonction d’un candidat à la présidentielle c’est aussi de tracer une voie montrer une avenir. Notons aussi que cette modulation de la fiscalité d’entreprise est bien plus intelligente que celle proposée par Hollande. Selon ce dernier les taux de l’impot sur les sociétas doivent augmenter pour les grandes entreoprises, baisser pour les petites : c’est stupide car nous connaissons tous des sociétés de petite taille très profitables. Pourquoi devrait-on baisser leur imposition dans le contexte de crise ?

2. Plus avant gardiste encore, François Bayrou propose aussi la création d’un nouveau statut d’entreprise  : l’entreprise OSEE à objet social, environnementale et économique. Très certainement inspiré des réflexions parues au début de l’année dans l’ouvrage « Refonder l’entreprise » (Blanche Segrestin, Armand Hatchuel) paru dans la collection la République des Idées, cette proposition part d’un constat. Dans les sociétés de capitaux actuelles, les consiédartions sociales et environnementales se heurtent invariablement au pouvoir absolu des actionnaires qui restent seuls maîtres à bord et font bien entendu passer leur objectif de profit avant tout autre objectif plus sociétal. Dans ce nouveau type d’entreprises, les statuts de départ contiendraient des objectifs sociaux (développer un emploi de qualité), environnementaux (produire avec le moins d’impact environnemental)…et les investisseurs qui investiraient dans ce type de sociétés accepteraient de fait que le but de leur investissement n’est pas que la maximisation de leur profit à court terme. Cette possibilité vient d’être ouverte avec un certain succès dans certains Etats américains fin 2011 (Californie, Vermont). Cela s’appelle les « Flexible Purpose Corporation » ou encore « Benefit Corporation ». Les entreprises qui choisissent ce statut doivent faire auditer chaque année par des tiers extérieurs, comme les comptes d’entreprise, leurs performances sociales et environnementales.

Au travers (notamment) de ces deux propositions, je trouve que François Bayrou incarne bien une troisième voie économique, pour une économie de l’initiative régulée. Ni le laisser faire qui a prévalu pendant les deux dernières décennies, ni le caractère invariablement punitif du projet socialiste vis-à-vis des forces vives de l’économie (notation sociale obligatoire, hausse des impôts, attaques contre les banques…). Là où d’autres se contentent de proposer des remèdes anciens qui ont déjà prouvé leur inefficacité, il se révèle le plus apte à imaginer pour notre pays des solutions novatrices pour sortir de la crise systémique de notre économie, mais aussi de notre société.

C’est maintenant qu’il faut se mobiliser pour imposer, si ce n’est notre candidat, au moins une campagne digne de ce nom.

L’ineptie du débat actuel, fait de petites phrases ridicules, entraîne l’inertie du corps électoral. Entre ceux qui vont s’abstenir et ceux pour qui le vote ira de manière au-to-ma-tique à leur « camp d’origine », on pourrait quasiment se passer de scrutin ! C’est tout de même très grave qu’au plus difficile de la situation économique, la plupart de nos concitoyens ne s’intéressent aucunement à la façon dont les futurs dirigeants du pays conduiront les affaires du pays. C’est dire si la désillusion est grande.

Le résultat politique de cette situation est que, probablement, c’est un élu par défaut qui sera Président – tandis que l’homme politique jugé le plus populaire et doté du programme le plus sérieux est apparemment condamné à arbitrer le duel de second tour qui n’aura d’ailleurs pas lieu.

Dans ce contexte difficile, il nous revient à nous démocrates de ne pas baisser les bras, de continuer à penser qu’il est possible de parler autrement au pays qu’en désignant les riches ou les étrangers, de continuer à faire confiance à la responsabilité des citoyens dans ce moment difficile.

 

C’est la question posée à la fois par 2 blogueurs que nous respectons beaucoup ici au Blog du democrate : Hervé et L’Hérétique. Ils veulent dire : Hollande est-il cynique en incluant dans son programme de multiples propositions qu’il sait lui même bien peu réalisables (thèse de l’Hérétique) ? Ou bien croit-il vraiment pouvoir les mettre en application, se trompant sincèrement sur le potentiel de relance d’une nouvelle vague de keynesianisme à la française (pour Hervé) ?

Sans engager tous mes camarades du Blog, pour ma part c’est clair : Hollande ment, évidemment, naturellement.

C’est d’ailleurs tout ce que Hollande a de mitterrandien, malgré ses efforts pour lui ressembler. C’est un cynique, pas un idéologue. Tous dans ses actes ou écrits précédents montrent que l’on tient avec lui un bon vieux radical de gauche presque corrézien - d’où sa proximité avec Supermenteur-Chirac également. Bref je ne doute pas que si Hollande est élu, ce bon vieux JF Kahn n’aura plus qu’à ajouter un chapitre à son nouvel opus sur le mensonge en politique.

Dans une réunion d’anciens combattants centristes des campagnes 2002 et 2007 (bon signe d’ailleurs que ce regroupement ait pu avoir lieu), beaucoup convenaient d’ailleurs que ça fait bien longtemps qu’on avait pas vu un programme socialiste aussi peu déraisonnable ! La crise a des vertus… Je crois que le vrai Hollande, en définitive pas si éloigné de Valls, se trouve déjà plus proche de l’énoncé des 60 mesures que dans ses déclarations et moulinets ridicules du Bourget contre la finance. Et même, donc je suis assez persuadé qu’il n’a pas l’intention de mettre en oeuvre certaines de ces mesures.

En fait Hollande a tiré les leçons de 2002 et 2007 : d’abord réussir son premier tour en rassemblant son camp, voilà tout, et à partir de là il dira ce qu’il lui faut dire pour ça. Puis, tirant parti de son habileté de Culbuto, comme il l’a déjà largement fait depuis le début de l’élection, il reviendra sur toutes ses promesses des primaires puis sur celles de l’élection elle-même.

Voilà pour mon avis – mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas rassurant, c’est même un piège mortel pour la démocratie. Après Chirac qui ne fit rien de ses promesses sur la fracture sociale, puis rien tout court dans le mandat suivant, après Sarko qui ne fit rien (ou ne put rien faire ?) de ses promesses de campagne, entamer un nouveau cycle sur une promesse que l’on sait devoir trahir est le pire qui puisse arriver aux français. Ce serait l’achèvement de la décrédibilistion du discours politique. Seuls les extrêmes y ont intérêt ! Aujourd’hui c’est de vérité dont les français ont besoin.

Lundi soir au Théâtre du Rond Point, François Hollande a déclaré : « On note tout aujourd’hui, moi je propose une idée audacieuse une notation sociale des entreprises », « ce serait une bonne information à donner aux actionnaires »

Quelle audace Monsieur Hollande de proposer quelque chose qui existe depuis 10 ans déjà au moins ! toutes les entreprises cotées en bourse sont en effet déjà soumises aux notations extra-financières d’agences spécialisées (je travaille dans l’une d’entre elles)- ces notations étant utilisées justement par les investisseurs intéréssés.

Au delà de cette erreur qui montre qu’il ne sait pas de quoi il parle, il convient d’analyser un peu plus posément la proposition officielle reprise parmi les 60 mesures exposées ce matin par le candidat socialiste (proposition 24) : « Je mettrai en place un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises de plus de 500 salariés à faire certifier annuellement la gestion de leurs ressources humaines au regard de critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail ». Voici les commentaires que cela m’inspire :

- dans cette proposition Hollande parle de notation sociale, mais les agences extra-financières évaluent la performance des entreprises sur un spectre bien plus large : performance environnementale, éthique des affaires, contribution au développement des territoires, intégration des questions sociales et environnementales dans la supply-chain. L’information dont ont besoin l’investisseur tout comme le consommateur c’est bien de cette vision complète de la performance durable : à quoi bon favoriser une entreprise qui traite bien ses salariés si elle reporte les risques sur des sous-traitanst en Asie ? A quoi bon une entreprise sociale qui se moquerait des règles environnementales ?

- Hollande emploie également le mot de certification, assez inapproprié en la matière. Les certifications et labels sociaux de bonne conduite RH eux aussi existent déjà (label diversité, label égalité professionnelle…) et sont généralement assez décriés. La qualité de la gestion des Ressources Humaines est un objet qui s’évalue, qui se mesure, mais qui ne se certifie pas. Un certificat voudrait dire qu’on cherche à résumer la question de la gestion des ressources humaines à un choix du genre : entreprise responsable / non responsable. Ce genre de raccourcis ne convient pas à des questions aussi complexes et multi-critères. En outre, cela reviendrait à négliger ou nier le rôle des partenaires sociaux dans l’entreprise.

Bref autrement dit, on voit bien dans cet exemple qu’un expert quelconque a soufflé une idée au candidat, que celui-ci l’a reprise sans trop en comprendre les enjeux et les fondements, et que tout ceci a fini parmi l’arsenal des instruments « punitifs » que le candidat socialiste promet de mettre en oeuvre pour mettre au pas les méchantes entreprises et leurs financeurs.

Bref, donc plutôt que de proposer ce qui existe déjà voici ce qui pourrait être fait à mon avis pour renforcer la visibilité et l’efficacité des notations extra-financières :

* avant tout renforcer la crédibilité des informations sociales et environnementales sur lesquelles les agences s’appuient (données publiées par les entreprises – ceci devrait être fait dans le cadre de la loi Grenelle II)

* une fois ceci fait : prendre en compte les résultats des notations extra-financières dans l’attribution des marchés publics

* moduler l’imposition sur les sociétés sur la base des résultats (ce serait plus juste que le critère grande ou petite entreprise proposé par Hollande – il existe des PME extrêmement rentables dont on ne voit pas pourquoi elles bénéficieraient de taux réduits)

* favoriser fiscalement le développement des fonds qui pratiquent l’Investissement Responsable (en offrant un taux de fiscalité plus bas sur les gains de ces fonds).

Hollande a eu le mérite de venir sur ce terrain, même si c’est par le petit bout de la lorgnette, convenons-en. Mais sa vision manque cruellement de souflle. Il ne s’agit pas  de « contraindre » les entreprises mais d’esquisser les entreprises de l’après-crise. Derrière cette notion de performance sociale et environnementale des entreprises, la question qui se pose est bien : quelles entreprises voulons nous pour demain ? A quoi doit servir une entreprise : à servir des actionnaires ou bien à contribuer au développement durable pour tous ? Ceux qui croient que la crise financière (et environnementale) du moment appelle une évolution majeure non entamée à ce jour des modèles économiques doivent donc prendre la mesure de la question. Dans certains états des Etats Unis, un nouveau statut d’entreprise « benefit corporation »  vient d’être créé qui place au coeur de l’objet social et des reponsabilités du management la création de valeur sociale et environenementale. En voilà un signe qui montre que le modèle actionnarial de l’entreprise va passer la main !

Il y a eu samedi 14 janvier dans le premier forum de campagne de François Bayrou un débat de grande qualité autour de ce sujet (voir http://www.bayrou.fr/forum/forum-1-table-3). C’est bien au candidat démocrate de porter cette vision de l’entreprise pendant que les uns continueront à defendre les prés carrés de leurs amis du business, et que les autres resteronts prisonniers de leur vision manichéenne de l’entreprise.

 

 

 

 

 

On ne sait pas encore quand ni par où cela interviendra mais une chose est sûre : Hervé Morin sera bientôt débarqué de la campagne présidentielle 2012. Ce sera la fin d’une occupation inappropriée du terrain centriste qu’il n’a au fond jamais pu incarner  malgré le putsch de l’entre deux tours de 2007. L’ancien ministre de la Défense qui pourtant n’a pas ménagé ses efforts pour dénoncer celui qui le considérait comme l’un de ses bédouins, se retrouve 5 ans après dans le désert lui même. Délaissé par ses amis politiques, pilonné par l’UMP , ignoré par François Bayrou qui n’ a jamais dit un mot sur lui, sa « gaffe historique » achève de ridiculiser cette candidature reconnue par moins de 1% des sondés.
On ne va pas verser des larmes de crocodile sur ce débarquement raté et cette triste fin du Président du Nouveau Centre. On se dit simplement qu’on a eu bien raison de ne pas renoncer à l’espoir de 2002 et 2007.


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