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Blog r�f�renc� par Marianne2007.info




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Prétendre que le MoDem serait capable de remporter une région, cela relève t’il de la dérision ou de l’aveuglement militant ?

Et pourtant, quand l’on s’écarte du prisme déformant des sondages nationaux, on s’aperçoit que la réalité des régionales est plus complexe. Chaque élection apporte sa surprise. Il est bien possible que la surprise de ces élections régionales, proviennent des personnalités… régionales !

 Les écologistes en Alsace, le FN en PACA, le PS en Ile-de-France, l’UMP en Pays de Loire voire en Champagne-Ardenne, et le MoDem… en Basse-Normandie.
Tout d’abord, il ne me paraît pas du tout inconcevable que le MoDem réalise quelques scores enthousiasmant, en Aquitaine, Alsace et Bretagne, voire Rhône-Alpes. Ces régions, et bien d’autres, voient des têtes de liste MoDem de grande valeur. Ceux-ci ne se sont pas trompés d’élection, leurs personnalités et leurs programmes ne sont pas seulement attractifs, mais si le contexte politique n’était pas aussi défavorable au MoDem, ils seraient des challengers de 2d tour.

 Concernant la Basse Normandie, plusieurs facteurs expliquent les légitimes ambitions du MoDem et de son leader, Rodolphe THOMAS.

 D’abord, pour rappel, à quoi sert la Région ? J’ai commis un article il y a quelques temps sur cette question mais pour résumer : le développement économique, la lutte contre le chômage, les formations professionnelles, les lycées et les transports sont de leurs propres compétences.

Pensez-vous ne pas être concernés ?…

La Région est devenue cet espace territorial où les enjeux territoriaux sont les plus visibles, les plus percutants. L’Europe ne s’y est pas trompée : c’est auprès des régions qu’elle s’investit, par des fonds très importants (FSE et FEDER) qui structurent sur des projets d’avenir.
La concurrence entre régions européennes, et au sein même de la France, est une réalité.  Seule la démagogie, l’irresponsabilité et l’incompétence l’ignorent. La force de l’économie des régions se basent sur l’innovation et l’attractivité, donc sur le lien entre recherche/entreprises/services territoriaux, et la qualité de vie.

  La Basse Normandie est connue et enviée pour sa qualité de vie : climat doux et tempéré, espaces naturels magnifiques, gastronomie, patrimoine historique, sont des atouts incontournables.

Et pourtant : chômage ayant augmenté de 20 % en 1 an seulement, 41,6 % des moins de 25 ans sont au chômage, salaires des cadres et cadres supérieurs les plus bas de France. La jeunesse normande, surtout diplômée et qualifiée, fuie en Ile de France, Bretagne et Pays de la Loire pour trouver travail et revenus respectables. L’avenir de la région s’écrit à l’imparfait.
Transports archaïques, avec notamment une capitale régionale à 250 km de Paris mais éloignée de 2h15 en transports ferroviaires. Pour comparer, Strasbourg est à près de 500 km de Paris mais 2h en TGV, Lille est à 1h en TGV, etc.
L’université de Caen et sa présidente ont refusé de s’inclure dans la modernisation et la coopération entre sites d’enseignement supérieur.
Bref, la Basse Normandie subit un déclassement économique dangereux, son attractivité économique se détériore malgré une tradition industrielle (construction navale et automobile, électronique, métallurgie, monétique) et agricole de hautes qualités (pêche, conchyliculture, lait, viande, céréales, lin).

La classe politique est souvent jugée médiocre. Par exemple, les parlementaires bas-normands ont été incapables de défendre la branche des transports quand les élus Bretons ont réussi à avoir les taxes les plus basses… Comment s’étonner que les entrepreneurs bas-normands de cette filière ne s’organisent pas pour « délocaliser » en Bretagne ?
Cette classe politique vit sur un passé qu’elle n’a pas bâtie et est incapable de dépasser ses divisions partisane et surtout d’intérêts particuliers…

 Les Régionales
La Région est présidée, comme la plupart encore aujourd’hui, par les socialistes-Verts-communistes. Le bilan de ceux-ci est au mieux médiocre. Aucune réaction pour lutter contre la crise économique et sociale, aucun plan de développement des transports, aucun projet structurant le développement économique et l’innovation. Le plan de relance économique amené par le gouvernement n’a suscité aucun intérêt de la présidence socialiste. Le bilan écologique, puisque la région est coprésidée par les Verts, est inexistant.
Quant à l’UMP, celle-ci est minée par de graves divisions. Le tête de liste a été trouvé au dernier moment, victime lui aussi d’un charisme aveuglant (et ancien adversaire de la réunification normande), après l’abandon de celui qui fut choisi par les militants de l’UMP, et malgré les partenaires du Nouveau Centre qui voulaient imposer Philippe Augier. Ce dernier, excellent maire de Deauville, avait mené la liste UDF contre l’ancienne présidence UMP sortante… On comprend les rancunes…

 PS, Verts, UMP et affidés sont donc dans une situation politique fragile, aux bilans médiocres, aux démarches et personnalités de piètres envergures. On peut concevoir que les Bas-Normands soient peu confiant dans l’avenir de leur territoire et aient peu à espérer de leurs politiques.

 Le MoDem en Basse Normandie

Le terreau centriste est très fort dans cette région. La recherche de l’équilibre, de la modération et du bon sens importe plus que l’affrontement. L’UDF produisait traditionnellement des scores électoraux flatteurs. Mais à force de tradition on est tombé dans la rente de situation, dans les mauvaises habitudes, dans la facilité et aussi, il faut bien le dire, une certaine médiocrité.
L’évolution en MoDem a aussi apporté sa tempête dans les terres normandes. Les déchirures fratricides furent terribles, déboussolant la plupart des politiques et électeurs.
Ici comme ailleurs au MoDem et dans les autres partis, les discussions pour constituer la liste régionale furent âpres. Chaque individu est persuadé d’être légitime et compétent pour figurer sur une liste, sans jamais penser une seconde à l’intérêt général de la liste, à la nécessaire représentativité des territoires, des professions, et surtout du lien avec le tissu politique. Dès le 1er tour, l’Alliance Ecologique Indépendante, Génération Ecologie ont rejoint le MoDem pour une liste d’alliance. Si chacun s’en félicite,  il y a forcément des places à répartir pour que chacun s’y retrouve.

 Il y a donc toujours cette quête de recherche d’équilibre à laquelle s’ajoute le besoin de renouvellement de la classe politique, et le besoin vital d’une nouvelle figure, forte, volontaire, conquérante. Rodolphe THOMAS correspond à cette quête.

  Rodolphe THOMAS incarne ce qui peut faire réussir le MoDem, de ce que peuvent représenter les Démocrates. Il sera sans nul doute celui qui réalisera le plus fort score des régionales pour le MoDem.
Jeune maire (47 ans) d’une ville importante (Hérouville Saint-Clair) de Basse Normandie, il s’est fait réélire par ses concitoyens dès le 1er tour des dernières municipales, à 53 %, dans une ville qui venait de voter à 67 % au 2d tour des présidentielles pour S. Royal. Ses électeurs lui offraient même le luxe de lui donner un canton appartenant jusque là au PS !
Qui est-il ? Un jeune comme les autres, mais aussi batteur d’un groupe de rock passionné de politique. Puis un jeune homme qui avait repris le garage de son père tout en continuant à suivre ses cours de gestion le soir. Ensuite un jeune conseiller municipal qui vole sa ville au nez et à la barbe (ou collier traditionnel) des socialistes, persuadés d’être les propriétaires de la commune.

 Intelligence politique, audace, pugnacité le définissent.

 Cette commune d’Hérouville Saint-Clair, qui était devenue le laboratoire du socialisme et notamment d’une certaine « gauche caviar » étrangère aux réalités sociales, à l’urbanisme froid et impersonnel, connaissait des records de chômage et de délinquance pour sa population pendant que ses élus gogoche paradaient dans leur culture sectaire.
Cette ville que la plupart voyaient comme condamnée, Rodolphe THOMAS lui a donné un nouveau visage : baisse de la délinquance la plus forte de la région, arrivée chaque année de nouvelles entreprises, mise en place de la clause sociale de marché, proximité permanente avec la population avec ses conseils de quartiers et rencontres hebdomadaires, et, symbole de renaissance, la création d’un festival rock (Beauregard), dans le magnifique parc d’un château, déjà devenu un lieu de passage obligé pour les grands noms (par exemple Pete Doherty, Gossip, ou Aya en 2009, Iggy Pop, Mika, Nouvelle Vague et tant d’autres pour 2010…). On envie les habitants de sa ville…
Ce « garagiste » que les bonnes bourgeoisies de gauche et de droite méprisaient, il a révolutionné son territoire. A présent, gauche et droite le respectent et le craignent.
Ce qu’il réalise dans sa ville est pour tous la preuve qu’un politique peut changer, en bien, la vie de ses concitoyens : une « dynamique de la réussite ».

 Il incarne parfaitement le MoDem : vitalité, jeunesse, dépassement des clivages et intérêts partisans, respect de l’Etat et de ses agents, soutiens aux entrepreneurs dont il connaît si bien la vie, et surtout partenariat collectivité publique et acteurs privés.
Intelligence politique, audace et pugnacité, encore une fois, sont mises au service de la région, pour que celle-ci retrouve son esprit conquérant.

Son programme est à la hauteur du personnage :

  •  « plan anti-chômage » qui retire 5 000 personnes de suite du chômage,
  • il est le seul à  avoir imaginé la création d’une agence régionale d’Intelligence Economique liant recherche et entreprises avec la Région au sein de clusters, l’animation et mutualisation par branches professionnelles, la création d’ambassades normandes en Chine, Inde, Brésil et Etats-Unis pour l’attractivité du territoire, la création de la marque « Normandie »,
  • il a trouvé une alternative à un hypothétique TGV faussement promis par l’UMP mais vraiment électoralement simulé (7 milliards d’euros la Ligne Grande Vitesse). Travaux de rénovation, électrification (82 % des locomotrices sont au diesel : super bilan écologique des Verts !), points d’arrêts périurbain, tram jusqu’à la mer, etc. pour un montant plus de 10 fois inférieur au coût d’un TGV.
  • Inscription de sa région dans le réseau des universités européennes de la mer (réseau Mentor) pour la recherche sur les énergies et produits renouvelables, tout un plan d’innovation pour l’agriculture et la pêche avec une politique énergétique et écologique particulièrement audacieuses, etc.…
  • Plan de rénovation et construction pour les installations culturelles et sportives
  • Soutien à une TV régionale 24/24h, promotion du label « égalité homme/femme », etc.

 Son programme est respecté par tous. Reste à transformer et ne pas être noyé dans une ambiance contraire aux vents MoDem…

 La présidence PS s’est révélée inutile, incapable de lutter contre le déclassement de la région, d’établir un lien entre les 2 Normandie. Le charisme du président sortant, Laurent Beauvais, est si éclatant qu’il correspond à la définition même de l’anonymat. De plus, il doit ménager son concurrent Vert qui avait dirigé la région avec lui…

Enfin, il y a aussi une spécificité démographique : le département du Calvados représente à lui seul ½ électeurs de la région, et le seul bassin de Caen près de 25 %. Or, le tête de liste UMP est de la Manche, le président socialiste sortant est de l’Orne, et Rodolphe THOMAS est le seul candidat provenant de ce bassin caennais.

 Légitimité et compétence : les deux mamelles de la Démocratie…

 Aussi, chacun s’attend à un score ad minima deux fois supérieur à celui du MoDem national… Et les institutionnels le harcèlent pour connaître ses décisions pour le 2d tour.
L’image de l’homme, sa dynamique, font de lui au pire le « faiseur de roi », au mieux le futur président de région.

 Ce serait un tremblement de terre pour le PS et l’UMP : le MoDem qui emporte une région !!!  Car tous craignent qu’il ne réalise à hauteur de la région ce qu’il a réussi pour sa ville.

 Rodolphe THOMAS incarne l’espoir le plus sûr du MoDem à ses élections régionales. Je lui souhaite la réussite qu’il mérite, car il symbolise ce que peut apporter de mieux le MoDem au monde politique, ce que nous, ici sur ce blog, attendons pour notre identité Démocrate.
Avant les échéances nationales, espérons qu’il transmette à tous les Démocrates ce nouveau souffle dont nous avons tous besoin, ce réveil sur lequel doit pouvoir s’appuyer François Bayrou pour la France.

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A suivre la presse, le MoDem semble continuer à creuser sa tombe depuis les dernières élections européennes. Le peu d’articles concernant les Démocrates (nous ne sommes plus à la mode qui est passée de l’orange au vert), parlent la plupart du temps de défections, démissions, trahisons, oppositions, etc.
Les sondages nationaux sont, au mieux, mauvais…
Beaucoup semblent déjà se résigner à poursuivre leur chemin dans le désert. Canaan est loin… surtout si le casting du Moïse n’est pas le bon d’après les médias qui relaient les intérêts de tous les autres partis, si attachés à la rente bipolaire…

Et pourtant, après les élections régionales, et dans quelques régions, le MoDem voit éclore des personnalités pleines de promesses. Ces personnalités fédèrent autour d’eux des cadres, militants, sympathisants, qui œuvrent à la diffusion des valeurs démocrates.
Où en est en réalité le Mouvement Démocrate, que devient ce courant Démocrate qui devait faire passer le monde politique français à l’âge adulte, incarner la synthèse sociale-libérale, écologiste et européenne ?

Faisons le point, tranquillement… et honnêtement, pour répondre à cette question : Qu’est ce qui fait que les Démocrates en sont là ?

Le rôle de François Bayrou

Après les élections présidentielles de 2007, François Bayrou était devenu le « 3ème homme », la « divine surprise » annonçant le dépassement du clivage gauche / droite. De sujet central du 2d tour des présidentielles à la traversée du désert qu’on lui connaît, l’évolution est devenue régression.
Pourquoi ? La politique de N. Sarkozy produit des résultats mirifiques ?… Le pouvoir d’achat, les retraites, l’emploi, le développement économique, une société d’égalité des chances, le respect de la République, la pratique démocratique, tous ces sujets sont-ils des réussites du Président ? Ou bien François Bayrou avait fait le bon constat et les actes ont prouvé la justesse de son analyse ?
On devine ma réponse… qui je crois est malgré tout partagée par une très grande majeure partie des Français, même si beaucoup ne veulent pas reconnaître au président du MoDem la paternité de la vision.

Mais il est difficile de ne pas reconnaître quelques loupés dans les difficultés du MoDem :

  • le choix de François Bayrou, au 2d tour des présidentielles, de laisser ses électeurs le libre choix tout en disant que pour lui ce ne peut être N. Sarkozy, a à la fois paru incohérent et surtout faussé ce « libre choix ». Ainsi ceux qui préféraient voter N. Sarkozy plutôt que S. Royal se voyaient en porte à faux. Et les édiles, élus de l’ex-UDF, poussés dans une situation complexe les amenant à transformer leur simple choix en soutien. Le cas Albertini de Rouen en fut une malheureuse illustration
  • Lors des élections législatives qui ont suivies, des organisations politiques ont approché le patron du MoDem pour proposer une alliance, un partenariat. Ainsi de l’Alliance Ecologique Indépendante (comprenant le Mouvement Ecologique Indépendant et Génération Ecologie) du reconnu et respecté Antoine Waechter. Puis plus tard des Radicaux de Gauche, notamment pour les européennes. Dans ces deux cas, un orgueilleux refus leur fut opposé…
  • Enfin, le MoDem connut une véritable « personnalisation » de son mouvement autour de François Bayrou. L’impression du « une seule tête » mettait mal à l’aise. Plutôt que de permettre un rassemblement de personnalités, avec leurs thèmes particuliers, leurs tendances (plutôt écolo, plutôt centre-droit, plutôt centre-gauche), offrant une riche diversité, il n’y avait plus qu’une seule parole, un seul visage, un seul verbe. Et quand ce visage engageât son juste combat contre la politique du Président N. Sarkozy, son seul verbe s’entendait quand l’on aurait dû parler Europe lors des élections européennes.

Le MoDem a aussi suscité ses déviances :

  • jeune formation, dépassant l’ancienne UDF, accueillant de nouveaux membres et hébergeant aussi d’anciens, l’on vit souvent la pratique démocratique glisser en ce que j’appelle « démocrature ». Les débats internes trop souvent devenus publics, où une personne qui n’a pas ce qu’elle veut dénonce un manque de démocratie, le manque de cohésion collective, voire même de comportement collectif… Ce qui avait fait fuir nombre de militants et cadres des Verts s’était insinuer au sein du MoDem. Partout, j’entends les frustrés d’ambitions mal contenues vomir ce qu’hier ils transformaient en vérité unique et intolérante. Les intérêts individuels se drapent de l’historiquement nécessaire ou se cachent derrière un « pur idéal » qu’eux seuls bien sûr incarnent. Ceci se retrouve dans tous les partis, au PS comme à l’UMP et chez les Verts, surtout lors de scrutins de liste. Mais l’impact est plus fort dans un jeune parti où manquent les cadres et la diversité.
  • L’image médiatique du MoDem semble aussi glisser vers une sorte de « gauche caviar ». Cette même « gauche caviar » bien pensante, étrangère à la vie des Français, qui faillit engloutir le PS. Les « gens » se sentent progressivement éloignés des motivations du MoDem, ne comprenant pas son évolution mais y voyant surtout une cour assidue au PS. La liberté imposée contre la sujétion de l’UMP doit-elle disparaître pour la superficialité d’un PS archaïque et clientéliste ? Il est de plus en plus difficile sur le terrain de rattraper les erreurs médiatiques d’une personne qui se fait si proche du PS, elle se fit caricature cette « gauche caviar » pour mieux la séduire. Les militants, les électeurs, se sentent trompés. Et il est plus aisé pour l’UMP de prétendre que le MoDem est « passé à gauche ». Je n’ai pas plus d’appétit pour la « gauche caviar » que pour la carne néolibérale…
  • surtout, le MoDem connaît une difficulté essentielle concernant sa sociologie électorale. Ce parti partage avec les écologistes les mêmes catégories, les mêmes tranches d’âge, et les mêmes typologies géographiques : jeunes (75 % ont moins de 55 ans), classes moyennes, éduqués, urbains. En délicatesse avec la gauche et la droite, peu conservateurs, favorables à « l’économie sociale de marché », particulièrement sensibles aux enjeux écologiques et européens, croyant dans la modernité et le progrès, ces électorats valsent entre MoDem, Verts, Europe Ecologie et AEI. Additionnés, cela représente plus de 25 % d’électeurs de 1er tour. Mais divisés, on subit une « ventilation façon puzzle ». Et la tentation est plutôt à éliminer l’autre qu’à s’entendre. Les Verts se veulent d’abord de « gôche », préfèrent s’allier aux communistes qu’aux Démocrates. Leur gauchisme mal caché les « sectarise ». C’est pourquoi un D. Cohn-Bendit (DCB) les force à s’ouvrir, préfère appeler ses liste « Europe Ecologie » plutôt que « Verts », et tente d’inciter les cadres des Verts à « aller vers les autres ». Mais en même temps, on n’entend peu parler écologie dans le verbe bayrouiste. Les J-L Benhamias et Y. Wehrlig (anciens dirigeants des Verts venus au MoDem) sont peu mis en avant…

Le monde extérieur au MoDem impact aussi son existence.

  • les Français ont été trop longtemps habitués à la bipolarité. Cette bipolarité qui incite au clientélisme, à être bêtement de gauche ou de droite. Les médias eux-mêmes recherchent cette bipolarité, gage de dualité, donc d’affrontement, donc d’étincelles. Le changement excite plus que l’évolution.
  • le PS est protégé par la bipolarité. Elle lui permet de continuer une alliance archaïque, rétrograde et lamentable avec les communistes. La drague de l’ultra gauche ne lui est pas interdite, avec les corolaires des slogans et arguments démagogiques et irresponsables. Quand le centre est fort, quand les Démocrates parviennent à s’imposer, alors la lumière est crue sur un PS en décalage d’avec la société, dont le nom même est une preuve d’une structure surannée, désuète, dépassée. Cette lumière crue a faillit d’ailleurs voir disparaître le dinosaure…
  • la plupart des propriétaires des médias sont des proches de N. Sarkozy. Et tant que François Bayrou est affaiblit, que le MoDem est dans les limbes, l’avenir reste radieux par « manque de choix », ou d’alternative crédible. Crédibilité, c’est d’ailleurs l’angle d’attaque permanent, pour avilir, et se jouant bien de l’immaturité de quelques militants MoDem frustrés à la démissionnite aigüe, démisionnite qui leur donne l’illusion d’exister un instant…
  • l’UMP a aussi très bien compris les problèmes du MoDem avec sa sociologie électorale. L’instrumentalisation du thème écologique et des Verts leur permet de brouiller le message du MoDem et de l’affaiblir. Mettre en lumière Europe Ecologie ou les Verts, c’est tenter de mettre dans l’obscurité les Démocrates, en sachant que ces Verts ne représentent en aucun cas un risque électoral pour l’UMP.
  • enfin, les médias sont séduits par la « tendance » écologiste, que ce soit réel ou instrumentalisé. On connaît une véritable mode médiatique de l’écologique, du vert, « à toutes les sauces », au risque d’indigestion des électeurs. DCB est célébré comme un excellent communiquant. N. Hulot et Arthus Bertrand sont les agents influents des Verts. Le problème, c’est que l’écologie comme le libéralisme, ne peuvent être les matrices univoques de la construction d’une société. Les questions sociales, économiques, la justice, l’éducation, la culture, n’y trouvent pas de lisibilité, voire d’intelligibilité. Or, les politiciens Verts ou/et Europe Ecologie savent s’effacer derrière le message écologiste quand le message Démocrate s’efface derrière le politique au MoDem… Mais si l’écologie est une exigence pour l’avenir de notre planète sur les aspects technologiques et énergétiques, il n’est pas une réponse du « vivre ensemble » des hommes, de la politique : une société d’égalité des chances, d’émancipation de l’Homme, de responsabilisation, de justice sociale, d’équilibre entre une société de liberté de création et d’échanges et un Etat qui protège et fait régner la Loi, la règle du vivre ensemble. L’écologie repose sur des pratiques quand le bonheur de l’Homme repose sur la Démocratie, et parce que la dignité de l’Homme est absolument universelle, au-delà des civilisations, des cultures, et des pouvoirs.

A lire ces lignes, on a du mal à penser à un avenir prometteur pour le Mouvement Démocrate, sauf si l’on est « croyant ». Or cette « croyance » ne relève pas du politique et ne m’intéresse donc pas. Il est des éléments forts qui ont permis l’émergence de François Bayrou. Ces éléments, le contexte, sont toujours présents parce que permanents.

PS, Verts et UMP ont leurs propres difficultés à surmonter :

  • le PS est dans l’impasse « socialiste » : sa sociologie vieillit et est plus que jamais dépendante et seulement représentative de quelques professions, dont les intérêts sont souvent en contradiction avec l’intérêt général. Le corpus même socialiste, sa « doctrine », est son carcan. L’incapacité du PS à évoluer le plonge dans la schizophrénie : courir après l’ultra gauche, s’afficher avec les camarades communistes, et loucher vers le centre et le MoDem pour acquérir une illusion de responsabilité, d’image de parti de gouvernement. Martine Aubry incarne cette schizophrénie : elle s’allie avec le MoDem pour diriger Lille, mais le conspue au niveau national tout en reprenant ses propositions.
  • Il y aura, un jour ou l’autre, un « après Sarko » à l’UMP. Et le réveil sera brutal. Les appétits, les ambitions, se défouleront. Mais le lit est déjà fait : charmer l’électorat lepéniste, jouer de « l’identité nationale », s’inventer parti de l’ordre, baisser les charges des plus aisés, faussement réformer sans toucher aux plus protégés, affaiblir l’Etat, déréguler la finance… Il y a à droite tout un électorat déboussolé aujourd’hui qui demandera des comptes… Car jamais cette droite n’a été aussi peu gaullienne !
  • Les Verts et Europe Ecologie sont passés à côtés des élections  régionales. Il suffit de lire leurs programmes électoraux pour s’apercevoir qu’ils n’ont pas de vision régionale, qu’ils sont incapables de comprendre les enjeux territoriaux. Ces écologistes demeurent dans le discours. Tant que les débats se cantonnent à une superficialité nationale, tout va bien pour eux. Et il est rageant que les journalistes n’aient jamais mis ces écologistes devant ces réalités, aveuglés par la mode verte. Par contre, seul DCB a compris le péril et tente de préparer l’avenir en dépouillant les Verts de leurs habits gauchistes. Mais la contradiction entre Verts, ancrés à gauche du PS, et écologistes, deviendra d’autant plus forte et incontournable que les résultats électoraux s’imposeront…

Et le MoDem possède en lui-même les capacités de ses ambitions :

  • l’impasse néolibérale est devenue flagrante. Les électeurs centristes et ceux de la droite sociale sont devenus allergiques à cette pente néolibérale, en total opposition avec ce qui fonde leur identité politique, quand les sociaux-démocrates savent ne plus pouvoir faire confiance au PS. La recherche d’équilibre entre un Etat régulateur/ et une société libérale devient progressivement le sujet premier, la matrice. Surtout, la vision partenariale entre l’Etat et ses agents et les acteurs économiques, un étage d’une certaine façon macroéconomique de l’Intelligence Economique, est une vision devenue pratique tant en Chine, qu’en Inde, au Brésil et… aux Etats-Unis. L’Europe en générale, et la France en particulier, devront évoluer en ce sens, ou deviendront des nains politiques, des dominés…
  • je ressens très souvent le besoin des électeurs d’un autre choix, un choix de l’équilibre, qui dépasse la gauche et la droite qu’ils jugent trop archaïques, et surtout trop dominés par leurs intérêts. L’évolution même de la société, qui ne croit plus en une vérité de gauche ou de droite, des actifs qui paient chaque jour l’inégalité du traitement des retraites dont ils ne connaîtront jamais les bienfaits, des salaires ou pouvoirs d’achats des classes moyennes et populaires figés alors qu’on veut les inciter à risquer leurs peu de revenus en « actions ». Le chômage de masse satisfait la droite sarkozienne, la gauche conservatrice (la bêtasse de Bayrou) et certains syndicats car il protège et valorise ceux qui sont déjà protégés et permet de bloquer les revenus tout en exigeant toujours plus de travail, moins de reconnaissance et une recherche permanente de réduction des coûts, origine des délocalisations pour les rentes d’actionnaires étrangers au monde entrepreneurial. Ajoutez-y les inquiétudes écologiques et bien d’autres sujets encore qui ne  peuvent trouver de réponse au PS et à l’UMP : alors vous comprendrez combien le MoDem s’est fondé sur leurs impasses et combien les Verts sont des chimères !
  • il semble depuis quelques temps que l’on ait compris le besoin de mettre en avant une diversité de « personnalités » à la tête du MoDem. Il n’est jamais trop tard pour cela : le MoDem par sa diversité comprend mieux la diversité de la France. On ne peut à la fois dénoncer le bipartisme, le manque de pluralité, la « pensée unique », et pratiquer différemment. Toutefois, le chemin pris par Corinne Lepage est l’exemple à ne pas suivre : c’est F. Bayrou et le MoDem qui lui ont permis de retrouver une existence politique. Les quitter après s’être fait élire grâce à eux, ou passer son temps à dénigrer son parti, est plus une preuve d’opportunisme et d’immaturité politique que de grandeur… Mais le MoDem est à présent aussi un parti qui repose sur des personnalités reconnues et appréciées : Azouz Begag, Jean-Luc Benhamias, Alain Dolium, Sylvie Goulard, Jacqueline Gourault, Nathalie Griesbek, Robert Rochefort, Jean-Marie Vanlerenberghe, Yann Wehrling, et notamment Rodolphe THOMAS, sont les plus connus.

Au moment où vont se dérouler des élections, poser ainsi publiquement des questions peut indisposer. Mais cela n’indisposera que les « porteurs d’œillères » et ce qui vivent au chaud de cette situation, pernicieuse pour les Démocrates.

Voulez-vous d’une société politique qui se limite au PS et UMP et leurs affidés ? Pensez-vous qu’ils soient les meilleurs garants des intérêts de la France et des Français ? Ou pensez-vous que la République française, la Démocratie, l’équilibre entre Etat régulateur et liberté de la société méritent non seulement leur défense, mais leur promotion ?

Cet équilibre, seul le Mouvement Démocrate le permet, et le veut. Aussi, à chacun de l’assumer et de s’en montrer digne.

Que le MoDem s’enrichisse de ses diverses personnalités, et que celles-ci enrichissent le MoDem de leur engagement pour l’idéal Démocrate.

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Il n’est pas sûr que les dernières saillies de Daniel Cohen Bendit servent la campagne de ses camarades verts pour les régionales. Après son mauvais jeu de mot tendance catastrophiste sur le modem, le voici qui enchaîne avec un dérapage plus grave encore sur le candidat Georges Frêche qui n’en demandait pas temps pour sa réélection. Assurément ce discours va réconcilier les Français avec la politique. Ce n’est même plus une politique de la petite phrase mais un concours d’insultes. L’indulgence des grands ténors du PS ou d’Europe Ecologie envers les propos du personnage est tout simplement consternante mais révélateur au fond de leur volonté d’occulter des bilans locaux, et, plus encore de leur fébrilité dans cette campagne.

Cette fébrilité contraste avec les ambitions affichées il y a encore quelques semaines par Cécile Duflot pour l’Ile de France, que l’on aurait aimé entendre réagir sur les propos de son ami Dany. Et de fait si les verts prétendent incarner une nouvelle donne rien ne saurait faire oublier qu’ils ont de fait géré les régions main dans la main avec le PS cette dernière mandature, notamment à Paris, avec des résultats pour le moins mitigés. Surtout la crédibilité démocratique des Verts (Cécile Duflot et Vincent Placé en tête) laisse pantois tant la posture d’opposant qu’ils affichent nous feraient oublier un bilan dont ils sont sont pourtant coresponsables !.

Ces provocations et faux-semblants médiatiques côté Verts en Ile de France contrastent avec l’esprit de réalisme et la proximité du candidat modem, Alain Dolium dont nous avons déjà dit du bien malgré nos hésitations légitimes en début de campagne. Sur l’aspect programmatique et l’axe décisif du transport en particulier ses propositions font mouches (priorité au transports banlieue banlieue avec des bus propres, mesures tarifaires ciblées). Une partie de l’électoral écologiste risque ainsi fort de voter Modem ou PS afin de sanctionner le manque de réalisme de Duflot et des Verts.

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Pour ceux qui suivent la campagne des régionales en Ile de France de loin : l’idée d’un abonnement unique à 65€ par mois pour toute l’Ile de France (donc quelque soit la zone) est la proposition forte de Madame Duflot et des Verts.

Je crois que c’est une proposition triplement absurde. C’est absurde sur un plan économique, car à l’heure où les financements pour les transports manquent, le coût de cette mesure, environ 300 Millions d’euros par an correspond à 30% du budget régional annuel pour les transports. Comment sera comblée la différence ? Madame Duflot n’en sait manifestement rien elle même tant elle évite le sujet.

C’est également aussi une absurdité écologique, car l’enjeu aujourd’hui sur un plan environnemental c’est de contenir l’expansion de la ville pour rendre l’agglomération plus « éco-efficace » en évitant de générer de nouveaux flux de transports. Or en alignant tous les tarifs, du plus lointain au plus proche, on envoie un signal prix, aligné sur celui de l’immobilier, qui ne favorise pas la densification de l’agglomération centrale. Enfin, et surtout, promettre cela c’est à la fois se moquer de l’électeur et ne pas comprendre ses attentes. Ce que veulent les franciliens, comme l’a bien dit Alain Dolium sur LCI, ce n’est pas payer nécessairement payer moins, c’est avant tout avoir un service de transport fiable, performant, confortable. Les franciliens ne croiront pas au Père Noël, c’est-à-dire à une amélioration des transports avec en plus une baisse des prix. Les Verts payent à mon avis déjà le prix fort de cette proposition : ils ont à nouveau montré ainsi qu’ils sont incapables de gérer une collectivité, et donc une partie de leur électorat va voter socialiste.

J’aurais pu tout aussi bien consacrer ce billet au caractère pharaonique et décalé du projet de métro Grand Paris de l’UMP. Mais Jouanno avec son propos sur l’automatisation de la ligne 14 a tellement disqualifié cette liste que je ne vais pas développer. Tant et si bien que sur ce sujet clé de l’élection, vu le bilan mitigé de M. Huchon, c’est bien le « nouveau venu » Alain Dolium qui a le discours le plus structuré, le plus pragmatique et le plus proche des attentes des électeurs. Priorité clairement affichée en faveur des transports banlieue banlieue, en privilégiant les bus – plus rapides et souples à mettre en place, et en visant avant tout le désenclavement de certains quartiers ou zones d’activités avec  1.000 bus propres supplémentaires en moyenne et grande couronne ; mesures tarifaires ciblées sur les catégories qui en ont vraiment besoin (les jeunes) ; ces mesures d’urgence étant accompagnées d’une politique d’urbanisation visant à plus long terme à rapprocher autant que possible les lieux d’habitation, de travail et de consommation- loisirs.

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Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, Alexis Blanc est (l’ancien ? le toujours ?) Président du Modem de Charente Maritime . C’est lui qui a décidé de répondre favorablement à la demande d’alliance de 1er tour formulée lors du congrès d’Arras par Ségolène Royal pour la région Poitou Charentes . Ceci alors que le Conseil national du Parti avait validé la stratégie de listes autonomes dans toutes les régions françaises . Nul doute que la décision de Blanc était mue par l’intérêt de la cause démocrate même si la proposition de Royal , permettre au Modem de constituer un Groupe a peut être forcé son engagement altruiste . Tout était donc réglé, « acté » comme on dit en politique … Mais hélas « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » et lors du dépôt des listes, Alexis  Blanc a appris qu’il était rétrogradé de deux places sur la liste passant du rang 7 au rang 9 , ce qui va rendre son éligibilité difficile en cas de fusion de listes au deuxième tour . Il en est de même pour un autre co-listier issu du Modem dans ce département . La réaction de ce brillant stratège est ce soir on ne peut plus virulente et l’on s’étonne de tant de naîveté :
« Je suis extrêmement surpris et déçu. Je n’apprécie pas du tout la manière », dit Alexis Blanc qui ne décolère pas. « Personne ne me répond au téléphone, pourtant j’aurai une explication. »
Tous nos voeux vont à la valeureuse liste Modem de Poitou Charentes qui a résisté à ces mirages. Même si la situation est difficile, ils sont cohérents avec leur engagement pour un parti libre.

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Un mauvais sondage, le ralliement d’un président départemental à une liste concurrente , (d’une banalité extrême en période de bouclage de liste !) une personnalité qui de l’intérieur en rajoute dans le catastrophisme et l’on a l’impression que de l’optimisme orange on est passé au blues généralisé…

Le collectif du blog du démocrate (BDD) sans être aveugle sur ce qui se passe est assez serein. Le petit groupe d’amis qui l’a crée il y a plusieurs années en est à sa deuxième traversée du désert avec François Bayrou … 2002-2007, 2007-2012… Il a connu la difficile campagne de 2002 avec les railleries du bus au colza, les sondages à 3% et à 23%, les défections de ceux qui ont voulu créer l’UMP en nous garantissant le respect de la sensibilité centriste, le lâchage des « bédouins de Bayrou » en 2007 dont certains ont fait vraiment de la peine (Jean-Louis Bourlanges) , l’excitation de la campagne présidentielle de 2007 et la création du Mouvement démocrate , enfin les vicissitudes de toutes les élections intermédiaires . Tout ceci, le petit groupe du BDD l’avait, sinon prévu, du moins anticipé . Peu motivés par l’ambition personnelle mais mus par l’amitié, l’indulgence , un certain idéalisme et la capacité à encaisser les mauvaises nouvelles, ils ont tenu bon !
Et puis il y a des clignotants orange qui se rallument un peu partout :
- Des compétences solides en réserve sur les questions économiques , le développement durable, la défense , l’agriculture…
- De vraies révélations qui peuvent servir d’exemple pour la nouvelle génération militante (cf le post précédent de Mesina sur Alain Dolium qui se caractérise par avec une force de caractère et une capacité de progression étonnantes ) .
- Des militants chaleureux et enthousiastes que l’on raille sur quelques blogs comme des « benêts » ou des « courtisans » mais qui sont les grenadiers voltigeurs de la prochaine campagne présidentielle de terrain.
- Un chef intact dans sa détermination , sa vision et son image de repère auprès des Français.

Nous sommes prêts à aborder dès le lendemain des régionales cette dernière ligne droite de notre décennie militante avec François Bayrou .

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Comme beaucoup j’imagine, le choix d’Alain Dolium, vierge de tout engagement politique m’a d’abord surpris de la part de François Bayrou. J’ai eu depuis la chance d’observer d’assez près son début de campagne, et le privilège de partager quelques moments avec lui. Je vous le dis tout net : je suis pleinement rassuré, impressionné même, et je crois que c’est bien parti pour la campagne !

Passé l’effet de surprise bien amené par François Bayrou, on pouvait craindre l’essoufflement dans les médias. Il n’en est rien : manifestement le charme opère, n’en déplaise à sa jalouse d’épouse. Le lancement de campagne en Seine Saint Denis a été bien relayé – et les articles reflètent autant la sympathie qu’inspire le personnage que le cœur du message, déjà savamment martelé par le candidat et son équipe. Une autre difficulté était pour lui de conquérir les militants qui ne le connaissaient pas, et pour cause. Le bon score pour son investiture était manifestement dû avant tout à la confiance des militants dans le choix du patron et à une bonne mobilisation des cadres en sa faveur. Il lui fallait donc encore convaincre ! Mais d’après ce que j’ai vu, c’est fait – et bien fait. J’ai même croisé des militants après le Conseil départemental du Mouvement– dont une blogueuse émérite – qui avaient appelé à voter contre son investiture et qui m’ont dit : « finalement, il est pas mal ce type. Il gagne à être connu ». Alors, après les militants, les électeurs ?

En tous cas je trouve que le Modem devrait retenir cet exemple pour envisager le nécessaire renouvellement des cadres, après tant et tant de départs qui laissent le Mouvement quand même bien dépourvu sur le plan de la qualité des ressources humaines. Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas de cadres de qualité en interne, je dis juste qu’ils sont bien peu nombreux à avoir l’étoffe pour assumer une campagne et des responsabilités. Après de nombreuses désillusions, François Bayrou a peut être compris que la carte « people » se retourne toujours contre le parti. La solution n’est pas non plus à chercher dans les quelques apparatchiks à bout de souffle du siège – et encore moins dans les quelques élus opportunistes venus à la soupe du centre (tiens, au fait ils sont moins nombreux en ce moment). Ainsi, en Ile de France, Alain Dolium est une excellente trouvaille, devenue absolument nécessaire dès lors que le Président de la fédération de Paris, qui lui possède l’envergure, n’était pas lui-même candidat.

Car on voit tout de suite la différence avec les « professionnels de la politique ». Alain est bien entouré, avec une équipe resserrée et efficace – et même aimable. Avec les gens du sérail, on aurait eu à l’inverse, comme d’habitude : une armée mexicaine, passant son temps à des coups bas en son sein, et méprisant naturellement le militant. Là où le professionnel de la politique fait mine de vous écouter, Alain  absorbe comme une éponge les quelques idées ou conseils que vous pouvez lui donner, et il s’en sert. Il ne perd pas son temps dans les jeux stériles pour la composition de telle ou telle liste, ou pour spéculer sur l’avenir d’un éventuel groupe au conseil régional. Bref, il apporte avec lui les méthodes de gestion de l’entreprise que nos amis élus n’ont pour beaucoup jamais connu. Comme il y ajoute un talent naturel pour la communication, pas de doutes Bayrou a eu l’œil du maquignon béarnais repérant la belle bête au comice… Alors évidemment, on lui fera un procès en « incompétence » (un comble quand en face une secrétaire d’Etat fait une erreur si grossière sur la ligne 14 qui devrait la disqualifier définitivement ! Si Alain avait fait la même erreur, qu’aurait-t-on entendu ?) Espérons que le milieu ne le formatera pas trop vite, qu’il saura capter le savoir-faire des vieux roublards d’élus, sans se pervertir. Tout ceci me semble garanti tant que la politique reste pour lui une seconde activité. Ce qui ne l’empêche pas, bien sûr, de voir au-delà des régionales, histoire de décevoir ceux qui croiraient avoir affaire à une simple étoile filante dans le ciel démocrate.

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  1. 1.     Le choc de la récession de 1993 (1)

Cette crise se caractérise comme la première à frapper la société française après que celle-ci soit entrée dans l’âge de l’enseignement de masse.

 Désillusions de la démocratisation scolaire et arrivée massive dans le secteur publique

La récession de 1993 a eu un impact très violent, notamment pour la jeunesse. En 2 ans, le chômage des jeunes ayant quitté l’école depuis moins de 5 ans s’accroît de + 30 %.  :

  • C’est le secteur industriel qui est le plus touché car le plus exposé à la concurrence internationale
  • Le chômage touche plus les jeunes hommes
  • Pour la 1ère fois les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur sont touchés (10 %) dès 1994
  • La politique de démocratisation de l’enseignement scolaire et universitaire (début avec J-P Chevènement) est prise à revers

L’accroissement brutal du chômage dans le secteur privé a pour conséquence de pousser les jeunes diplômés vers la fonction publique :

  • Or le nombre et la qualité des postes dans la fonction publique restent les mêmes
  • La fonction publique intégrait généralement environs 10 % de chaque génération. Près de 25 % des diplômés du supérieurs rejoignaient la fonction publique avant 1993 / on passe à près de 45 % chaque année après 1993
  • L’arrivée massive de jeunes diplômés a pour conséquence de nouvelles générations de fonctionnaires surdiplômés (ils sont donc plus diplômés que leurs alter egos du privé et que leurs aînés)
  • Avec la récession et l’augmentation massive de diplômés, une partie désormais importante des nouveaux venus fuient le secteur privé pour le secteur public, ce qui pose un problème de « qualité » pour le secteur privé
  • Cette arrivée massive de diplômés dans le secteur public provoque une surqualification, un durcissement de la compétition pour les postes à responsabilité et un ralentissement à la progression interne

Résultat :

  • Surqualification des nouveaux personnels du secteur public
  • Frustration fortement accrue pour ces diplômés ayant rejoint le secteur public (salaires et évolutions)
  • Concernant la hiérarchie des salaires : les salariés du public sont l’une des rares catégories à sortir à peu près indemne des crises et années de croissance « molle » / cette hiérarchie pour les salariés des classes moyennes du privé est en chute libre
  • Déséquilibre entre secteur privé et public provoquant un changement sociologique radical entre eux et ayant des conséquences politiques profondes

Conséquences politiques et sociales :

  • Salariés du publiques vus comme détenteurs d’un statut de privilégiés, notamment en période de crise
  • Les crises poussent les gouvernements à restreindre les dépenses, notamment dans le secteur public
    • Les salariés du public ont l’impression de payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables alors qu’ils ont fait des « sacrifices » en termes d’efforts scolaires et professionnels (sentiment de déqualification)
    • En réalité, leurs revenus n’ayant pas baissé mais parfois même augmenté, leur position dans la hiérarchie sociale s’est améliorée
  • Les salariés du public aspirent donc à un « néo-socialisme » qui protège leur conditions sociales, voire les améliore, bref préfèrent un Etat planificateur à la « révolution prolétarienne »…
    • Le mouvement social de l’hiver 1995 est la conséquence directe pour la protection d’un statut chèrement acquis pour lequel on a sacrifié évolution professionnelle et reconnaissance sociale pour éviter chômage et retraites amoindries
    • Division du mouvement social entre un pôle réformiste (CFDT) et un pôle radical (SUD).
    • Les classes moyennes de la fonction publique versent dans la radicalité pour la protection de leur statut
  • A l’inverse les classes moyennes du privé sont surexposées aux crises et ne peuvent compter sur un Etat dont les ressources fondent et qui est lui-même exposé aux exigences de protections des classes moyennes du public : il y a donc une contradiction sociologique
  • Les classes moyennes du public penchent vers un conservatisme de gauche (PS/NPA) et les classes moyennes du privé vers un conservatisme de droite (UMP/FN)
  • MoDem et Verts attirent l’électorat des classes moyennes supérieures et intellectuelles du public et les nouvelles classes moyennes du privé (consultants, avocats, ingénieurs)
    • Apparaît une autre vision de l’économie avec l’aspiration d’un Etat régulateur du marché et fixant des lois, partenaire des entreprises privées, et l’émergence d’un « patriotisme économique ». C’est une synthèse entre la 2è gauche réformiste, la droite sociale dans le contexte des préoccupations environnementales qui s’inscrivent aussi dans de nouvelles peurs

 L’exemple du rejet de l’Europe et du réformisme libéral

Entre la victoire du « oui » pour le traité de Maastricht et celle du « non » du traité constitutionnel, 10 ans se sont écoulés. Et l’évolution sociologique a impacté l’évolution politique. Les classes moyennes et supérieures du public avec les classes supérieures du privé avaient permis la victoire du « oui » à Maastricht. En 2005 :

  • Les classes moyennes du privé, les plus touchées par les crises et fluctuations internationales, restent les plus hostiles à l’Europe et au réformisme.
  • Mais elles sont renforcées par le tropisme antilibéral des classes moyennes du public qui a fortement basculé dans le « non »
  • Et ces nouvelles générations de fonctionnaires se sentent « agressées » par les directives européennes qui « libéralisent »
  • Les 2 classes moyennes se retrouvent donc à présent dans leur rejet. C’est une convergence électorale inédite
  • En confrontant les jeunes, et notamment à présent les jeunes diplômés, à un marché du travail encore plus fermé, à la rareté des possibilités d’intégration et une nouvelle vague de fonctionnaires surdiplômés, s’est créé une nouvelle fracture particulièrement sensible du paysage social et politique français

 La valeur des diplômes

  • En 1975, les jeunes sans diplômes étaient 4 fois plus nombreux que les jeunes diplômés / en 2009, les jeunes sans diplômes sans 4 fois moins nombreux que les diplômés du supérieur et trois fois moins nombreux que les simples bacheliers !
  • L’accroissement des diplômés a provoqué une valeur exorbitante du diplôme
  • Il n’y a donc pas une perte de qualité des diplômés mais une valeur de concurrence extraordinaire entre les diplômes. La situation des diplômés ne s’est donc pas améliorée car le type de diplôme est la nouvelle mesure
  • L’informatisation et les délocalisations ont accru une dégradation de la situation des non diplômés
  • La compétition scolaire est donc devenue un enjeu démesuré, obsédante. Le poids de la réussite scolaire pèse ainsi plus que jamais sur les familles et les enfants
    • Les mieux placés sont ceux qui connaissent le mieux l’environnement scolaire (les familles d’enseignants) et ceux qui ont les moyens de financer les écoles ou prépas les plus chères ou plus longues (les enfants d’ouvriers sont 3 fois plus nombreux au chômage que les enfants de professions intellectuelles et cadres)
    • Les enfants d’ouvriers sont donc les plus exposés au chômage et aux postes les moins qualifiés
    • Par contre, l’obtention de diplôme élimine les différences sociales d’origine. La « culture » du monde enseignant devient donc un avantage réel (choix des options en vue de collèges et lycées « réputés », fuite vers le privé, puis choix des écoles et prépas)

 2.     Les enjeux de la récession actuelle

  • Les entreprises s’adaptent aux fluctuations économiques en ralentissant le rythme des embauches et en précarisant les nouveaux entrants
  • Les classes moyennes se déstructurent : le patrimoine (notamment immobilier) et les études (et moyens pour les études) font la différence
  • La gauche réagit en rigidifiant toujours plus le marché de l’emploi pour protéger ceux qui en ont déjà un (1993 : « plans de reclassements ») car les personnes que l’on licencie sont plus visibles que les emplois que l’on ne crée pas et les personnes que l’on n’embauche pas
  • Il est plus rentable électoralement d’être le rempart contre les licenciements économiques que de lutter pour l’embauche des jeunes et des anciens déclassés
  • Le discours libéral sur la dérégulation (moins de règles permet moins de contraintes à l’embauche) n’opère plus depuis la récession de 1993 (accroissement de diplômés dans le secteur public) et surtout depuis la récession de 2008 (née de la dérégulation financière)
  • Le modèle néolibéral s’est immiscé dans la société française : baisse des charges pour les plus nantis, l’individualisation de la société (concurrence entre salariés et chercheurs d’emplois, accession aux marchés financiers sans intermédiaires), la dérégulation économique et le moindre d’Etat, le blocage des salaires des classes moyennes (accru par les 35h) + l’explosion du marché immobilier a pousser ces ménages vers un surcroît d’endettement = a cassé les classes moyennes (2) en différenciant ceux qui possédaient un patrimoine avant l’entrée sur le marché du travail et les autres, et par un alourdissement de la concurrence entre jeunes dans les études
  • La notion de « flexibilité » devient centrale :
    • Le renforcement de la protection des emplois durcit la polarisation de la société, bloque l’intégration des jeunes mêmes diplômés
    • Dans les pays à forts coûts de licenciement, la probabilité d’embauche est la plus faible
    • Ce blocage de « nouvelles têtes » empêche l’arrivée de nouvelles idées, techniques, audaces
    • La durée du chômage est 3 fois plus longue en Europe qu’aux Etats Unis, le degré d’inégalité entre chômeur et salarié est plus élevé mais l’écart entre salaires est plus faible en Europe
    • L’ordre social repose sur des inégalités beaucoup plus statutaires et permanentes en Europe
    • Les comparaisons internationales deviennent importantes du fait des délocalisations et des entreprises, et des cerveaux…
    • Dans tous les pays, ce sont les salariés du public qui sont les plus satisfaits…
    • Ceux qui détiennent un statut (CDI et fonction publique) sont devenus des électeurs conservateurs et peu satisfaits : l’augmentation de la protection suscite un sentiment d’insécurité
    • A l’inverse, ce sont dans les pays comme l’Irlande et le Danemark où les emplois sont faciles à détruire que les salariés expriment le moins d’inquiétudes
  • Propositions ?
    • Abolir les statuts provoquerait de nouvelles inégalités (écarts de salaires, donc capacités d’investissements pour l’avenir inégales entre familles)
    • Le Danemark est souvent pris en exemple :
      • il y est presqu’aussi facile de licencier qu’aux Etats-Unis mais les chômeurs y sont beaucoup mieux et plus longtemps indemnisé (jusqu’à 4 ans)
      • et les chômeurs sont tenus d’accepter les emplois proposés (il y a donc une obligation de proposer un emploi au chômeur)
    • une faible protection des emplois et une forte protection des chômeurs contribuent à réduire le coût d’une éventuelle perte de statut
    • le « système universel de dotation initial » consiste à donner à chaque personne (à 18 ans ?) un capital de mois de formation, une bourse d’étude, de facilité d’emprunt : mais le coût serait exorbitant et l’on présume que chacun a la capacité d’être l’entrepreneur de sa propre vie
    • dans une société à statut telle que celle qui prévaut en France, l’évolution ne peut se faire que progressivement et non par rupture, en donnant un nouveau statut commun aux nouveaux arrivants  à une date précise, en y associant tous les syndicats

 Conclusion :

  • crises et récession ont frappé les jeunes de chaque génération décennale depuis 1974, et la mémoire des crises se diffusent, s’additionnent, avec chacune :
    • la crise du milieu des années 1970 a frappé les jeunes non diplômés, alors qu’avant l’accès à l’emploi et évolutions étaient ouverts à tous
    • la crise du milieu des années 1980 a frappé les jeunes diplômés se destinant au secteur privé
    • la récession de 1993  a créé un secteur public de jeunes surdiplômés
    • la récession de 2008 n’apporte pas de possibilités vers le secteur public, sachant que le secteur privé est « sinistré », et les classes moyennes du privé et public se déstructurent au regard des patrimoines économiques et intellectuels déjà existants ou non
  • l’école est devenue un enjeu de réussite extraordinaire
  • la France, comme nombre de pays d’Europe (Italie, Espagne, Portugal, Belgique, etc.), a créé une société à statuts. Or, les sociétés à statuts comme la nôtre installent dans la vie des enjeux de vie et de mort sociale
  • le secteur privé manque de jeunes diplômés et « surdiplômés »
  • politiquement :
    • classes moyennes du public et du privé se retrouvent dans le rejet de la réforme libérale
    • l’addition des électorats jeunes et classes moyennes accentuent le poids des NPA et FN, défiance des jeunes et catégories populaires vis-à-vis des institutions
    • la peur du déclassement et surtout celle de ne pas parvenir à un statut provoquent des politiques conservatrices reposant sur les peurs (rigidification des statuts, politique sécuritaires)
    • un tel niveau de pessimisme n’avait encore jamais été atteint par le passé

 Le cercle vicieux du système social français repose sur une rigidité extraordinaire des statuts. Cette rigidité exclue les « entrants », les jeunes, depuis 35 ans, provoquant un gâchis social et une sclérose économique. Et les diverses orientations de réforme des retraites prouvent particulièrement bien que le monde politique et syndical fonctionne en les excluant (3).

La situation politique figée, rejetée par les électeurs (abstentionnisme, radicalité, « zapping ») est la conséquence de cette société bloquée.

 Un système de flexibilité à la danoise semble le plus acceptable pour les Français. Mais pour cela, il faudra une responsabilisation extraordinaire des syndicats et des partis. Cette responsabilisation ne sera possible que dans le cadre d’un exécutif politique rassembleur associant sociaux-démocrates et droite sociale en passant par les écologistes « humanistes », et par là même un exécutif libre du clientélisme habituel. Or, le scrutin majoritaire peut être un frein, voire un blocage si la volonté sarkozienne de le réduire à 1 tour nous est imposée…

Lisez l’ouvrage d’Eric Maurin, il est tellement, malheureusement, une peinture actuelle de notre société française.

 

(1)   Eric Maurin, « La peur du déclassement », Seuil

(2)   Louis Chauvel, « Les classes moyennes à la dérive », Seuil

(3)   Denis Jeambar & Jacqueline Rémy, « Nos enfants nous haïront », Seuil

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En 2009, 300 000 salariés en CDI ont perdu leur emploi et sont à présent au chômage.
Le même nombre de jeunes sont sortis du système scolaire, sont déjà au chômage et fort probablement ne connaîtront pas le « statut » de CDI. 

Car c’est de « statut » qu’il s’agit, voici la thèse de Eric Maurin (1) : la structure sociale française repose sur des statuts qui se sont rigidifiés, provoquant une forte dichotomie entre titulaires de « statut » (CDI et fonction publique), et les autres. Les crises économiques, le conjoncturel, aggravent à chaque décennie à la fois le nombre de « hors statuts » et la distance entre ceux qui souhaiteraient décrocher ces statuts et ceux qui les détiennent et paient un prix de plus en plus lourd.
Cette situation provoque, de façon diffuse et ce dans toutes les catégories, « la peur du déclassement » : perdre sa situation, voire l’aggraver

Caractérisation de « la peur du déclassement » :La peur du déclassement est un phénomène global et diffus. Elle est une variable-clé  pour rendre compte du fonctionnement de la politique, de l’économie et de la société française.
En 2007, 0,16 % de la population vit dans la rue / 60 % des Français pensent qu’ils pourraient devenir SDF (48 % en 2006), INSEE.

 

Etre licencié en France, c’est :

  • subir une période de chômage parmi les plus longues des pays développés
  • ensuite être condamné à ne retrouver que des formes précaires et dégradées d’emploi

Les familles connaissent aussi le risque de déclassement par le poids des études, nulle part aussi élevé qu’en France d’après l’auteur :

  • en 2008, parmi les jeunes sortis de l’école depuis moins de 5 ans, 47 % des non-diplômés étaient au chômage contre à peine 7 % des diplômés du supérieur
  • échouer à l’école n’a jamais été aussi « disqualifiant »

Les pays où les pertes d’emploi suscitent la plus grande peur sont paradoxalement ceux où les emplois sont les mieux protégés et les statuts les plus difficiles à perdre : la probabilité de retrouver un emploi protégé y est mécaniquement plus faible, ce qui se perd est beaucoup plus précieux qu’ailleurs. 

1.     L’émergence d’une société à statut

Les années 1960 et 1970 se caractérisaient par une croissance très soutenue (+ 5,5 % en moyenne/an). Cette période est aussi celle où se crée un droit du travail de plus en plus protecteur pour une partie de plus en plus importante de la population active. C’est ainsi que s’est développée une société de salariés à statut (« protégés de l’arbitraire patronal ») :

  • La nécessité de reconstruction, le besoin d’assurer une production soutenue avait provoqué l’ordonnance du « contrôle d’emploi ». Ce contrôle d’emploi servira de fondement légal au contrôle des procédures de licenciement collectif par l’administration
  • Création des comités d’entreprise dans les établissements de plus de 50 salariés avec une compétence, consultative mais toujours exercée, en matière économique et sociale
  • 1950, création du SMIG (salaire indexé sur le coût de la vie)
  • En 1969, obligation d’informer et de consulter les représentants du personnel avant de procéder à des licenciements, jetant les bases d’une doctrine où le reclassement des salariés se conçoit avant tout dans les entreprises, en amont des licenciements effectifs. La priorité est donnée à la protection de ceux qui ont un emploi plutôt qu’au soutien et à la formation de ceux qui n’en ont pas encore ou plus.
  • 1970, création du SMIC (indexé sur l’inflation + le salaire moyen)
  • En 1973, remplacement de la notion de « louage de service » par celle du « contrat de travail » : qui ne peut se rompre qu’au terme d’une procédure précise. La loi institue par la suite le principe de préavis et d’indemnités de licenciement (durée et montant liés à l’ancienneté)
  • 1974, nécessité d’obtenir une autorisation administrative préalable au licenciement économique. Abrogée en 1986, toutefois en 1993 une nouvelle loi oblige l’employeur à définir et négocier des plans de reclassement avec droit des salariés de les contester.

 Cette situation d’un tel contrôle administratif est unique dans les pays occidentaux (excepté l’Espagne).

Surtout, ce n’est pas le démantèlement des statuts qui a précédé la montée du chômage, mais bien au contraire l’émergence du chômage de masse qui a entraînée un renforcement des protections des salariés.

De même, le coût réel pour l’employeur d’une embauche au salaire minimum double entre le début des années 1970 et le début des années 1980, en même temps que s’accroissent la longueur et le coût potentiel des procédures de licenciement…

Une contradiction structurelle s’est installée : le système social conçu dans une période de rattrapage industriel rapide et une ère complètement nouvelle de développement économique, à parti de 1975. Chaque décennie connaîtra sa récession.

Jusque la fin des années 1990, la population française n’est prête ni intellectuellement ni politiquement à un quelconque redéploiement des protections acquises dans l’immédiat après-guerre.

 Nouvelle donne sociale : croissance faible/récessions décennales/chômage structurel

Après le choc pétrolier de 1973-1974, une nouvelle phase de croissance économique apparaît (progression annuelle de près de 4 %). Or, le chômage des jeunes sans qualification (majoritaire parmi les jeunes travailleurs) continue inexorablement de monter, doublant en quelques années (13 % en 1975 / 22 % en 1980).

Les « jeunes » sont les premières victimes de cette « rigidification » du marché du travail. Pour que leur main-d’œuvre soit attractive, donc productive, il eut fallut que le nombre d’années de formation des jeunes entrant sur le marché du travail augmente d’un an tous les ans

Raymond Barre, conscient de cette « rigidification » et de la structure du travail et des esprits, avait tenté de la contourner par le CDD. Le but était de créer une introduction au marché du travail pour les jeunes et tous ceux qui ne pouvaient accéder aux « statuts ». Mais les socialistes en 1982 vont « cadrer » ce CDD en le limitant (temporaire et 1 fois renouvelable).

S’oppose ainsi deux conceptions, ou plutôt deux « préventions » : empêcher le recours abusif à des emplois temporaires / ne pas freiner l’embauche.

Mais le constat demeure : les différents types de contrats perpétuent une forme proprement française d’inégalité entre les individus par le degré de permanence des protections accordées par la société : le statut.
L’accès à un emploi protégé diffère selon l’état d’origine : au début des années 2000, 15 % des chômeurs arrivent d’une année sur l’autre à obtenir un emploi protégé, contre plus de 30 % des personnes en CDD. En même temps, 22 % des personnes en CDD à une date donnée sont au chômage un an plus tard, contre près de 65 % pour des chômeurs.
Ainsi, les CDD sont deux fois plus proches d’un CDI et trois fois plus éloignés du chômage que peut l’être les personnes au chômage à la même date.

 A la différence de l’Ancien Régime où se transmettait par héritage les « offices » (statuts et fonctions), chaque génération doit conquérir son statut, diffusant tout un ensemble de peurs pour tous :

  • Peur de ne pas acquérir de statut
  • Peur de perdre le statut acquis
  • Peur de voir ses enfants durablement marginalisés rendant l’autonomie impossible

Toutefois, jusqu’à la récession de 1993, le risque de perdre un statut protégé est rare (4 % d’ex CDI). En fait, dureté et rareté caractérisent le déclassement pour les statuts protégés : rareté de perdre le statut, mais perte totale quand on ne l’a plus. Le sentiment de peur est donc plus diffus que celui de la colère.

Surtout, chaque nouvelle récession creuse des inégalités nouvelles entre les individus : le fossé s’approfondit structurellement entre les catégories après avoir succédé à des difficultés temporaires liées à la conjoncture d’une récession.

 Le CDD est peu employé à cause de sa rigidité, il plafonne à 6,9 % (2,1 % pour les intérimaires) : les coûts d’ajustement et d’intégration sont devenus prohibitifs, sachant qu’aucunes des compétences spécifiques qui s’accumulent avec le temps ne sont possibles.

En cas de crise, ces CDD servent de variable d’ajustement en tarissant leur source. Ainsi, le statut réel du CDD varie fortement selon la phase du cycle économique. Mais la récession de 1993 va réduire la capacité du CDD à faire passerelle vers le CDI (21 % en 1991 / 13 % en 1997).

Avec les récessions, les personnes n’ayant pas de CDI subissent un déclassement rampant, voyant s’éloigner, et pour un certains nombre d’années, toute perspective d’intégration.

 La Relégation de la Jeunesse

Notre société à statuts et aux « rangs » a pour contrepartie la relégation des nouveaux arrivants (les jeunes) dans les antichambres de la citoyenneté sociale.

La relégation des jeunes est l’impact le plus violent et le plus « structurant » de notre société.

Le CDD avait été conçu à partir du constat que les retours de croissances n’endiguent pas les hausses permanentes du chômage des jeunes. Ainsi, à la fin des années 1980, le taux de chômage des jeunes passe de 25 % à 15 %, reflux qui s’observera à la fin des années 1990.

Mais l’essentiel des chocs économiques est directement encaissé par les nouveaux arrivants, malgré l’instauration du CDD et intérimaires.

Entre 1975 et 1980, le chômage des jeunes ayant moins de 5 ans d’ancienneté passe de 7,8% à 15,4 %, quand il passe de 3 à 4 % pour ceux qui ont 10 à 15 d’ancienneté. Cette aggravation inégalitaire se retrouve lors de la récession du début des années 1990.

 Cette inégalité structurelle subie par les jeunes et les non diplômés a une conséquence politique : Jean-Marie Le Pen au 2d tour des présidentielles de 2002. L’envolée de l’abstention et la percée de l’extrême droite au sein de l’électorat populaire dans les années 1980 montrent ce que peuvent être les ravages politiques d’une montée effective du déclassement (à noter l’exemple temporaire du poujadisme dans les années 1950 traduisant le déclassement subi par les classes moyennes non salariées – artisans et commerçants – au sein de la société salariale).

 Et la « peur du déclassement » s’inscrit tout au long de la vie : on commence par la peur de ne jamais trouver sa place, puis par celle de perdre les protections acquises, et enfin par celle de ne pas pouvoir transmettre à ses enfants de protections.

La société à statuts est particulièrement difficile à transformer parce que toute réforme paraît léser une génération au profit de l’autre.
De plus, la menace de déclassement menaçant toutes les générations et toutes les catégories, le sentiment d’injustice est diffus en cas de réforme.

Nouvelle conséquence sur la jeunesse : les enfants ne peuvent maintenir leur rang qu’au prix d’une lutte scolaire incertaine et sans merci.

 L’Individualisation de la société

Le marché des capitaux comme les relations sociales se sont profondément individualisées. L’individu a un accès direct au marché, il ne dépend plus d’une institution (2). Il peut ainsi s’enrichir… comme être ruiné.

De même, chacun s’est retrouvé en concurrence direct avec tous les autres, et les syndicats se sont fortement affaiblies : les relations d’emplois se sont individualisées, la mise en concurrence est devenue un principe de gestion.

Cette individualisation des relations sociales est un terreau sur lequel la peur du déclassement s’est généralisée.

 

 

(1)   Eric Maurin, « La peur du déclassement », Seuil

(2)   Jean Peyrelevade, « Le capitalisme total », Seuil

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Ségolène était heureuse hier, elle avait elle aussi, comme Sarkozy, sa prise de guerre avec le ralliement le matin même de son meeting du Président du Modem de Charente Maritime . Ceci alors que les adhérents de Poitou Charentes avaient quelques semaines plus tôt ratifié le choix de leur tête de liste autonome. Marielle de Sarnez a raison de parler de débauchage, c’en est !  Mme Royal a fait son marché en promettant un groupe de 5 élus pour le Modem . Ce type de mouvements quelques semaines avant une élection est extrêmement classique . Simplement auparavant les centristes étaient débauchés par l’UMP, cette fois ci c’est par le Parti Socialiste voire pour quelques individualités par Europe Ecologie (qui au demeurant a plutôt récusé un certain nombre  de personnalités demanderesses se réclamant du Modem ou de Cap 21) . Quand on assiste à ce type de ralliement strictement opportuniste on se dit que l’on a pas fait tout ce chemin vers l’autonomie politique pour aboutir à cela . Le MOdem traverse, en tant que Parti, il ne faut pas se le cacher une phase difficile depuis les élections européennes et trop de cadres départementaux ne sont bien souvent pas à la hauteur du défi immense qui est le leur : construire un Mouvement politique pour affronter en 2012 le combat ultime de la conquête. Certains perdent pied, d’autres changent de casaque du jour au lendemain (généralement de l’orange au vert et au rose maintenant) au gré des sondages et en offrant leur (tout  petit) titre politique ou mandat électif  comme caution  sans en référer à leurs mandants . Le management des ressources humaines au Modem n’est peut être pas son fort , on l’accorde. Ceux qui restent ou qui nous rejoignent, car il y en a bien évidemment, en sont d’autant plus méritants .  Mais ceux là sont motivés par les convictions et par l’espoir .

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