Foot et politique : une indécence d’Etat
1 Commentaire Publié by Juste milieu juin 24th, 2010 in Identité démocrateLa mobilisation d’Etat sans précédent à laquelle a donné lieu depuis quelques jours la tragi-comédie de la présence française au Mondial de foot est choquante.
Que le ministre de tutelle s’exprime sur le sujet une fois soit mais en boucle depuis dimanche cela devient lassant ! Qui plus est la succession de réunions à l’Elysée et Matignon depuis quelques jours sur le sujet est devenue grotesque à quelques jours du G20 et en pleine mobilisation sociale pour la réforme des retraites. Cerise sur le gâteau indigeste de l’équipée footballistique française, la réception de Thierry Henry par Nicolas Sarkozy à l’Elysée… Et l’initiative politique la plus stupide de l’année est bien la tenue annoncée d’ « Etats généraux du football » à la rentrée … Encore a-t-on échappé de peu à la dénomination « Grenelle du foot » .
Hollande avait raison d’évoquer le détournement du terme Etats généraux renvoyant à une terminologie de 1789 et Martine Aubry de souligner la désinvolture du Président en cette journée . Journée qui aurait du être dédiée au dialogue social.
Cette gesticulation de communication est indécente et non avenue.
Ont-ils seulement conscience du niveau d’indifférence de nos concitoyens concernant cette mobilisation d’Etat voire de rejet ?
Quelques éléments de réflexions avec la dérive financière grecque.
En pleine banqueroute, l’Etat grec s’est vu mis au pilori des marchés financiers. L’Europe et le FMI, pour apporter les ressources à la Grèce, ont imposé des restrictions concernant déficits et dettes. Les marchés financiers européens s’affolent, les Etats sont fragilisés, les manifestations pullulent.
- Ces restrictions provoquent manifestations et émeutes chez les Hellènes. Ainsi, lors d’une « manifestation », des militants d’extrême-gauche ont jeté des cocktails Molotov, notamment dans une agence bancaire.
Conséquences : morts et blessés parmi les clients et salariés, dont une femme enceinte. Un journaliste français, en l’occurrence d’Europe 1, a interviewé l’un des manifestants. Celui-ci trouvait normal ces « manifestations » et rendaient les employés, et l’employeur, responsables de cet « incident » : ils n’auraient pas dû venir au travail…
Pas une seule fois le journaliste n’a posé de questions à ce « manifestant » sur la légitimité, la normalité de ce genre de pratiques, en quoi cette tragédie se transformerait en incident, qu’est-ce qui peut légitimer ce meurtre ?
Surtout, pourquoi l’époux et l’ex-futur père n’a, lui, pas été interviewé sur cet horrible évènement qui aura brisé sa vie en volant celles de sa femme et futur bébé ?
Bel exemple de responsabilité médiatique… Etre le censeur de la morale est toujours plus facile par l’artifice que la sombre réalité.
2. L’Etat grec en est arrivé à cette situation financière déplorable à force de mensonge, gabegie, clientélisme, démagogie et irresponsabilité de ses acteurs politiques, institutionnels et syndicaux. Les politiques grecs avaient pour seul souci leur éligibilité, les institutions leur tranquilles dépenses, les syndicats leurs belles prébendes, et le peuple sa lâche insouciance des générations vieillissantes.
Cela ne vous rappelle rien ?
3. La crise financière, boursière, s’étend en Europe, après la Grèce, sur l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, voire l’Italie puis la France. Deux facteurs s’additionnent : les politiques budgétaires nationales de ces Etats qui ont toujours préféré la facilité de la dette et des intérêts catégoriels, et les acteurs financiers.
Quel cynisme de voir ces « acteurs », qui, après avoir provoqué la grave crise économique et sociale mondiale, s’attaquent aux Etats… ces Etats qui les ont sauvé…
Et n’est-il pas amusant de voir l’Europe mise en cause (et à juste titre concernant ses divisions et l’irresponsabilité de certains) par ces intervenants financiers qui braquent les projecteurs sur les déficits de quelques uns de nos Etats de la « vieille Europe »… Mais pourquoi ces mêmes « intervenants financiers » ne s’en prennent-ils pas à des Etats aux dettes et déficits bien plus colossaux, tels les Etats-Unis, au record mondial de la dette ???
4. Angela Merkel avait laissé « pourrir » la situation grecque, pour des enjeux électoraux internes. Résultat : elle a quand même perdu les élections d’une région allemande, tout en multipliant par dix la note grecque… A présent, elle met la pression sur N. Sarkozy en interdisant, unilatéralement, les spéculations à la baisse, vente à découvert, « à nu », des marchés financiers.
C’était une promesse sarkozienne, c’est devenu une réalité merkelienne. Si la décision est bonne, la façon est déplorable : il aurait pu s’agir d’une mesure européenne, plutôt que de vouloir rectifier une image politique individuelle. Tirer la couverture à soi plutôt que d’œuvrer pour l’Europe et ses peuples, voilà nos belles générations politiques…
Toujours cette médiocrité…
5. L’Europe s’est, encore, divisée sur l’aide à l’Etat grec. La note, qui aurait pu n’être que de quelques dizaines de milliards d’euros, est à présent de quelques centaines… Les responsables gouvernementaux européens se révèlent être plus préoccupés par leurs médiocres carrières internes que par la politique elle-même. Tocqueville avait écrit que les gouvernés ont les gouvernements qu’ils méritent. La médiocratie s’est immiscée dans tous les Etats européens. La grave crise économique et sociale que le monde traverse risque de faire un mort : l’Europe et ses Etats !
Par son manque de structuration européenne, par la médiocrité de ses politiques, par son absence de politique économique et industrielle européenne, par l’aveuglement de ses peuples qui préfèrent écouter les démagogues de gauche et de droite : ceux-là même qui accusent l’Europe de tous les maux sont les fossoyeurs des Européens !
L’Europe et ses Etats se dévitalisent de leurs industries, de leurs savoirs, de leurs capacités. Mais tant que l’on a la retraite à 60 ans et les 35h, tout va bien… Tant pis pour nos millions de chômeurs et futurs « sans-retraites ».
Si les Etats européens ne sont pas assez murs pour assumer leur avenir, donc celui de l’Europe, alors c’est le pourrissement de la « vieille Europe » qui nous attend…
Pour rappel, lors des dernières présidentielles françaises, un seul candidat avait pour thèmes au cœur de son programme et vision politique, la lutte contre la dette, le réveil de l’Europe, et la réindustrialisation de nos territoires.
C’était François Bayrou.
Depuis, il a oublié l’Europe aux Européennes, et la politique économique lors des Régionales.
Réveillons-nous !
Cette fois, c’est la fin du Grenelle
1 Commentaire Publié by Mesina avril 19th, 2010 in Identité démocrateEn tous cas je le crains avec la nouvelle annonce de report de la taxe poids lourds. Après le report sine die de la taxe carbone, ce sont deux des idées les plus audacieuses du Grenelle qui disparaissent. Car soyons honnêtes, comment imaginer qu’elles pourraient ressurgir juste avant 2012 ?
C’est bien dommage car dans un cas comme dans l’autre il s’agissait de donner corps progressivement à une fiscalité écologique, nécessaire pour induire les changements de comportement de tous les acteurs économiques. La taxe poids lourds devait servir avant tout à dégager les ressources indispensables à la progression du fret ferroviaire. C’était aussi un rétablissement d’une certaine justice fiscale car il est avéré que les dégradations du réseau routier secondaire sont imputables essentiellement aux camions : il est donc normal que les acteurs économiques correspondants prennent en charge les coûts correspondants (les externalités comme disent les économistes).
En reculant ainsi sans limites, le gouvernement accrédite l’idée d’un Grenelle fait de belles paroles mais de peu d’actes concrets. Je le regrette fortement car comme je l’avais déjà dit sur ce blog, le Grenelle avait ouvert pas mal d’espoirs (http://www.blogdudemocrate.org/2007/10/27/grenelle-de-lenvironnement-une-belle-avancee-qui-reste-a-traduire-dans-les-faits/). C’est à mon avis une lourde erreur politique de Sarkozy, qui avait une carte à jouer en assummant au moins sur ce sujet une certaine rupture et un peu de modernisme par rapport à la base UMP. Sarkozy se trompe gravement en remettant toute volonté d’action sur ce plan pour cause de crise. C’est au contraire le moment de changer les déterminants.
On parle beaucoup en ce moment d’une éventuelle candidature de JL Borloo en 2012 : en cautionnant sans rien dire de tels reculs, il carbonise toute possibilité sérieuse de candidature sur l’espace écolo-centriste. Il restera comme le ministre qui a orchestré un Grenelle sans conséquences réelles aucune.
Plus guère de centre non plus en Italie…
5 Commentaires Publié by Mesina avril 11th, 2010 in Ailleurs, Europe, Identité démocrateAu-delà d’une victoire inespérée pour Berlusconi – grâce avant tout à son alliance avec la Lega Nord, les dernières élections régionales ont aussi confirmé la quasi complète disparition du centre politique italien. Un peu comme en France les centristes transalpins sont éparpillés au centre gauche, au centre droit – et tout ceci se termine de la même façon : plus aucune présence significative. Pourtant le système électoral parlementaire italien favorise les coalitions, les petits partis et devrait donc leur être plus favorable.
En Italie les centristes sont pour une grande part les ex démocrates chrétiens, parti disparu corps et bien dans les affaires de corruption qui touchèrent toute la vie politique italienne au début des années 90. Une partie d’entre eux s’est installée au centre gauche (La Margherita avec F. Rutelli – non ce n’est pas une pizza) : ceux-ci ont voulu participer à la création d’un mouvement unitaire de gauche sorte d’UMP de gauche appelé Parti Démocrate. Il leur arriva ce qui arriva aux UDF qui participèrent à l’UMP, ils furent marginalisés par les ex – communistes majoritaires, tant et si bien que la plupart ont démissionné du Partie démocrate et sont désormais sans asile politique.
Les autres, installés au centre droit (UDC, avec PF. Casini) faisaient traditionnellement partie des coalitions de droite comme l’ex UDF. Puis Casini, sans doute inspiré par l’épopée Bayrouesque, a cru pouvoir être indépendant. Aux régionales, suivant les régions, l’UDC était soit dans la coalition de gauche, soit dans celle de droite, soit indépendant comme en Toscane. Résultat 5,6% (remarquez par les temps qui courent, on s’en contenterait…).
Enfin, il y a aussi Di Pietro avec son Italia dei Valori, un ancien magistrat qui était au centre de l’opération Mani Pulite qui a lancé son mouvement politique dont les valeurs principales sont la probité de l’Etat, l’indépendance des médias, bref des thèmes bien démocrates. Lui se maintient à 7% depuis quelques élections.
Ainsi, en Italie comme en France, sans rassemblement des centristes et démocrates pas de salut. Sauf qu’en France, dans le système qui est le nôtre, seul un présidentiable peut faire ce rassemblement.
Le MoDem doit-il disparaître ?
12 Commentaires Publié by JP avril 6th, 2010 in Identité démocrate, Idées fortes, MoDem, Régionales 2010, mouvement democrate, présidentilles 2012Les résultats lors des élections régionales ont été catastrophiques pour le MoDem. On peut mettre en cause l’abstention, c’est facile. Cela permet de s’illusionner en s’imaginant que ces abstentionnistes auraient voté pour les listes MoDem.
Seules les listes dans les régions Aquitaine et Basse Normandie ont eu des résultats respectables. Mais « respectable » est un grand mot…
Où que ce soit déroulée l’élection, « l’homme de la rue » indiquait son rejet de François Bayrou. Le « national » a fait perdre, ad minima, de 2 à 4 points dans les régions.
Le MoDem doit-il disparaître ou bien est-ce son identité démocrate qui n’est pas lisible ou intelligible ? Son ou ses leaders, militants, n’ont-ils pas aussi leur part de responsabilité, de manque de réalisme et de maturité ?
L’exemple de Rodolphe THOMAS en Basse Normandie illustre bien l’état du MoDem : électeurs qui exprimaient leur rejet du F. Bayrou, voire du MoDem, mais acceptant de voter pour R. Thomas du fait de son action politique. Son score fut fort là où il était connu (15,5 % à Caen, 40 % dans sa ville) et où existait à la fois une structure MoDem et quelques « personnalités ». Plus on s’éloignait de son ancrage géographique propre et d’équipes MoDem, plus le score s’affaiblissait. Ainsi, ce fut une dégringolade hors de son département.
Qu’est ce que cela démontre ?
- L’absence d’équipes et de personnalités MoDem ne permettent pas de faire échos à une action politique. Il s’agit du manque d’ancrage dans le tissu politique.
- L’image de François Bayrou est devenue au mieux brouillée, au pire négative. Le MoDem national a fait perdre des points à ses équipes régionales… quand celles-ci avaient un ancrage. L’intervention de Marielle de Sarnez sur France 2 dans « Mots croisés », avant le 1er tour des régionales, a rajouté ses difficultés : de suite les électeurs mettaient en cause l’identité, ou plutôt l’absence d’identité politique, en l’occurrence « démocrate », pour faire la cour au PS et endosser le costard de la « gauche caviar », costard que le PS rejette depuis 1993 et sa grande claque électorale…
Le Nouveau Centre et Jean Arthuis se précipitent pour créer une structure dite « centriste », pensant fonder sur le gisant. Les résultats électoraux désastreux du MoDem, s’ajoutant à tous ceux qui ont suivi la dernière présidentielle, nous incitent à nous poser la question : faut-il voir disparaître le MoDem ?
Je répondrai à cette question par une autre : comment se fait-il que le MoDem ait pu faire un bon score en Basse Normandie ?
Par son leader, sa liste et son programme ou plutôt son identité politique.
Sa personnalité : Rodolphe THOMAS, dans son espace géographique, est reconnu pour son œuvre politique, son dynamisme et sa stabilité.
Il a constitué sa liste en se basant sur des élus intégrés dans le tissu politique local.
Légitimité et compétence : bases de la démocratie…
Son programme – l’identité politique – était « démocrate » : politique économique forte se basant sur une vision partenariale de la collectivité publique (avec en sus l’Etat et l’Europe) et des entreprises privées, conscience aiguë des enjeux territoriaux avec une « agence régionale d’Intelligence Economique », politique de création d’emplois chiffrée et structurée, politique écologique ou « développement durable » comme moteur d’avenir par la « green industrie » et les formations nouvelles, investissement dans les transports en commun, etc.
Bref, si l’on reprend le triptyque « démocrate » national : social-libéral, écologique et européen, et qu’on l’incarne localement, l’attractivité se fait.
J’aurai pu prendre l’exemple aquitain, dont la liste est la seule à avoir pu se maintenir au 2d tour. Vous y retrouverez les mêmes ingrédients : ancrage dans le tissu politique local, dynamique de leaders locaux, structure MoDem locale active, programme « démocrate ».
Mais si j’ai pris l’exemple bas-normand, c’est surtout du fait de son échec : 12,5 % dans le Calvados, mais 5 % dans l’Orne et la Manche.
Pourquoi ? Structures MoDem locales « naissantes », fragiles, fragilisées notamment par des états d’âmes et ambitions individuelles déplacées et oniriques, malgré l’investissement de ses candidats.
Ce que je mets donc en cause, ce sont :
- le manque d’ancrage et d’engagement dans le tissu politique local d’équipes MoDem,
- la « démocrature » d’individus qui, comme avait écrit Voltaire : « sont pourris avant que d’être mûrs ». Il est particulièrement regrettable que des militants n’aient pas soutenu – voire fait part de critiques publiques – leurs têtes de liste et leaders indentifiés et reconnus comme on a pu le lire dans la presse concernant par exemple A. Begag, ou aux européennes J-L Benhamias. Ces politiques, de grande qualité et absolument nécessaires au développement du Mouvement Démocrate, sont gâchés par ces comportements de quelques individus.
- l’incapacité du MoDem à mettre en avant son identité politique démocrate : social-libéral, écologique et européen
- les errances du « national » en matière de communication, de stratégie, et pour reprendre le point d’avant, d’identité politique. Ou plutôt la lassitude de la population concernant un MoDem se limitant à n’être que François Bayrou, plutôt que naître Démocrate.
Les socialistes et UMP ont « beau jeu » de prétendre que « démocrate », tout le monde l’est : ce ne serait pas un terme politique identifiant. Mais alors c’est comme pour l’écologie, tout le monde peut s’en réclamer…
Sauf que l’écologie n’est qu’un aspect technique de la pratique politique.
Sauf que « démocrate » est une identité politique, historique puisque dépassant le « libéral » au 19è siècle (qui se limite au partage des pouvoir et la liberté de penser, créer et échanger), et contemporain puisqu’il participe de l’identité politique des « démocrates » américains, des sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates en Europe… Pourquoi alors utiliser ce mot de « démocrate » dans leur terminologie politique si l’identité n’existe pas ?
Le problème n’est donc pas qu’il n’y a pas d’identité politique sous-jacente. Le problème est plutôt dans le fait que le MoDem n’en a jamais fait état, tout simplement… qu’il n’a jamais, en quelques mots, comme nous le faisons ici (social-libéral, écologique et européen), affirmé cette identité.
Alors, est-ce qu’un mouvement « démocrate » a-t-il une raison d’être en France ?
Je le répète : oui. Car dès que vous expliquez, explicitez, présentez une politique « démocrate », l’électeur est à l’écoute.
Ce qui mine le MoDem, c’est le « centrisme ».
Je me définie personnellement comme « barriste », et Raymond Barre se disait « centriste gaullien ». Ce que ne supportent plus les Français en général, et les « démocrates » en particulier, c’est justement l’aspect indéfinissable du centre, qui par trop fluctue et prête le flanc à la critique de ses adversaires : une moyenne ? Un mélange gauche / droite ? Une versatilité ? Une inconsistance ? La disparition de l’UDF et la superficialité du Nouveau Centre n’en sont-ils pas les témoignages ?
En remplaçant le centre par « démocrate », le citoyen comprend : équilibre entre public et privé (rôle régulateur de l’Etat), partenariat Etat et initiative privée (soit à une échelle macroéconomique de l’Intelligence Economique, que pratique ainsi la Chine, la Russie, le Brésil ,l’Inde et… les Etats-Unis), égalité des chances (donc rôle primordiale de l’Etat dans l’éducation, la santé et la justice sociale), et Etat impartial (justice, sécurité, impôt et ainsi comptes de la Nation). Il s’agit donc non d’un retour d’un Etat pour une économie administrative, mais de la force de l’Etat comme régulateur et partenaire, du partenariat entre l’Etat impartial et une société libre, complémentarité et équilibre.
En cela, le « démocrate » dépasse la notion étymologique de la Démocratie du suffrage universel et de l’intégration de toute la géographie de ses territoires et de tous les corps de son tissu social. Le Démocrate a pour moteur l’égalité des chances et l’épanouissement de tous les citoyens. Cette vision de l’intérêt général et de l’équilibre rend le Démocrate particulièrement « gaullien ».
Et cette vision gaullienne de l’Etat stratège, régulateur, et impartial, est la vision permanente et pérenne de l’identité « nationale » : c’est la République, et c’est le sens moderne de « social-libéral » : dynamique et créativité du privé, avec pour partenaire un Etat fort et stratège.
Ecologique, le Démocrate l’est de par les notions d’intérêt général, d’avenir partagé. Mais il s’agit d’un écologisme « durale » pour tous, et non d’une vision « décroissante » de Verts et autres tartuffes. La décroissance, c’est le chômage généralisé, c’est un ultra conservatisme régressif. Là encore, Etat et créativité du privé sont complémentaires pour donner des axes pour l’un, et créer des réponses pour l’autre.
Européen : parce qu’aujourd’hui, c’est le manque d’Europe qui affaiblit dangereusement tous les Etats européens. Cessons de perdre notre temps avec les eurosceptiques : ce sont la puissance, la structure étatique, et l’unité de commandement qui font la force des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de la Russie. La dilution des Etats européens, recroquevillés sur leurs intérêts particuliers, en font des faibles, des proies pour les Etats que je viens de nommer. Le « vieux continent » ne l’est vraiment que parce que ses Etats européens sont séniles : peureux, égoïstes, et retraités du « pré carré » façon Pétain. L’Europe a une monnaie qui l’a protégée des aléas des prix des énergies fossiles et amorti les conséquences de la crise financière mondiale. Mais elle doit impérativement avoir une politique stratégique économique avec une structuration partenariale Europe/Etats européens et régions (énergies, espace, transports aérien et ferroviaire, nouveaux matériaux, robotique, armement), et une politique de défense commune (projection et arme de pacification).
Social-libéral, écologique et européen : à partir de ces critères le Démocrate s’identifie et argumente. Il est alors une alternative crédible, et le ton « barriste » (où est passé J. Peyrelevade ?) doit être à nouveau initié car les Français l’attendent, complété des F. Bayrou, A. Begag, J-L Benhamias, Y. Werhling ou encore R. Thomas.
Croyez-vous que les Français désirent vraiment le retour de la gauche avec l’alliance communiste-socialiste-Verts ? Croyez-vous qu’ils aient confiance dans ce mélange archaïque et irresponsable de ceux qui veulent unir une vision administrée de l’économie, et ceux qui veulent la « décroissance écologique» !
Et les Français sont désespérés par l’UMP et son mélange sarkozien des « néolibéraux » et « néoconservateurs ». Ce mélange est un échec partout dans le monde, et l’est aussi en France, même si la crise mondiale a empêché tous ses méfaits. Dérégulation, affaiblissement de l’Etat, inégalités comme moteur, apparence sécuritaire, en y ajoutant les épices strictement sarkoziennes de « bling-bling » et du mépris des convenances républicaines (le fils Jean Sarkozy dans l’Epad aura été, je pense, la goutte de trop qui fit déborder la vase).
Il ne s’agit plus de « rupture ». Il y a effectivement à présent une fracture, non plus sociale, mais française.
L’arrivée au gouvernement de chiraquiens et villepinisés n’y changera rien. L’ouverture au sein de la droite française butte sur le manque d’alternative réelle. Les présidences Chirac incarnaient l’immobilisme, dans la continuité du 2d mandat mitterrandien (après les « folies socialistes »).
Le conservatisme de la droite française s’était cherché une apparence de mobilité avec la « rupture » sarkozienne, comme le conservatisme de la gauche en générale et du PS en particulier fait de même avec la « rupture » écologiste des Verts. Les résultats sont toujours aussi traumatisants pour les Français et dramatiques pour la France.
Les Démocrates doivent donc, plus que jamais au regard des limites de l’UMP et du danger du mariage PS-Verts, assumer leurs responsabilités.
Comment ?
En mettant en avant son identité et ses personnalités, en se structurant à l’intérieur du tissu politique local (associations, conseillers municipaux, mise en avant d’élusdes territoires tels que les maires et conseillers généraux), pour répondre à la double question du citoyen : compétence et légitimité.
Mais il faudra aussi admettre les limites actuelles du MoDem : dépasser l’ « univocité Bayrou » et lancer un appel aux démocrates, pour constituer un forum des Démocrates avec les sociaux-démocrates au sein du PS, les écologistes « durables » au sein des Verts/Europe Ecologie, Alliance des Ecologistes Indépendants (MEI et Génération Ecologie), des Radicaux de gauche et Valoisiens, des « gaulliens » de la droite et, pourquoi pas, des réalistes pas forcément carriéristes au sein de NC.
Ce « forum des Démocrates » pourrait permettre une complémentarité dans le maillage géographique et des personnalités. Mais il aurait pour obligation de présenter, systématiquement, des candidats « démocrates » à chaque élection pour apporter l’alternative aux citoyens.
La vassalité auprès de l’UMP ou du PS n’a qu’un seul destin : l’inutilité et la disparition. Inutilité pour la France et les Français, disparition d’une alternative politique.
Aux Démocrates d’assumer.
Les déclarations de Chantal Jouanno qui se dit «désespérée » et « pas en phase » avec l’annonce par le Premier ministre de l’abandon de la taxe carbone vont faire des vagues…
C’est la loi de la Vème république et l’on peut rappeler les mots de Jean-Pierre Chevènement « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne » . Et supposer que nombre de politiques vont lui rappeler .
Même si Chantal Jouanno apparaît comme une tête bien faite , énarque et (très) bonne technicienne de l’environnement, elle est aussi une femme de convictions qui les exprime de façon non politicienne . Ceux qui connaissent son parcours savent aussi qu’elle résiste au conformisme et à l’épreuve .
On se souviendra de son malaise lors de l’affaire Soumaré montée de toutes pièces par ses colistiers du Val d’Oise , on se souviendra de ses propos sur cette campagne régionale agressive qu’elle n’a pas aimée pour cela . On pourra aussi apprécier sa retenue sur les plateaux de TV le soir du résultat des élections régionales, bien contrastée avec la main de fer trop peu dissimulée de Xavier Bertrand.
Il est à espérer que le ministre de tutelle de Chantal Jouanno va s’attacher à la défendre face à la meute qui ne va pas manquer d’être lâchée . Ce sera un vrai test de la carrure politique de Jean-Louis Borloo.
Après le départ de Martin Hirsch forcément provoqué par les dérives droitières d’Eric Besson et son obsession de l’identité nationale , il serait bon que Chantal Jouanno soit confortée face à cette reculade écologique bien peu compatible avec les exigences de Copenhague . Même si ce gouvernement n’est pas celui que nous avons choisi, nous pensons qu’elle y a toute sa place.
La non reconnaissance du vote blanc devient un scandale démocratique
3 Commentaires Publié by Juste milieu mars 20th, 2010 in Identité démocrate, Régionales 2010Alors que l’abstention ne cesse de monter et que les extrêmes reviennent également à des niveaux inquiétants dans une démocratie qui se devrait d’être apaisée, la persistance du refus de reconnaitre le vote blanc devient un véritable scandale démocratique.
Les responsables politiques de l’UMP tels Xavier Bertrand , dimanche 14 mars prennent des airs graves pour reprocher au Parti Socialiste de ne représenter que 15 % des électeurs inscrits … sans s’interroger sur la propre défaillance de représentation démocratique du Parti du Président, de la Majorité de l’Assemblée nationale et du Sénat ! Quelle sera la représentativité de l’UMP après ces régionales ? Dérisoire…mais le « Mouvement populaire » n’en tiendra aucun compte conforté par la bipolarisation institutionnelle et la marginalisation de toutes les élections françaises hormis l’élection présidentielle. La reconnaissance du vote blanc permettrait enfin de signifier aux gouvernants et à l’ opposition parlementaire, un niveau d’alerte démocratique . Ce serait un peu , scrutin après scrutin comme une jauge de l’adhésion ou non des citoyens à l’offre politique, une sorte de zouave du pont de l’Alma témoin de la montée des eaux de la révolte citoyenne.
J’ai décidé…de ne pas démissionner du Modem
13 Commentaires Publié by Juste milieu mars 17th, 2010 in Identité démocrate, Régionales 2010, présidentielles 2012Après les 4,3 % de dimanche à l’issue du premier tour des élections régionales, l’interview fracassante mais prévisible de Corinne Lepage (« j’ai décidé de démissionner du Modem »dans le Monde va-t-il être l’ élément de déstabilisation finale de ma conscience militante ?
Ne vais-je pas moi-même me laisser glisser dans l’abandon (ne pas renouveler ma cotisation) , la révolte (François Bayrou est seul responsable de ces échecs successifs dont nous sommes tous victimes il doit donc partir) ou le dénigrement, préalable à un changement de partenaire/parti un peu comme ces hommes qui traitent leur femme de tous les maux pour légitimer leur propre infidélité et répudier l’être aimé ?
Je ne parlerai pas en détail de Corinne Lepage que je connais et estime depuis très nombreuses années car je sais finalement que le malentendu est originel , que nous l’avions déjà vécu (pour ceux qui ont appartenu à l’UDF) après les élections régionales de 2004 et que le rapprochement pendant les élections présidentielles avec François Bayrou était provoqué par l’absence de capacité de Corinne à mener sa propre candidature à terme faute d’obtention de parrainages suffisants (ce qui au demeurant était injuste et du à la volonté de l’UMP comme ce fut le cas aussi pour Nicolas Dupont Aignant qui songea aussi à nous rejoindre…)
L’apport de Corinne Lepage au Mouvement démocrate a été très positif lors de la création du Mouvement , lors des municipales à Paris mais beaucoup moins depuis son élection au Parlement européen et particulièrement dans les dernières semaines . Mais de l’interview du Monde je retiendrai la dernière phrase à la question « François Bayrou a t-il encore un avenir ? » Réponse : Je le lui souhaite sincèrement. Il a toutes les qualités de courage et de ténacité pour rebondir.Son avenir dépend avant tout de lui, de sa capacité à écouter les autres, et à leur laisser une place à ses côtés.
Alors pourquoi rester au Mouvement démocrate ?
- Parce qu’un combat n’est jamais fini tant que la dernière bataille n’est pas livrée . Comme indiqué sur ce blog précédemment, ceux qui ont fait la campagne présidentielle de 2002 puis de 2007 se doivent de tester une dernière fois la faisabilité d’une conquête du pouvoir au centre en cassant la bipolariastion historique de notre pays . Or cette stratégie elle n’est praticable qu’au Mouvement démocrate et avec un leader comme François Bayrou malgré ses défauts consubtanciels mais grâce à ses fulgurances.
- Parce que la politique n’est pas un zapping télévisuel . Lorsque l’on a des convictions solides et un peu d’indulgence et de confiance pour ceux qui les portent (à tous les niveaux de responsabilité) , il est difficile de se déprogrammer . Rejoindre Borloo why not ? mais derrière il y a Morin Why not ? mais derrière il y a Bertrand , Besson, Villiers , Lefevre et tant d’autres qui ne porteront jamais ces convictions eu au contraire les combattront .
- Rejoindre Cohn Bendit Why not ? mais derrière il y a Duflot why not ? et derrière les partisans de la décroissance et de la dette à la fois , la gauche socialiste avec encore quelques sectaires et derrière encore le Front de Gauche qui ne portera jamais ces convictions.
- Parce que derrière le départ de tel ou tél il y aussi des militants qui arrivent , qui s’engagent , qui prennent des risques , qui réfléchissent et proposent qui sont des entrepreneurs de l’action politique (je pense à Alain Dolium qui a été une bouffée d’air anticonformiste dans cette campagne comme l’est depuis des années Jean Lassalle ou Rodolphe Thomas ou plus récemment Robert Rochefort..) . Pour eux il convient de rester sur le pont .
Et si le MoDem gagnait une région : Rodolphe THOMAS et la Basse Normandie
2 Commentaires Publié by JP mars 13th, 2010 in Régionales 2010Prétendre que le MoDem serait capable de remporter une région, cela relève t’il de la dérision ou de l’aveuglement militant ?
Et pourtant, quand l’on s’écarte du prisme déformant des sondages nationaux, on s’aperçoit que la réalité des régionales est plus complexe. Chaque élection apporte sa surprise. Il est bien possible que la surprise de ces élections régionales, proviennent des personnalités… régionales !
Les écologistes en Alsace, le FN en PACA, le PS en Ile-de-France, l’UMP en Pays de Loire voire en Champagne-Ardenne, et le MoDem… en Basse-Normandie.
Tout d’abord, il ne me paraît pas du tout inconcevable que le MoDem réalise quelques scores enthousiasmant, en Aquitaine, Alsace et Bretagne, voire Rhône-Alpes. Ces régions, et bien d’autres, voient des têtes de liste MoDem de grande valeur. Ceux-ci ne se sont pas trompés d’élection, leurs personnalités et leurs programmes ne sont pas seulement attractifs, mais si le contexte politique n’était pas aussi défavorable au MoDem, ils seraient des challengers de 2d tour.
Concernant la Basse Normandie, plusieurs facteurs expliquent les légitimes ambitions du MoDem et de son leader, Rodolphe THOMAS.
D’abord, pour rappel, à quoi sert la Région ? J’ai commis un article il y a quelques temps sur cette question mais pour résumer : le développement économique, la lutte contre le chômage, les formations professionnelles, les lycées et les transports sont de leurs propres compétences.
Pensez-vous ne pas être concernés ?…
La Région est devenue cet espace territorial où les enjeux territoriaux sont les plus visibles, les plus percutants. L’Europe ne s’y est pas trompée : c’est auprès des régions qu’elle s’investit, par des fonds très importants (FSE et FEDER) qui structurent sur des projets d’avenir.
La concurrence entre régions européennes, et au sein même de la France, est une réalité. Seule la démagogie, l’irresponsabilité et l’incompétence l’ignorent. La force de l’économie des régions se basent sur l’innovation et l’attractivité, donc sur le lien entre recherche/entreprises/services territoriaux, et la qualité de vie.
La Basse Normandie est connue et enviée pour sa qualité de vie : climat doux et tempéré, espaces naturels magnifiques, gastronomie, patrimoine historique, sont des atouts incontournables.
Et pourtant : chômage ayant augmenté de 20 % en 1 an seulement, 41,6 % des moins de 25 ans sont au chômage, salaires des cadres et cadres supérieurs les plus bas de France. La jeunesse normande, surtout diplômée et qualifiée, fuie en Ile de France, Bretagne et Pays de la Loire pour trouver travail et revenus respectables. L’avenir de la région s’écrit à l’imparfait.
Transports archaïques, avec notamment une capitale régionale à 250 km de Paris mais éloignée de 2h15 en transports ferroviaires. Pour comparer, Strasbourg est à près de 500 km de Paris mais 2h en TGV, Lille est à 1h en TGV, etc.
L’université de Caen et sa présidente ont refusé de s’inclure dans la modernisation et la coopération entre sites d’enseignement supérieur.
Bref, la Basse Normandie subit un déclassement économique dangereux, son attractivité économique se détériore malgré une tradition industrielle (construction navale et automobile, électronique, métallurgie, monétique) et agricole de hautes qualités (pêche, conchyliculture, lait, viande, céréales, lin).
La classe politique est souvent jugée médiocre. Par exemple, les parlementaires bas-normands ont été incapables de défendre la branche des transports quand les élus Bretons ont réussi à avoir les taxes les plus basses… Comment s’étonner que les entrepreneurs bas-normands de cette filière ne s’organisent pas pour « délocaliser » en Bretagne ?
Cette classe politique vit sur un passé qu’elle n’a pas bâtie et est incapable de dépasser ses divisions partisane et surtout d’intérêts particuliers…
Les Régionales
La Région est présidée, comme la plupart encore aujourd’hui, par les socialistes-Verts-communistes. Le bilan de ceux-ci est au mieux médiocre. Aucune réaction pour lutter contre la crise économique et sociale, aucun plan de développement des transports, aucun projet structurant le développement économique et l’innovation. Le plan de relance économique amené par le gouvernement n’a suscité aucun intérêt de la présidence socialiste. Le bilan écologique, puisque la région est coprésidée par les Verts, est inexistant.
Quant à l’UMP, celle-ci est minée par de graves divisions. Le tête de liste a été trouvé au dernier moment, victime lui aussi d’un charisme aveuglant (et ancien adversaire de la réunification normande), après l’abandon de celui qui fut choisi par les militants de l’UMP, et malgré les partenaires du Nouveau Centre qui voulaient imposer Philippe Augier. Ce dernier, excellent maire de Deauville, avait mené la liste UDF contre l’ancienne présidence UMP sortante… On comprend les rancunes…
PS, Verts, UMP et affidés sont donc dans une situation politique fragile, aux bilans médiocres, aux démarches et personnalités de piètres envergures. On peut concevoir que les Bas-Normands soient peu confiant dans l’avenir de leur territoire et aient peu à espérer de leurs politiques.
Le MoDem en Basse Normandie
Le terreau centriste est très fort dans cette région. La recherche de l’équilibre, de la modération et du bon sens importe plus que l’affrontement. L’UDF produisait traditionnellement des scores électoraux flatteurs. Mais à force de tradition on est tombé dans la rente de situation, dans les mauvaises habitudes, dans la facilité et aussi, il faut bien le dire, une certaine médiocrité.
L’évolution en MoDem a aussi apporté sa tempête dans les terres normandes. Les déchirures fratricides furent terribles, déboussolant la plupart des politiques et électeurs.
Ici comme ailleurs au MoDem et dans les autres partis, les discussions pour constituer la liste régionale furent âpres. Chaque individu est persuadé d’être légitime et compétent pour figurer sur une liste, sans jamais penser une seconde à l’intérêt général de la liste, à la nécessaire représentativité des territoires, des professions, et surtout du lien avec le tissu politique. Dès le 1er tour, l’Alliance Ecologique Indépendante, Génération Ecologie ont rejoint le MoDem pour une liste d’alliance. Si chacun s’en félicite, il y a forcément des places à répartir pour que chacun s’y retrouve.
Il y a donc toujours cette quête de recherche d’équilibre à laquelle s’ajoute le besoin de renouvellement de la classe politique, et le besoin vital d’une nouvelle figure, forte, volontaire, conquérante. Rodolphe THOMAS correspond à cette quête.
Rodolphe THOMAS incarne ce qui peut faire réussir le MoDem, de ce que peuvent représenter les Démocrates. Il sera sans nul doute celui qui réalisera le plus fort score des régionales pour le MoDem.
Jeune maire (47 ans) d’une ville importante (Hérouville Saint-Clair) de Basse Normandie, il s’est fait réélire par ses concitoyens dès le 1er tour des dernières municipales, à 53 %, dans une ville qui venait de voter à 67 % au 2d tour des présidentielles pour S. Royal. Ses électeurs lui offraient même le luxe de lui donner un canton appartenant jusque là au PS !
Qui est-il ? Un jeune comme les autres, mais aussi batteur d’un groupe de rock passionné de politique. Puis un jeune homme qui avait repris le garage de son père tout en continuant à suivre ses cours de gestion le soir. Ensuite un jeune conseiller municipal qui vole sa ville au nez et à la barbe (ou collier traditionnel) des socialistes, persuadés d’être les propriétaires de la commune.
Intelligence politique, audace, pugnacité le définissent.
Cette commune d’Hérouville Saint-Clair, qui était devenue le laboratoire du socialisme et notamment d’une certaine « gauche caviar » étrangère aux réalités sociales, à l’urbanisme froid et impersonnel, connaissait des records de chômage et de délinquance pour sa population pendant que ses élus gogoche paradaient dans leur culture sectaire.
Cette ville que la plupart voyaient comme condamnée, Rodolphe THOMAS lui a donné un nouveau visage : baisse de la délinquance la plus forte de la région, arrivée chaque année de nouvelles entreprises, mise en place de la clause sociale de marché, proximité permanente avec la population avec ses conseils de quartiers et rencontres hebdomadaires, et, symbole de renaissance, la création d’un festival rock (Beauregard), dans le magnifique parc d’un château, déjà devenu un lieu de passage obligé pour les grands noms (par exemple Pete Doherty, Gossip, ou Aya en 2009, Iggy Pop, Mika, Nouvelle Vague et tant d’autres pour 2010…). On envie les habitants de sa ville…
Ce « garagiste » que les bonnes bourgeoisies de gauche et de droite méprisaient, il a révolutionné son territoire. A présent, gauche et droite le respectent et le craignent.
Ce qu’il réalise dans sa ville est pour tous la preuve qu’un politique peut changer, en bien, la vie de ses concitoyens : une « dynamique de la réussite ».
Il incarne parfaitement le MoDem : vitalité, jeunesse, dépassement des clivages et intérêts partisans, respect de l’Etat et de ses agents, soutiens aux entrepreneurs dont il connaît si bien la vie, et surtout partenariat collectivité publique et acteurs privés.
Intelligence politique, audace et pugnacité, encore une fois, sont mises au service de la région, pour que celle-ci retrouve son esprit conquérant.
Son programme est à la hauteur du personnage :
- « plan anti-chômage » qui retire 5 000 personnes de suite du chômage,
- il est le seul à avoir imaginé la création d’une agence régionale d’Intelligence Economique liant recherche et entreprises avec la Région au sein de clusters, l’animation et mutualisation par branches professionnelles, la création d’ambassades normandes en Chine, Inde, Brésil et Etats-Unis pour l’attractivité du territoire, la création de la marque « Normandie »,
- il a trouvé une alternative à un hypothétique TGV faussement promis par l’UMP mais vraiment électoralement simulé (7 milliards d’euros la Ligne Grande Vitesse). Travaux de rénovation, électrification (82 % des locomotrices sont au diesel : super bilan écologique des Verts !), points d’arrêts périurbain, tram jusqu’à la mer, etc. pour un montant plus de 10 fois inférieur au coût d’un TGV.
- Inscription de sa région dans le réseau des universités européennes de la mer (réseau Mentor) pour la recherche sur les énergies et produits renouvelables, tout un plan d’innovation pour l’agriculture et la pêche avec une politique énergétique et écologique particulièrement audacieuses, etc.…
- Plan de rénovation et construction pour les installations culturelles et sportives
- Soutien à une TV régionale 24/24h, promotion du label « égalité homme/femme », etc.
Son programme est respecté par tous. Reste à transformer et ne pas être noyé dans une ambiance contraire aux vents MoDem…
La présidence PS s’est révélée inutile, incapable de lutter contre le déclassement de la région, d’établir un lien entre les 2 Normandie. Le charisme du président sortant, Laurent Beauvais, est si éclatant qu’il correspond à la définition même de l’anonymat. De plus, il doit ménager son concurrent Vert qui avait dirigé la région avec lui…
Enfin, il y a aussi une spécificité démographique : le département du Calvados représente à lui seul ½ électeurs de la région, et le seul bassin de Caen près de 25 %. Or, le tête de liste UMP est de la Manche, le président socialiste sortant est de l’Orne, et Rodolphe THOMAS est le seul candidat provenant de ce bassin caennais.
Légitimité et compétence : les deux mamelles de la Démocratie…
Aussi, chacun s’attend à un score ad minima deux fois supérieur à celui du MoDem national… Et les institutionnels le harcèlent pour connaître ses décisions pour le 2d tour.
L’image de l’homme, sa dynamique, font de lui au pire le « faiseur de roi », au mieux le futur président de région.
Ce serait un tremblement de terre pour le PS et l’UMP : le MoDem qui emporte une région !!! Car tous craignent qu’il ne réalise à hauteur de la région ce qu’il a réussi pour sa ville.
Rodolphe THOMAS incarne l’espoir le plus sûr du MoDem à ses élections régionales. Je lui souhaite la réussite qu’il mérite, car il symbolise ce que peut apporter de mieux le MoDem au monde politique, ce que nous, ici sur ce blog, attendons pour notre identité Démocrate.
Avant les échéances nationales, espérons qu’il transmette à tous les Démocrates ce nouveau souffle dont nous avons tous besoin, ce réveil sur lequel doit pouvoir s’appuyer François Bayrou pour la France.
MoDem, entre involution et évolution
9 Commentaires Publié by JP mars 13th, 2010 in Identité démocrate, Régionales 2010A suivre la presse, le MoDem semble continuer à creuser sa tombe depuis les dernières élections européennes. Le peu d’articles concernant les Démocrates (nous ne sommes plus à la mode qui est passée de l’orange au vert), parlent la plupart du temps de défections, démissions, trahisons, oppositions, etc.
Les sondages nationaux sont, au mieux, mauvais…
Beaucoup semblent déjà se résigner à poursuivre leur chemin dans le désert. Canaan est loin… surtout si le casting du Moïse n’est pas le bon d’après les médias qui relaient les intérêts de tous les autres partis, si attachés à la rente bipolaire…
Et pourtant, après les élections régionales, et dans quelques régions, le MoDem voit éclore des personnalités pleines de promesses. Ces personnalités fédèrent autour d’eux des cadres, militants, sympathisants, qui œuvrent à la diffusion des valeurs démocrates.
Où en est en réalité le Mouvement Démocrate, que devient ce courant Démocrate qui devait faire passer le monde politique français à l’âge adulte, incarner la synthèse sociale-libérale, écologiste et européenne ?
Faisons le point, tranquillement… et honnêtement, pour répondre à cette question : Qu’est ce qui fait que les Démocrates en sont là ?
Le rôle de François Bayrou
Après les élections présidentielles de 2007, François Bayrou était devenu le « 3ème homme », la « divine surprise » annonçant le dépassement du clivage gauche / droite. De sujet central du 2d tour des présidentielles à la traversée du désert qu’on lui connaît, l’évolution est devenue régression.
Pourquoi ? La politique de N. Sarkozy produit des résultats mirifiques ?… Le pouvoir d’achat, les retraites, l’emploi, le développement économique, une société d’égalité des chances, le respect de la République, la pratique démocratique, tous ces sujets sont-ils des réussites du Président ? Ou bien François Bayrou avait fait le bon constat et les actes ont prouvé la justesse de son analyse ?
On devine ma réponse… qui je crois est malgré tout partagée par une très grande majeure partie des Français, même si beaucoup ne veulent pas reconnaître au président du MoDem la paternité de la vision.
Mais il est difficile de ne pas reconnaître quelques loupés dans les difficultés du MoDem :
- le choix de François Bayrou, au 2d tour des présidentielles, de laisser ses électeurs le libre choix tout en disant que pour lui ce ne peut être N. Sarkozy, a à la fois paru incohérent et surtout faussé ce « libre choix ». Ainsi ceux qui préféraient voter N. Sarkozy plutôt que S. Royal se voyaient en porte à faux. Et les édiles, élus de l’ex-UDF, poussés dans une situation complexe les amenant à transformer leur simple choix en soutien. Le cas Albertini de Rouen en fut une malheureuse illustration
- Lors des élections législatives qui ont suivies, des organisations politiques ont approché le patron du MoDem pour proposer une alliance, un partenariat. Ainsi de l’Alliance Ecologique Indépendante (comprenant le Mouvement Ecologique Indépendant et Génération Ecologie) du reconnu et respecté Antoine Waechter. Puis plus tard des Radicaux de Gauche, notamment pour les européennes. Dans ces deux cas, un orgueilleux refus leur fut opposé…
- Enfin, le MoDem connut une véritable « personnalisation » de son mouvement autour de François Bayrou. L’impression du « une seule tête » mettait mal à l’aise. Plutôt que de permettre un rassemblement de personnalités, avec leurs thèmes particuliers, leurs tendances (plutôt écolo, plutôt centre-droit, plutôt centre-gauche), offrant une riche diversité, il n’y avait plus qu’une seule parole, un seul visage, un seul verbe. Et quand ce visage engageât son juste combat contre la politique du Président N. Sarkozy, son seul verbe s’entendait quand l’on aurait dû parler Europe lors des élections européennes.
Le MoDem a aussi suscité ses déviances :
- jeune formation, dépassant l’ancienne UDF, accueillant de nouveaux membres et hébergeant aussi d’anciens, l’on vit souvent la pratique démocratique glisser en ce que j’appelle « démocrature ». Les débats internes trop souvent devenus publics, où une personne qui n’a pas ce qu’elle veut dénonce un manque de démocratie, le manque de cohésion collective, voire même de comportement collectif… Ce qui avait fait fuir nombre de militants et cadres des Verts s’était insinuer au sein du MoDem. Partout, j’entends les frustrés d’ambitions mal contenues vomir ce qu’hier ils transformaient en vérité unique et intolérante. Les intérêts individuels se drapent de l’historiquement nécessaire ou se cachent derrière un « pur idéal » qu’eux seuls bien sûr incarnent. Ceci se retrouve dans tous les partis, au PS comme à l’UMP et chez les Verts, surtout lors de scrutins de liste. Mais l’impact est plus fort dans un jeune parti où manquent les cadres et la diversité.
- L’image médiatique du MoDem semble aussi glisser vers une sorte de « gauche caviar ». Cette même « gauche caviar » bien pensante, étrangère à la vie des Français, qui faillit engloutir le PS. Les « gens » se sentent progressivement éloignés des motivations du MoDem, ne comprenant pas son évolution mais y voyant surtout une cour assidue au PS. La liberté imposée contre la sujétion de l’UMP doit-elle disparaître pour la superficialité d’un PS archaïque et clientéliste ? Il est de plus en plus difficile sur le terrain de rattraper les erreurs médiatiques d’une personne qui se fait si proche du PS, elle se fit caricature cette « gauche caviar » pour mieux la séduire. Les militants, les électeurs, se sentent trompés. Et il est plus aisé pour l’UMP de prétendre que le MoDem est « passé à gauche ». Je n’ai pas plus d’appétit pour la « gauche caviar » que pour la carne néolibérale…
- surtout, le MoDem connaît une difficulté essentielle concernant sa sociologie électorale. Ce parti partage avec les écologistes les mêmes catégories, les mêmes tranches d’âge, et les mêmes typologies géographiques : jeunes (75 % ont moins de 55 ans), classes moyennes, éduqués, urbains. En délicatesse avec la gauche et la droite, peu conservateurs, favorables à « l’économie sociale de marché », particulièrement sensibles aux enjeux écologiques et européens, croyant dans la modernité et le progrès, ces électorats valsent entre MoDem, Verts, Europe Ecologie et AEI. Additionnés, cela représente plus de 25 % d’électeurs de 1er tour. Mais divisés, on subit une « ventilation façon puzzle ». Et la tentation est plutôt à éliminer l’autre qu’à s’entendre. Les Verts se veulent d’abord de « gôche », préfèrent s’allier aux communistes qu’aux Démocrates. Leur gauchisme mal caché les « sectarise ». C’est pourquoi un D. Cohn-Bendit (DCB) les force à s’ouvrir, préfère appeler ses liste « Europe Ecologie » plutôt que « Verts », et tente d’inciter les cadres des Verts à « aller vers les autres ». Mais en même temps, on n’entend peu parler écologie dans le verbe bayrouiste. Les J-L Benhamias et Y. Wehrlig (anciens dirigeants des Verts venus au MoDem) sont peu mis en avant…
Le monde extérieur au MoDem impact aussi son existence.
- les Français ont été trop longtemps habitués à la bipolarité. Cette bipolarité qui incite au clientélisme, à être bêtement de gauche ou de droite. Les médias eux-mêmes recherchent cette bipolarité, gage de dualité, donc d’affrontement, donc d’étincelles. Le changement excite plus que l’évolution.
- le PS est protégé par la bipolarité. Elle lui permet de continuer une alliance archaïque, rétrograde et lamentable avec les communistes. La drague de l’ultra gauche ne lui est pas interdite, avec les corolaires des slogans et arguments démagogiques et irresponsables. Quand le centre est fort, quand les Démocrates parviennent à s’imposer, alors la lumière est crue sur un PS en décalage d’avec la société, dont le nom même est une preuve d’une structure surannée, désuète, dépassée. Cette lumière crue a faillit d’ailleurs voir disparaître le dinosaure…
- la plupart des propriétaires des médias sont des proches de N. Sarkozy. Et tant que François Bayrou est affaiblit, que le MoDem est dans les limbes, l’avenir reste radieux par « manque de choix », ou d’alternative crédible. Crédibilité, c’est d’ailleurs l’angle d’attaque permanent, pour avilir, et se jouant bien de l’immaturité de quelques militants MoDem frustrés à la démissionnite aigüe, démisionnite qui leur donne l’illusion d’exister un instant…
- l’UMP a aussi très bien compris les problèmes du MoDem avec sa sociologie électorale. L’instrumentalisation du thème écologique et des Verts leur permet de brouiller le message du MoDem et de l’affaiblir. Mettre en lumière Europe Ecologie ou les Verts, c’est tenter de mettre dans l’obscurité les Démocrates, en sachant que ces Verts ne représentent en aucun cas un risque électoral pour l’UMP.
- enfin, les médias sont séduits par la « tendance » écologiste, que ce soit réel ou instrumentalisé. On connaît une véritable mode médiatique de l’écologique, du vert, « à toutes les sauces », au risque d’indigestion des électeurs. DCB est célébré comme un excellent communiquant. N. Hulot et Arthus Bertrand sont les agents influents des Verts. Le problème, c’est que l’écologie comme le libéralisme, ne peuvent être les matrices univoques de la construction d’une société. Les questions sociales, économiques, la justice, l’éducation, la culture, n’y trouvent pas de lisibilité, voire d’intelligibilité. Or, les politiciens Verts ou/et Europe Ecologie savent s’effacer derrière le message écologiste quand le message Démocrate s’efface derrière le politique au MoDem… Mais si l’écologie est une exigence pour l’avenir de notre planète sur les aspects technologiques et énergétiques, il n’est pas une réponse du « vivre ensemble » des hommes, de la politique : une société d’égalité des chances, d’émancipation de l’Homme, de responsabilisation, de justice sociale, d’équilibre entre une société de liberté de création et d’échanges et un Etat qui protège et fait régner la Loi, la règle du vivre ensemble. L’écologie repose sur des pratiques quand le bonheur de l’Homme repose sur la Démocratie, et parce que la dignité de l’Homme est absolument universelle, au-delà des civilisations, des cultures, et des pouvoirs.
A lire ces lignes, on a du mal à penser à un avenir prometteur pour le Mouvement Démocrate, sauf si l’on est « croyant ». Or cette « croyance » ne relève pas du politique et ne m’intéresse donc pas. Il est des éléments forts qui ont permis l’émergence de François Bayrou. Ces éléments, le contexte, sont toujours présents parce que permanents.
PS, Verts et UMP ont leurs propres difficultés à surmonter :
- le PS est dans l’impasse « socialiste » : sa sociologie vieillit et est plus que jamais dépendante et seulement représentative de quelques professions, dont les intérêts sont souvent en contradiction avec l’intérêt général. Le corpus même socialiste, sa « doctrine », est son carcan. L’incapacité du PS à évoluer le plonge dans la schizophrénie : courir après l’ultra gauche, s’afficher avec les camarades communistes, et loucher vers le centre et le MoDem pour acquérir une illusion de responsabilité, d’image de parti de gouvernement. Martine Aubry incarne cette schizophrénie : elle s’allie avec le MoDem pour diriger Lille, mais le conspue au niveau national tout en reprenant ses propositions.
- Il y aura, un jour ou l’autre, un « après Sarko » à l’UMP. Et le réveil sera brutal. Les appétits, les ambitions, se défouleront. Mais le lit est déjà fait : charmer l’électorat lepéniste, jouer de « l’identité nationale », s’inventer parti de l’ordre, baisser les charges des plus aisés, faussement réformer sans toucher aux plus protégés, affaiblir l’Etat, déréguler la finance… Il y a à droite tout un électorat déboussolé aujourd’hui qui demandera des comptes… Car jamais cette droite n’a été aussi peu gaullienne !
- Les Verts et Europe Ecologie sont passés à côtés des élections régionales. Il suffit de lire leurs programmes électoraux pour s’apercevoir qu’ils n’ont pas de vision régionale, qu’ils sont incapables de comprendre les enjeux territoriaux. Ces écologistes demeurent dans le discours. Tant que les débats se cantonnent à une superficialité nationale, tout va bien pour eux. Et il est rageant que les journalistes n’aient jamais mis ces écologistes devant ces réalités, aveuglés par la mode verte. Par contre, seul DCB a compris le péril et tente de préparer l’avenir en dépouillant les Verts de leurs habits gauchistes. Mais la contradiction entre Verts, ancrés à gauche du PS, et écologistes, deviendra d’autant plus forte et incontournable que les résultats électoraux s’imposeront…
Et le MoDem possède en lui-même les capacités de ses ambitions :
- l’impasse néolibérale est devenue flagrante. Les électeurs centristes et ceux de la droite sociale sont devenus allergiques à cette pente néolibérale, en total opposition avec ce qui fonde leur identité politique, quand les sociaux-démocrates savent ne plus pouvoir faire confiance au PS. La recherche d’équilibre entre un Etat régulateur/ et une société libérale devient progressivement le sujet premier, la matrice. Surtout, la vision partenariale entre l’Etat et ses agents et les acteurs économiques, un étage d’une certaine façon macroéconomique de l’Intelligence Economique, est une vision devenue pratique tant en Chine, qu’en Inde, au Brésil et… aux Etats-Unis. L’Europe en générale, et la France en particulier, devront évoluer en ce sens, ou deviendront des nains politiques, des dominés…
- je ressens très souvent le besoin des électeurs d’un autre choix, un choix de l’équilibre, qui dépasse la gauche et la droite qu’ils jugent trop archaïques, et surtout trop dominés par leurs intérêts. L’évolution même de la société, qui ne croit plus en une vérité de gauche ou de droite, des actifs qui paient chaque jour l’inégalité du traitement des retraites dont ils ne connaîtront jamais les bienfaits, des salaires ou pouvoirs d’achats des classes moyennes et populaires figés alors qu’on veut les inciter à risquer leurs peu de revenus en « actions ». Le chômage de masse satisfait la droite sarkozienne, la gauche conservatrice (la bêtasse de Bayrou) et certains syndicats car il protège et valorise ceux qui sont déjà protégés et permet de bloquer les revenus tout en exigeant toujours plus de travail, moins de reconnaissance et une recherche permanente de réduction des coûts, origine des délocalisations pour les rentes d’actionnaires étrangers au monde entrepreneurial. Ajoutez-y les inquiétudes écologiques et bien d’autres sujets encore qui ne peuvent trouver de réponse au PS et à l’UMP : alors vous comprendrez combien le MoDem s’est fondé sur leurs impasses et combien les Verts sont des chimères !
- il semble depuis quelques temps que l’on ait compris le besoin de mettre en avant une diversité de « personnalités » à la tête du MoDem. Il n’est jamais trop tard pour cela : le MoDem par sa diversité comprend mieux la diversité de la France. On ne peut à la fois dénoncer le bipartisme, le manque de pluralité, la « pensée unique », et pratiquer différemment. Toutefois, le chemin pris par Corinne Lepage est l’exemple à ne pas suivre : c’est F. Bayrou et le MoDem qui lui ont permis de retrouver une existence politique. Les quitter après s’être fait élire grâce à eux, ou passer son temps à dénigrer son parti, est plus une preuve d’opportunisme et d’immaturité politique que de grandeur… Mais le MoDem est à présent aussi un parti qui repose sur des personnalités reconnues et appréciées : Azouz Begag, Jean-Luc Benhamias, Alain Dolium, Sylvie Goulard, Jacqueline Gourault, Nathalie Griesbek, Robert Rochefort, Jean-Marie Vanlerenberghe, Yann Wehrling, et notamment Rodolphe THOMAS, sont les plus connus.
Au moment où vont se dérouler des élections, poser ainsi publiquement des questions peut indisposer. Mais cela n’indisposera que les « porteurs d’œillères » et ce qui vivent au chaud de cette situation, pernicieuse pour les Démocrates.
Voulez-vous d’une société politique qui se limite au PS et UMP et leurs affidés ? Pensez-vous qu’ils soient les meilleurs garants des intérêts de la France et des Français ? Ou pensez-vous que la République française, la Démocratie, l’équilibre entre Etat régulateur et liberté de la société méritent non seulement leur défense, mais leur promotion ?
Cet équilibre, seul le Mouvement Démocrate le permet, et le veut. Aussi, à chacun de l’assumer et de s’en montrer digne.
Que le MoDem s’enrichisse de ses diverses personnalités, et que celles-ci enrichissent le MoDem de leur engagement pour l’idéal Démocrate.





